Lobbying. Le Polisario fait son show
Affaire Slimani. Les bonnes questions
Jean Daniel. Le grand témoin
Portrait. Paco, le harrag repenti
Histoire. Casablanca, capitale mondiale du foot
Palestine. Le spectre de la guerre civile
France. Qui a peur des étrangers ?
Innovation. Des formules qui marchent
Travail. Jours fériés, jours fait-rien
Littérature. Lettres de riche, lettres de pauvre
N° 223
Webmaster
TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Par Bart Schut

La semaine Monde

(AFP)

Egypte. Le Sinaï frappé au coeur

Le président égyptien Hosni Moubarak est sorti de ses gonds. Jeudi, il a promis de remporter le combat contre le terrorisme, après la série d’attentats meurtriers qui a endeuillé la péninsule du Sinaï. “Nous remporterons notre bataille contre le terrorisme. Nous allons le contenir, le déraciner et assécher ses sources”, a lâché Moubarak.

Rappel des faits : trois attentats-suicides ont été perpétrés presque simultanément lundi dans la station balnéaire de Dahab sur la mer Rouge, faisant au moins 18 morts et des dizaines de blessés, dont
plusieurs étrangers. Mercredi, deux nouveaux attentats-suicides ont secoué le nord du Sinaï, à Al-Gora, sans faire d’autres victimes que leurs auteurs.L’enquête a montré que les attaques avaient été perpétrées par des bédouins du nord du Sinaï où la FMO est stationnée, à quelque 400 km au nord de Dahab. “Ces bédouins ont aussi un lien avec les précédents attentats de Charm al-Cheikh et Taba en 2005 et 2004”, a déclaré le ministre égyptien de l’Intérieur, Habib al-Adli.

Hormis l’implication et l’inculpation de bédouins, on ne sait pas grand-chose. Les responsables sécuritaires estiment qu’une nouvelle cellule islamiste, qui pourrait être liée à Al-Qaïda, sans nécessairement recevoir d’aide du réseau de Ben Laden, est à l’origine des attentats. Hypothèse balayée par l’analyste Dhia Rachwane, du centre Al-Ahram : “Depuis les attentats de Taba et Charm el-Cheikh, aucune déclaration de Ben Laden et de son bras droit, l’Egyptien Al-Zawahiri, n’a fait allusion aux attentats en Egypte”, souligne-t-il. Pour son collègue Abdelmounaim Saïd, “le discours de Ben Laden ne peut être lié aux attaques car il est trop proche dans le temps”.

Les observateurs avancent d’autres pistes. Al-Ahram n’exclut pas non plus que ce nouvel attentat puisse aussi être “une réaction à ce qui se passe en Irak et dans les territoires palestiniens”. Troisième voie possible : un attentat intentionnel perpétré à une date symbolique de l’histoire régionale : la veille de la commémoration du retrait d’Israël de la péninsule du Sinaï, en 1982 ? Pour l’instant, ils n’ont toujours pas été revendiqués.


Papauté. Bientôt le préservatif ?

Benoît XVI deviendra-t-il le premier pape à oser infléchir la position de l’Eglise sur le préservatif ? Face à toutes les critiques internes et externes, l’Eglise s’apprête à rendre public un document tolérant l’usage du préservatif pour les personnes déjà contaminées par le sida. Ce serait une levée partielle d’un tabou qui suscite depuis longtemps un tollé dans l’opinion, notamment de la part des médecins confrontés à la pandémie et qui s’accordent à dire que le préservatif est la meilleure arme. Depuis l’encyclique Humanae vitae du pape Paul VI, publiée en 1968, le préservatif est condamné par l’Eglise, car, selon elle, il incite au libertinage et fait obstacle au développement de la vie humaine, contenue dans toute relation sexuelle que l’Eglise ne conçoit que dans le cadre du mariage et de la procréation. Devant un tel angélisme, les scientifiques avancent le chiffre macabre de trois millions de morts du sida par an. Il était temps que l’Eglise voie la réalité en face.


Angleterre. Ministres sur la sellette

À une semaine des élections locales, de vives controverses impliquant plusieurs ministres travaillistes minent le gouvernement Blair. D’abord, la révélation, mardi, par Charles Clarke, le ministre de l’Intérieur, de la remise en liberté de 1 023 détenus étrangers que la justice, pourtant, recommandait d’expulser du royaume. “C'est une défaillance administrative fondamentale”, reconnaît, laconiquement, Charles Clarke. Ensuite, la ministre de la Santé, Mme Hewitt, a provoqué un tollé en assurant que le système de santé (NHS) venait de connaître sa meilleure année, au moment où les hôpitaux viennent d’annoncer 7 000 supressions d’emplois. Enfin, l’aveu, par John Prescott, le vice-premier ministre, d’une relation adultère avec l’une de ses secrétaires, a été la goutte qui a fait déborder le vase travailliste.


Vols secrets. L’Europe a laissé faire la CIA

Le rapport intérimaire de la commission d’enquête spéciale du Parlement européen est clair. Plus d’un millier de vols secrets de la CIA ont transité depuis 2001 dans les aéroports européens, sans que les Etats concernés ne demandent aucune information. Avec la complicité passive de ces gouvernements, les services secrets américains ont pu enlever des suspects de terrorisme dans l’Union européenne et les envoyer dans des pays où ils ont été torturés. Pour le rapporteur Claudio Fava (socialiste italien), les gouvernements européens ont fait preuve d'une “inertie coupable” et ne pouvaient ignorer la nature de ces vols. L’Italie, la Suède, l’Allemagne, l’Espagne, le Royaume-Uni et l’Irlande, mais aussi les pays de l’Est, sont visés dans ce texte.


Palestine. Le casse-tête de l’Autorité

La tournée de Mahmoud Abbas, en quête d’un pécule financier dans les capitales moyen-orientales et européennes, intervient alors que le Hamas fait l’objet d’une quarantaine internationale. Officiellement, l’Autorité dirigée par le Hamas n’a plus d’argent pour payer ses 140 000 fonctionnaires. Pourtant, le président de l'Autorité, Mahmoud Abbas, dispose de réserves financières occultes. Mais il n’entend pas y recourir tant que ses rivaux islamistes ne reconnaîtront pas la suprématie de l’OLP dont Abbas est le chef. La Norvège a promis de donner 20 millions de dollars et Jacques Chirac et Hosni Moubarak ont prôné la poursuite de l'assistance humanitaire.



Lu pour vous.
Mémoire en otage

Ali Bahmane, El Watan, jeudi 27 avril

Choqué par tout ce qui a été dit durant son séjour médical à l’hôpital Val-de-Grâce, Bouteflika a compris qu’il ne faudra pas trop compter sur Chirac pour chanter les louanges de “l’amitié retrouvée” entre l’Algérie et la France. Il y avait pourtant bien cru. Un optimisme débordant au point de négliger la réalité qu’en France, un chef d’Etat, aussi puissant soit-il, est bien impuissant lorsqu’il s’agit de remuer l’histoire et la mémoire. Le pardon de l’Etat français aux juifs n’a été possible qu’un demi-siècle après, une fois réunies toutes les conditions politiques et psychologiques. La même démarche s’est avérée impossible avec l’Algérie. Chirac a eu sur ce dossier à affronter d’incroyables résistances tant sociales que politiques (…). La question de la colonisation a brouillé les esprits, fait bouillir les passions et servi d’enjeu électoral. La gauche française et l’intelligentsia elles-mêmes ne sont pas arrivées à briser le consensus national sur “la bonne colonisation française”. Car il y a réellement consensus, les Français, depuis plus d’un demi-siècle, sont soumis au matraquage d’une seule pensée unique, celle de la glorification de la politique de la canonnière présentée comme civilisatrice : accès aux archives interdit, programmes d’histoire orientés, chape de plomb des médias etc. Autant de leviers étatiques pour conditionner leur propre opinion publique. En dehors d’une élite éclairée, celle-ci reste passive.



VITE !

L’ex-premier ministre israélien Shimon Peres est soupçonné d’avoir reçu 320 000 dollars de deux multi-millionnaires pour financer sa campagne électorale aux primaires travaillistes, en novembre 2005. La somme dépasse le montant prévu par la loi.

 
 
TelQuel : Le Maroc tel qu'il est © 2008 TelQuel Magazine. Maroc. Tous droits résérvés