Rapport. La Banque mondiale et nous
Interview. "Nous devons gagner le coeur des Sahraouis"
Parcours. Amaoui-non
Récit. Un Marocain à Cuba
Révélations. Ces croyants qui gouvernent l'Occident
3 ans après Saddam. Le casse-tête irakien
Tanger. La guerre du sable
Photos. Le Maroc à contre-jour
Portrait. La Raïssa du verbe
N° 221
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Pages coordonnées par Hassan Hamdani

La semaine Culture

(DR)

Concert. Tous en chœur

Ils sont marocains, espagnols, égyptiens, français, allemands, russes, et ils reprennent, depuis trois ans, les répertoires classiques mondiaux, en hommage à toutes les cultures. Ce sont les musiciens et choristes de la formation “chœur des trois cultures”, la chorale lancée par la fondation du même nom, avec une petite équipe d’une quarantaine de personnes. Aujourd’hui, ils sont déjà une centaine de musiciens de renom à jouer pour la paix entre les religions et les peuples. Après avoir interprété, la Petite Messe Solennelle de Rossini et le Requiem de Mozart, la formation revient à la charge cette année avec un concert
encore plus ambitieux, la reprise de trois œuvres musicales. Carmina Burana de Carl Orff, qui sera chantée en latin. Le Requiem hébraïco d’après le Psaume 92, de Erich Zeisl et une troisième prestation composée d’un mix de chants folkloriques arabes. L’orchestre sera dirigé par le célèbre maestro français Michel Piquemal et les chœurs doublement menés par la Marocaine, Jalila Bennani et le chef de l’opéra du Caire, Nayer Nagui. Bref, c’est un bel appel à l’amour de l’autre, qui du reste est gratuit. Mohammed Ennaji, directeur adjoint de la Fondation, s’empresse de préciser qu’il ne s’agit pas de vendre de la musique sous couvert d’échange et de paix, mais d’offrir aussi une prestation musicale de grande qualité. Convaincu ? Rendez-vous le 18 avril au théâtre Mohammed V à Rabat à 20 heures tapantes.


Sortie. Braquage à la new-yorkaise

Spike Lee est un cinéaste prolifique mais il ne s’était jamais essayé au film de braquage. C’est désormais chose faite avec Inside man.
L’argument : un gang masqué prend en otages les clients d’une banque de New-York. Leur chef, Clive Owen (masqué la plupart du temps) se comporte étrangement, refusant de poser ses conditions. Denzel Washington, en flic tenace, et William Dafoe sont chargés des négociations. Jodie Foster, en frigo cynique, et Christopher Plummer, patron de banque pas très net, complètent ce casting 4 étoiles et pas très bon marché. Programmé pour faire un carton au box-office, Inside man est un film de commande. À ce titre, il est intéressant de voir Spike Lee évoluer dans un contexte hollywoodien avec lequel il entretient, habituellement, des rapports conflictuels. Le résultat n’est ni un hold-up fun entre potes à la Ocean’s Eleven, ni le braquage ultime d’Un après-midi de chien, de Sydney Lumet mais l’histoire d’un secret honteux. Nous n’en dirons pas plus…


Rencontre. Une femme, ça écrit comment ?

C’est un nouveau venu dans le monde des manifestations littéraires marocaines qui parle exclusivement féminin. Mesdames et Mesdames les défenseurs de l’écriture féminine, le Festival méditerranéen des écrits de femmes, sera votre rendez-vous r’bati de ce mois d’avril, du 19 au 21 très exactement. Au programme, la genèse de la littérature féminine, une analyse des différences entre les écrits féminins dans le pourtour méditerranéen, quelques hommages et des rencontres débats avec ces “auteures”, venues de Jordanie, d’Egypte, de Belgique, de Syrie, d’Espagne, du Liban, d’Irak et, naturellement, du Maroc. Et pour conclure, tout ce beau monde est invité à la projection des Yeux secs de Narjiss Nejjar.


Bibliothèques. Iqraa !

Le projet est pour le moins grandiose, avec sa promesse de construire plus de 70 bibliothèques éparpillées dans les quatre coins du Maroc. Le “réseau de lecture publique”, résultat de 4 ans de collaboration et de préparation conjointe entre le ministère de la Culture marocain et le service de coopération et d’action culturelle de l’ambassade de France, prendra donc vie à partir de ce mois, avec l’ouverture de 11 médiathèques pilotes à Beni Mellal, El Jadida, Fès, Khouribga, Larache, Meknès, Ouarzazate, Oujda, Salé, Taza et Tiznit. Les autres points de lecture suivront dans les cinq ans à venir. En chiffres, ce sont plus de 100 000 livres en arabe et en français, 5000 CD et autant de CD ROMS et de DVD, répartis entre documentaires, fictions et dessins animés, que les Marocains auront désormais à leur disposition pour s’aérer la tête. Et rien que par respect pour les fonds que le réseau a dû débloquer, soit 117 millions de dirhams, y a intérêt à être assidu. Alors, lisez…


Spectacle. C’est la lutte finale

Symbole de la grandeur de l’ex-URSS, les chœurs de l’Armée Rouge arrivent au Maroc. Et en nombre s’il vous plaît : “Ils seront 115 sur scène, alors qu’en tournée en France, ils n’étaient venus qu’à 40”, précise Valérie Morales du magazine MVM, coorganisatrice de l’évènement avec Hil’Art production. La scène du Megarama devra d’ailleurs être réaménagée pour accueillir cette foule de choristes. Pourquoi un tel honneur ? Derrière la venue des chœurs au complet, un homme : Gabriel Banon, un juif marocain, conseiller de Poutine, le président russe. L’homme désire développer les échanges économiques entre les deux pays. À ce titre, la délégation russe comprendra également des investisseurs russes et des journalistes. C’est un sacré retournement de situation : les chœurs, créés pour exalter l’idéal révolutionnaire, sont devenus produit d’appel libéral. Le 19 avril, à 21 h00, au Théâtre Mohammed V de Rabat.

Le 20 avril à 21h au Mégarama. Le 22 avril à 21h au Palais des congrès de Marrakech.



Opéra. Secret de harem

Mozart aurait eu 250 ans cette année. Le Maroc fête aussi l’anniversaire du petit génie musical en organisant une tournée de l’Enlèvement au sérail. L’œuvre, composée par Mozart alors qu’il n’avait pas encore 25 ans, sera présentée conjointement par l’Orchestre philharmonique du Maroc et la compagnie française Opéra éclaté, dans la version française créée à l’Opéra comique en 1859. Tout commence en mer, par un naufrage et l’enlèvement de deux filles. L'opéra raconte la tentative du noble Belmonte pour délivrer sa fiancée Constanze, retenue prisonnière dans le palais du Pacha turc Selim. Entre Orient et Occident, les poncifs et le regard exotique réciproque ne datent pas d’aujourd’hui.

Le 15 avril à 20h30 à l’office des changes de Casablanca.
Le 17 à 20h30 au Théâtre national Mohammed V de Rabat.
Le 18 à 20h30 au Théâtre royal de Marrakech.



Festival des alizés à essaouira. Classique mise en bouche

La sixième édition du Printemps musical des alizés ouvre le bal des festivals souiris. Rendez-vous élitiste pour “happy few” qui s’assume, le festival cherchera à élargir son audience. Pour quoi faire ? La musique de chambre doit-elle nécessairement attirer le plus large public ? Il faut dire que la manifestation s’insère dans une entreprise plus large de communication autour du thème du dialogue des “trois cultures”. La coïncidence avec les vacances pascales devant permettre à une clientèle internationale de venir, qui sait, la gratuité pourrait presque induire en erreur quelques babas-cool perdus sur la route de Sidi Kaouki. Une occasion unique de se nettoyer les oreilles avec Die Forelle ou Dvorak avant d’avoir à supporter DJ U-Cef, récidiviste pour le prochain festival gnaoua.

Du 20 au 23 avril, Essaouira



Hommage. Sayonara de Meknès

Meknès accueillera du 4 au 12 mai prochain un shogun du manga : Isao Takahata. Invité d’honneur du festival d’animation de Meknès 2006 (Ficam), le réalisateur du sublime Tombeau des lucioles est le co-fondateur des studios Ghibli, à l’origine des encore plus sublimes Voyage de Shihiro et Princesse Mononoké de Hayao Miyazaki. Le premier film ciné de Takahata, Horus fils du soleil, qui sera projeté durant le festival, fut à sa sortie, en 1968, la première réalisation indépendante de l’animation japonaise. Certains historiens du manga (ça existe) considèrent même cette œuvre comme pierre fondatrice du cinéma d’animation japonais. Pourtant, l’homme ne dessine pas, il conçoit. Avec un c.v. pareil, on est au moins assuré de ne pas avoir à faire à un mikhi.


Festival. Rythmes du monde

Le festival Mawazine, pour sa 5ème édition programmée du 18 au 24 mai prochain, s’ouvrira à la nouvelle scène marocaine avec, entre autres, des concerts de H-Kayne, Hoba Hoba Spirit et Hanino. Qui plus est, en amont du festival, de jeunes talents marocains seront sélectionnés par un jury de professionnels où l’on retrouve le très dynamique Majid Bekkas. Les heureux élus auront l’occasion de se produire sur une des scènes du festival face à un public exigeant. Ce sera la première fois pour beaucoup d’entre eux. Pour le reste de la programmation, Mawazine reste fidèle à sa tradition “rythmes du monde” en invitant des pointures de la musique, à l’instar de Youssou N’Dour, Cesaria Evora et Youri Buenaventura.


Le livre.

Rabea Rayhan fait partie des rares femmes, écrivains arabophones qui osent se découvrir. Dans son dernier recueil de nouvelles, Des ailes pour le récit (Ajnihatoun lilhakyi), elle montre avec pudeur sa capacité à parler cru, comme elle dévoile son penchant sophistiqué à écrire en langues parlées. Entre des personnages féminins qui ne s’aiment pas trop, des souvenirs de rencontres furtives, évoquées de manière lapidaire, des êtres qui portent la blessure d’un père, trop répressif, trop rebutant, Rayhan papillonne légèrement. Le corps nu au hammam, dans un été d’amour non déclaré, l’auteur en parle avec une timidité audible, à travers les lignes. Le bonheur, ses personnages le connaissent par ouï- dire. Subtil mais tortueux par moments.

Ed. Dar Attaqafa (30 dh)




Humeur : Music & lights

Hassan Hamdani

Sur l’esplanade de la mosquée Hassan II, le week-end dernier, la ville de Casablanca devait organiser une petite sauterie musicale pour fêter l’anniv’ du prophète. L’évènement a été annulé à la dernière minute car un âlem aurait trouvé l’idée saugrenue. Danser et chanter pour le prophète ? Devant une mosquée, en plus ? Et pourquoi pas une partouze pendant qu’on y est ? Le âlem a dû entendre parler des jeux de laser et de la sono béton prévus. Et son esprit, obtus et oblong comme un obus, a dû baguenauder loin, du côté des gnaouas d’Essa- ouira, des chemkaras de Bilal, se perdre dans quelques culottes de festivalières, traverser le mur du son et éclater dans Nancy Ajram. Il est bien le seul, petit veinard. Le commun des mortels n’a pas l’imagination aussi débordante que lui. Les gens espéraient écouter de la musique mais ne s’attendaient pas à se rouler dans la boue comme à Woodstock. Ils voulaient voir les pompoms de la fête de sortie mais ne fantasmaient pas, non plus, sur les girls qui vont avec. C’était un anniversaire religieux, peu de chance qu’ils le confondent avec un match des Lakers. Et quand bien même ils seraient distraits, un âlem à la fantasmagorie débridée serait toujours là pour le leur rappeler : boom pas bien ! Pense-bête serait-elle la seule fonction vitale chez un âlem ? Si c’est le cas, il faut consulter au plus vite. Se prendre pour un post-it, c’est pas très normal.



Des chiffres et des lettres
Mais que se passe-t-il donc chez nos grosses têtes ? Après avoir ouvert un espace art, l’école Hassania des travaux publics organise une table ronde sur la littérature maghrébine d’expression française. Invités : Rajae Benchemsi, Zakia Zouanat, Mahmoud Lahbabi, Ghita El Khayat.


Prix amazigh
Attention, plus que quelques jours pour vous inscrire au prix national des arts amazighs. Les catégories sont le théâtre, la chanson moderne et traditionnelle et le cinéma. Le prix concerne les œuvres produites jusqu’en 2004. Celles-ci doivent être envoyées à l’IRCAM avant le 30 avril. Infos au : 037 71 78 83.


Snobisme déplacé
Meda film development se fera sans les professionnels du cinéma marocain. À part deux d’entre eux, recalés pour la légèreté de leurs projets, tous les autres ont snobé l’appel à candidature. Pourtant, ce programme offre d’accompagner des producteurs et scénaristes dans la réalisation de leur film.

 
 
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