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N° 221
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Par Bart Schut

La semaine Monde

Romano Prodi. (AFP)

Italie. Et maintenant, M. Prodi ?

Les élections italiennes ont permis de clarifier au moins une chose : celui qui dirigera le pays aura une tâche difficile, pour ne pas dire impossible. La question qui se pose maintenant est comment former un gouvernement de coalition qui puisse effectivement gérer les affaires publiques ou simplement maintenir son unité. D’une certaine façon, les deux candidats, Romano Prodi pour le centre-gauche et l’ex-premier ministre conservateur Silvio Berlusconi, ont tous deux perdu le scrutin.
Durant la campagne, “Union”, la coalition de Prodi, un faisceau de partis qui va des libéraux du centre aux néo-communistes, n’était
réunie que par un objectif unique : éjecter Berlusconi. L’ancien président de la Commission européenne a présenté les élections comme étant un référendum sur le mandat de son opposant, le premier ministre. Prodi aurait-il gagné au moins sur cet aspect ?

Bien sûr, l’Union a obtenu plus de votes que la “Maison de la liberté” de Berlusconi, elle-même une coalition pas moins hétérogène que celle de son concurrent. Mais cette victoire est si serrée que le chef du gouvernement ne l’a pas encore concédée et a demandé un recomptage. Ce qui rend la plateforme parlementaire d’un éventuel exécutif dirigé par Prodi véritablement fragile. Forza Italia, le parti de Berlusconi, reste le plus large du pays.

L’avenir de Prodi dépend aujourd’hui du soutien des radicaux de gauche. Autant de crédibilité pour le chef du gouvernement qui, lors de la campagne, affirmait que voter contre lui reviendrait à amener les communistes au pouvoir. Le leader de l’Union répète à qui veut l’entendre, qu’il n’y a pas de raisons que sa coalition ne puisse pas gouverner un plein mandat. Pourtant, des sources internes lui donnent une durée de vie estimée à un an et demi maximum. Berlusconi sait cela, il est donc encore dans le jeu politique. C’est la raison pour laquelle il a suggéré l’idée d’une grande coalition, à l’allemande. Après tout, son gouvernement a tenu 8 ans, le “règne” ininterrompu le plus long que l’Italie ait connu depuis la Seconde guerre mondiale.


Corée du Nord. La souris qui rugit

Dans une production hollywoodienne datant de 1959, un petit pays européen fictif déclare la guerre aux Etats-Unis. Empêtré dans des affres économiques sans fin, le “Grand Fenwick” cherche à perdre ce conflit car il pense qu’avec la reddition, viendra l’aide étrangère. Il lance donc une invasion armée - de couteaux et d’arcs - sur New York…
Fiction, bien sûr, mais la réalité fait mieux parfois. Inquiète de la tension qui augmente entre Téhéran et Washington sur le dossier nucléaire, la Corée du Nord a annoncé cette semaine, par la voix de son ministre de la Défense, qu’elle étudiait la possibilité d‘une attaque contre les USA. Kim Il-Chol a même précisé que son pays serait prêt à utiliser des kamikazes. “Les Etats-Unis n’ont pas le monopole des attaques préventives”, a-t-il conclu. À méditer.


Zimbabwe. 37 ans et puis s’en va

L’espérance de vie au Zimbabwe est la plus faible au monde, estime un rapport publié par l’Organisation mondiale de la santé, la semaine dernière. En moyenne, les hommes ne vivent pas plus de 37 ans et les femmes encore moins : 34 ans. Les raisons tiennent bien sûr à la pandémie de Sida, quasiment hors de contrôle -un zimbabwéen sur cinq porte le virus mortel- et à l’économie, en ruine. Ce pays était l’un des plus riches du continent noir mais les sept dernières années sous le règne du président Robert Mugabe, l’ont mis à genoux. Le PIB a chuté de 40%.
Si la tendance actuelle persiste, l’OMS prédit une chute de l’espérance de vie en dessous des 30 ans. Les dix pays au monde où on vit le moins longtemps sont en Afrique, renchérit le rapport qui insiste sur la différence abyssale avec les Etats-Unis et l’Union européenne où l’on vit, en moyenne, jusqu’à 78 ans. Le Japon est en tête de liste avec 82 ans. Au Maroc, l’espérance de vie est de 71 ans, soit deux ans de plus que l’Irak déchirée par la guerre et deux ans de moins que le voisin algérien.


Europe. Le prêche des imams “soft”

Une conférence de quelque 150 imams européens a exhorté les musulmans à respecter la démocratie, les droits humains et l’état de droit. Faisant clairement référence aux caricatures danoises du prophète, les dignitaires religieux, réunis à Vienne, la capitale autrichienne , ont affirmé que les libertés d’expression et de presse sont des droits inaliénables. En même temps, ces droits devaient être utilisés “de manière responsable et dans le respect mutuel”, précise le communiqué de fin de la conférence.
Les imams sont également tombés d’accord sur l’importance pour les immigrants musulmans d’apprendre la langue du pays d’accueil et d’enseigner ses valeurs à leurs enfants. “Nous devons les amener à comprendre qu’ils sont chez eux”, explique Ahmed Al Rawi, président de la fédération des organisations islamiques en Europe. Il ajoute : “Les non-musulmans font partie de la famille.”


Népal. Marre du roi

Après de violents heurts entre manifestants et policiers, qui ont fait 3 morts et au moins 50 blessés, le souverain du Népal est soumis à une pression croissante qui vise à le destituer. Le roi Gyanendra a pris le contrôle effectif du pouvoir il y a 14 mois, décrétant que les partis politiques de ce pays étaient incapables de gérer la rébellion maoïste. En 2001, il accède donc au trône après que son frère l’ex-roi Birendra et sa famille ont été assassinés par Dipendra, prince héritier à l’époque. Quatre ans plus tard, la monarchie reprend les rênes du pays pour en finir avec les insurgés et revenir à la démocratie le plus tôt possible. Mais le règne autocratique de Gyanendra, aggravé par une dilapidation des fonds publics en dépenses pour la maison royale (le parc de limousines par exemple) a provoqué l’ire de larges franges de la population. Les récentes vagues de manifestations laissent penser que chaque jour passé par le roi sur son trône augmente le risque de l’instauration d’une république.



Lu pour vous.
Le “Waterloo” de Villepin

Christophe Barbier, Eric Mandonnet, L’Express, 11 avril

“Sur son visage morne, aux pâleurs de cire, il n'y avait plus rien de la vie que les larmes.” Ainsi Baudus, l'aide de camp du maréchal Soult, décrivit-il Napoléon au soir de Waterloo, tel que le rapporte, dans Les Cent-Jours (Perrin), Dominique de Villepin. Vivant à son tour l'épreuve du désastre personnel avec l'abandon du CPE, il ne reste au premier ministre, comme à son idole en juin 1815, que ses yeux pour pleurer. Et le pire est peut-être à venir, comme l'entrevoit l'un de ses proches : “La méthode Villepin a échoué. Maintenant, certains, à droite, vont piétiner son corps…” Un haut responsable parlementaire de l'UMP l'avoue : “Il faut l'enlever du paysage politique.” Au soir de Waterloo, le Prussien Blücher résumait ainsi l'après-bataille : “Une véritable chasse”...
La chasse au Villepin est donc ouverte. Le premier ministre se croyait unique; il se retrouve seul. Avant tout, en effet, il est victime de sa certitude d'être un politique à part, atypique, incomparable. “Villepin voulait un conflit pour montrer qu'il n'est pas comme les autres”, confirme un ministre. “Mais vous me comparez à mes prédécesseurs ?”, s'offusquait d'ailleurs l'intéressé, il y a un mois, devant un interlocuteur qui l'interrogeait sur son mode de vie à Matignon. Les autres premiers ministres étaient dans une logique de carrière ; pas lui. Les autres avaient cédé devant la rue ; pas lui. Cette illusion, morte le 10 avril, lui inflige la pire injure: il est comme les autres.



VITE !

La police italienne a arrêté le capo (patron) de la mafia sicilienne, Bernardo Provenzano, 73 ans. Le Sicilien, réputé “parrain des parrains”, était en fuite depuis 43 ans. Il a été appréhendé près de sa ville natale, Corleone.

 
 
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