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N° 225
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Par Driss Bennani

“Le train de M6 sifflera une fois”

Antécédents
AbdTaoufiq Edebbab
Directeur-adjoint
à l’information à 2M.
(D.B TelQuel)

1966. Naissance à Khémisset.
1983. Intègre l’OADP.
1990. Intègre Médi 1.
1992. Prépare une thèse sur “l’espace et l’imaginaire dans les mille et une nuits”.
1994. Responsable de la section tangéroise de l’USFP.
2000. Intègre 2M.
Smyet Bak ?
Abdelkader Belmokhtar Fechtali.

Smyet mok ?
Fatema Nejmaoui.

Nimirou d’la carte ?
D 359 152.

Vous avez récemment présenté votre démission… pour la troisième fois en six ans ! On vous retient de force à 2M, ou quoi ?
La démission, c’est comme la grève de la faim. Un outil noble pour défendre des principes et non des intérêts, pour marquer une position quand ça bloque. Ce n’est pas de la comédie. Et je ne suis pas obligé de me suicider comme Bérégovoy (NDLR : ancien premier ministre français) pour le prouver. De Gaulle et Abdennasser ont bien démissionné…

Monsieur ne se prend pas pour de la m..., dites donc !
C’est pour souligner la noblesse de l’acte, c’est tout.

Quelques jours après votre démission, Réda Benjelloun et Samira Sitaïl font de même et critiquent ouvertement la direction générale. Deux jours plus tard, vous êtes tous réhabilités dans vos fonctions. Comment voulez-vous que ça ne sente pas le coup monté avec tout ça ?
Chacun a assumé son acte. Ceci dit, c’est normal qu’il y ait solidarité entre des gens qui partagent la même vision et les mêmes valeurs. Je refuse de croire à ces histoires de clans. Et quand bien même ces clans existeraient, nous au moins, nous ne sommes pas dans le clan de la lâcheté.

Mais encore ?
Je suis responsable des journaux télévisés et j’ai accepté cette responsabilité. Le problème, c’est qu’il ne sert à rien de responsabiliser des gens si on ne leur fait pas confiance. La direction générale considère tout avis différent du sien comme une résistance. C’est faux. Mon “non” est un avis, qui peut être pris en considération ou pas. Mais qu’on ne peut pas m’enlever.

Dans votre lettre de démission, vous parlez de consignes, de favoritisme vis-à-vis de courants politiques. De qui parlez-vous ?
Je tiens d’abord à préciser que j’assume entièrement mes responsabilités. Le problème, c’est que le cadre général n’est pas sain. Il y a un laisser-aller et un laxisme dangereux pour la marche de la boîte. Il n y a pas de système de sanctions et de gratifications qui aiderait à installer la discipline nécessaire.

On voit que vous êtes passé par la caserne Médi 1, vous !
J’ai fait mes premiers pas avec de grands professionnels, Pierre Casalta, Daniel Ferrin et Moncef Bouâllag. J’ai appris trois constantes dans l’exercice du métier de journaliste : la discipline, la rigueur et le professionnalisme.

Comment se fait-il qu'avec 30 journalistes, 8 caméras et 7 bureaux régionaux, vos journaux télévisés soient aussi pauvres ?
C’est le résultat de tout ce que je viens de citer. Dans les 30, il y a d’excellents éléments mais il y a aussi des fonctionnaires du journalisme, indisciplinés et sans aucun esprit d’initiative.

Vous ne vous coupez pas un peu plus de votre rédaction en disant cela ?
Je ne mets pas tout le monde dans le même sac et je dis la vérité. Nous sommes là pour servir la vision générale d’un pays à travers un engagement éditorial clair et non des réglements de compte personnels.

Bras cassés, corruption, harcèlement sexuel… Qu’attendez-vous pour ouvrir une enquête dans cette rédaction ?
Avoir quelque chose d’officiel sous la main. Je ne peux pas me contenter des plaintes officieuses d’une personne qui refuse de me fournir un écrit parce qu’elle ne veut pas d’ennuis. Ce sont des accusations graves qui circulent mais qui doivent être prouvées.

Au Sahara, vous avez utilisé une caméra cachée pour extirper à des détenus des déclarations contre Ali Salem Tamek. Pour qui roulez-vous ?
Je roule pour le Maroc. Je suis dans le train de Mohammed VI qui ne sifflera qu’une fois. La caméra cachée est un outil utilisé partout dans le monde. Pour cette affaire, il a servi à démasquer la supercherie d’une grève de la faim qui durait depuis 48 jours.

Pourquoi traînez-vous une réputation de flic ?
Parce que je sais beaucoup de choses. Sérieusement, nous sommes une chaîne de télévision, pas un parti d’opposition. À 2M, il y a de la place pour tout le monde. Il faut simplement installer un climat sain et respectueux.

 
 
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