Sahara. Un Conseil : l'autonomie attendra
Congrès. Dans une zerda populaire
Procès symbolique. L'Etat marocain (encore) coupable !
Reportage. Le village le plus pauvre du Maroc
Portrait. Le poète de Tazmamart
Israël. Olmert face à lui-même
États-Unis. Les artistes contre Bush
Fraude alimentaire. Le contrôle incontrôlé
Anania. Danser la vie
Exposition. Désert animé
N° 219
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Par Abdeslam Kadiri

La semaine Monde

(AFP)

11 septembre. Moussaoui passe aux aveux

Zakaria Moussaoui, alias le 20ème pirate de l’air, vient probablement de signer son arrêt de mort. Provoquant la panique de sa défense, il a décidé de témoigner contre lui-même. Un vrai cadeau pour les procureurs car ce témoignage laisse peu de doutes quant à l’implication de Moussaoui dans les attentats du 11 septembre.

Lundi dernier, dans la salle d’audience du tribunal d’Alexandria (Virginie), le prévenu, âgé de 37 ans, a admis qu’il était au courant des attaques du World Trade Center ce qu’il n’avait pas dit aux agents
du FBI qui l’avaient arrêté le 16 Août 2001 car il voulait couvrir ses complices et éviter qu’ils soient interrompus dans leur préparation des attentats. “Le Prophète disait : la guerre est tromperie”, devise un Moussaoui devant le procureur Robert Spencer. “Il est permis de mentir au nom du Jihad, toutes les techniques pour défaire l’ennemi sont autorisées”, renchérit-il. Face à une cour stupéfaite, le Franco-marocain explique sans ciller que sa mission consistait à détourner un cinquième avion et à le faire s’écraser sur la Maison Blanche.

Multipliant les révélations, il confie le nom de son complice dans la mission : Richard Reid, le “shoe-bomber”. Rien que lui. Natif de Grande-Bretagne, Reid a été interpellé en décembre 2001, alors qu’il tentait de faire exploser un avion d’American Airlines. Des explosifs avaient été découverts dans ses chaussures. Cela lui a valu une condamnation à perpétuité prononcée en 2003. Depuis son arrestation, Reid a écrit au moins une fois à Moussaoui. Les deux hommes vivaient à Londres dans les années 90 et fréquentaient la mosquée de Finsbury Park, souvent désignée comme un lieu de recrutement pour Al Qaïda.

À la question : “Qui vous a ordonné de lancer un avion sur la Maison Blanche ?”, Moussaoui a répondu “Oussama Ben Laden”. Interrogé sur le pourquoi, il n’a pas hésité : “Parce que je suis Al Qaïda”. À la barre, le conspirateur auto-proclamé d’Al Qaïda n’a montré aucun signe de repentir. “Etiez-vous heureux à la vue du WTC en flammes ?” lui a demandé Spencer. “Absolument” a rétorqué Moussaoui.

B.S.



Abus. Dubaï maltraite ses travailleurs

Côté pile, Dubaï est devenu un centre touristique mondial. Côté face, des dizaines de milliers d’ouvriers asiatiques seraient sous-payés et exploités. L’organisation Human Rights Watch (HRW) a dénoncé, mercredi, les conditions “inhumaines” de ces migrants. “Le boom immobilier que connaît Dubaï est nourri par les travailleurs immigrés, qui sont traités comme des sous hommes, dénonce Sarah Leah Wilson, directrice de la section Moyen-Orient à HRW. Le gouvernement émirati ne veut pas prendre de véritables engagements pour faire cesser les abus systématiques (…) qui créent des agitations sociales”. Près de 2 500 ouvriers du chantier de Burj Dubai, la plus haute tour du monde, ont protesté et d’autres ont fait grève sur le chantier de l'aéroport.
HRW dénonce le “non règlement des salaires, la négation du droit aux soins médicaux et les conditions de vie misérables”. L’ONG appelle les Etats-Unis, l’Union européenne et l’Australie à faire pression sur Dubaï.


Iran. L’ultimatum onusien

Le Conseil de sécurité de l’ONU a donné trente jours à l’Iran pour suspendre ses activités d’enrichissement d’uranium mais s’est gardé de dire quelles mesures il prendrait en cas de désaccord de Téhéran. Il a adopté à l’unanimité une déclaration que ses cinq membres permanents (Chine, Etats-Unis, France, Grande-Bretagne, Russie) ont mis trois semaines à discuter, en raison de l’opposition de Pékin et de Moscou à tout passage en force.
Le Conseil a souligné “l’importance particulière d’un rétablissement complet et durable de la suspension (par l'Iran) de toute activité liée à l'enrichissement d'uranium, y compris dans un cadre de recherche, et que cette suspension soit vérifiée par l'AIEA”. Il réclame dans les trente jours un rapport de l’AIEA, sur la manière dont l’Iran se sera conformé à ces dispositions.


France. Chirac à la rescousse !

Le conflit en France sur le “Contrat première embauche” (CPE), en passe de devenir une crise politique majeure, était suspendu jeudi à une décision du Conseil constitutionnel, avant une intervention attendue du président Jacques Chirac.
Etudiants et lycéens opposés au CPE ont maintenu la pression, avec des barrages routiers et l’occupation de plusieurs gares. Le Premier ministre Dominique de Villepin est resté inflexible dans son refus de retirer le CPE. Dans une atmosphère de rivalités exacerbées, Nicolas Sarkozy, ministre de l'Intérieur, a plaidé pour une suspension de la mesure afin de permettre des négociations de fond.
Villepin aurait menacé de démissionner si le président ne promulguait pas immédiatement “la loi sur l'égalité des chances” instaurant le CPE.


Liban. Cour internationale pour l’affaire Hariri

Le feu vert de l’ONU à la création d'un tribunal international pour juger les responsables de l'assassinat de Rafic Hariri constitue une première et répond à une demande unanime des Libanais. Beyrouth s’est félicité de cette décision. Selon un observateur, c’est la nature du crime et l’évolution de l’enquête qui ont amené à la formation d’une telle instance : “La communauté internationale a marqué une volonté sans précédent de sanctionner la pratique de l'assassinat politique”. De plus, la création d’un tribunal international confirme que ce crime “avait des implications régionales sinon internationales, et n’implique pas que des Libanais”. Kofi Annan a été chargé de négocier un accord avec Beyrouth pour créer ce tribunal, à compétence juridique, dont le siège et la composition seront décidées par l’ONU.



Lu pour vous.
Le magma du statu quo

Ahmed Loutfi, Al Ahram Hebdo, 29 mars

D’un échec à l’autre, le monde arabe plonge dans une vraie décadence. Il remue, mais dans un environnement stagnant où rien ne bouge. Même les changements qui interviennent ne font que confirmer le statu quo d’un ensemble régional incapable de décoller comme la Malaisie et l’Indonésie. Le monde arabe devient une région unique au monde en ce qui concerne les déchirements qui le traversent. Un tableau noir qui appelle à méditer. Dans cette région, les habitants se posent presque chaque matin une éternelle question sans être capables d’y répondre logiquement : comment en sommes-nous arrivés là ? Ici, on adore ce retour à l’Histoire, parce que le passé est mieux que le présent, encore plus que l’avenir. Un passé proche fait de colonialisme serait une des principales causes du monde arabe, voire des mondes arabes…Un passé, mais aussi un quotidien qui a comme mot d’ordre Israël avec, comme corollaires, un alignement américain, une faiblesse européenne et un conflit interminable. Les Arabes n’y sont pour rien : telle serait cette théorie de la “victimisation” développée par une grande partie des Arabes (…)
On s’est toujours demandé pourquoi le monde arabe n’a jamais réussi à façonner son unité. La création de la Ligue arabe aurait dû être un outil pour asseoir cette unité. Mais la désunion et les rivalités ont été le mot d’ordre. Le dernier sommet, qui s’est achevé mercredi à Khartoum, dérogera-t-il à la règle ?



VITE !

Amnesty International (AI) a accusé jeudi le gouvernement espagnol de passivité sur le sort des victimes de la guerre civile et du franquisme. AI dénonce l’état “déplorable” des archives et les subventions versées à des associations pour exhumer des charniers.

 
 
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