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Récit. Un Marocain à Cuba
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N° 221
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Par Khalid Tritki

La semaine Économie

Taoufiq Hjira. (AIC PRESS)

Fiscalité immobilière. Hjira se démène

Les contrôles fiscaux qui s’abattent actuellement sur les promoteurs du logement social, mettent Taoufiq Hjira, ministre de l’Habitat, dans une situation délicate. L’istiqlalien est, selon des sources ministérielles, obligé de trouver un compromis avec le ministère des Finances pour éviter que d’éventuels redressements fiscaux ne mettent à mal la capacité de production des opérateurs du logement social. Seule une poignée d’opérateurs a été capable de livrer 61% des 113 200 logements construits en 2005, dans le cadre des conventions signées avec l’Etat. Et pour maintenir cette cadence, il faut que Hjira se batte
pour qu’ils restent dans la course. “Il est obligé de le faire même s’il sait qu’ils sont dans leur tort”, confie une source gouvernementale. Des négociations ont effectivement été ouvertes sous l’œil approbateur du premier ministre. Mais la partie n’est pas gagnée d’avance. Un éventuel compromis passerait par la mise en veilleuse de la loi régissant les conventions sur le logement social. Le fisc risque de ne pas céder , surtout que l’enjeu se chiffre à plusieurs centaines de millions de dirhams de recettes pour le Trésor. Seule une décision politique pourra trancher sur cette question. Driss Jettou arrivera-t-il à faire fléchir son grand argentier ? L’avenir nous le dira.


Mauritanie. Mezouar en prospect

Salaheddine Mezouar, ministre du Commerce et de l’Industrie, est actuellement en visite en Mauritanie en compagnie d’une délégation d’hommes d’affaires. Objectif : chercher des opportunités d’investissement. Le pays n’en manque pas. Selon des sources proches du ministre, les opérateurs marocains, notamment la BCP et l’ONA, sont très intéressés par des implantations locales. La BCP serait même très avancée dans les négociations pour l’ouverture d’une filiale. Quant à l’ONA, elle vise le secteur des mines et celui de la grande distribution. Les mêmes sources confient que Mezouar souhaiterait que la Samir, le raffineur national, prenne en charge la restructuration de l’opérateur mauritanien. Le raffinage est un secteur d’avenir en Mauritanie surtout après la découverte de grands gisements pétroliers. Mezouar a ainsi fait le nécessaire, la balle est désormais dans le camp des opérateurs privés.


Élections patronales. Benhamida candidat ?

Un groupe d’hommes d’affaires a adressé un communiqué de presse à L’Economiste soutenant la candidature de Bouchaïb Benhamida, l’actuel président de la Fédération des BTP (bâtiment et travaux publics), à la présidence de la confédération patronale. Cette initiative émerge au moment où des rumeurs insistantes attribuant à Benhamida l’intention de se présenter aux élections avec l’appui moral de Hassan Chami, le président sortant de la CGEM, et le soutien politique du parti d’ Abderrahim Lahjouji et de ses alliés du PJD. Benhamida serait-il l’homme du PJD à la tête du patronat en prévision d’une prise de pouvoir en 2007 ? Des proches du patron de la FBTP nient tout contact avec le parti de Othmani. Selon eux, la présidence de la CGEM n’a pas besoin de ce genre d’appui.


Banque. Le milliard d’Attijariwafa

Khalid Oudghiri, président du conseil de surveillance d’Attijariwafa bank, annonce la création d’un fonds d’un milliard de dirhams pour la création d’entreprises. Plus de 3000 projets jeunes promoteurs seront financés à partir de juin 2006. Selon des sources bancaires, l’offre de Oudghiri fait suite à des instructions émanant du Palais pour qu’une partie des fonds de la banque soit mise à la disposition des porteurs de projets. En s’exécutant, Oudghiri réalise une première dans le secteur bancaire, une filière réputée très frileuse quand il s’agit de financer “les pauvres”. Un observateur averti ajoute que si les autres banques ne suivent pas cette initiative, “l’impact sur leur image sera négatif car elles porteront à jamais l’étiquette de ‘suceuses de richesses’”.


Crédit Agricole. L’Etat agit en actionnaire

Le Crédit Agricole se prépare à la signature d’un contrat-programme avec l’Etat portant sur la période 2005-2008. Au menu, un apport étatique d’un milliard de dirhams en deux tranches. En contrepartie, la banque verte épongera la dette de 100 000 petits agriculteurs. De même, le management de la banque s’engage à équilibrer les comptes en diminuant le poids des créances en souffrance dont le taux doit passer de 40 à moins de 25%. A noter qu’à côté de l’Etat, la Caisse de dépôt et de gestion et la Mamda (assureur spécialisé, entre autres, dans le risque agricole) siègent dans le tour de table du Crédit Agricole avec, respectivement, 15 et 7% du capital.


Confédération. Les agriculteurs s’organisent

C’est désormais officiel, la Confédération marocaine de l’agriculture et du développement rural (COMADER) voit le jour samedi 15 avril à Rabat. Selon l’un de ses membres, “cela fait dix ans que ce projet traîne à cause des tiraillements que connaissent les filières du secteur agricole”. Le mot est lâché, tiraillement. En effet, la mission de la Comader ne sera pas facile, surtout qu’elle sera appelée à gérer des intérêts opposés. À titre d’exemple, au moment des négociations sur le volet agricole des accords de libre-échange, les producteurs de tomates, dont le but est d’augmenter leur quota à l’export, seront en opposition avec les céréaliers qui militent pour une ouverture limitée des frontières. À noter enfin que la Finagri (Fédération de l’industrie agro-alimentaire) ne siège pas à la Comader, même si certains de ses membres y participent.



Billet. Jetons de présence

Khalid Tritki

Vous connaissez ces honoraires versés aux membres du conseil d’administration d’une entreprise chaque fois qu’ils se réunissent en assemblée ordinaire ou extraordinaire : ces membres sont payés, grassement dans certains cas, pour siéger et prendre au sérieux les affaires de l’entreprise. Voilà un usage d’une longue tradition dans les milieux d’affaires qui serait très utile dans le domaine politique. Imaginez des parlementaires rémunérés de la même manière, tentant non ? Que nos élus soient tranquilles, il ne s’agirait pas d’une baisse de salaire mais tout juste d’une technique pour stimuler leur intérêt pour l’hémicycle et donc pour les affaires de la nation. Leurs 35 000 DH seraient ainsi fragmentés en jetons repré- sentant le temps minimum de présence nécessaire pour bien exercer le métier de parlementaire... Certes, il faut d’abord établir ce “minimum requis”, ce qui veut dire entamer des discussions interminables. Espérons juste que nos députés auront compris le message : la députation est une affaire de patriotisme et d’honneur : ceux qui brillent par leur absence n’en ont tout simplement pas. Bonne session, Messieurs.




OFF.

Mehdi Qotbi prépare une rencontre d’hommes d’affaires à Milan pour la promotion de la stratégie “Emergence”. Cette campagne de charme, prévue pour mai prochain, est la deuxième du genre après celle de Paris. Elle regroupera tous les gros bonnets des milieux d’affaires marocains et italiens dans le seul but de vendre le Maroc.

 
 
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