Victoire éclatante du féminisme tunisien, le policier qui agace ZB, est... une femme.
Nom : Boualem
Prénom : Zakaria
Né en 1976 à Guercif
Signe particulier : Marocain à tendance paranoïaque
Zakaria Boualem, homme de tous les défis, est confronté cette semaine à un nouveau challenge. Il est lancé à la conquête de nouveaux marchés, conscient que, dans notre environnement hyper concurrentiel, quiconque ne sadapte pas est voué à la disparition. Les lecteurs les plus perspicaces auront noté un changement très net dans le style de cette chronique. Cest en effet un effort volontaire, exigé par les responsables commerciaux de cet estimable hebdomadaire, qui me demandent de tenter de séduire les lecteurs de I-Finance Challenge News. Nous disions donc que notre homme, le redoutable Zakaria Boualem est envoyé par la banque qui a le courage de lemployer
en Tunisie. Il est censé, sur place, former ses confrères tunisiens sur un logiciel déjà utilisé au Maroc. Une sombre histoire de base de données- client, un boulot aussi pénible à raconter quà faire. Cest dailleurs pour cette raison que vous naurez aucune espèce de détail supplémentaire, et en plus, vous vous en foutez complètement : il vous suffit de savoir que Zakaria Boualem, pour des raisons professionnelles, va en Tunisie pour une semaine. Et merci.
De la Tunisie, le Guercifi ne sait pas grand-chose. Il a entendu dire que le pays attire plus facilement les investisseurs, les touristes et les penalties, que les Tunisiens sont économiquement et socialement en avance sur nous. Globalement, lorsquil entend parler de la Tunisie, cest pour apprendre quils se débrouillent mieux que nous. Une sorte de premier de la classe des Arabes, un truc assez agaçant, surtout |
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depuis quils nous battent au foot, en plus. Donc notre homme débarque à laéroport de Carthage plein de circonspection, avec la ferme intention de vérifier sur place tous ces points un à un, dans une logique rationnelle de réalisation dun état des lieux préalable à toute analyse de lexistant (lecteurs de I-Finance Challenge News, vous êtes toujours là ?...).
- OUASSEM BOUUUUUK ?
- Pardon ?
Lhomme qui lui fait face est un policier tunisien, ce qui est presque un pléonasme. Dire un quun Tunisien est policier, cest comme si on parlait dune Libanaise refaite, dun caïd arrogant ou dun journaliste paresseux. Nous aurons loccasion dy revenir, ne me coupez plus la parole sil vous plaît, et merci. Donc le policier, dès son entrée sur le territoire, désire connaître le patronyme de papa Boualem. Cest rassurant, ils sont aussi inefficaces et parano que nous. Un passeport ne suffit pas
Au fait, il faut préciser que le policier tunisien en question est une femme, sans doute un des résultats les plus éclatants des victoires du féminisme en Tunisie. Allez savoir pourquoi, ce détail rend la question encore plus surprenante : de par ce fait, Zakaria Boualem a limpression quil va se marier. Comme réponse, Zakaria Boualem hésite entre Albert ou Bruce. Mais la mine de la policière le dissuade de toute tentative dhumour.
- Lakhdar, madame.
- Vous avez une photo très ancienne sur votre passeport
Encore une fois, Zakaria Boualem ne comprend pas la question, qui dailleurs nen est pas une. Il ne répond pas. La question revient donc :
- Elle est ancienne, la photo sur votre passeport
- Cest sûrement parce que le passeport est ancien, (il na pas pu se retenir de devenir ironique, cest un réflexe avec lautorité).
- Sur la photo, vous navez pas de barbe, et là vous en avez une
(Elle précise sa pensée)
- Une barbe, vous exagérez, quelques poils, tout au plus.
- Et pourquoi vous avez une barbe, maintenant ?
- Sans doute parce que je me suis pas rasé.
- Vous êtes religieux ?
- Euhh
Normal, normal.
Zakaria Boualem quitte avec regret la policière en se demandant ce que ça veut dire être religieux. Il sait ce que signifie être musulman, bouddhiste, juif ou athée. Mais religieux
Il quitte laéroport à bord dun taxi dun jaune éclatant, une volkswagen golf dernier cri, sans doute une des manifestations les plus éclatantes des victoires du libéralisme en Tunisie, et se rend dignement vers son hôtel. |