PPS. Le parti qui dit non au PJD
Enquête. Le triangle de la mort
Reportage. Madagh, la Mecque des soufis
Marathon. L'épreuve du désert
Iran. La guerre nucléaire aura-t-elle lieu ?
Etats-Unis. Le lobby israélien disséqué
Industrie et services. Décollerons nous, enfin ?
Ecrivains. Babel littéraire
Festival. Au coeur d'une rave
N° 222
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Chef de rubrique Karim Boukhari

La semaine Maroc

Kofi Anan (AFP)

Sahara. Le plan Baker enterré

Kofi Annan vient de présenter un rapport qui risque de faire date à l’ONU. Dans ses grandes lignes, et au-delà du prolongement prévisible du mandat de la Minurso, reconduit jusqu’au 31 octobre 2006, le secrétaire général des Nations-Unies semble faire fi du fameux Plan Baker (qui appelait, grosso modo, à un référendum au bout de cinq années d’autonomie). Le rapport, dans l’un de ses passages les plus saillants, rappelle ainsi que “l’objectif (des Nations-Unies) est que le Maroc et le front Polisario en tant que parties, et l’Algérie et la Mauritanie en tant que pays voisins, aboutissent à une solution
politique, juste, durable et mutuellement acceptable pour l’autodétermination du peuple du Sahara occidental (…)”. Annan définit par ailleurs le cadre des négociations à venir, les qualifiant de “compromis entre la légalité internationale et la réalité politique”. Mais il n’oublie pas de rappeler, toutefois, que le conseil de sécurité n’a pas le pouvoir d’inviter les parties à négocier l’autonomie du Sahara occidental sous souveraineté marocaine parce que cela impliquerait une reconnaissance de la souveraineté marocaine. En gros, le rapport de Annan invite le Maroc et le Polisario à mettre de côté le plan Baker et à entamer des négociations directes auxquelles l’Algérie participerait en tant que voisin, et qui pourraient déboucher sur toutes les possibilités du moment que les concernés daigneront les accepter… Au moment même de la présentation du rapport Annan, et peut-être bien en liaison avec son contenu, le Polisario mettait au point les derniers réglages d’un week-end “chaud” à Madrid. Au programme, une grande manifestation en présence de Mohamed Abdelaziz et, surtout, un sit-in devant l’ambassade du Maroc en Espagne. Le Polisario, qui a battu le rappel de tous ses sympathisants en Europe, table sur la participation d’au moins 5000 personnes.


Guantanamo. Le Pentagone communique

Le département de la Défense américain a publié mercredi les noms de 588 personnes détenues à Guantanamo de juillet 2004 à janvier 2005, à la suite d’une bataille juridique perdue contre Associated Press. 132 Saoudiens, 125 Afghans, 107 Yéménites et… 9 Marocains. Parmi lesquels, seuls Saïd Boujaadia et son beau-frère Mohamed Ben Moujan, actuellement détenus, sont en contact avec des avocats à travers la Croix-Rouge. Quant à Abderrahmane “Shakouri”, c’est le frère Redwane Chekkouri, libéré en 2005. Identifié également, Mohamed El Alami (“Mohammed Souimani Laalami” sur la liste du Pentagone), transféré à Salé à l’occasion de la visite du chef du FBI au Maroc, d’après Me Zahrach qui suit le dossier. Les autres noms correspondent à d’illustres inconnus. À noter que cette liste prétendument exhaustive n’inclut pas les détenus précédemment relâchés.


Pêche. La surprise marocaine

Surprise, mercredi dernier à Rabat, où le conseil du gouvernement a donné son accord de principe sur les très controversés accords de pêche en négociation avec l’Europe. “Les officiels marocains pouvaient au moins surseoir à leur décision tant que les Européens eux-mêmes n’ont pas tranché la question”, s’étonne ce professionnel du secteur. Rappelons que ces accords ont défrayé la chronique depuis que la partie européenne a décidé d’inclure l’équation du Sahara au cœur des négociations, une décision que seuls l’Espagne et le Portugal (les plus intéressés par la signature rapide des accords) semblent pour le moment refuser. Après le gouvernement, c’est le conseil des ministres et le Parlement marocain qui seront appelés à examiner les accords de pêche avec l’Europe.


Transparency. Le blogger vengeur reste en poste

Notre confrère Rachid Jankari, journaliste à Casanet, peut pousser un ouf de soulagement : il ne court plus le risque de renforcer les listes nationales de diplômés chômeurs. Le scoop qu’il avait révélé sur son blog personnel, où il avait démontré comment l’argent public pouvait être dilapidé par un fonctionnaire d’Etat, était en effet sur le point de provoquer son propre licenciement. Heureusement que la campagne de presse qui a suivi l’affaire, et le statut de Jankari (il est membre de Transparency Maroc) ont inversé la tendance. “Mais attendez d’abord que je rentre de vacances en début de semaine pour vous confirmer la bonne nouvelle”, prévient toutefois, non sans humour, Rachid.


Télévision. Khelli Henna bien briefé

La sortie médiatique du président du CORCAS, Khelli Henna Ould Rachid, dans l’émission Hiwar, mardi 18 avril, en a surpris plus d’un. Multipliant les invitations à ses “cousins” du Polisario, affirmant que l’affaire du Sahara est “maroco-marocaine”, ménageant le président algérien au point de le qualifier de “plus fin chef de la diplomatie arabe”, plusieurs se demandent s’il est mandaté, audacieux ou tout juste démagogue. “Les trois à la fois, confie un responsable sahraoui. Il a été non seulement autorisé à aller le plus loin possible mais aussi briefé par des experts en media pour passer de nouvelles idées”. Sur le plateau, Mohamed Barazani, un rallié de service, l’a trouvé “trop démagogue”. À Laâyoune TV, par contre, la rediffusion de l’émission a suscité des réactions positives, provenant même d’Algérie.


Presse. Le journal de Nini

Selon plusieurs sources, Rachid Nini, le célèbre chroniqueur (Assabah, Al Jarida Al Oukhra), prépare activement le lancement d’un quotidien arabophone pour lequel le tour de table serait déjà en voie de constitution. L’idée, qui était dans l’air depuis plusieurs mois, a beaucoup évolué en chemin. Au départ, en effet, Nini comptait lancer un hebdomadaire satirique. Aujourd’hui, c’est un quotidien “sérieux” que l’excellent journaliste, qui anime par ailleurs un magazine (Nostalgia) sur 2M, devrait lancer. La nouvelle ne devrait pas tarder à être annoncée officiellement. Bonne chance, Rachid !


Fatwa. Motiî dans ses oeuvres

Abdelkrim Motiî le chef du Mouvement Islamique marocain (ex-Chabiba Islamiya), toujours en exil depuis son implication dans l’assassinat de Omar Benjelloun, a adressé une lettre particulièrement virulente à Hassan Tourabi, figure de proue de l’islam au Soudan, l’accusant d’apostasie. La lettre critique notamment la fatwa de Tourabi donnant le droit à une musulmane de se marier avec un homme juif ou chrétien. Les dernières déclarations de Tourabi, qui ont bousculé de nombreux tabous, ont soulevé un tollé général de la part des oulémas du Soudan et d’Egypte. Motiî, qui accuse Tourabi d’apostasie, enfonce le clou et met ainsi la tête du “gourou” soudanais à prix.


Le Journal. Toujours 3 millions !

Le Journal Hebdomadaire a été condamné, en appel, à une amende record de trois millions de dirhams pour diffamation à l’encontre d’un centre de recherche européen. Dans les suites du verdict, l’avocat Mohamed Ziane, qui défendait les intérêts du centre, a tenu une conférence de presse où il a multiplié les pirouettes. “Nous sommes déçus puisque nous réclamions 5 millions de dirhams et que le journal est en train de se vendre à 25 millions (…) Nous pourrions entamer de nouvelles poursuites, y compris au niveau du tribunal administratif” etc. Pour sa part, Claude Moniquet, le directeur du centre de recherche, également présent au point de presse à Rabat, a eu cette surprenante déclaration : “Les propos de Me Ziane n’engagent que lui, nous ne voulons pas que l’exécutif s’immisce dans des affaires de presse”. Quelles conclusions peut-on en déduire ?



Billet. Mouloud land

Driss Ksikes

Il y a à peine quelques années, le Mouloud (l’anniversaire du prophète Mohammed) était une sombre fête. Elle se limitait, pour les familles férues de tradition, à une soupe aux céréales le matin. Elle se prolongeait le soir, pour les cercles d’adorateurs, en fête liturgique. Le tout dans une grande discrétion, et en privé. C’est à peine si la télévision rajoutait une couche de spiritualité chantante. Quant aux intégristes, ils s’y opposaient formellement. Le fait de célébrer la venue au monde de Mohammed, tel un christ salvateur, les rebutait. Les temps ont changé. Aujourd’hui, Amir Al Mouminine rappelle à l’occasion, fête grandiose en sus, qu’il est le descendant du prophète. Les Boutchichis organisent (comme chaque année) leur pèlerinage cheap à Madagh (lire en p. 20). Et, différence de taille, le happening a droit à un traitement médiatique exceptionnel. Le PJD tente, à Casablanca, de récupérer la fête politiquement. La célébration en public qu’il propose n’attire pas des foules mais le pas est franchi. Et puis l’islamiste en chef Abdeslam Yassine qui se prend de plus en plus pour un prophète béni des cieux, débarque à Ouarzazate (une première), se fait accueillir à l’aéroport comme il se doit et profite de l’anniversaire pour incarner le rôle de Mohammed bis. Que s’est-il passé pour que le Maroc devienne un Mouloud land ? La faute aux Danois ! Depuis la fameuse polémique sur les caricatures, tout le monde s’est senti investi d’une mission sacrée : rehausser l’image bafouée du prophète. Le PJD a multiplié les campagnes de communication en faveur de Mohammed, “le bien-aimé”. Les soufis ont redoublé d’efforts pour accrocher de nouveaux convertis à leur tableau de chasse. Les visions de Yassine ont redoublé d’intensité. Et les Marocains ne savent plus à quel saint se vouer.



Diagnostic. Transparence : peut mieux faire

Dans son dernier ouvrage, Le tournant de la transparence électorale (en arabe), la politologue Rkia Mossadeq énumère les facteurs qui permettent de douter de la transparence des élections législatives de 2002. Primo, les anciens partis de l’opposition, une fois impliqués dans le gouvernement, ont “abandonné la commission nationale chargée des élections qu’ils revendiquaient”. Deuxio, “le gouvernement monopolise l’organisation et réduit à peau de chagrin le regard extérieur de la société civile”. Tertio, le ministère de l’intérieur est officialisé “garant de la transparence”. Un peu plus de vigilance, messieurs pour 2007 ! Le message est clair.


Terrorisme. De Madrid à Casa

Les 24 et 25 avril, Juan del Olmo, le magistrat espagnol en charge du dossier des attentats du 11 mars 2004, se rendra au Maroc dans le cadre d'une commission rogatoire pour interroger Mimoun Belhadj, le frère de Youssef Belhadj qui vient d'être inculpé par Del Olmo au côté de 28 autres personnes pour les attentats terroristes de Madrid. Selon la justice espagnole, Del Olmo avait tenu pour responsables directs de l'assassinat de 191 victimes du 11 mars, Youssef Belhadj, Jamal Zougam, Rabei Osman, alias “Mohamed l'Egyptien”, Hassan El Haski et Abdelmajid Bouchar, qui seraient considérés comme des “auteurs matériels” des attentats. À suivre.


CCDH. Et pourtant, il était innocent

La déclaration est de Abdelhak Mossadaq, un membre du CCDH cité cette semaine par l’AFP : “Le Maroco-libanais Mohammed Abbas El Marrakchi, surnommé Abou Fadl, est resté en prison de 1976 à 1992, accusé d’avoir voulu assassiner Yasser Arafat, mais nous sommes arrivés à la conclusion qu’il s’agissait de mensonges”. Incroyable mais vrai. Le pauvre Abou Fadl a séjourné 16 années durant dans les centres de détention secrète du royaume. Pire, il est décédé, toujours dans l’anonymat d’une geôle secrète en 1992, probablement sous les effets cumulés de la torture ! Une année auparavant, pourtant, une grâce royale avait été accordée à des dizaines de détenus politiques et l’opération, à l’époque, avait été assimilée à une amnistie générale. Abou Fadl, tout innocent qu’il était, n’a jamais été inclus dans aucune grâce…


Ben Barka. La France savait

L’affaire Ben Barka revient en force dans les médias en France, à l’occasion de la sortie d’un livre (L’indic et le commissaire de Lucien Aimé-Blanc, éditions Plon) qui revient largement sur la question. Selon l’auteur du livre, ancien officier de la police judiciaire, les hauts responsables des services français, conformément aux procès verbaux établis à partir d’enregistrements téléphoniques, étaient parfaitement au courant de la préparation de l’enlèvement de l’opposant marocain. Des révélations qui devraient, logiquement, intéresser le juge d’instruction de l’affaire Ben Barka en France, Patrick Ramaël.



3 questions à Leïla Marrakchi (Réalisatrice du film Marock)

Marock devrait sortir la semaine prochaine au Maroc. Comment s’est passé le passage devant la commission de censure du CCM ?
Tout s’est passé pour le mieux et le film a obtenu son visa d’exploitation. La commission de censure a seulement décidé de le classer interdit aux moins de 12 ans. Mis à part cela, Marock n’a pas été censuré, aucune scène n’a été coupée. J’étais confiante et tout s’est passé normalement. La polémique du mois de janvier aurait pu envenimer les choses, mais au final, cela n’a pas joué.

Une polémique a précédé le film au Maroc. Appréhendez-vous cette sortie ?
J’attends sereinement la réception du film, d’autant que je fais confiance au public marocain. Beaucoup de jeunes attendent Marock avec impatience. Après la polémique, j’attendais que le film, que d’aucuns considéraient non marocain, puisse être vu par son public naturel. Le plus important est que les gens se fassent leur avis. Librement, sans maître à penser. Il est temps maintenant de positiver et de dépasser les débats stériles.

Comment se comporte Marock en France ?
Le film a déjà cumulé plus de 140 000 entrées en France où il est toujours en exploitation. Au Canada et en Belgique, où il est actuellement distribué, il rencontre un public nombreux. Même en Hongrie, où il est sorti, les échos sont encourageants...


Diplomatie. Le Maroc dit non à l’Europe

Le Maroc ne semble pas sur le point de finir sa longue partie de ping-pong avec le parlement européen au sujet du Sahara. Selon des correspondances officielles, l’Europe a essayé, depuis sa désignation d’une “commission ad hoc pour le Sahara occidental” en octobre 2005, d’obtenir l’accord du Maroc et de l’Algérie (et du Polisario) avant d’entamer un programme de visites dans la région selon l’ordre suivant : Alger, Tindouf, Rabat, Laâyoune. Cette dernière destination continue à poser problème au Maroc. La dernière visite annulée remonte à fin mars. D’après certaines confidences, le refus des autorités marocaines serait motivé par la présence d’éléments pro-Polisario au sein de la commission ad hoc pour le Sahara occidental.


Sciences sociales. Un centre, enfin !

Depuis le mardi 18 avril, un Centre marocain des études sociales est né. Son directeur, plébiscité par ses pairs, n’est autre que le sociologue Mohamed Tozy. Le projet, domicilié à la faculté des lettres de Aïn Chock – Casablanca, est l’œuvre d’un groupe d’éminents chercheurs (Tozy lui-même, Mohamed El Ayadi, Hassan Rachik, Jamal Khalil et Mustapha Bouaziz). Retardé depuis 2002, faute de texte de loi permettant à des enseignants de facultés différentes de travailler ensemble, le centre compte d’abord développer des labos de recherche, optimiser les travaux éparpillés ici et là, regrouper des doctorants qualifiés et, à terme (dans deux ans), lancer un master. La licence suivra. Bon vent, Docteurs.


Servaty. Inculpation en vue

L’étau se resserre autour de Philippe Servaty, le touriste belge impliqué dans le scandale pornographique qui a secoué Agadir en 2004. L’ancien journaliste du Soir, qui est toujours en liberté, risque désormais d’être poursuivi (en Belgique) pour “pédophilie”. L’association Anaruz a pu, en effet, se procurer une copie de l’acte de naissance d’une victime, mineure au moment des faits. Le document a été transmis à un avocat à Bruxelles et ne devrait plus tarder à atterrir devant la justice belge. La poursuite pour pédophilie suivrait enfin son cours normal. Selon le président d’Anaruz, Servaty compterait au moins deux mineures parmi ses victimes.


MRE. La course à la députation

La perspective des élections 2007 semble créer une drôle d’atmosphère dans certaines représentations diplomatiques du royaume. Le Parlement marocain comptera en effet, de nouveau, des députés parmi notre communauté à l’étranger. Et même si les modalités techniques n’ont pas encore été tranchées, certains bureaux diplomatiques semblent anticiper en privilégiant telle ou telle association de MRE. Exemple à Houston, aux Etats-Unis : le renouvelement des instances d’une association de MRE a mis sur le carreau un certain nombre de haut cadres qui ont, depuis, saisi l’ambassade du Maroc à Washington et menacent de faire circuler une pétition. ça fait tâche. D’huile ?


People. Le bonheur brisé d’Amel Bent

Voilà une semaine que la presse people française traque la “beurette de l’année”, la chanteuse Amel Bent, au Maroc depuis bientôt un mois. Et pour cause, son compagnon, le Kabyle Moussa Kouissi, dont elle avait déclaré être amoureuse au public marocain, la veille même de son concert le 24 mars dernier, a été arrêté et placé en garde à vue pour son implication dans une affaire de meurtre en France. Moussa Kouissi, qui n’a pas nié les faits, a justifié son geste par un différend financier lié à la vente d’une voiture mais les autorités n’excluent pas l’éventualité d’une affaire de drogue. Attendue mercredi dernier pour une déclaration officielle, l’interprète de “Ma philosophie” a finalement choisi de garder le silence. Devenue invisible, Amel Bent serait dans le Oujda natal de sa mère, où elle avait décidé de s’offrir des vacances familiales après son passage à Casa.



Humeur. Contes de classe

Karim Boukhari

Chaque fois que j’entends parler de la réforme de l’école marocaine, je souris. Mais avant de me condamner à décrypter l’intégrale des discours d’intention du très optimiste Habib Malki, sympathique (il est de Bejaâd…) ministre socialiste de l’Education nationale, laissez-moi vous raconter une petite histoire, celle de mon ami de classe A., originaire du Souss, qui a débarqué un jour, en plein milieu de l’année scolaire, dans une nouvelle école de Casablanca. Le jeune écolier avait pour objectif de s’adapter au plus vite… Pour lui souhaiter la bienvenue, la classe entière l’a accueilli par des éclats de rire. Même le “maître” a été saisi d’un fou-rire à la vue de son accoutrement. La suite fut encore plus terrible. Chaque fois que le nouveau-venu ouvrait la bouche en classe, ses camarades le raillaient, pouffaient, lui balançaient des objets sympathiques sur la tête. Une fois, il s’est arrêté de lire un texte et le maître a menacé de le gifler s’il ne reprenait pas immédiatement sa lecture. Au milieu des rires généralisés, bien entendu… Il était devenu la mascotte de la classe, sa tête de turc, celui dont les habits, la coiffure, l’accent, et même le patronyme constituaient la matière première de toutes les blagues. Un véritable massacre. Et puis un jour, l’enfant de Souss a disparu. Le lendemain, le proviseur général est venu en classe : “Nous avons invité votre ami à rentrer chez lui, c’est pour son bien”. Bien sûr… Même si ce n’est pas forcément lié, cette histoire me rappelle que le jour où j’ai obtenu mon CEP, mes pensées ne sont pas allées à mes rêves de médecin ou de diplomate mais à la perspective nette que j’en avais fini… avec la torture. Adieu les coups de bâton d’une maîtresse frustrée et bonjour le collège, les filles, etc. Il va sans dire que je m’étais lourdement trompé mais c’est une autre histoire. Courage, écoliers et collégiens de demain.



VITES !

Omar Khattabi, cousin de Abdelkrim le héros du Rif, est rentré de Paris où il recevait des soins. Il est désormais hospitalisé à l’hôpital militaire de Rabat où, selon ses proches, son état est toujours jugé très critique. Omar Khattabi, 80 ans, est un ancien compagnon de la gauche marocaine. Il est propriétaire d’une clinique privée à Kénitra.


Le PSU a annoncé le retour de certains mécontents qui figuraient parmi les membres fondateurs de cette coalition de gauche bâtie autour de la défunte OADP. Omar Zaidi et Kamal Lahbib sont parmi les revenants. C’est du moins ce que nous a déclaré un dirigeant du parti, pour signifier que le risque de scission est –heureusement– repoussé.


“La réouverture des frontières avec le Maroc n’est pas inscrite dans l’agenda du gouvernement algérien”. Voilà ce qu’a affirmé, le week-end dernier, le premier ministre algérien Ahmed Ouyahia, dans une émission de la télévision algérienne. Ce n’est pas vraiment une surprise tant la bonne nouvelle a été régulièrement repoussée.


Les deux quotidiens du PPS, Al Bayane et Bayane Al Yaoum, ont emménagé dans un nouveau local, sis boulevard Emile Zola à Casablanca. L’ancien siège, un modeste appartement au boulevard de la Gironde, a fonctionné plus de deux décennies durant, abritant même certaines réunions du parti. C’est là aussi qu’un film, “Un simple fait divers” de Hakim Noury, avait été tourné.


Cela fait trois mois que la famille Rouissi attend les résultats des analyses ADN concernant le corps de Abdelhak, le plus ancien disparu (depuis 1964 !) des années de plomb. Il y a de fortes chances pour que les restes découverts dans un cimetière de Sbata, à Casablanca, soient bien les siens.


“Le Raja s’approche du milliard arabe”, voilà le titre choisi par un quotidien national pour signifier que le club casablancais est sur le point de s’adjuger l’équivalent de la champion’s league du football arabe. Depuis le début de la compétition, une majorité de journaux ont titré sur “la coupe du milliard”, voire sur “le milliard” tout court. Et le foot, dans tout ça ?

 
 
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