Un an après. Alors, l'INDH ?
Étude. Le PJD à la loupe
Analyse. Peut-on être islamiste et féministe ?
Syndicats. Il était une fois le 1er mai
Affaire. Méli-mélo nucléaire
Santé. Les oubliés d'Alzheimer
Népal. Echec au roi
États-unis. Les immigrés font grève
Sucre. Chaâbi entre les Saoudiens et l'ONA
Mémoire. À la recherche des salles perdues
Festival de Montréal. Le Maroc joue les figurants
N° 224
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

pages coordonnées par Chadwane Bensalmia

La semaine Culture

Salif Keita. (DR)

Concert. Honneur au griot blanc

En 1949, dans le village malien de Djoliba, la naissance d’un bébé albinos met la communauté sens dessus dessous. Ce bébé blanc est l’objet de toutes les curiosités. On le craint, on le rejette et on lui attribue des pouvoirs maléfiques d’autant plus que sa famille descend en ligne directe du fondateur de l'Empire au XIIIème siècle. Salif vit la couleur de sa peau comme une malédiction. Dans sa solitude forcée, il se passionne pour les chants des griots, ces conteurs poètes qui voyagent à travers le pays, en chantant les épopées royales et familiales. N’ayant presque pas d’amis, Salif traîne dans les champs de
son père où il passe de longues après-midi à imiter ces gardiens de la tradition orale. Quand il annonce aux siens qu’il veut devenir lui-même griot, sa famille crie au scandale. En effet, être griot ou prince, est une question d’hérédité. Cette fois-ci pourtant, Salif ne se laisse pas faire. Il enfreint les traditions ancestrales et quitte sa famille pour Bamako. C’est là, dans les cafés et sur les places de marché que naîtra l’épopée du “Caruso africain”. Nous sommes en 1968. Mais il faudra attendre une dizaine d’années avant que la carrière de Salif ne prenne son envol. C’est l’album “Mandjou” qui marquera ce tournant en 1978. Depuis, le griot blanc a enchaîné opus et succès, Soro, Ko-yan, Amen, 69-80, Folon the past, Seydou bathili, Papa, Mofou, Salif Keita autant d’albums qui lui ont valu le titre mérité de “la voix d’or d’Afrique”. Au Festival des musiques sacrées de Fès, le 10 juin.


À l’affiche. Une femme sur commande

Sa femme morte électrocutée, Aymé, fermier de son état, est littéralement atterré. Non pas de chagrin, mais parce qu’avec la disparition de sa femme, il se retrouve tout seul à assurer la bonne marche de sa ferme. Pragmatique, notre homme décide, sans plus attendre, de se trouver une nouvelle femme. Mais la parfaite ménagère est introuvable dans sa petite campagne. Aymé se tourne alors vers une agence matrimoniale pour dénicher la perle rare. Ce sera chose faite. Seulement, voilà, sa dulcinée vit sous un autre ciel. Aymé devra aller la chercher en Roumanie. Avec une mise en scène plutôt classique, ce premier film de la chroniqueuse de France2 Isabelle Mergault nous épargne les clichés téléphonés sur la vie en campagne. Des dialogues pertinents, beaucoup d’humour et de la tendresse à volonté, telles sont les cartes que la réalisatrice a joué pour son premier passage derrière la caméra. Résultat, Je vous trouve très beau est une comédie sentimentale bonne pour vous remonter le moral, si vous avez le blues.

Au Mégarama



Cycle cinéma. Les années de Nabyl

Comédien, auteur, dramaturge, metteur en scène et réalisateur prolifique, parfois polémique, Nabyl Lahlou, petit homme volubile, coiffé d’un éternel chapeau qui en dit long sur son excentricité théâtrale assumée, ne passe pas inaperçu. Le cinéma Le 7ème art de Rabat lui consacre un cycle tout au long du mois de juin, à travers ses œuvres phares comme Al Kanfoudi (1978), Le Gouverneur général de l’île de Chakerbakerben (1980) ou encore Brahim Yach (1981), L’Ane qui brait (1984), Komany (1986). Une filmographie tout imprégnée de l’univers de scène que l’artiste sexagénaire, auteur également des plus récents La Nuit du crime (1992) et Les Années de l’exil (1992) n’a jamais quitté.

Du 1er juin au 1er juillet au 7ème Art, Rabat.



Expo. Spiritualité contre folie

Passant de l’impressionnisme au surréalisme, du figuratif à l’art abstrait ou au tribal, utilisant huile, encre, aquarelle, fusain, pastel, pigments naturels et coupures de journaux, Thierry Nunes da Costa tente de dresser des constats sur son époque. Ancien hockeyeur professionnel et peintre autodidacte, Nunes da Costa se penche sur des thèmes empreints de spiritualité, privilégiant le rapprochement des cultures. Le mois dernier, l’artiste s’appropriait le hall du Théâtre Royal de Marrakech avec l’éclectique Islam, un monde de lumière ! Une série de tableaux abstraits évoquant le Ramadan, une collection “Gnawa” très naïve ou encore “Eau divine”, soulevant le problème que posera bientôt ce liquide précieux. Glanant également articles et titres percutants au reflet d’un monde de plus en plus hostile, l’artiste dépeint le grand désordre dans lequel nous vivons, tout en s’inspirant d’André Malraux lorsqu’il prophétisait “Le 21ème siècle sera spirituel ou ne sera pas”.

A.T



Tournée. Darga f’bab Europa

Auraient-il mis la main sur un sésame ? Le 22 avril, les dix fusionneurs fous de Darga étaient à Fraga, à 160 bornes de Barcelone, pour le festival En la Linea, dédié aux professionnels de la musique. ça valait le coup de se déchaîner, avec entre autres “Stop Baraka”, nouveau morceau reggae au balancement chaloupé et caustique à souhait. Le groupe vient de boucler les dates d’une petite tournée latine alléchante : le 27 mai près de Barcelone, le 1er juillet à Madrid, retour à Barcelone le 7, puis Séville le 13, et enfin l’Italie avec San Marino le 18 et la Sicile le 27. Bsahha ! Mais rendez-vous d’abord à Lyautey le 20 mai.


Festival. C’est carnaval !

On le dit et le répète, l’art sort (enfin) dans la rue marocaine ! Le tout premier carnaval de Tanger défilera le samedi 13 mai du quartier Hasnouna à la place Roudani, via le Bd Mohammed V, avant une clôture en concert le dimanche 14. Quelque 200 artistes sont attendus d’Espagne, d’Irlande, d’Ecosse, d’Angleterre, d’Afrique et bien sûr du Brésil – Mecque carnavalesque mondiale) - pour mettre à l’envers la capitale du Nord (au risque non négligeable qu’elle se retrouve en plein Souss…). On doit l’initiative à Med Event, toute jeune société d’évènementiel créée par Khalil Tassi, qui se dit pas peu fier d’avoir rameuté 200 télés internationales lors du Championnat du monde 2004 de fly-surf à Tanger et Tarifa. On peut flipper dans les airs et tripper sous les réverbères !


Association. Ces lundis-là !

Djeun’s casablancais, marquez d’une croix rouge vos lundis soirs. À partir du 22 mai, Casartistes, collectif d’artistes créé il y a à peine deux semaines, prend sur lui de les remplir. Musique, stand up comedy, expos, projections de courts, sessions de slams, impros, toutes les semaines, le collectif vous invite à vous exalter gratuitement devant vos artistes préférés, et à découvrir de nouvelles têtes, toutes disciplines confondues. Et pour commencer, ce 22 mai, en intro exclusive, un avant-goût du one man show de Othman Mekouar, Othman’up, suivi d’un mini-concert de la douce Batma junior, Khansa. Une adresse ? Patience, les négociations sont toujours en cours. Mais nous vous tiendrons au courant avant la date fatidique ! www.casartistes.com


Yto Barrada. clichés anti-clichés

Son expo parisienne lui vaut une belle pleine page dans Libération. Photographe et écrivain, prolifique trentenaire à la fibre artistique imbibée de la ville du Nord, Yto Barrada en distille l’esprit tout en le démythifiant, à travers soixante clichés épurés, à contre-courant d’un Maroc trop souvent saisi par une frénésie colorée un rien folklorique. Immobilisme, abandon, vide, rêve et hébétude sont au contraire les thèmes se dégageant, de manière quasi évanescente, de ce travail singulier et personnel, plus contemplatif que rêveur, à l’image d’une ville un peu paumée entre deux siècles, où, comme l’écrit le quotidien français, “l’évasion est chimère”.

Jusqu’au 11 juin au Jeu de Paume, Paris.



Le livre.

Abdellatif Laâbi est un écrivain comblé, au sommet de son art. Au moment où il continue de distiller ses vers avec économie et régularité, le poète éternellement engagé pour le beau et le droit à la parole, voit l’ensemble de son œuvre poétique, de 1965 à 1990, publié dans un premier tome édifiant. Comparé en préface de ce gros volume de circonstance par Jean Luc Waulthier à un Neruda, Char et autres Lorca, le fondateur de Souffles donne à revisiter les textes exhaustifs qui ont fait sa réputation d’anti-littérateur, de poète écorché vif. Son rapport aux mots, sa conception de l’écriture comme une urgence existentielle, son attachement à l’amour et à la beauté, comme un préalable de la liberté, tous ces thèmes chers au poète reviennent d’une méditation à l’autre.

Ed. La différence (2006)




Humeur : Bulletin scolaire

Hassan Hamdani

Le Maroc ne remerciera jamais assez ses proches voisins, l’Algérie et la Tunisie, qui en matière d’entraves aux médias, confèrent au Maroc l’aura d’une démocratie nordique. Epinglés à la une des rapports internationaux chaque 3 mai, Journée mondiale de la liberté de la presse, l’Algérie et la Tunisie renvoient le Maroc, tout heureux de passer inaperçu, à la rubrique des chiens écrasés. C’est l’occasion pour Nabil Benabdellah de pavoiser sur les avancées démocratiques du Maroc dans une région peu amène avec les plumitifs. Il est bien aidé en cela par les dirigeants tunisiens et algériens. Le 3 mai, le président Benali pousse le vice jusqu'à dicter aux journalistes des articles les appelant à plus d’audace, d’indépendance et d’esprit critique. Comprenne qui pourra. Le président Bouteflika profite de cette même journée pour gracier quelques journalistes détenus en prison, mais leurs paillasses n’ont pas le temps de refroidir puisque Bouteflika en arrête d’autres le lendemain. Choisir de tels mètres étalons, pour preuve de la transition démocratique au Maroc, c’est comparer les résultats médiocres des derniers de la classe, assis au fond de la salle de cours près du radiateur, cherchant à se faire oublier du professeur droit de l’hommiste grâce à l’ignorance encore plus crasse d’autres cancres. Attablés à côté de sous-doués qui passent leur bac, le Maroc fanfaronne avec sa mention passable, content de faire oublier l’appréciation qui accompagne ses efforts d’élève laborieux : peut mieux faire...



Une bimbo nommée Elissa
Amateurs des voluptueuses chanteuses orientales, cette année aura été la vôtre. Après Nancy Ajram et Haïfa Wahbi, ce sera bientôt au tour d’Elissa de vous enfiévrer. La scandaleusement délicieuse et “toute refaite” débarque au Maroc pour un double concert les 16 et 17 juin au Megarama.


Gnawa Diff en bref
Marock’n Roll, deuxième ! Si la programmation de ce festival au sang frais n’est pas totalement bouclée, les langues se sont déliées pour annoncer Gnawa Diffusion, symbole générationnel de la jeunesse maghrébine. ça suffit pour se lécher les babines. Du 26 au 29 juin.


Bonheur de casting
Avis aux rappeurs et metalleux du royaume, le cinéaste Hicham Lasri, qui tournera bientôt son long-métrage L’Os de fer sous la canicule estivale d’Agadir, cherche perle pour rôle de taille et une place sur la BO. Ali N’Productions, Géraldine Bueken, h.lasri@alinprod.com Tél. 028 23 95 02 / 070 052 749.

 
 
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