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Pages coordonnées par Hassan Hamdani
La semaine Culture
Théâtre carcéral. La grande évasion
Mardi soir, 22h00, complexe culturel Sidi Belyout, une vieille dame qui na jamais mis les pieds au théâtre est venue voir jouer un proche détenu à la prison de Oukacha. Ils sont 11 comme lui, condamnés pour différents délits, sur scène, interprétant Sida Ya Sida, une pièce de théâtre écrite en prison par un ex-banquier, condamné à perpétuité pour meurtre. Pour la production, les compétences ont été trouvées sur place, cest un organisateur de spectacles, condamné pour chèques en bois et proxénétisme qui sy est attelé. Dans un décor familier, une prison décorée dun poster de Nancy Ajram, les comédiens évoluent entre |
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monologues édifiants sur la vie et la mort et dialogues vrais et drôles. En huis clos, le paysan, létudiant didactique comme un spot institutionnel, le fqih, le sidéen au bord du suicide et Zouzou, la copine de tous (interprété sans complexe) sexpliquent, sinforment, se justifient, moralisent et sont rarement daccord. La vieille dame commente la pièce ponctuant les monologues par des sbor ya wouldi, analyse peu artistique mais très touchante. À la fin de la représentation, applaudie à tout rompre, la vieille dame est allée remettre un panier de provision à lun des comédiens. Elle na pas été la seule, on aura rarement vu autant de légumes dans un théâtre. Une chouette soirée, gâchée par un caméraman de TVM peu respectueux des comédiens et une fin heureuse téléphonée : la grâce royale pour le sidéen et une ultime
réplique (Vive le roi !) trop officielle. |
Mode. Urban beldi
Avis aux jeunes, préparez-vous à vous saper marocain ! Linvitation est lancée par le collectif des jeunes créateurs marocains, soutenu dans son élan par lAEC ( ex-ACAL, géniteur du Boulevard des jeunes musiciens). Le Festimode, nouvel arrivant dans lespace festivalier de Casablanca propose donc du 8 au 10 juin prochain des défilés/collections de 6 créateurs de Casablanca, Tanger, Kénitra et Meknès, totalement branchés prêt-à-porter et définitivement déterminés à faire concurrence aux dizaines de franchises étrangères présentes sur le marché. Notez aussi dans le lot, une exposition daquarelles sur lévolution du costume marocain et des tables rondes sur la réalité de la création de mode au Maroc. Comment ? En trouvant le bon alliage entre le savoir de lartisan et limagination des jeunes créateurs affirme le styliste et chef du projet, Bechar El Mahfoudi. Reste un petit détail à régler : le lieu du festival. Les négociations sont toujours en cours, mais ladresse sera fixée durant le mois davril. |
Poésie. Samih Al Qassem pour la terre
Le 30 mars, il a répondu à linvitation de lassociation Solidarité Maroc-Palestine, pour célébrer la journée de la terre. Vivant à Nazareth depuis 1948, Samih Al Qassem est un militant doublé de fin manieur du verbe. Pour son récital, au complexe culturel Al Houria à Fès, il a eu affaire à une salle archi comble, à laquelle des masses de jeunes et moins jeunes se sont vus refuser laccès. Lors de cette soirée, organisée conjointement avec lAMDH et la Maison de la poésie, la politique est aussi de la partie. Le combat pour un Etat palestinien, bien sûr. Et un poème, fort ovationné sur Guantanamo, la honte du monde. |
Cinéma. Des racines et des ailes
A mi-chemin entre le road-movie et la fable, Tenja retrace le périple initiatique de Nordine, fils beur dune trentaine dannées et bien dans ses pompes, jusquà la terre originelle de son père défunt, un ancien mineur du Nord français, pour ly enterrer selon ses dernières volontés. Des rencontres dune belle authenticité, Mimoun le Tangérois illuminé tout droit sorti du Fou des roses de Mohamed Choukri et surtout Nora, la jeune paumée honteuse en quête dautres possibles, lui ouvrent les portes de ses racines, sur les notes dune chanson damour amazighe. Plans épurés, textes limpides, jeu pudique, ce premier film du Marocain Hassan Legzouli délivre un message dune clarté lumineuse. Sur les routes sinueuses du Haut Atlas, le réalisateur contourne les écueils qui plombent souvent la thématique éculée du retour au bled, grâce au pari de lhumilité plus que de loriginalité. Un film un rien inabouti, mais un beau film. Tout simplement.
Tenja, de Hassan Legzouli. Avec Roschdy Zem, Aure Atika...
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Cinéma. Tribeccas tribe
Quont en commun Fly me to the moon de SiMohamed Achaour, The Cellphone de Noureddine Tilsaghani, Connection de Bouchra Ijork, Halloo de Salima BenMoumen, Virtual Connection de Karima Zoubir, Modern Times de Layla Triqui ou encore Run Mobile Run de Youssef Barrada ? Sans oublier le travail au titre encore mystérieux -sans doute anglais - Cest le mood de Maria Karim
Tous ces courts-métrages inspirés par lère du téléphone portable, fruits de latelier de jeunes réalisateurs dirigé à Marrakech en novembre dernier par le maître iranien Abbas Kiarostami et parrainé par Martin Scorsese, seront projetés les 29 avril et 3 mai prochains lors du 5ème Festival du film de Tribecca, partenaire de la masterclass. Sis dans le mythique lower Manhattan, quartier général de son co-fondateur Robert de Niro, cette rencontre au sommet a voulu ressusciter, au lendemain du 11/09, la capitale de la culture indépendante quest New York. |
Cyberpresse. Un nouveau-né sur le Web
Le Webzine Nextline sera lancé dans quelques jours sur le net. Composé dune équipe jeune et 100 % marocaine, Nextline sera plutôt branché Musique. Tous les styles y seront traités, que ce soit le Rock, la Fusion ou encore le Rap. Ce webzine, réalisé entièrement par des bénévoles, a pour objectif principal de promouvoir les artistes locaux. Pour ce premier numéro, les internautes auront droit à des portraits de Hoba Hoba Spirit, Anaconda et Casa Crew ainsi quà une interview du groupe Mazagan. Un dossier sera aussi consacré à un des plus grands festivals de Rock de lhistoire : Woodstock. À lire également sur ce numéro : un live report du concert de Dépêche Mode à Paris, ainsi quune quinzaine de chroniques de CD, de films, et de livres.
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Boulevard des jeunes musiciens. Les yeux ont des oreilles
La semaine dernière (pour ceux qui suivent), on vous laissait saliver sur une mystérieuse surprise du chef. À défaut des papilles, les pupilles seront servies : en marge des concerts du BJM sera projetée, à lIF Casa, une série de documentaires dhier ou daujourdhui mais tous unis sous le signe de la musique. En chef de file probable de cette initiative instructive, le mythique Al Hal de Ahmed Maânouni, ainsi quune des uvres maîtresses de sa productrice Izza Genini, Tambour battant, mais aussi Le Blues des Chikhates de Ali Essafi, Maroc street life, court-métrage de DJ Key sur le breakdance, divers clips de rap fraîchement sortis de sa boîte de prod Funky Noise, un documentaire sur le BJM par Hicham Bajou et SiMohamed Slaoui, LUnivers de Gnaoua de Abderrahim Nettour, et dautres encore. Plaisir des yeux ! |
Photo. Entre ciel et terre
Quand il ne mène pas des recherches sur la fertilité des sols en Namibie ou photographie des variétés de mauvaises herbes au Burkina Faso, Thomas Sappe, ingénieur agricole et passionné de photos, allie travail et plaisir en saisissant des paysans dans leur cadre de vie. Jai commencé par des portraits dagriculteurs à Madagascar, précise Thomas Sappe qui, après ce premier travail, a photographié les paysans de la région du Souss Massa dans leur travail quotidien, non pas aux champs comme on pourrait sy attendre, mais dans les airs quand ils bâtissent des serres. Accrochés à des structures métalliques, le vide sous leurs pieds, le ciel en toile de fond, ces paysans se métamorphosent en funambules.
Acrobaties Rurales. Jusquau 22 avril à lIF dAgadir.
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Télé. Portraits de ville
La nouvelle émission de 2M, Viva Medina, ne laisse pas indifférent. Quen retient-on ? Un bon concept pour commencer. Lémission, qui sest déjà déplacée à Meknès, El Jadida, Tanger et Ouarzazate séloigne du centre Rabat - Casablanca pour plonger dans la réalité des villes moins médiatisées. Les rubriques sont assez innovantes (un maire répond aux questions décoliers dans leur classe de cours, que peut-on faire avec 100 DH par jour dans la ville, etc
). Ceci dit, lémission pèche par un manque de cohérence flagrant. Elle est assez mal goupillée, le présentateur nest pas encore tout à fait détendu, certaines rubriques manquent cruellement de naturel. En somme, une bonne idée quil faudra encore travailler. |
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Le livre.
Cest une première. Un écrivain marocain francophone traduit en arabe, peu de temps après la parution de son recueil de nouvelles, Le Maboul. Lauteur en question nest autre que Fouad Laroui, à qui on doit le surprenant Les dents du topographe, le très beau De quel amour blessé et dautres textes de moindre envergure. Le traducteur, Brahim El Khatib, est tout simplement lun des rares lettrés arabophones au style fluide, dépouillé et plaisant. Le résultat est une belle gerbe de textes, sans grande prétention, mais tantôt drôles, tantôt graves, sur des personnages marginaux, des hommes de passage, des campagnards paumés, une télévision marocaine guindée, une poignée de sable du plus beau pays du monde et bien dautres clichés saisis au vol.
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Humeur : Le Maroc sennuie
Y-a-t-il pire quune télé en panne ? Oui, une télé avec 2M et TVM et rien dautre pour tromper lennui. TPS a disparu cette semaine, et avec lui, la vaseline audiovisuelle qui faisait passer le vide culturel marocain. Le Maroc utile aurait pu aller au théâtre voir une pièce franco-française. Mais, utile ou pas, le Marocain préfère la violence sexuelle dOZ, diffusée sur série club, aux affres de la passion platonique chez Tartempion. Il y avait bien aussi un concert dune chanteuse à voix, venue narrer ses chagrins damours adolescentes et, par la même occasion, vous faire regretter dêtre francophone. Peanuts, face à Beyonce sur M6 music black. Cette fille chanterait lannuaire du Swaziland quon lécouterait bouger tout de même. À défaut déchappatoire, beaucoup de Marocains ont été contraints denfumer le paysage audiovisuel marocain. Au 3ème joint, ils ont trouvé du génie à lhabillage kitsch de TVM. A n+1 joint, ils se sont accrochés à un documentaire en arabe classique sur la raie manta. Le remède était simple comme bonjour, mais hélas inapplicable en territoire ennemi : les soirées-télé familiales. Fort de ce constat, personne na passé le joint à sa mère devant Assahralakoum. Et Imad Ntifi est resté lui-même, aussi talentueux quil est filiforme. Vivement le retour de TPS ! La lucidité devant la télé, ça va bien cinq minutes, mais à la longue cest aussi tuant que la consommation de stupéfiants. Et très chiant, surtout... |
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