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N° 222
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Pages coordonnées par Chadwane Bensalmia

La semaine Culture

De (g) à (d). Fayçal Laraïchi,
Nabil Benabdellah
et Nabil Ayouch. (AIC PRESS)

Production. Du cinéma bl’ gros

C’est un bien joli petit coup de pouce à la production cinématographique auquel s’engagent la SNRT et Ali’N, soutenues dans cet élan par le ministère de la Communication. En bref, la production de 30 films pour l’année en cours. Des budgets raisonnables (1 200 000 DH chacun), du matériel HD pour une haute qualité de l’image, une gestion draconienne des temps de tournage (entre 12 et 16 jours par film), et le tour est joué. Précisons que les plateaux ont démarré il y a quelques mois. Une bonne douzaine de films ont d’ores et déjà été tournés dont deux seront sur le marché ce mois-ci, Wach et Tiwerga de
Brahim Shkiri, longs métrages en berbère, doublés en arabe. D’ailleurs, la majorité des projets produits par le duo auront pour langue maternelle le tachelhit (une vingtaine) et l’arabe. Ils seront ensuite doublés en tarifit et en tamazight. Question commercialisation, ces productions auront l’année pour faire le tour des salles de cinéma avant d’être diffusées sur la petite lucarne. Et si vous les ratez sur les deux écrans, vous pourrez toujours vous rabattre sur une séance ciné à domicile puisque l’ensemble de ces films sera commercialisé en VCD pour le maigre prix de 13 DH. Avec ce premier pas, il y a probablement de quoi espérer des jours meilleurs pour notre industrie du cinéma et surtout la découverte de nouvelles têtes, d’autant plus que le ministre de la Communication, Nabil Benabdellah s’est déclaré ouvert “à tous ceux qui veulent présenter des projets similaires”. Une révolution ? Nous attendrons pour l’affirmer. Entre- temps, Nabyl Ayouch, lui, en est convaincu !


Photo. 150 ans chez Sbalioune

Dans le cadre de la semaine culturelle espagnole 2006, l’Institut Cervantès de Tanger accueille une exposition photographique. Résultat d’un patient travail de collecte entrepris par le commissaire de l’exposition, Publio López Mondéjar, cette ambitieuse rétrospective couvre plus d’un siècle et demi de photos. Adoptant un angle didactique, elle offre bien plus qu’une simple revue historique. De la naissance de la photographie, avec le daguerréotype, à la photographie de la transition démocratique, le documentarisme et le postmodernisme, en passant par la photographie populaire, le nouveau portrait, les cent treize photographies couvrent la totalité de l’histoire photographique espagnole et sont réparties en trois périodes de 1839 à la fin de 19ème siècle. Comme le dit Antonio Muñoz Molina, il s’agit de dépasser les clichés pour saisir “non pas l’inamovibilité du passé mais les tremblements des présents successifs. Seule la photographie nous apprend vraiment que ceux qui vivaient dans le passé sont nos semblables.”

Institut cervantès, tanger.



À casa. Arthur se met à nu

Vous l’avez connu animateur radio talentueux puis présentateur télé drôle et sexy. Vous devez sans doute aussi savoir qu’il est vice président d’Endemol, la société de production de la Star’Ac. Et bien sachez que vous n’en saurez jamais autant sur lui que lorsque vous assisterez à son one man show, Arthur en vrai. Des petites indiscrétions sur sa vie de couple, sur “son passage du type pas connu au mec connu”, ses hauts et ses bas, ses délires, sa vraie vie quoi ! Pour son premier one man show, la vedette de TF1 s’est simplement fait paparazzi de lui-même. Un concept original pour un humoriste qui ne l’est pas moins.

Le 5 mai au Mégarama.



Sortie. Nayda f’la banquise

Après un premier opus réussi, Chris Wedge a passé le flambeau à Carlos Saldanha pour la suite des aventures de Diego le tigre, Manfred le mammouth et Sid le paresseux. Dans L'Âge de Glace 2, nos compères se la coulent douce lorsqu’un événement les glace d’effroi : le barrage de glace qui retient l'océan est sur le point de se rompre sous l'effet du changement climatique, menaçant d'engloutir leur petit coin de paradis. À ces problèmes s’ajoute un autre pour la préservation de l’espèce. Plus prosaïque. Manfred rêve de fonder une famille mais la toute dernière femelle de son espèce, Ellie, se prend pour un opossum. Derrière cette intrigue glaciaire, se cachent des rebondissements en série qui maintiennent le spectateur dans un fou-rire quasi ininterrompu. Côté animation, de nouveaux personnages : outre Ellie, ses deux insupportables frères Crash et Eddie, un nouveau méchant, le Vautour solitaire. Scrat l’écureuil, à l’origine créé pour la bande-annonce, occupe un rôle mineur mais non moins attachant.

Au Mégarama



Danse. Don Quichotte à la sauce Hop

L’œuvre emblématique de la littérature espagnole, Don Quijote, revisitée par des MC et des danseurs de break. Finis les colloques sur le 400ème anniversaire de Don Quichotte, Les interminables panégyriques de Cervantès ? En tout cas, le défi est lancé. Le spectacle Don Hip Hop de la Mancha prévoit des manifestations variées. Des chanteurs de hip hop, des danseurs mais aussi des projections de films et des œuvres de taggers. Le concert central sera donné par Xus et Nry, deux rappeurs originaires de la Castille-Manche, inspirés par la littérature picaresque. Ensuite, les breakers Luis of the Camera ajouteront du mouvement au texte. Une adaptation qui entend approcher l'oeuvre du point de vue de la poésie urbaine – le hip-hop – avec ses esthétique et langage propres. à voir.

Le 24 avril à 19h30 à l’Institut Juan Ramon Jimenez, Casablanca.



Spectacle de rue. Taxiii !

La compagnie de théâtre de rue Générik vapeur fait escale à Fès ce week-end avec Fantasia mécanique. En partenariat avec quatorze étudiants de l’ISADAC et avec la participation de Ahmed Ghazali, la compagnie a réécrit son ancien spectacle Taxi (1997). C’est Pierre Berthelot, l’un des auteurs, qui a eu l’idée d’une adaptation de ce dernier lors d’un voyage au Maroc. Des Mercedes 240D, omniprésentes dans le paysage marocain représentent les migrations entre le Maroc et l’Europe. Résultat d’un atelier d’écriture à Dar Batha en novembre 2005 : douze “taxis blancs” de Marseille démarreront d’un parking du centre-ville de Fès pour une virée d’environ une heure et demie autour du boulevard Mohamed V.

Le 22 avril à 16h30 au centre ville de fès.



Rencontre. Lettres aux futurs ingénieurs

L’Ecole Hassania des travaux publics (EHTP) s’ouvre aux arts et aux lettres. Tenez-vous bien, en une semaine, les futurs ingénieurs ont droit (et c’est une première) à une exposition de 11 peintres majeurs, à une rencontre sur la littérature maghrébine, avec en prime un exposé édifiant de l’inestimable Marie Louise Belarbi puis un week-end cinématographique. La rencontre littéraire a permis de révéler un écrivain en herbe et une future poétesse féministe. Ghita El Khayat, intervenant à l’occasion, n’a pas manqué de rappeler que Driss Chraïbi a été un ingénieur rebelle et que le féminisme souffre de moult anachronismes qui l’assaillent. Mais c’est déjà énorme que l’EHTP ouvre ses portes pour que le message passe.


Le livre.

Hamza Ben Driss Ottmani n’est pas un romancier mais féru de livres, ce retraité est parvenu à débusquer une perle rare : Estevanico de Azemor, alias Mustapha El Azemmouri, premier immigré et explorateur arabe de l’Amérique. Du Texas au royaume de Cibola, en passant par la Floride et Mexico, ce vaillant Marocain a connu, entre 1534 et 1538, toutes les vicissitudes que pourrait offrir une odyssée vers l’inconnu. Cet Ibn Battouta, dont les exploits sont archivés dans les bibliothèques espagnoles est devenu, sous la plume d’Othmani, le protagoniste d’un récit mi-biographique mi-fictif, plutôt agréable à lire. Baptisé Le fils du soleil, ce personnage espiègle et jouisseur mérite d’être redécouvert.

Ed. La porte (2006)




Humeur : Erreur 404

Hassan Hamdani

Maroc.ma, vitrine officielle du plus beau pays du monde, a été lancé la semaine dernière par Driss Jettou, en présence de plusieurs ministres venus lui prêter main forte. Cette pendaison de crémaillère sur Internet, effectuée avec tambours et trompettes, devait marquer l’entrée du Maroc dans le e-gouvernement, un concept d’autorité plus proche du citoyen, simple rappel pour ceux qui seraient fâchés avec les idées révolutionnaires qui ne révolutionnent rien. Au premier clic sur maroc.ma, on est en territoire connu : la page d’accueil ressemble à la une du Matin du Sahara. Le roi est bien là, fidèle au poste, maniant la truelle ou visitant des hôpitaux. Le Maroc, vu d’Internet, ressemble à un blog dédié à M6, tandis que son premier ministre, coincé entre un exposé sur la gastronomie marocaine et une brochure touristique, a le droit à une biographie rachitique et tout aussi sympathique qu’un cancer de la prostate. Mais ce dernier s’en tire plutôt bien comparé aux ministres de son gouvernement qui n’ont pu coller que leurs photos. Aucun n’avait le profil rêvé des filles sur meetic.fr, soit. Mais on aurait pu tout de même faire un effort pour les rendre plus sexy, ne serait-ce que pour les étrangers qui ne sont pas envahis par la prose officielle dès le petit déjeuner. Quant aux autres, ils peuvent continuer à faire les mots fléchés du Matin. Pour eux, la virtualité du e-gouvernement de maroc.ma ne cachera pas bien longtemps la réalité. Nous avons affaire à une version haut débit du e-makhzen.



Gros calibres pour Casa
Le service de programmation du Festival de Casablanca voit les choses en grand. Aux dernières nouvelles, l’organisation aurait approché Mc Solaar, Lauren Hill et Khaled pour sa deuxième édition. L’information attend confirmation, mais on peut espérer en avoir un sur les trois ! On vous tiendra au courant.


Le rock contre la fatalité
Après Hoba Hoba Spirit, Darga, Mazagan et Ganga, c’est au tour de Reborn d’apporter son soutien au batteur Adil Hanine dont le père, rappelons-le, a été victime d’un grave accident. Seront également de la partie les Syncop R’batis et les tout nouveaux 20Dumbos. Le 28 avril au complexe Zaf Zaf, à 20h30.


Un trophée de plus
Abdellatif Laâbi, souvent récompensé, s’est vu décerner cette fois le prix Alain Bosquet 2006 pour l’ensemble de son oeuvre. Bravo, maître !

 
 
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