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Congrès. Dans une zerda populaire
Procès symbolique. L'Etat marocain (encore) coupable !
Reportage. Le village le plus pauvre du Maroc
Israël. Olmert face à lui-même
Fraude alimentaire. Le contrôle incontrôlé
Anania. Danser la vie
Exposition. Désert animé
N° 220
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Par Khalid Tritki

La semaine Économie

(DR)

Education. Les aberrations de “Génie”

Le projet “Génie” ne fait pas l’unanimité. Il s’agit d’un plan d’un milliard de dirhams fragmenté sur trois ans et destiné à équiper les établissements scolaires en matériel informatique et salles multimédias. L’appel d’offres a été lancé début février avec un cahier des charges qui regorge d’aberrations. La première du genre est celle qui cite spécifiquement la marque Microsoft. Or, l’article 4 du décret réglementant la passation des marchés publics stipule que “dans tous les cas, les spécifications techniques ne doivent pas mentionner de marque commerciale, appellation, brevet, conception, type, origine ou
producteur particulier, à moins qu’il n’ y ait aucun autre moyen suffisamment précis et intelligible pour décrire les caractéristiques des travaux, services …”. La dérogation à cette règle, à mettre au passif de la commission en charge du dossier auprès de la primature, démontre un choix délibéré de passer toute la partie logiciels au constructeur américain. L’anomalie ne s’arrête pas là. Le cahier des0 charges prévoit plus de 8200 serveurs (30 à 40 000 dirhams l’unité) multimédia, soit une machine par salle multimédia. Cela représente beaucoup d’argent. La question qui se pose est de savoir si le ministère de l’Education nationale dispose d’autant d’ingénieurs ou de techniciens capables d’entretenir ces machines. Il aurait été plus judicieux de prévoir un serveur par région ou ville de manière à mieux gérer le parc tout en économisant sur la facture. Mais bon…


Sucre. La ristourne rétroactive ?

Le dossier de la ristourne accordée aux industries des sucreries et du chocolat fait des mécontents. Un accord signé en février accorde une ristourne sur le sucre à cette filière : une partie du coût du sucre utilisé pour la fabrication sera reversée par la Caisse de compensation. Bonne nouvelle ! Mais avant d’appliquer cette mesure à partir du 1er mars 2006, les industriels doivent achever les remboursements dus à la Caisse de compensation au titre de 2005 et de janvier et février 2006, dans le cadre de la précédente législation : Pour chaque mois d’exploitation, l’industriel doit verser, avec un décalage de deux mois, deux dirhams par kilo de sucre utilisé. Les remboursements pour janvier et février sont programmés pour mars et avril 2006. Pour s’y soustraire , certains sucriers réclament désormais la rétroactivité de l’accord au 1er janvier 2006. Ils n’ont réussi qu’à obtenir un niet clair de la part du secrétariat général du gouvernement.


Assainissement. Les Emiratis visent Rédal

Des investisseurs émiratis (actionnaires de la société financière Somed) veulent investir le créneau de l’assainissement et de la distribution d’eau et d’électricité. C’est un secteur régi par la loi sur les concessions et les opportunités d’investissement sont rares car dépendant des appels d’offres lancés par l’Etat. Pour détourner ce blocage, des Emiratis ont approché Rédal, le concessionnaire pour les villes de Rabat et Salé. Des pourparlers, jugés très avancés par nos sources, sont en cours pour une prise de participation au capital. Rédal n’est pas libre de prendre une telle décision, il lui faut l’aval de l’Etat. Mais la lune de miel que vivent autorités marocaines et investisseurs émiratis, ne laisse aucun doute sur la position de l’Etat.


Fiscalité. Séisme dans le logement social

Les contrôleurs fiscaux vérifient actuellement si les opérateurs du logement social respectent les clauses des conventions signées avec l’Etat. Selon ces conventions, le promoteur s’engage à réaliser 2500 logements sur cinq ans et bénéficie d’une exonération totale des impôts et taxes. Certains opérateurs, qui n’ont pas pu respecter le délai de réalisation et donc de livraison de la totalité des logements, subissent actuellement un redressement brutal. Le fisc leur réclame de 50 à 100 millions de dirhams par entreprise, selon les programmes de construction. Or, des sources fiables soutiennent que les retards accusés par les programmes sont dûs généralement à des blocages au niveau des autorisations de construire ou au non-remboursement de la TVA.


Meknès. Aourid défend l’agro

Hassan Aourid, le wali de Méknès-Tafilalet, a l’ambition de faire de cette région un pôle de développement de l’agro-alimentaire. Il mène une grande campagne de sensibilisation (de négociations également) pour fédérer opérateurs et autorités. Il propose, entre autres, (et c’est le plus difficile) de libérer du foncier pour développer l’industrie agro-alimentaire en amont. Des sources fiables avancent même l’idée de récupérer des terres agricoles, louées à des prix dérisoires pour une production moribonde. Le plan de Aourid coupe l’herbe sous le pied de son voisin de Fès, Mohamed El Gharrabi, qui n’a pas fait montre du même volontarisme. Pourtant, les deux villes ont le même positionnement et sont rivales depuis toujours.


Sodéa. Et de deux !

En mai prochain, une seconde grande opération de concession au secteur privé des terres agricoles appartenant à l’Etat, sera lancée. Plus de 45 000 hectares seront transférés, en gestion, à des opérateurs (de préférence étrangers) pour une durée de 40 ans. Cette phase sera la dernière après celle de 2005 qui a touché plus de 44 000 hectares. Les secteurs agricoles concernés sont principalement les agrumes, l’oléiculture, la céréaliculture, les cultures maraîchères et l’élevage. Avant juin prochain, date de la distribution des dossiers pour l’appel d’offres, le ministère de tutelle a programmé une tournée mondiale pour attirer les investisseurs étrangers. Seront visés en priorité les Européens.



Billet. Moulin à vent

Khalid Tritki

Quand, cinq ans après le lancement d’un projet, on se rend compte qu’il y a un maillon qui manque à la chaîne, c’est que le projet lui-même a été mal conçu au départ. La vision 2010, concoctée pour le tourisme, manque de financement. De cela, tout le monde est convaincu. Les chiffres avancés donnent le tournis. Avec un coût moyen de 250 000 dirhams par chambre, le pari de l’augmentation de la capacité d’hébergement est estimé à plus de 20 milliards de dirhams. D’où les sortir ? Personne ne sait. Pourtant, le ministre, banquier de son état, savait que le secteur financier n’était pas prêt à mettre la main à la pâte. Il savait qu’à part lui à travers le fonds d’investissement Risma, aucun autre financier n’en a créé un pour le tourisme. Il savait enfin que les étrangers qui viennent construire nos hôtels puisent dans nos liquidités, pourtant refusées aux nôtres. Il savait tout cela mais il n’a pas réformé le texte sur les assurances ni pris, à partir de 2002, son bâton de pèlerin pour convaincre de la nécessité d’un appui financier. Certains disent qu’il n’y a pas pensé, d’autres, plus proches de lui, s’accrochent au manque de coordination au sein du gouvernement. Ils évoquent surtout la “sourde oreille” de Oualalou. Pour l’observateur averti ou l’individu lambda, la vision 2010 n’est rien d’autre qu’un moulin à vent dont le mouvement dépend de la situation climatique. La vision 2010 tournera si les vents sont favorables et constants. Chose que personne ne peut garantir.




OFF.

Une grande confédération patronale pour le secteur de l’agriculture est en gestation. Selon des sources bien informées, composée d’agriculteurs, de chambres et associations professionnelles, elle sera l’équivalent de la CGEM et se proposera de défendre le secteur agricole lors des grands rendez-vous, comme les accords de libre-échange ou lors de chamboulements de la réglementation. La constitution officielle de cette confédération est prévue pour le 15 avril.



OFF.

Les promoteurs de la zone offshore de Dubaï “Jbel Ali” ont désigné le Marocain Mbirik Mouilid, l’ex-patron de Bimo, comme représentant de leurs intérêts au Maroc. Cette décision, qui donne une seconde chance au Marocain après sa traversée du désert, laisse deviner les ambitions des Emiratis spécialisés dans la gestion des zones industrielles dites “intelligentes”.

 
 
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