Sahara. Un Conseil : l'autonomie attendra
Congrès. Dans une zerda populaire
Procès symbolique. L'Etat marocain (encore) coupable !
Reportage. Le village le plus pauvre du Maroc
Israël. Olmert face à lui-même
Fraude alimentaire. Le contrôle incontrôlé
Anania. Danser la vie
Exposition. Désert animé
N° 220
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Par Abdeslam Kadiri

La semaine Monde

(AFP)

France. La surprenante bataille du CPE

Tous ceux qui comptaient sur un pourrissement du mouvement des jeunes, en sont pour leurs frais. La grogne ne faiblit pas et Villepin tient bon, lui aussi. Jeudi le premier ministre a exclu de démissionner et a défendu le contrat-jeunes, cible d’une vaste fronde sociale, alors que des centaines d’étudiants bloquaient des routes, gares et usines dans les grandes villes. Villepin a prôné “l'apaisement” après plus de dix semaines de crise. Mais il a aussi défendu le principe de “flexibilité” dans l’emploi, bête noire du mouvement contre le contrat première embauche (CPE).
Les anti-CPE exigent toujours l’abrogation de la loi ayant institué ce nouveau contrat de travail pour les moins de 26 ans, contrat accusé de favoriser la précarité. Ils ont lancé mardi un ultimatum pour le 17 avril afin que la loi soit abrogée. Des consultations se poursuivaient malgré tout entre des parlementaires UMP et les syndicats, lycéens et patronaux. Trois possibilités s’offrent à eux : la modification, la non-application ou l’abrogation, alternative toujours posée comme préalable par les syndicats. Fragilisé par cette fronde sociale, qui s’est transformée en crise politique, au plus bas dans les sondages, Villepin (et avec lui Chirac) a malgré tout tenté de montrer qu’il restait le patron dans cette crise… et dans sa guéguérre avec Sarkozy.
Stupéfaits dans un premier temps, Chirac et Villepin ont fini par comprendre que le numéro 2 du gouvernement profitait de l’intervention embrouillée du chef de l'Etat, vendredi dernier, pour apparaître comme le sauveur du gouvernement. Tout le week-end dernier, Sarkozy claironnait qu’il fallait désormais liquider le CPE. En roue libre, le patron de l’UMP a promis aux syndicats d’enterrer le CPE, afin de les inciter au dialogue. Le président et le premier ministre n’ont pas apprécié de voir liquider le CPE aussi brusquement. Chirac et Villepin ont rapidement “recadré” le patron de l’UMP, lui indiquant que la proposition de loi sur le CPE devait se faire “en totale cohérence” entre l’UMP et le premier ministre. Sous couvert d’une trêve entre eux, Sarkozy et Villepin continuent à s’affronter pour gagner le leadership sur leur camp.


Irak. Les procès de Saddam

Déjà jugé pour le massacre de 148 chiites, le président irakien déchu, Saddam Hussein, devrait bientôt répondre devant le Haut tribunal pénal de l’une des plus sanglantes vagues de répression de son régime. Entre 1987 et 1988, une campagne de déplacements massifs de la population kurde a coûté la vie à plus de 100 000 personnes, victimes de l’opération Anfal. “L’instruction a été bouclée dans l’affaire Anfal et les sept personnes accusées de génocide et de crimes contre l’humanité, ont été déférées au tribunal”, a déclaré mardi le chef des juges d’instruction, Raed al-Jouhi. Saddam Hussein et son cousin Ali Hassan al-Majid, dit “Ali le chimiste”, ancien chef de la région nord de l’Irak, sont en tête de la liste des accusés du tribunal. D’autres dossiers accablant l’ancien régime sont en cours d'instruction, dont la répression de l’insurection chiite en 1991. Le président irakien, Jalal Talabani, a déclaré que l’ex-raïs serait jugé pour “tous ses crimes”.


Kadhafi. Les colons à la caisse

Invité à Dakar pour célébrer le 46e anniversaire de l’indépendance du Sénégal, Mouammar Kadhafi, le leader libyen, s’est encore fait remarquer. Il a appelé les pays africains à réclamer des indemnisations à leurs anciens colonisateurs. “Nous ne voulons pas de dons, nous ne tendons pas la main, nous ne sommes pas des mendiants. Nous voulons juste qu’ils nous rendent ce qu’ils nous ont volé”, a-t-il déclaré, citant “le diamant, l’or, le manganèse” entre autres richesses.
“S’ils ne peuvent pas payer des indemnisations, les pays colonisateurs doivent trouver une autre formule”, a-t-il poursuivi. Il a notamment estimé que la France devait dédommager les tirailleurs sénégalais pour “effacer les traces du passé, soigner des plaies toujours ouvertes” et a assuré que l’Italie s’était engagée à indemniser la Libye.


Danemark. Immigrés au compte-gouttes

Conséquence de l’affaire des caricatures ? Le Danemark a aussi opté pour une politique d’immigration sélective. “Il sera plus facile de venir au Danemark pour travailler si on possède des qualifications requises, et il sera plus difficile d’y entrer si on ne les a pas”, a résumé le chef du gouvernement, Anders Fogh Rasmussen.
Le pays, qui accepte au compte-gouttes les réfugiés, souhaite lancer un régime à l’américaine, appelé “Green Card”, donnant aux étrangers qualifiés (hors UE) la possibilité d’avoir un permis de travail et de séjour allant jusqu’à 6 mois. Il se justifie par le fait qu’au Danemark les immigrés ont un niveau d’éducation relativement bas, comparé aux autres pays. Le pays compte 5 % d’immigrés, dont 3,1% provenant de pays non-occidentaux.


Liban. Emile Lahoud s’accroche

Les participants au dialogue inter-libanais ont reporté leur réunion jusqu’à la fin du mois. Un report qui cache mal l’impasse sur les questions du désarmement du Hezbollah et surtout du sort d’Emile Lahoud. La majorité parlementaire veut obtenir le départ du président qu’elle considère comme le dernier symbole de la tutelle syrienne. “ Les forces politiques ne s’accordent pas sur l'éventuel remplaçant de M. Lahoud”, reconnaît Nabih Berri.
Au Liban, le président élu par le Parlement, ne peut être forcé de démissionner que pour haute trahison : Lahoud répète à l’envi qu’il restera à son poste “jusqu’au dernier jour” de son mandat, en septembre 2007.
Deux pétitions contre lui ont été signées en février dernier, par 14 députés frondeurs. Faute d’un compromis sur un candidat (Général Aoun ?), qui ne semble pas se dessiner, il demeurera donc à la présidence.


Procès. Moussaoui condamné à mort ?

Le jury a décidé à l’unanimité que Zacarias Moussaoui était passible de la peine de mort, pour complicité avec les auteurs des attentats du 11 septembre 2001. Les douze jurés ont estimé lundi que les mensonges de Moussaoui, sont “directement responsables” de la mort des victimes.
“Que Dieu vous maudisse tous !”, a crié le prisonnier en sortant. Zacarias Moussaoui a eu ce qu’il voulait. En se présentant lui-même comme un des participants du 11 septembre, chargé de piloter un avion sur la Maison Blanche avec Richard Reid, le Français membre d’Al Qaïda, il a ruiné les efforts de ses avocats qui ont tenté de le défendre contre sa volonté. Lors de la deuxième phase, qui devait débuter jeudi et décider entre la peine de mort ou la réclusion perpétuelle, les avocats vont essayer d’argumenter sur l’état mental de leur client, tandis que l’accusation va entendre des familles de victimes du 11 septembre.



Lu pour vous.
Prends l’oseille et tire-toi !

Philippe Thureau-Dangin, Courrier International, 6 avril

Romano Prodi qui compare son adversaire à un “ivrogne appuyé à un réverbère”. Berlusconi qui cite Lénine en traitant Prodi d’”idiot utile”... On ne peut pas dire que la campagne électorale en Italie soit d’une réelle hauteur de vues, ni d’une sérénité exemplaire. Le philosophe italien, Norberto Bobbio, écrivait à propos des vertus des leaders, que le plus important en politique n’était pas le courage mais plutôt la mitezza. C’est-à-dire la tempérance, la douceur dans le jugement. Des qualités qui font complètement défaut à Silvio Berlusconi.
Il Cavaliere a certes de l’audace et de la vanité, mais aucune virtù, et surtout pas la mitezza. Avec lui, l’adversaire est exclu, et si possible piétiné. Au cours de ce second mandat, de 2001 à 2006, Berlusconi aura mis en place un fameux théâtre d’ombres. Au premier plan, on trouve un art de la com omniprésent. Au deuxième plan, une politique populiste qui tente de se concilier les faveurs des classes moyennes (dernière promesse : la suppression de la taxe d’habitation). Enfin, en arrière-plan, une imbrication entre politique et business, avec des députés très proches de l’empire médiatique Fininvest (…). Cette mécanique de théâtre en carton, avec au centre ce vieil acteur grimé et à la peau tirée, a conduit l’Italie à un déclin moral et économique. Il n’est pas sûr, à l’heure du vote, qu’une majorité d’Italiens en soient pleinement conscients.



VITE !

Le parquet néerlandais est formel : Milosevic est décédé “de mort naturelle” le 11 mars, dans sa cellule du Tribunal pénal international (TPI). Les analyses n’ont montré “aucun facteur d’empoisonnement qui pourrait avoir provoqué l'arrêt cardiaque”.

 
 
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