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Par Bart Schut
La semaine Monde
Italie. Et maintenant, M. Prodi ?
Les élections italiennes ont permis de clarifier au moins une chose : celui qui dirigera le pays aura une tâche difficile, pour ne pas dire impossible. La question qui se pose maintenant est comment former un gouvernement de coalition qui puisse effectivement gérer les affaires publiques ou simplement maintenir son unité. Dune certaine façon, les deux candidats, Romano Prodi pour le centre-gauche et lex-premier ministre conservateur Silvio Berlusconi, ont tous deux perdu le scrutin.
Durant la campagne, Union, la coalition de Prodi, un faisceau de partis qui va des libéraux du centre aux néo-communistes, nétait |
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réunie que par un objectif unique : éjecter Berlusconi. Lancien président de la Commission européenne a présenté les élections comme étant un référendum sur le mandat de son opposant, le premier ministre. Prodi aurait-il gagné au moins sur cet aspect ?
Bien sûr, lUnion a obtenu plus de votes que la Maison de la liberté de Berlusconi, elle-même une coalition pas moins hétérogène que celle de son concurrent. Mais cette victoire est si serrée que le chef du gouvernement ne la pas encore concédée et a demandé un recomptage. Ce qui rend la plateforme parlementaire dun éventuel exécutif dirigé par Prodi véritablement fragile. Forza Italia, le parti de Berlusconi, reste le plus large du pays.
Lavenir de Prodi dépend aujourdhui du soutien des radicaux de gauche. Autant de crédibilité pour le chef du gouvernement qui, lors de la campagne, affirmait que voter contre lui reviendrait à amener les communistes au pouvoir. Le leader de lUnion répète à qui veut lentendre, quil ny a pas de raisons que sa coalition ne puisse pas gouverner un plein mandat. Pourtant, des sources internes lui donnent une durée de vie estimée à un an et demi maximum. Berlusconi sait cela, il est donc encore dans le jeu politique. Cest la raison pour laquelle il a suggéré lidée dune grande coalition, à lallemande. Après tout, son gouvernement a tenu 8 ans, le règne ininterrompu le plus long que lItalie ait connu depuis la Seconde guerre mondiale. |
Corée du Nord. La souris qui rugit
Dans une production hollywoodienne datant de 1959, un petit pays européen fictif déclare la guerre aux Etats-Unis. Empêtré dans des affres économiques sans fin, le Grand Fenwick cherche à perdre ce conflit car il pense quavec la reddition, viendra laide étrangère. Il lance donc une invasion armée - de couteaux et darcs - sur New York
Fiction, bien sûr, mais la réalité fait mieux parfois. Inquiète de la tension qui augmente entre Téhéran et Washington sur le dossier nucléaire, la Corée du Nord a annoncé cette semaine, par la voix de son ministre de la Défense, quelle étudiait la possibilité dune attaque contre les USA. Kim Il-Chol a même précisé que son pays serait prêt à utiliser des kamikazes. Les Etats-Unis nont pas le monopole des attaques préventives, a-t-il conclu. À méditer. |
Zimbabwe. 37 ans et puis sen va
Lespérance de vie au Zimbabwe est la plus faible au monde, estime un rapport publié par lOrganisation mondiale de la santé, la semaine dernière. En moyenne, les hommes ne vivent pas plus de 37 ans et les femmes encore moins : 34 ans. Les raisons tiennent bien sûr à la pandémie de Sida, quasiment hors de contrôle -un zimbabwéen sur cinq porte le virus mortel- et à léconomie, en ruine. Ce pays était lun des plus riches du continent noir mais les sept dernières années sous le règne du président Robert Mugabe, lont mis à genoux. Le PIB a chuté de 40%.
Si la tendance actuelle persiste, lOMS prédit une chute de lespérance de vie en dessous des 30 ans. Les dix pays au monde où on vit le moins longtemps sont en Afrique, renchérit le rapport qui insiste sur la différence abyssale avec les Etats-Unis et lUnion européenne où lon vit, en moyenne, jusquà 78 ans. Le Japon est en tête de liste avec 82 ans. Au Maroc, lespérance de vie est de 71 ans, soit deux ans de plus que lIrak déchirée par la guerre et deux ans de moins que le voisin algérien. |
Europe. Le prêche des imams soft
Une conférence de quelque 150 imams européens a exhorté les musulmans à respecter la démocratie, les droits humains et létat de droit. Faisant clairement référence aux caricatures danoises du prophète, les dignitaires religieux, réunis à Vienne, la capitale autrichienne , ont affirmé que les libertés dexpression et de presse sont des droits inaliénables. En même temps, ces droits devaient être utilisés de manière responsable et dans le respect mutuel, précise le communiqué de fin de la conférence.
Les imams sont également tombés daccord sur limportance pour les immigrants musulmans dapprendre la langue du pays daccueil et denseigner ses valeurs à leurs enfants. Nous devons les amener à comprendre quils sont chez eux, explique Ahmed Al Rawi, président de la fédération des organisations islamiques en Europe. Il ajoute : Les non-musulmans font partie de la famille. |
Népal. Marre du roi
Après de violents heurts entre manifestants et policiers, qui ont fait 3 morts et au moins 50 blessés, le souverain du Népal est soumis à une pression croissante qui vise à le destituer. Le roi Gyanendra a pris le contrôle effectif du pouvoir il y a 14 mois, décrétant que les partis politiques de ce pays étaient incapables de gérer la rébellion maoïste. En 2001, il accède donc au trône après que son frère lex-roi Birendra et sa famille ont été assassinés par Dipendra, prince héritier à lépoque. Quatre ans plus tard, la monarchie reprend les rênes du pays pour en finir avec les insurgés et revenir à la démocratie le plus tôt possible. Mais le règne autocratique de Gyanendra, aggravé par une dilapidation des fonds publics en dépenses pour la maison royale (le parc de limousines par exemple) a provoqué lire de larges franges de la population. Les récentes vagues de manifestations laissent penser que chaque jour passé par le roi sur son trône augmente le risque de linstauration dune république. |
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Lu pour vous.
Le Waterloo de Villepin
Christophe Barbier, Eric Mandonnet, LExpress, 11 avril
Sur son visage morne, aux pâleurs de cire, il n'y avait plus rien de la vie que les larmes. Ainsi Baudus, l'aide de camp du maréchal Soult, décrivit-il Napoléon au soir de Waterloo, tel que le rapporte, dans Les Cent-Jours (Perrin), Dominique de Villepin. Vivant à son tour l'épreuve du désastre personnel avec l'abandon du CPE, il ne reste au premier ministre, comme à son idole en juin 1815, que ses yeux pour pleurer. Et le pire est peut-être à venir, comme l'entrevoit l'un de ses proches : La méthode Villepin a échoué. Maintenant, certains, à droite, vont piétiner son corps
Un haut responsable parlementaire de l'UMP l'avoue : Il faut l'enlever du paysage politique. Au soir de Waterloo, le Prussien Blücher résumait ainsi l'après-bataille : Une véritable chasse...
La chasse au Villepin est donc ouverte. Le premier ministre se croyait unique; il se retrouve seul. Avant tout, en effet, il est victime de sa certitude d'être un politique à part, atypique, incomparable. Villepin voulait un conflit pour montrer qu'il n'est pas comme les autres, confirme un ministre. Mais vous me comparez à mes prédécesseurs ?, s'offusquait d'ailleurs l'intéressé, il y a un mois, devant un interlocuteur qui l'interrogeait sur son mode de vie à Matignon. Les autres premiers ministres étaient dans une logique de carrière ; pas lui. Les autres avaient cédé devant la rue ; pas lui. Cette illusion, morte le 10 avril, lui inflige la pire injure: il est comme les autres. |
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VITE !
La police italienne a arrêté le capo (patron) de la mafia sicilienne, Bernardo Provenzano, 73 ans. Le Sicilien, réputé parrain des parrains, était en fuite depuis 43 ans. Il a été appréhendé près de sa ville natale, Corleone. |
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