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Congrès. Dans une zerda populaire
Procès symbolique. L'Etat marocain (encore) coupable !
Reportage. Le village le plus pauvre du Maroc
Portrait. Le poète de Tazmamart
Israël. Olmert face à lui-même
États-Unis. Les artistes contre Bush
Fraude alimentaire. Le contrôle incontrôlé
Anania. Danser la vie
Exposition. Désert animé
N° 219
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Par Khalid Tritki

La semaine Économie

Inauguration de la marina
de Casablanca (AFP)

Investissement. Le jackpot émirati

C’est le plus gros investissement jamais réalisé au Maroc. Les groupes émiratis Dubai Holdings et Emaar ont signé 8 conventions avec l’Etat pour un montant de 9 milliards de dollars, soit 90 milliards de dirhams. À titre de comparaison, cet investissement représente plus de la moitié du Budget général de l’Etat, de loin supérieur à toutes les opérations de privatisation réalisées. Les Emiratis réaliseront avec la CDG des projets structurants à Rabat, Marrakech, Casablanca et Tanger. À elle seule, Rabat se réserve la part du lion avec 5,1 milliards de dollars destinés aux projets de Bouregreg et de la Corniche. Dans les autres villes, les
Emiratis ont des projets touristiques et immobiliers, dont la marina de Casablanca et la station de l’Oukaïmeden. Et ce n’est pas tout, ils promettent encore plus de fonds. Les responsables de Dubai Holdings annoncent ainsi un programme d’investissement de 12 milliards de dollars (l’équivalent du tiers du produit intérieur brut national), dont 3 milliards sont effectivement engagés dans les projets de Bouregreg et du Dubai-Casa Tower. De plus, ils viseront prochainement d’autres secteurs tout aussi juteux: la banque et l’industrie. Des études de faisabilité sont en cours mais la nature des projets n’est toujours pas dévoilée, probablement pour mieux négocier une ouverture des marchés des produits de grande consommation où les barrières douanières sont toujours pénalisantes.


Raffinage. La Samir en retard

Samir, l’unique raffineur national, est contraint de revoir sa copie pour le financement de son projet d’extension. La raison en est que les fournisseurs d’équipement pour l’hydrocracking ont augmenté leurs prix. “En fait, les négociations avec les banques pour le financement de l’extension du site de Mohammédia ont pris tellement de temps que les délais fixés avec les équipementiers ont expiré”, nous explique une source bancaire.Conséquence: les équipementiers demandent une rallonge, surtout que la conjoncture internationale leur est favorable. Le raffinage a actuellement la cote et des pays comme la Mauritanie, l’Algérie, l’Egypte et la Turquie, ont passé commande pour l’installation de raffineries. Les équipementiers se retrouvent ainsi avec des carnets de commandes pleins et des délais de livraison de plus en plus longs.


Code du travail. Réforme en vue

Les rencontres entre la Confédération patronale et le ministère de l’Emploi se poursuivent en vue d’aboutir à une réforme du Code de travail. Notons que la CGEM a saisi le ministère pour qu’ il surseoie à l’application de l’article 304 du Code qui prévoit un médecin du travail à plein temps pour toute entreprise de plus de 50 salariés. Une condition impossible à remplir dans l’état actuel du parc industriel marocain. La réforme promise par le gouvernement va dans le sens de la mutualisation : un médecin de travail pour un groupe d’entreprises. Les retouches nécessaires seront probablement faites lors de la prochaine cession parlementaire.


Impôt. L’Odep trinque

La cadence des redressements fiscaux passe à la vitesse supérieure. Les équipes de contrôleurs de Noureddine Bensouda, directeur général des impôts directs, s’intéressent aux offices publics sur la question du provisionnement. L’Office de l’exploitation des ports est le premier à en faire les frais. Le fisc lui réclame plus de 180 millions de dirhams provisionnés dans ses comptes en l’absence, selon des sources proches de l’administration des impôts, de justificatifs légaux. Après l’ODEP, c’est l’ONE qui sera sous la loupe fiscale. Les mêmes sources tablent sur un redressement spectaculaire. Rappelons que pour provisionner une créance douteuse, la loi exige l’existence de contentieux judiciaires : il faut attaquer le client indélicat devant les tribunaux avant de passer la créance dans la rubrique “perte”.


Justice. Lakhouaja relaxé

Azeddine Lakhouaja, associé du groupe saoudien Dallah Al Baraka dans le capital de l’hôtel Palais des Roses International (PRI), est sorti de prison lundi 27 mars. Il n’est pas acquitté pour autant et est poursuivi par le parquet d’Agadir pour détournement de fonds (12 millions de dirhams), qu’il aurait, selon l’accusation, placés sur un compte personnel. Lors de l’audience de lundi dernier, ses avocats, profitant de l’absence de preuves, ont souligné que la somme en question a été versée aux fournisseurs de PRI parmi lesquels figurait l’un des avocats actuels de Dallah Al Baraka. Une expertise pourrait être ordonnée pour faire une opération de rapprochement bancaire : vérifier les versements par chèques et les bénéficiaires du paiement.


NTI. Arbitrage sur l’offshoring

L’association des professionnels des technologies de l’information (Apebi) veut intégrer le projet de l’offshoring dans son contrat-programme, toujours en négociation. À la sortie de son conseil d’administration, tenu la semaine dernière à Casablanca, le bureau de l’association a manifesté le souhait de demander, sur cette question, l’arbitrage de Driss Jettou, premier ministre. Le programme offshoring fait partie de la stratégie “Emergence” concoctée par les services de Salaheddine Mezouar, ministre de l’Industrie et du commerce, sans la participation de l’Apebi. Cette dernière, se focalisant sur l’attrait du projet, a déjà approché Talbi Alami, ministre délégué chargé des Affaires générales et de l’Economie, sans succès. Driss Jettou accèdera-t-il à la demande de l’Apebi ? Affaire à suivre.



Billet. Qui sauvera la PME ?

Khalid Tritki

La PME représente 90% du tissu économique. Si cette réalité statistique signifie quelque chose, c’est bien que tous les acteurs, politiques et économiques, doivent se démener pour favoriser l’essor de la PME. Malheureusement, ce n’est pas forcément ce qui se passe :
• Acte I : Abdellatif Jouahri, wali de Bank Al Maghrib, est sorti de ses gonds en apprenant que les banques et la Fédération de la PME n’arrivaient pas à s’entendre sur l’application de la convention de financement. Il a même menacé de prendre les choses en main. Pourquoi ? Il a certainement sa petite idée.
• Acte II : Driss Jettou reconnaît, dans un courrier adressé à des experts américains, l’échec des politiques gouvernementales et l’absence de “coordination” sur le dossier du financement de la PME. Il demande carrément l’aide d’une association de volontaires financiers de haut niveau, très actifs à Washington, pour évaluer la situation des PME marocaines. Quatre experts américains ont été dépêchés au Maroc à la suite de ce courrier. Un rapport sera adressé à la Primature où figureront des recommandations pour sortir la PME du tunnel. Et si les Américains recommandent d’ouvrir le marché du financement à d’autres intervenants bancaires, Driss Jettou s’exécutera-t-il ? Pas sûr (lobbying oblige) mais il aura la possibilité de négocier un “gentlemen agreement” pour le secteur bancaire. S’il y arrive, Jouahri aura fait le nécessaire dans les coulisses. Voilà un tandem qui peut bousculer les choses et ce, loin de tout calcul politique. l




OFF.

Une société israélienne spécialisée dans le transfert d’argent prospecte au Maroc. Elle cherche à grignoter sur le bastion bien gardé de Western Union, à savoir le transfert de cash de l’étranger vers le Maroc. Selon des sources proches du dossier, la société ambitionne également de récupérer une partie des transferts monétaires qui transitent par le circuit informel.



OFF.

L’Inspection générale des finances (IGF) serait, selon des sources non autorisées, sur le point de lancer un audit sur la réalisation du programme des départs volontaires définitifs (DVD). Mohamed Boussaïd, ministre de la Réforme des services publics, a déjà réalisé une étude sur les DVD qui n’aurait pas donné satisfaction. D’où la décision de faire intervenir l’IGF.

 
 
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