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Par Abdeslam Kadiri
La semaine Monde
France. La surprenante bataille du CPE
Tous ceux qui comptaient sur un pourrissement du mouvement des jeunes, en sont pour leurs frais. La grogne ne faiblit pas et Villepin tient bon, lui aussi. Jeudi le premier ministre a exclu de démissionner et a défendu le contrat-jeunes, cible dune vaste fronde sociale, alors que des centaines détudiants bloquaient des routes, gares et usines dans les grandes villes. Villepin a prôné l'apaisement après plus de dix semaines de crise. Mais il a aussi défendu le principe de flexibilité dans lemploi, bête noire du mouvement contre le contrat première embauche (CPE). |
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Les anti-CPE exigent toujours labrogation de la loi ayant institué ce nouveau contrat de travail pour les moins de 26 ans, contrat accusé de favoriser la précarité. Ils ont lancé mardi un ultimatum pour le 17 avril afin que la loi soit abrogée. Des consultations se poursuivaient malgré tout entre des parlementaires UMP et les syndicats, lycéens et patronaux. Trois possibilités soffrent à eux : la modification, la non-application ou labrogation, alternative toujours posée comme préalable par les syndicats. Fragilisé par cette fronde sociale, qui sest transformée en crise politique, au plus bas dans les sondages, Villepin (et avec lui Chirac) a malgré tout tenté de montrer quil restait le patron dans cette crise
et dans sa guéguérre avec Sarkozy.
Stupéfaits dans un premier temps, Chirac et Villepin ont fini par comprendre que le numéro 2 du gouvernement profitait de lintervention embrouillée du chef de l'Etat, vendredi dernier, pour apparaître comme le sauveur du gouvernement. Tout le week-end dernier, Sarkozy claironnait quil fallait désormais liquider le CPE. En roue libre, le patron de lUMP a promis aux syndicats denterrer le CPE, afin de les inciter au dialogue. Le président et le premier ministre nont pas apprécié de voir liquider le CPE aussi brusquement. Chirac et Villepin ont rapidement recadré le patron de lUMP, lui indiquant que la proposition de loi sur le CPE devait se faire en totale cohérence entre lUMP et le premier ministre. Sous couvert dune trêve entre eux, Sarkozy et Villepin continuent à saffronter pour gagner le leadership sur leur camp. |
Irak. Les procès de Saddam
Déjà jugé pour le massacre de 148 chiites, le président irakien déchu, Saddam Hussein, devrait bientôt répondre devant le Haut tribunal pénal de lune des plus sanglantes vagues de répression de son régime. Entre 1987 et 1988, une campagne de déplacements massifs de la population kurde a coûté la vie à plus de 100 000 personnes, victimes de lopération Anfal. Linstruction a été bouclée dans laffaire Anfal et les sept personnes accusées de génocide et de crimes contre lhumanité, ont été déférées au tribunal, a déclaré mardi le chef des juges dinstruction, Raed al-Jouhi. Saddam Hussein et son cousin Ali Hassan al-Majid, dit Ali le chimiste, ancien chef de la région nord de lIrak, sont en tête de la liste des accusés du tribunal. Dautres dossiers accablant lancien régime sont en cours d'instruction, dont la répression de linsurection chiite en 1991. Le président irakien, Jalal Talabani, a déclaré que lex-raïs serait jugé pour tous ses crimes. |
Kadhafi. Les colons à la caisse
Invité à Dakar pour célébrer le 46e anniversaire de lindépendance du Sénégal, Mouammar Kadhafi, le leader libyen, sest encore fait remarquer. Il a appelé les pays africains à réclamer des indemnisations à leurs anciens colonisateurs. Nous ne voulons pas de dons, nous ne tendons pas la main, nous ne sommes pas des mendiants. Nous voulons juste quils nous rendent ce quils nous ont volé, a-t-il déclaré, citant le diamant, lor, le manganèse entre autres richesses.
Sils ne peuvent pas payer des indemnisations, les pays colonisateurs doivent trouver une autre formule, a-t-il poursuivi. Il a notamment estimé que la France devait dédommager les tirailleurs sénégalais pour effacer les traces du passé, soigner des plaies toujours ouvertes et a assuré que lItalie sétait engagée à indemniser la Libye. |
Danemark. Immigrés au compte-gouttes
Conséquence de laffaire des caricatures ? Le Danemark a aussi opté pour une politique dimmigration sélective. Il sera plus facile de venir au Danemark pour travailler si on possède des qualifications requises, et il sera plus difficile dy entrer si on ne les a pas, a résumé le chef du gouvernement, Anders Fogh Rasmussen.
Le pays, qui accepte au compte-gouttes les réfugiés, souhaite lancer un régime à laméricaine, appelé Green Card, donnant aux étrangers qualifiés (hors UE) la possibilité davoir un permis de travail et de séjour allant jusquà 6 mois. Il se justifie par le fait quau Danemark les immigrés ont un niveau déducation relativement bas, comparé aux autres pays. Le pays compte 5 % dimmigrés, dont 3,1% provenant de pays non-occidentaux. |
Liban. Emile Lahoud saccroche
Les participants au dialogue inter-libanais ont reporté leur réunion jusquà la fin du mois. Un report qui cache mal limpasse sur les questions du désarmement du Hezbollah et surtout du sort dEmile Lahoud. La majorité parlementaire veut obtenir le départ du président quelle considère comme le dernier symbole de la tutelle syrienne. Les forces politiques ne saccordent pas sur l'éventuel remplaçant de M. Lahoud, reconnaît Nabih Berri.
Au Liban, le président élu par le Parlement, ne peut être forcé de démissionner que pour haute trahison : Lahoud répète à lenvi quil restera à son poste jusquau dernier jour de son mandat, en septembre 2007.
Deux pétitions contre lui ont été signées en février dernier, par 14 députés frondeurs. Faute dun compromis sur un candidat (Général Aoun ?), qui ne semble pas se dessiner, il demeurera donc à la présidence. |
Procès. Moussaoui condamné à mort ?
Le jury a décidé à lunanimité que Zacarias Moussaoui était passible de la peine de mort, pour complicité avec les auteurs des attentats du 11 septembre 2001. Les douze jurés ont estimé lundi que les mensonges de Moussaoui, sont directement responsables de la mort des victimes.
Que Dieu vous maudisse tous !, a crié le prisonnier en sortant. Zacarias Moussaoui a eu ce quil voulait. En se présentant lui-même comme un des participants du 11 septembre, chargé de piloter un avion sur la Maison Blanche avec Richard Reid, le Français membre dAl Qaïda, il a ruiné les efforts de ses avocats qui ont tenté de le défendre contre sa volonté. Lors de la deuxième phase, qui devait débuter jeudi et décider entre la peine de mort ou la réclusion perpétuelle, les avocats vont essayer dargumenter sur létat mental de leur client, tandis que laccusation va entendre des familles de victimes du 11 septembre. |
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Lu pour vous.
Prends loseille et tire-toi !
Philippe Thureau-Dangin, Courrier International, 6 avril
Romano Prodi qui compare son adversaire à un ivrogne appuyé à un réverbère. Berlusconi qui cite Lénine en traitant Prodi didiot utile... On ne peut pas dire que la campagne électorale en Italie soit dune réelle hauteur de vues, ni dune sérénité exemplaire. Le philosophe italien, Norberto Bobbio, écrivait à propos des vertus des leaders, que le plus important en politique nétait pas le courage mais plutôt la mitezza. Cest-à-dire la tempérance, la douceur dans le jugement. Des qualités qui font complètement défaut à Silvio Berlusconi.
Il Cavaliere a certes de laudace et de la vanité, mais aucune virtù, et surtout pas la mitezza. Avec lui, ladversaire est exclu, et si possible piétiné. Au cours de ce second mandat, de 2001 à 2006, Berlusconi aura mis en place un fameux théâtre dombres. Au premier plan, on trouve un art de la com omniprésent. Au deuxième plan, une politique populiste qui tente de se concilier les faveurs des classes moyennes (dernière promesse : la suppression de la taxe dhabitation). Enfin, en arrière-plan, une imbrication entre politique et business, avec des députés très proches de lempire médiatique Fininvest (
). Cette mécanique de théâtre en carton, avec au centre ce vieil acteur grimé et à la peau tirée, a conduit lItalie à un déclin moral et économique. Il nest pas sûr, à lheure du vote, quune majorité dItaliens en soient pleinement conscients. |
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VITE !
Le parquet néerlandais est formel : Milosevic est décédé de mort naturelle le 11 mars, dans sa cellule du Tribunal pénal international (TPI). Les analyses nont montré aucun facteur dempoisonnement qui pourrait avoir provoqué l'arrêt cardiaque. |
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