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N° 220
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Par Driss Bennani

“Le foot aujourd’hui, c’est de la merde !”

Antécédents
Lino Bacco
Journaliste sportif (DR)

1946. Naissance à Casablanca.
1965. Premier article paru dans Le petit marocain.
1989. Secrétaire général de la chambre de commerce italienne.
1991. Consultant sportif à 2M.
2006. S’apprête à éditer une compilation de ses articles, avec des annotations et des anecdotes vécues.
Smyet Bak ?
Ah, lwalid ? Francesco Lobianco.

Je me disais bien que Lino Bacco, ce n’était pas votre vrai nom…
Non. Mon véritable nom est Louis Lobianco, ce qui veut dire le blanc ou le Bidaoui. Pourquoi je l’ai changé ? C’est une longue histoire que je raconte dans le livre et que je ne dévoilerai pas. C’est un argument de vente.

Smyet mok ?
Caterina, allah yerhem’ha (que Dieu bénisse son âme).

Nimirou d’la carte ?
BE je ne sais plus combien. Je l’ai laissée à la réception de l’hôtel où je réside aujourd’hui.

Vous parlez bien marocain à ce que je vois. Pourquoi ne laissez-vous glisser aucun mot en darija dans vos commentaires sportifs sur 2M ?
Ils disent que c’est interdit, que ça ne fait pas bien. Ceci dit, de temps à autre, je glisse quelques mots incontournables comme maâlem.

Que répondez-vous à ceux qui disent que vous êtes le défenseur du football italien sur 2M ?
Ce n’est pas vrai. Je ne suis pas l’avocat du football italien. Lorsque je vois un arbitre impartial, je le dis. Les gens disent après que je défends la Juventus. Récemment j’ai couvert deux matchs entre Lyon et Milan AC, je crois que tout s’est bien passé. Même si je suis un supporter de la Roma.

Sur votre CV, il n’y a que ce mandat à la tête de la Chambre de commerce italienne qui fait tache. Tout le reste est très cohérent, entre sport et médias…
Vous n’avez donc pas très bien compris. Quelle est la mission d’une chambre de commerce ? Faire croître les échanges entre deux pays. Il s’agissait donc pour moi de vendre le Maroc en Italie et de vendre l’Italie au Maroc. Et ça, c’est de la communication. Kayna oulala ?

Kayna, mais vous pensez sérieusement que l’Italie a encore besoin d’être vendue au Maroc ? Trois villes entières au moins ne rêvent que d’embrasser son sol !
Savez-vous que l’Italie a été, après l’indépendance du Maroc, la première nation européenne à lui faire confiance ? La Samir a été inaugurée par le président italien et Mohammed V, la Somaca a été créée par des Italiens, de même que le plus grand laboratoire pharmaceutique à l’époque. Après, les Italiens se sont endormis sur leurs lauriers. Ils ont été dépassés par les Français, de plus en plus présents au Maroc. Le Marocain a donc petit à petit perdu la notion de partenariat avec l’Italie. Lorsque par exemple Alfa Romeo a été réintroduite au Maroc dans les années 90, les Marocains se sont demandés : Mais c’est quoi cette voiture ? Ils ne savaient pas que, plusieurs années auparavant, un certain André Gelfi avait fait Casa-Agadir en cinq heures à bord d’une Alfa Romeo.

En écoutant vos commentaires, on a l’impression que rien ne vous plaît dans le jeu. On vous force à commenter les matchs ou quoi ?
Ce n’est pas cela, mais le foot aujourd’hui, c’est de la merde. Et je ne suis pas le seul à le dire. à la limite, j’envie les téléspectateurs parce qu’eux, au moins, ils peuvent zapper. 90% du jeu qu’on voit est insipide. J’ai connu le foot des années glorieuses, un foot plus humain et moins pourri par l’argent, avec des joueurs plus respectables. Aujourd’hui, on a affaire à des mercenaires qui négocient des contrats et qui changent trois fois de maillot en une saison.

Si demain, vous deviez commenter un Ittihad Khémisset contre Olympic de Khouribga, vous diriez quoi ?
Je le commenterais normalement. J’ai tellement écrit sur le foot national… Je n’aurais aucun problème à commenter. En plus, si le match se déroule à Khouribga ou dans un stade qui fait le plein comme à Safi, ça pourrait être passionnant.

Vous avez récemment passé une semaine au Chabab de Mohammédia et avez déclaré avoir “enfin compris le foot marocain”. Vous y avez mis le temps…
Oui, c’est comme quand vous aimez quelqu’un et que vous découvrez que vous êtes trahi. On m’a appelé pour contribuer à redresser le club. L’argent ne manquait pas mais un véritable problème d’hommes s’est posé. Je préfère m’arrêter là.

 
 
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