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N° 222
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Par Bart Schut

La semaine Monde

(AFP)

Israël/Palestine. Un attentat qui coûte cher

Spirale de violence ? Escalade militaire ? Quand on parle du Proche-Orient, les mots semblent perdre leur sens à force d'être répétés. Mais comment qualifier l'attentat-suicide qui a frappé une sandwicherie dans la gare centrale de Tel-Aviv le 17 avril ? D'après une vidéo distribuée par le Jihad islamique qui a revendiqué l'attaque, c'est un jeune homme de 21 ans, Samir Hamad, originaire de la région de Jénine en Cisjordanie, qui s'est fait exploser, tuant neuf personnes et en blessant 36 autres. Il s’agit de l’attentat le plus meurtrier en Israël depuis celui perpétré par le Hamas le 31 août 2004 à Beersheva, qui avait fait 16
morts. Le choix de la date n'est pas anodin pour cette dernière manifestation du “désespoir” palestinien, comme l’ont qualifiée de nombreux journaux arabes : Israël était en pleine Pâque juive et le Parlement issu des législatives du 28 mars s'apprêtait à tenir sa séance inaugurale. Aussitôt a commencé le jeu classique du renvoi des responsabilités : Israël a accusé le Hamas, parce que le mouvement islamiste n’a pas condamné l’attentat, tandis que le Hamas a blâmé Israël, puisque “l'occupation israélienne poursuit ses agressions contre les fils du peuple palestinien, les assassinats, les invasions, les arrestations”. L’Etat hébreu n’a pour l’instant pas lancé de représailles mais les cartes de résidents israéliens de Jérusalem-est occupée seront retirées à des membres du Hamas, les empêchant notamment de circuler librement. Le ministre israélien de la Défense, Shaoul Mofaz, a également recommandé d'isoler le nord de la Cisjordanie du reste des territoires palestiniens. Le Hamas a annoncé la création d'une nouvelle force composée de volontaires issus des factions armées palestiniennes pour “mettre fin au chaos sécuritaire”. Le Jihad islamique a toutefois refusé d'en faire partie et les Brigades des martyrs d'Al-Aqsa, liées au Fatah, ont dit ne pas avoir été contactées. Pendant ce temps, le mouvement continue de se débattre dans ses difficultés financières, cherchant de l’aide du côté des pays musulmans. Quant au premier ministre israélien, Ehud Olmert, il poursuit les négociations avec les travaillistes en vue de former un gouvernement de coalition.

S.M



Chine. Le désert avance

Les habitants de la capitale chinoise sont désormais habitués à se réveiller dans une ville couverte de poussière jaune. La tempête de sable de la semaine dernière est la 8ème, et la plus forte, cette année. Quelques 300 000 tonnes de sable provenant du désert de Gobi rendent l’air irrespirable et la visibilité nulle. Une bonne part de la population de Beijing, qui compte 15 millions de personnes, se rend au travail le visage couvert d’un masque et les hôpitaux accueillent de plus en plus de patients souffrants de problèmes respiratoires.
Ces tempêtes sont un problème récurrent dans l’est de la Chine : elles déplacent des quantités massives de sable à partir du désert frontalier de la Mongolie. Mais des experts craignent que la désertification, galopante dans l’ouest du pays à cause de techniques agricoles inadaptées, n’aggrave la fréquence du phénomène. Un tiers du vaste territoire chinois est déjà recouvert par le désert. C’est une superficie qui correspond presque à la taille de l’Union européenne.


Terrorisme. L’enfance brisée de Moussaoui

Le 20ème pirate de l’air, Zacarias Moussaoui, vient d’un foyer brisé : sa mère était régulièrement agressée par un mari tyrannique. Le Franco-marocain a grandi dans un environnement violent et instable, ballotté d’un orphelinat à l’autre, pendant les six premières années de sa vie. Adolescent, Moussaoui a été encore plus traumatisé par la famille de sa petite amie, qui voyait en lui un «sale Arabe». Ces propos sont d’un expert en comportement, il les a tenus devant le tribunal d’Alexandrie (Virginie) dont le jury va décider si oui ou non Moussaoui mérite la mort pour son rôle dans les attentats du 11 septembre.
Xavier Amador, un psychologue qui a étudié le cas de Moussaoui pendant quatre ans, a dit au jury que le Franco-marocain est un schizophrène paranoïaque qui souffre d’hallucinations. Les avocats du prévenu espèrent convaincre les jurés qu’il est mentalement dérangé pour lui éviter la peine de mort. Pourtant, le membre auto-proclamé d’Al Qaïda a lui-même maintes fois répété qu’il n’était pas fou.


L’Egypte. Les Coptes n’y croient pas

Malgré les efforts empressés des autorités égyptiennes pour banaliser l’attaque, un attentat contre trois églises d’Alexandrie a gravement perturbé la minorité copte dans ce pays. Selon le ministère de l’Intérieur, un seul homme “psychologiquement instable” a attaqué des fidèles chrétiens dans trois églises avec un couteau, tuant Nushi Atta Girgis, un homme âgé de 78 ans, et blessant trois autres.
Néanmoins, la police et des témoins ont déclaré juste après l’attentat qu’il y avait plusieurs agresseurs armés. Ils les auraient entendu crier “Allahou Akbar”, ce qui laisse croire que leur motif était religieux. Les Coptes affirmant que le gouvernement ne veut que les faire taire et que des attaques antérieures sont restées impunies. L’une des 3000 pleureuses des funérailles de M. Girgis a prévenu : “Nous avons toujours été pacifiques, mais si l’état ne nous ne défend pas, nous le ferons nous-mêmes !”


USA/Irak. Les généraux contre Rumsfeld

Le secrétaire d’Etat à la Défense est sous le feu de tirs amis. Pas moins de sept généraux à la retraite, très influents, l’ont sévèrement critiqué ces dernières semaines. Le dernier à avoir demandé sa démission est l’ancien commandant en chef de l’OTAN, Wesley Clark. Il accuse le patron du Pentagone et le vice-président Dick Cheney, d’avoir poussé les Etats-Unis vers une guerre avec l’Irak, alors qu’une solution diplomatique était encore possible. “C’était une erreur tragique, un faux-pas stratégique”, estime Clark.
Six autres ex-généraux ont appelé Rumsfeld à prendre ses responsabilités pour l’échec militaire qu’essuient les soldats américains. Cependant, Georges Bush exclut la possibilité d’une démission de son secrétaire d’Etat. Le président a même interrompu ses vacances de Pâques pour soutenir Rumsfeld, faisant l’éloge de son mandat “long et stable”. D’autres ex-officiers pensent que les détracteurs de Rumsfeld cachent simplement leurs propres échecs en Irak. “Bref, c’est la faute de tout le monde sauf la leur”, persifle le colonel à la retraite Douglas Macgregor, Se débarrasser de Rusmfeld ne résoudra rien”.


Tchad. Les réfugiés du Darfour en sursis

Le président tchadien Idriss Deby a réitéré la menace d’expulser les 200 000 réfugiés du Darfour qui ont échappé au drame humain de leur région. Deby avait déjà menacé de le faire si le gouvernement de Khartoum ne retirait pas son soutien aux rebelles tchadiens du Front uni pour le changement (FUC).
Le Tchad accuse le Soudan d’avoir initié et appuyé la récente campagne militaire du FUC qui a élargi le front jusqu’àN’Djamena, la capitale tchadienne. L’armée régulière a pu repousser les rebelles, mais “les Soudanais sont en train de reconstituer une nouvelle force et préparent une autre boucherie”, affirme le ministre tchadien des Affaires étrangères, Ahmat Allami. Le 14 avril, juste après la “bataille de N’Djamena”, le président Deby avait déclaré que si la commune internationale ne trouvait pas de solution à la crise du Darfour avant le mois de juin, elle devrait chercher un autre pays pour héberger les 200 000 réfugiés soudanais au Tchad.



Lu pour vous.
Délire anti-français

Jean-Pierre Tuquoi, Le Monde, 20 avril 2006

Le malaise entre la France et l'Algérie persiste. Une semaine après la visite, sans résultat probant, à Alger du chef de la diplomatie française, Philippe Douste-Blazy, le président algérien a dénoncé, une nouvelle fois, la colonisation française et ses “crimes”.
Dans un discours prononcé le 16 avril, Abdelaziz Bouteflika a dénoncé la “colonisation”, responsable d'un “génocide contre le peuple algérien (mais aussi contre) notre identité, notre histoire, notre langue, nos traditions”. “Nous ne savons plus si nous sommes des Amazighs, des Arabes, des Européens ou des Français”, a-t-il lancé.
Malgré la véhémence des propos, assez peu repris dans la presse algérienne, Paris a choisi de garder un profil bas. “Notre réaction est simple sur ce point : je ne ferai pas de commentaire sur les déclarations du président algérien”, a indiqué, mardi, un porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Denis Simmonneau. D'autres responsables français sont plus loquaces. Député (UMP) des Alpes-Maritimes où résident nombre de “pieds noirs”, Lionel Luca a dénoncé, également mardi, une “récidive” dans le “délire anti-français” du président algérien. M. Bouteflika “veut donner des gages aux islamistes qu'il vient d'amnistier et, sur le plan extérieur, il cherche à jeter un écran de fumée pour masquer un rapprochement avec les milieux d'affaires américains”, a assuré le parlementaire, avant de dénoncer le “silence assourdissant du Quai d'Orsay” qualifié, par M. Luca, d'“incompréhensible”.



VITE !

Greenpeace accuse des agences de l’ONU de sous-estimer considérablement les effets sanitaires du désastre de Tchernobyl en 1986. L’ ONG écologiste estime qu’il y aura 93 000 morts de cancer à cause de l’accident nucléaire ukrainien, et non 9000 comme l’a pronostiqué l’ONU.

 
 
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