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Chasse gardée
En démocratie, la politique revient théoriquement au peuple : ainsi le pouvoir politique se voit modéré par les intervenants sociaux, l'action politique par la presse et l'action économique des pouvoirs publics par les syndicats et les organisations d'entrepreneurs, le tout contrôlé par la justice. Au Maroc, rien de tout cela. Côté justice, la messe est dite ! Côté presse, ce que je pense vraiment, vous ne le publierez pas par confraternité évidente. Les syndicats ? Des officines de mobilité sociale occulte. Restent les organisations patronales, essentiellement la CGEM. Depuis sa refonte au milieu des années 90, cet organisme est devenu occasionnellement frondeur, dans le bon sens du terme. Lahjouji, puis Chami, ont toujours soutenu le gouvernement, sauf quand la raison le commandait. Et la CGEM s'est opposée. Elle a même réussi à faire douter Basri lors de sa calamiteuse campagne d'assainissement, c'est dire ! Mais la sortie de Chami, l'été passé, combinée avec l'état d'esprit exclusif des dirigeants actuels, a tout changé. On veut contrôler la CGEM et, ma foi, l'affaire est plutôt "bien" menée. Acte 1, juillet 2005, échauffement : faire réagir le ministre de l'Intérieur aux propos passablement excédés, et ô combien justifiés, de l'insolent Chami ; acte 2, mars 2006, attaque : lâcher la meute fiscale contre les sociétés du même impertinent ; acte 3, estocade : éloigner les éventuels candidats à la candidature pour la présidence.
Conclusion : les partis sont tenus par des obligés de l'Etat, les syndicats aussi, la justice est rendue par des fonctionnaires zélés de l'Etat, la presse est on ne peut plus correcte avec l'Etat et maintenant, la CGEM
Décidément la politique au Maroc est l'affaire exclusive de l'Etat.
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ça passe et ça casse
ARB s'était fendu voici quelques mois d'un édito au titre évocateur : Quand Sidna passe et d'une conclusion parlante : ça ne passe plus. Cette semaine, c'est le quotidien Al Ahdath Al Maghribiya qui relate la toute récente interdiction de s'attabler aux terrasses des cafés longés par le convoi royal. Un photographe a été brutalement délesté de son appareil photo qu'il tenait en bandoulière, sans l'utiliser, au passage du roi. Plus généralement, tout Casablancais a sa petite histoire à raconter sur les tourments qu'il connaît lors des déplacements royaux. Mais parallèlement à cela, nombreux sont les Marocains, de toutes les villes, qui ont pu voir de près, de très près, le roi au volant de sa Mercedes, seul, en compagnie de El Himma, de Lalla Selma, ou de quelqu'un d'autre, avec une seule voiture d'escorte.
Est-il bien nécessaire de mettre, sur le passage du roi, tant de gardes farouches, de barrières métalliques, de civils moustachus, d'officiers gesticulant et de sirènes hurlantes ? Est-il vraiment nécessaire d'organiser ses déplacements aux heures de pointe ? Quel bonheur d'admirer le chef de l'Etat circulant paisiblement comme tout un chacun ! Quelle plaie de devoir se rappeler les sorties "pharaoniques" d'un Hassan II dans des villes en état de siège !
Mohamed El Jebli, Casablanca.
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Vous avez dit fascisme ?
En réaction à lédito dARB intitulé Que personne ne sorte, je souhaite vous faire part dune citation de lancien président français Mitterrand, que jai lue dans le livre de Jacques Attali Cétait François Mitterrand (éd. Fayard). Cette citation concernant lidéologie nazie pourrait très bien correspondre à une description de lidéologie que prônent les islamistes et quARB décrit dans son édito : Les idéologies sont saines : il faut bien avoir des idées. Il est bon davoir un corps de doctrine pour sexpliquer le monde, expliquer le rôle des individus dans une société, la relation entre létat et le citoyen, chacun selon sa préférence. Mais quand on veut imposer son idéologie aux autres, on commet un crime contre lesprit, et cétait cela, le fascisme et le nazisme.
Je sais que lon ne devrait pas comparer le radicalisme islamique au nazisme mais je pense personnellement que le radicalisme islamique est largement assimilable au fascisme.
Yassine Lahlou, Casablanca.
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