Sahara. Un Conseil : l'autonomie attendra
Congrès. Dans une zerda populaire
Procès symbolique. L'Etat marocain (encore) coupable !
Reportage. Le village le plus pauvre du Maroc
Portrait. Le poète de Tazmamart
Israël. Olmert face à lui-même
États-Unis. Les artistes contre Bush
Fraude alimentaire. Le contrôle incontrôlé
Anania. Danser la vie
Exposition. Désert animé
N° 219
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Pages coordonnées par Hassan Hamdani

La semaine Culture

Sida Ya Sida (DR)

Théâtre carcéral. La grande évasion

Mardi soir, 22h00, complexe culturel Sidi Belyout, une vieille dame qui n’a jamais mis les pieds au théâtre est venue voir jouer un proche détenu à la prison de Oukacha. Ils sont 11 comme lui, condamnés pour différents délits, sur scène, interprétant Sida Ya Sida, une pièce de théâtre écrite en prison par un ex-banquier, condamné à perpétuité pour meurtre. Pour la production, les compétences ont été trouvées sur place, c’est un organisateur de spectacles, condamné pour chèques en bois et proxénétisme qui s’y est attelé. Dans un décor familier, une prison décorée d’un poster de Nancy Ajram, les comédiens évoluent entre
monologues “édifiants” sur la vie et la mort et dialogues vrais et drôles. En huis clos, le paysan, l’étudiant didactique comme un spot institutionnel, le fqih, le sidéen au bord du suicide et Zouzou, “la copine de tous” (interprété sans complexe) s’expliquent, s’informent, se justifient, moralisent et sont rarement d’accord. La vieille dame commente la pièce ponctuant les monologues par des “sbor ya wouldi”, analyse peu artistique mais très touchante. À la fin de la représentation, applaudie à tout rompre, la vieille dame est allée remettre un panier de provision à l’un des comédiens. Elle n’a pas été la seule, on aura rarement vu autant de légumes dans un théâtre. Une chouette soirée, gâchée par un caméraman de TVM peu respectueux des comédiens et une fin heureuse téléphonée : la grâce royale pour le sidéen et une ultime
réplique (“Vive le roi !”) trop officielle.


Mode. Urban beldi

Avis aux jeunes, préparez-vous à vous saper marocain ! L’invitation est lancée par le collectif des jeunes créateurs marocains, soutenu dans son élan par l’AEC ( ex-ACAL, géniteur du Boulevard des jeunes musiciens). Le Festimode, nouvel arrivant dans l’espace festivalier de Casablanca propose donc du 8 au 10 juin prochain des défilés/collections de 6 créateurs de Casablanca, Tanger, Kénitra et Meknès, totalement branchés prêt-à-porter et définitivement déterminés à faire concurrence aux dizaines de franchises étrangères présentes sur le marché. Notez aussi dans le lot, une exposition d’aquarelles sur l’évolution du costume marocain et des tables rondes sur la réalité de la création de mode au Maroc. Comment ? “En trouvant le bon alliage entre le savoir de l’artisan et l’imagination des jeunes créateurs” affirme le styliste et chef du projet, Bechar El Mahfoudi. Reste un petit détail à régler : le lieu du festival. Les négociations sont toujours en cours, mais l’adresse sera fixée durant le mois d’avril.


Poésie. Samih Al Qassem pour la terre

Le 30 mars, il a répondu à l’invitation de l’association Solidarité Maroc-Palestine, pour célébrer la journée de la terre. Vivant à Nazareth depuis 1948, Samih Al Qassem est un militant doublé de fin manieur du verbe. Pour son récital, au complexe culturel Al Houria à Fès, il a eu affaire à une salle archi comble, à laquelle des masses de jeunes et moins jeunes se sont vus refuser l’accès. Lors de cette soirée, organisée conjointement avec l’AMDH et la Maison de la poésie, la politique est aussi de la partie. Le combat pour un Etat palestinien, bien sûr. Et un poème, fort ovationné sur “Guantanamo, la honte du monde”.


Cinéma. Des racines et des ailes

A mi-chemin entre le road-movie et la fable, Tenja retrace le périple initiatique de Nordine, fils beur d’une trentaine d’années et bien dans ses pompes, jusqu’à la terre originelle de son père défunt, un ancien mineur du Nord français, pour l’y enterrer selon ses dernières volontés. Des rencontres d’une belle authenticité, Mimoun le Tangérois illuminé tout droit sorti du Fou des roses de Mohamed Choukri et surtout Nora, la jeune paumée honteuse en quête d’autres possibles, lui ouvrent les portes de ses racines, sur les notes d’une chanson d’amour amazighe. Plans épurés, textes limpides, jeu pudique, ce premier film du Marocain Hassan Legzouli délivre un message d’une clarté lumineuse. Sur les routes sinueuses du Haut Atlas, le réalisateur contourne les écueils qui plombent souvent la thématique éculée du retour au bled, grâce au pari de l’humilité plus que de l’originalité. Un film un rien inabouti, mais un beau film. Tout simplement.

Tenja, de Hassan Legzouli. Avec Roschdy Zem, Aure Atika...



Cinéma. Tribecca’s tribe

Qu’ont en commun Fly me to the moon de SiMohamed Achaour, The Cellphone de Noureddine Tilsaghani, Connection de Bouchra Ijork, Halloo de Salima BenMoumen, Virtual Connection de Karima Zoubir, Modern Times de Layla Triqui ou encore Run Mobile Run de Youssef Barrada ? Sans oublier le travail au titre encore mystérieux -sans doute anglais - C’est le mood de Maria Karim… Tous ces courts-métrages inspirés par l’ère du téléphone portable, fruits de l’atelier de jeunes réalisateurs dirigé à Marrakech en novembre dernier par le maître iranien Abbas Kiarostami et parrainé par Martin Scorsese, seront projetés les 29 avril et 3 mai prochains lors du 5ème Festival du film de Tribecca, partenaire de la masterclass. Sis dans le mythique lower Manhattan, quartier général de son co-fondateur Robert de Niro, cette rencontre au sommet a voulu ressusciter, au lendemain du 11/09, la capitale de la culture indépendante qu’est New York.


Cyberpresse. Un nouveau-né sur le Web

Le Webzine Nextline sera lancé dans quelques jours sur le net. Composé d’une équipe jeune et 100 % marocaine, Nextline sera plutôt branché Musique. Tous les styles y seront traités, que ce soit le Rock, la Fusion ou encore le Rap. Ce webzine, réalisé entièrement par des bénévoles, a pour objectif principal de promouvoir les artistes locaux. Pour ce premier numéro, les internautes auront droit à des portraits de Hoba Hoba Spirit, Anaconda et Casa Crew ainsi qu’à une interview du groupe Mazagan. Un dossier sera aussi consacré à un des plus grands festivals de Rock de l’histoire : Woodstock. À lire également sur ce numéro : un live report du concert de Dépêche Mode à Paris, ainsi qu’une quinzaine de chroniques de CD, de films, et de livres.

Le 3 Avril sur nextline.nextrock.com



Boulevard des jeunes musiciens. Les yeux ont des oreilles

La semaine dernière (pour ceux qui suivent), on vous laissait saliver sur une mystérieuse surprise du chef. À défaut des papilles, les pupilles seront servies : en marge des concerts du BJM sera projetée, à l’IF Casa, une série de documentaires d’hier ou d’aujourd’hui mais tous unis sous le signe de la musique. En chef de file probable de cette initiative instructive, le mythique Al Hal de Ahmed Maânouni, ainsi qu’une des œuvres maîtresses de sa productrice Izza Genini, Tambour battant, mais aussi Le Blues des Chikhates de Ali Essafi, Maroc street life, court-métrage de DJ Key sur le breakdance, divers clips de rap fraîchement sortis de sa boîte de prod’ Funky Noise, un documentaire sur le BJM par Hicham Bajou et SiMohamed Slaoui, L’Univers de Gnaoua de Abderrahim Nettour, et d’autres encore. Plaisir des yeux !


Photo. Entre ciel et terre

Quand il ne mène pas des recherches sur la fertilité des sols en Namibie ou photographie des variétés de mauvaises herbes au Burkina Faso, Thomas Sappe, ingénieur agricole et passionné de photos, allie travail et plaisir en saisissant des paysans dans leur cadre de vie. “J’ai commencé par des portraits d’agriculteurs à Madagascar”, précise Thomas Sappe qui, après ce premier travail, a photographié les paysans de la région du Souss Massa dans leur travail quotidien, non pas aux champs comme on pourrait s’y attendre, mais dans les airs quand ils bâtissent des serres. Accrochés à des structures métalliques, le vide sous leurs pieds, le ciel en toile de fond, ces paysans se métamorphosent en funambules.

Acrobaties Rurales. Jusqu’au 22 avril à l’IF d’Agadir.



Télé. Portraits de ville

La nouvelle émission de 2M, Viva Medina, ne laisse pas indifférent. Qu’en retient-on ? Un bon concept pour commencer. L’émission, qui s’est déjà déplacée à Meknès, El Jadida, Tanger et Ouarzazate s’éloigne du centre Rabat - Casablanca pour plonger dans la réalité des villes moins médiatisées. Les rubriques sont assez innovantes (un maire répond aux questions d’écoliers dans leur classe de cours, que peut-on faire avec 100 DH par jour dans la ville, etc…). Ceci dit, l’émission pèche par un manque de cohérence flagrant. Elle est assez mal goupillée, le présentateur n’est pas encore tout à fait détendu, certaines rubriques manquent cruellement de naturel. En somme, une bonne idée qu’il faudra encore travailler.


Le livre.

C’est une première. Un écrivain marocain francophone traduit en arabe, peu de temps après la parution de son recueil de nouvelles, Le Maboul. L’auteur en question n’est autre que Fouad Laroui, à qui on doit le surprenant Les dents du topographe, le très beau De quel amour blessé et d’autres textes de moindre envergure. Le traducteur, Brahim El Khatib, est tout simplement l’un des rares lettrés arabophones au style fluide, dépouillé et plaisant. Le résultat est une belle gerbe de textes, sans grande prétention, mais tantôt drôles, tantôt graves, sur des personnages marginaux, des hommes de passage, des campagnards paumés, une télévision marocaine guindée, une poignée de sable du plus beau pays du monde et bien d’autres clichés saisis au vol.

Ed. Le Fennec (10 dh)




Humeur : Le Maroc s’ennuie

Hassan Hamdani

Y-a-t-il pire qu’une télé en panne ? Oui, une télé avec 2M et TVM et rien d’autre pour tromper l’ennui. TPS a disparu cette semaine, et avec lui, la vaseline audiovisuelle qui faisait passer le vide culturel marocain. Le Maroc utile aurait pu aller au théâtre voir une pièce franco-française. Mais, utile ou pas, le Marocain préfère la violence sexuelle d’OZ, diffusée sur série club, aux affres de la passion platonique chez Tartempion. Il y avait bien aussi un concert d’une chanteuse à voix, venue narrer ses chagrins d’amours adolescentes et, par la même occasion, vous faire regretter d’être francophone. Peanuts, face à Beyonce sur M6 music black. Cette fille chanterait l’annuaire du Swaziland qu’on l’écouterait “bouger” tout de même. À défaut d’échappatoire, beaucoup de Marocains ont été contraints d’enfumer le paysage audiovisuel marocain. Au 3ème joint, ils ont trouvé du génie à l’habillage kitsch de TVM. A n+1 joint, ils se sont accrochés à un documentaire en arabe classique sur la raie manta. Le remède était simple comme bonjour, mais hélas inapplicable en territoire ennemi : les soirées-télé familiales. Fort de ce constat, personne n’a passé le joint à sa mère devant Assahralakoum. Et Imad Ntifi est resté lui-même, aussi talentueux qu’il est filiforme. Vivement le retour de TPS ! La lucidité devant la télé, ça va bien cinq minutes, mais à la longue c’est aussi tuant que la consommation de stupéfiants. Et très chiant, surtout...



L’art chez les grosses têtes
L’école Hassania des travaux publics s’offre son espace “arts et culture”, histoire d’aérer les esprits des forts en maths. Onze peintres marocains participent, du 29 mars au 20 avril, à une exposition collective. On retiendra notamment les noms de Farid Belkahya et Malika Agueznay.


La prod’ système D
Elle n’attend plus que l’aval du CCM : Cinemaat Productions, boîte de prod’ cinématographique flambant neuve cofondée par les réalisateurs Ali Essafi et Hakim Belabbes, se voudra un labo de talents et de créativité, sous le signe du système D. Sa mission : organiser la relève des réalisateurs.


Yallah aneddou S’lMasrah
Casablanca aura son festival de théâtre amazigh du 8 au 14 mai. A l’initiative de l’Espace Tafoukt et de la société Aghlal, des dizaines de troupes de théâtre du Maroc et de l’étranger, mais aussi des expositions et spectacles éparpillés dans la ville, fêteront la culture amazighe.

 
 
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