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N° 224
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Par Abdeslam Kadiri

La semaine Monde

(AFP)

États-Unis. Moussaoui condamné à perpétuité

Après trois mois d’un procès haletant, le Français d’origine marocaine, de 37 ans, a été finalement condamné… à vie ! Dans le procès du prétendu complice des attentats du 11-Septembre, le jury a rendu, mercredi, un verdict lui épargnant la peine capitale. “Amérique, tu as perdu, j'ai gagné !”, a crié Moussaoui en quittant le tribunal fédéral d’Alexandria (Virginie), après avoir écouté, impassible, la lecture du verdict.

La juge Leonie Brinkema, qui est liée par la décision du jury, devait
prononcer, jeudi, la condamnation formelle de Moussaoui à la réclusion criminelle à perpétuité, la peine minimale dans la mesure où le Français, membre revendiqué d’Al-Qaïda, a plaidé coupable. “Le jury a parlé, nous respectons et nous acceptons son verdict”, a déclaré Paul McNulty, secrétaire d’Etat adjoint à la Justice.

L’accusation ne peut pas faire appel de la condamnation, et Moussaoui devrait être transféré dans la prison de Florence (Colorado), surnommée l’ “Alcatraz des Rocheuses”, où il sera maintenu à l’isolement jusqu’à la fin de ses jours.

Les familles de victimes se sont déclarées satisfaites. L’ancien maire de New York, Rudolph Giuliani, a déclaré qu’il aurait préféré que Moussaoui soit exécuté... En France, la mère de Zacarias Moussaoui, Aïcha El-Wafi, a confié à la radio France-Inter qu’elle se sentait “morte” après ce verdict : “C'est la pire chose qui puisse arriver à une mère.”

Le jury a délibéré pendant 41 heures avant de rejeter la condamnation à mort. Moussaoui devient le premier condamné aux Etats-Unis pour les attentats du 11-Septembre. Son rôle n’a jamais été établi avec certitude : le jour des attaques, il était en prison dans le Minnesota pour un visa périmé.

Aucun des membres du jury n’a retenu les principaux arguments de la défense : l’éventuelle schizophrénie du Français et son probable désir de mourir en martyr. Pour beaucoup d’experts, le défi de la défense de Moussaoui semblait pourtant insurmontable, face au torrent d’émotion déversé par l’accusation pendant le procès. D’autant que Moussaoui lui-même a tout fait pour se rendre détestable, revendiquant un rôle dans les attentats et exprimant son dégoût pour les victimes.


Algérie. Grâce en demi-teinte pour les journalistes

L’initiative a été accueillie avec prudence par la presse indépendante. À l’occasion de la journée mondiale de la liberté de la presse, mercredi, une dizaine de reporters, condamnés pour outrage ou offense, à des peines de prison, auraient été graciés. Par ailleurs, la Présidence qui a annoncé cette grâce, mardi à Alger, stipule que ces mesures ne concernent que “des journalistes condamnés définitivement”, alors qu’une vingtaine de journalistes condamnés ont fait appel. Il s’agit notamment de Farid Alilat, Fouad Boughanem, Sid Ahmed Sémiane et Ali Dilem, condamnés en première instance à un an de prison ferme.
Le plus célèbre des journalistes algériens, Mohamed Benchicou, qui vient d’obtenir un prix, “n’est pas concerné par cette grâce car il a été condamné pour un délit de droit commun”, selon son avocat, Me Bourayou. Détenu depuis 2004, Benchicou a été condamné à 2 ans de prison ferme après la découverte de bons de caisse dans ses bagages à l’aéroport d’Alger.


France. La saga Clearstream

Le premier ministre Dominique de Villepin est-il mêlé à l’affaire Clearstream ? Dans ce Watergate à la française, des personnalités du monde politique et économique ont été faussement accusées par un mystérieux corbeau d’avoir des comptes occultes à l’étranger via la société financière Clearstream. Nicolas Sarkozy, premier visé, puis Dominique Strauss-Kahn et Alain Madelin se sont constitués partie civile.
Dans sa déposition aux juges (reprise par Le Monde), le général Rondot, un expert du renseignement, confirme que le nom de Sarkozy a bel et bien été cité par Villepin lors d’une rencontre en janvier 2004 au quai d’Orsay. Villepin défend mordicus le contraire. Qui, du haut gradé ou du chef du gouvernement, ment ? Les deux juges chargés d’identifier le corbeau envisagent de fouiller le bureau du premier ministre…


Grande Bretagne. Le MI 6 fait son marché

Faute de candidats, le Secret intelligence service, plus connu sous le sigle de MI 6, popularisé par James Bond, recrute. Il a passé la semaine dernière dans The Times et The Economist des encarts publicitaires censés appâter ses espions de demain. Quant au MI 5 -la DST britannique- il recourt depuis 1997, aux petites annonces.
On est loin de la légendaire discrétion du MI 6. Le service a été discrédité lors de l’invasion irakienne. Pourtant, ce sont les attentats de Londres qui l’ont obligé à sortir de sa réserve. Un nombre important de Britanniques musulmans très qualifiés – linguistes, ingénieurs, analystes- ont alors offert leurs services au MI 6. Les pavés publicitaires ne mentionnent pas les salaires. Il y aura beaucoup de postulants mais peu d’élus.


Italie. Berlusconi démissionne enfin

L’Italie a tourné mardi la page Berlusconi avec la démission de l’homme d’affaires qui a dirigé l’Italie pendant cinq ans. Mais les conditions de la victoire de la gauche ont laissé un goût amer aux Italiens. Après avoir contesté la victoire de Romano Prodi, Silvio Berlusconi n’a eu d’autre choix que de laisser la place après l’élection des deux présidents de chambre.
Il a remis sa démission mardi au président de la République, Carlo Azeglio Ciampi qui devrait, dans la foulée, charger Prodi de constituer son gouvernement. Ciampi, dont le mandat expire le 18 mai, a fait savoir jeudi qu’il ne souhaite pas se représenter, en raison de son âge avancé. La bataille pour sa succession est lancée.
L’autre nouvelle, c’est le vif désir du futur gouvernement Prodi de retirer d’Irak les 2600 militaires italiens. “D’ici l'été”, a estimé un député de la coalition. “D’ici la fin 2006”, a déclaré, plus vague, Prodi.



Lu pour vous.
L’Europe manque de courage

Eric Hazan, Politis, du 27 avril au 3 mai

Dans une remarquable indifférence, l’Union européenne a décidé de couper l’aide versée au gouvernement palestinien Hamas après les élections législatives du 25 janvier. Elle a repris mot pour mot les exigences israélo-américaines : les Palestiniens sont sommés de reconnaître l’Etat d’Israël et de renoncer à la violence. Mais quel état d’Israël s’agit-il ? Celui de 1948, de 1967 ou bien celui défini par le tracé du mur de séparation ?
Les Palestiniens ont déjà reconnu l’Etat d’Israël lors des accords d’Oslo. Treize ans plus tard, l’Etat palestinien qui devait naître de ces accords est plus improbable que jamais. Est-il vraiment anormal qu’un gouvernement issu des urnes garde en main l’atout d’une nouvelle reconnaissance d’Israël et qu’il utilise l’argument du donnant-donnant ? Est-il loyal de présenter un procédé diplomatique comme une intention de jeter les juifs à la mer ?
Exiger des Palestiniens qu’ils respectent les accords du passé, n’est-ce pas occulter sciemment que les gouvernements israéliens successifs n’ont jamais respecté ces même accords et qu’ils s’en sont servi pour rassurer “l’opinion internationale” ? Comment exiger l’engagement de renoncer à la violence tout en lançant 300 obus par jour sur la bande de Gaza “libérée” ? Les quelques pétards artisanaux lancés par des groupes palestiniens ne doivent pas faire oublier que, depuis un an, le Hamas respecte la trêve qu’il a lui-même promulguée.



VITE !

Environ 5,6 millions d’enfants meurent chaque année de dénutrition, selon l’Unicef. Dans un rapport publié mardi dernier, l’organisation internationale affirme aussi que 146 millions d’enfants risquent de mourir en bas âge d’insuffisance pondérale.

 
 
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