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Littérature. Lettres de riche, lettres de pauvre
N° 223
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Par Khalid Tritki

La semaine Économie

Moulay Hafid Elalamy,
Président du groupe Saham (MHI)

Elections patronales. Moulay Hafid Elalamy candidat

La candidature de Moulay Hafid Elalamy, président directeur général du groupe Saham, à la présidence de la confédération patronale, est acquise. L’annonce officielle en sera faite après ce week-end. Moulay Hafid Elalamy portera ainsi le drapeau du clan dit du changement où siègent Aziz Akhenouch, PDG d’Akwa, Youssef Alaoui, patron de Cicalim et d’autres patrons de grands groupes. Le futur candidat se présentera aux élections, accompagné d’une équipe qui sera, si elle est élue, le futur bureau de la Confédération générale des entreprises du Maroc. En attendant que les membres de cette équipe soient connus, il
est d’ores et déjà sûr que la candidature au poste de vice-président n’est pas encore décidée. Conformément au statut de la Confédération, le nouveau président aura un binôme. Or, le clan d’Elalamy bloque sur le choix du futur vice-président. Côté programme électoral, le candidat table, selon l’un de ses proches, sur trois axes majeurs. Sa campagne se focalisera sur le renforcement du rôle des unions régionales, une gestion de rupture et la redynamisation de la CGEM. En gros, toujours selon les mêmes sources, le patronat devrait, sous son mandat, refléter le mouvement de changement et d’engagement(s) que vit le pays. Les détails de ce programme sont toujours tenus secrets en attendant le lancement officiel de la campagne, début mai prochain.


Chambres de commerce. Le ministre de tutelle réagit

Les services de Salaheddine Mezouar, ministre du Commerce et de l’Industrie, sont catégoriques : les chambres de commerce ont reçu entre mars et avril 2006 pas moins de 12,36 millions de dirhams (en deux tranches) en guise d’avance pour faire face aux dépenses obligatoires (dépenses du personnel et charges fixes). Cette précision tombe à la suite de certaines sorties médiatiques accusant le ministère de ne pas respecter les engagements signés en présence du premier ministre. En effet, les deux parties ont tenu une série de réunions et mis en place une commission pour définir les mesures visant la réforme des chambres de commerce mais aussi le règlement du contentieux qui opposait les chambres et leur tutelle, notamment le retard du versement de la part des recettes fiscales attribuée aux chambres par la force de la loi. Maintenant, c’est chose réglée.


“Responsabilité sociale”. Un pacte mondial du travail

Entreprises socialement responsables. Ce concept international qui commence à faire parler de lui au Maroc est maintenant parrainé par les Nations Unies. Le Pacte Mondial du Travail, c’est le nom de l’initiative onusienne, a dernièrement fait l’objet d’une présentation à Casablanca. But : encourager la contribution des entreprises et du monde du travail au renforcement de la dimension sociale de la mondialisation et au développement durable. À l’international, près de 2000 entreprises y ont adhéré jusqu’à présent. Au Maroc, le débat sur la responsabilité sociale se limite à quelques grosses entreprises. Un des enjeux de ce programme, piloté au niveau national par le juriste Rachid Filali, consiste à former les PME et à faciliter l’échange de bonnes pratiques avec d’autres pays. Un site Internet a été mis à leur disposition : pactemondialmaroc.org


Sucre. Chaâbi attaque l’ONA

Miloud Chaâbi, patron du groupe Ynna, investit un milliard de dirhams dans la construction d’une raffinerie pour la producton de sucre en joint-venture avec le groupe Saoudien Savola. La capacité de production de cette unité est de 600 000 tonnes, soit 60% de la consommation locale. L’annonce de ce projet met Cosumar, la filiale de l’ONA, dans une situation de stress commercial. Surtout qu’elle a investi plus de trois milliards de dirhams pour l’acquisition des sucreries d’Etat dans le but de verrouiller le marché et instaurer un monopole de fait. À eux deux, les futurs concurrents seront en surproduction par rapport à la capacité du marché. La question qui se pose dès lors est de savoir si la nouvelle unité de Chaâbi et Savola vise un positionnement sur l’export.


Bouregreg. Guerre des tranchées

L’Office national de l’électricité (ONE), celui de l’eau potable (ONEP) et Rédal, société de distribution d’eau et d’électricité de Rabat-Salé, se battent au coude à coude pour s’adjuger le marché du projet d’aménagement de la vallée de Bouregreg. En principe, le projet en question se trouve sous la juridiction de la Rédal qui couvre toute la région de Rabat-Zaërs mais des exceptions existent quand il s’agit de grands comptes. Ainsi, les gros projets sont négociés de gré à gré avec l’ONE, comme ce fut le cas de l’usine de Fruit of the Loom dans la région de Skhirat. Rédal n’a pas apprécié que cet investissement lui échappe et tente actuellement de damer le pion à l’ONE et à l’ONEP. Affaire à suivre.


Télécoms. L’UMTS arrive

L’Agence nationale de réglementation des télécommunications (ANRT) a lancé cette semaine un appel à concurrence pour l’attribution des licences UMTS (3ème génération). Il s’agit d’une génération de puces pour le portable permettant la convergence du son, de l’image (photo ou vidéo) et des données à un débit supérieur aux technologies connues. Cet appel d’offres ne provoquera pas de surprises puisque les deux opérateurs Médi Telecom et Maroc Telecom ont tous les deux manifesté leur intérêt pour cette licence. En revanche, la position de Maroc Connect reste inconnue. Ce nouvel entrant disposera de la mobilité totale dans moins de deux ans et peut, si cela correspond à sa stratégie, faire des offres UMTS.



Billet. Banque Mondiale isolée

Khalid Tritki

La Banque mondiale, pour des raisons politiques, a ouvert ses caisses à son partenaire marocain pendant de longues années. Mauvaise gestion aidant, le Maroc s’est retrouvé au bord du gouffre. L’Etat, comme un enfant qui reconnaît sa bêtise, a courbé l’échine et mis son destin entre les mains de son partenaire financier. Pour le sauver de “la crise cardiaque”, comme disait Hassan II, la banque préconisait le libéralisme pur et dur. Tout était à vendre, tout était à ouvrir, seuls les guichets des recettes étaient à garder sous contrôle. L’Etat s’exécutait par-ci, encaissait les dollars et n’en faisait qu’à sa tête par-là. Les années 2000 ont changé la donne. L’Etat a réorienté sa dette vers l’intérieur, profité des transferts massifs des MRE et des privatisations. Les problèmes de liquidités et d’endettement étranger sont loin derrière. La Banque Mondiale ne s’y retrouve plus car elle n’a plus d’arme de dissuasion. Sauf qu’elle a un message fort à faire passer : la tension sociale due au chômage pèse lourd sur le régime et sa stabilité. Des réformes s’imposent. Ce langage, pourtant pertinent, ne rencontre, pour des raisons historiques, qu’une écoute distraite. L’arme de l’endettement ne fonctionnant plus, la BM cherche désespérément des hommes influents pour véhiculer son message et convaincre de la nécessité des réformes. Le lobbying marchera-t-il là où le langage de la raison a échoué ? Pas sûr.




OFF.

L’ONA prépare un plan de synergie baptisé “Top 200”. Il s’agit d’un classement : “200” renvoie à 200 millions de dirhams représentant les économies d’échelle que le groupe peut réaliser s’il établit une vraie synergie entre ses filiales. Cela passe, entre autres, par la mise en place d’une centrale d’achats, de mutualisation logistique…



OFF.

Les banques changent de cap. Le Groupement professionnel des banques marocaines et Bank Al Maghrib se penchent actuellement sur un projet visant à augmenter le taux de bancarisation. À noter que ce taux ne dépasse guère les 20% de la population-cible. Selon des sources proches du dossier, le projet sera bouclé avant l’été et mis en application à la rentrée. Espérons le.

 
 
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