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Pages coordonnées par Hassan Hamdani
La semaine Culture
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Au centre,
Morjana Alaoui.. (DR)
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Sortie de Marock. Le film, sans la polémique
Marock est devenu la bataille dHernani du cinéma marocain. Réalisateurs modernes et classiques se sont invectivés, insultés, en sont même venus aux mains pour défendre ou vilipender le film de Leïla Marrakchi. La presse na pas tardé à sen mêler, faisant de Marock un cheval de bataille (sur ces mêmes colonnes) de la modernité en marche, ou descendant le film car il était trop casher et pas du tout halal. Mais quen est-il du film proprement dit, pris comme uvre, sans toutes ces scories médiatiques ? Cest une bluette pour adolescents qui traite avec justesse, mais par instants trop brefs, de la |
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| vie dune certaine jeunesse dorée marocaine. On reconnaîtra à Laïla Marrakchi le courage de traiter de thèmes tabous (le sexe, la religion, la drogue, etc.), mais la compilation de situations explosives se fait au détriment des transitions narratives. Qui plus est, à sengouffrer un peu trop vite dans les clichés sur le grand écart social qui caractérise la société marocaine, Leïla Marrakchi grossit le trait quand elle filme les comparses (chauffeurs, gardiens de voiture, vendeur au détail, etc) qui viennent, ici et là, chaâbiser le film. Quant au casting, il mêle le meilleur et le pire. Morjana Alaoui colle à son rôle, très naturelle car elle ne compose pas, aux antipodes dun Mathieu Boujenah transparent comme une méduse. Assaâd Bouab, frère de Morjana Alaoui dans le film, est excellent, tellement charismatique quil vole des scènes à lhéroïne principale. Il console sa sur à la fin du film sur un ton minimaliste, et on ne voit plus que lui
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Festival. New York, New York
Ils sont de retour mais nen reviennent pas encore. Les huit heureux élus du Marrakech-Tribeca filmmakers exchange ont passé à New York, du 29 avril au 8 mai, une semaine quils ne sont pas près doublier. Sobrement intitulé Phase II, leur séjour dans la Grosse Pomme leur a réservé de juteuses aventures : immersion dans le site de Ground Zero et visite exclusive du premier monument bâti après les attentats, projections de leurs travaux filmés dans la ville ocre et de Once upon a time in Marrakech, documentaire de Seifollah Samadian sur la masterclass, visionnage de films sur les jeunes de Tribeca (qui est dabord un quartier mythique de NY, sobriquet de Triangle Below Canal), pique-nique à Central Park et déambulations manhattaniennes, brunch privé avec les réalisateurs invités, marche avec les immigrés, tournage de leurs futurs travaux dans les rues de la ville, soirée VIP de clôture et, please, rencontre avec seigneur De Niro en personne. Elle est pas belle la vie ? |
Spectacle. Une B.A avec Jamel
Qui oserait refuser lappel à une bonne action ? Beaucoup de gens, on le concède. Mais quen advient-il quand cette bonne action a pour contrepartie une nuit de fous rires avec le plus hilarant de nos beurs ? Si le deal vous convient, ceci est pour vous. Le 18 mai, Jamel Debbouze animera le dîner de gala de lassociation Anaïs (Association nationale pour lavenir des inadaptés scolaires) à lhôtel Rivoli à Casablanca. Les recettes de la soirée serviront à équiper les structures daccueil de lassociation. Alors, pour la bonne cause comme pour les blagues de Jamel, faites-y un tour. ça fait très bien plaisir !
Réservations au 022 49 17 88
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Mémoire. Frères darmes
À lheure où Indigènes, de Rachid Bouchareb, sapprête à mettre les voiles pour le festival de Cannes, et où le monde commémore les sombres siècles de la traite négrière et de lesclavage, deux ouvrages rendent hommage aux tirailleurs sénégalais : ainsi étaient désignés, à lemporte pièce, les soldats maghrébins et africains ayant porté les armes et donné leur vie pour la France métropolitaine tout au long du sanglant 20ème siècle. Ana ! Frères darmes marocains dans les deux guerres mondiales, co-édité par le lycée Lyautey où les deux auteurs Jean-Pierre Riera et Christophe Touron enseignent lHistoire-géo, vient de sortir au Maroc en 3000 exemplaires, dont les bénéfices des ventes seront reversés aux vétérans marocains de larmée hexagonale. Côté français, cest un magnifique recueil de photographies documentaires et artistiques, Anciens combattants africains, que Philippe Guionie publie aux éditions Les Imaginayres pour contrer linjustice mémorielle. Salutaires. |
Cinéma marocain. Envie de DVD
Les films marocains ? On en entend parler plus quon ne les voit : furtifs sur grand écran, rares sur le petit, ils sont inexistants en DVD
et aux cinéphiles de pleurer sur leur sort. Plus pour longtemps ! Le CCM planche sur la constitution dun coffret inédit, rassemblant une dizaine parmi les films marocains les plus marquants. Ce ne sera pas une sélection cinéphilique, précise Noureddine Saïl, initiateur de ce projet. Les films choisis pourront lêtre tant pour leur succès populaire que pour la performance dun acteur. Mais, si la compétition promet dêtre rude, difficile dimaginer ce coffret sans une uvre comme Wechma.
À lheure actuelle, le CCM se gratte la tête pour les histoires de droits de reproduction, pas toujours simples. Mais rien dinsurmontable, positive le directeur, qui envisage une sortie marocaine mais aussi, espérons-le, européenne, à lhorizon 2007. Belle idée. |
Tournage. Pluie détoiles
Lactrice la mieux payée dHollywood et le record Guiness des oscars du meilleur acteur sapprêtent à faire un petit tour du côté du plus beau pays du monde. Non, non, ce nest pas un canular ! Julia Roberts et Tom Hanks seront effectivement parmi nous, lautomne prochain, pour le tournage de Charlie Wilsons war. Le film, signé Mike Nichols, retrace le parcours dun congressman américain à lorigine du désastre de lArmée rouge en Afghanistan. Les chargés de production sont actuellement en repérage dans le Sud marocain et, si tout se passe bien, le tournage démarrera en octobre. La FFIFM (Fondation du festival international du film de Marrakech), à laffût de têtes daffiche pour le festival se prépare, quant à elle, à une tentative dapproche. Objectif : convaincre les deux stars de se joindre à la fête. Bonne chance, les gars ! |
Nass El Ghiwane. Un mythe tout mité
Le Maroc a deux figures prégnantes quand il cherche à représenter les années 70. Lune est morte et bel et bien enterrée : Hassan II. Lautre est malade, hypertendue, diabétique et refuse de mourir : Nass El Ghiwane. La formation du Hay Mohammadi, moribonde et sans supplément dâme depuis la disparition de Larbi Batma et le départ de Paca, ressemble, au vu des concerts froids quelle aligne dans les festivals marocains, de plus en plus aux Rolling Stones 2006. Martin Scorsese ne croyait pas si bien dire en les comparant aux pierres qui roulent. Les Nass El Ghiwane alignent les concerts tiroir caisse à linstar de leurs collègues britanniques, exploitant à outrance le mythe et lécornant à chaque nouvelle prestation.
En Concert le 19 mai à 21h00 au Megarama.
Prix des places : 250, 300 et 450 DH.
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Théâtre. Abderraouf et les machos
Abderraouf, alias Abderrahim Tounsi, reprend du service. Lhumoriste en chef des années 80 part en tournée pour sa toute nouvelle pièce de théâtre Imta iji lmoudir (littéralement, il arrive quand, le directeur). La pièce, une comédie à la sauce féministe parfaitement dans lair du temps, raconte les péripéties dune administration de moustachus qui se retrouvent dirigés par une femme, suite au départ en retraite du boss. Directrice qui nest dailleurs autre que Madame Abderraouf elle-même, de son vrai nom Najat Riad.
Le 20 mai au centre culturel Al Hourriya à Fès.
Le 25 au théâtre municipal dEl Jadida.
Le 27 à la maison de la jeunesse de Sidi Bennour.
Le 1er juin au cinéma Monumental à Tétouan et enfin, le 3 juin à Larache
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Album. Le retour des Rifuzniks
Pendant trois décennies, ils ont fait circuler leurs cassettes subversives sous le manteau. Ils, ce sont les Thidrin (épi de blé), musiciens et chanteurs dune musique rifaine révolutionnaire, symboles dune terre longtemps opprimée dans le sang quils ont eux-mêmes fini par quitter pour éviter la prison, eux qui chantaient Qui peut vous oublier, vous qui êtes morts des balles du Makhzen. Aujourdhui, Hassan Thidrin, fondateur quiquagénaire, et ses comparses de lutte (dont Mhend Abttoy et Jamal Paco, exilés en Hollande) accouchent, après deux ans de travail, dun premier album, Muhan Ameqran, qui rend hommage au chemin parcouru et à licône suprême, Abdelkrim Khattabi. Un opus contre loubli. |
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Le livre.
Un poète est né. Jamal Boudouma, connu comme chroniqueur incisif et impertinent sur les colonnes dAssahifa, en est à son deuxième recueil. Après Les dinosaures injurient Spielberg (2001), il nous propose de voir le monde à travers Les lunettes de Beckett. Dans un style à mi-chemin entre laphorisme et le poème surréaliste, lauteur maîtrise lart subtil de tutoyer la nature, de transformer les écrivains en métaphores, de piétiner lunivers pour mieux laimer et sémouvoir devant le souvenir dun regard déçu. Boudouma ne manque pas de souffle. Mais même dans la série de poèmes plus longs, il nest jamais lyrique ni même faussement symbolique. Il avance, tel un funambule, dune image biscornue et belle à une autre vraisemblable mais absurde. Sacré poète !
Ed. Union des ecrivains du Maroc (2006)
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Humeur : La vache qui rit
Dans les cinémas marocains, il ny a du monde au balcon que pour deux raisons : Siham Assif joue dans le film ou la grande famille du 7ème art est de sortie. Najib Benkirane, producteur de son état, aurait voulu prouver la chose quil naurait pas trouvé plus explicite quune avant-première au cinéma Rif, celle de Bouksasse Boutfonaste, premier long métrage en berbère. À lorchestre, la plèbe clairsemée : trois journalistes culturels et un cafard cinéphile. Au balcon, laristocratie : les acteurs, le réalisateur, le producteur, léquipe technique et les cousins du cafard. Il y avait peu de monde alors que Bouksasse Boutfonaste, production dun nouveau type, est censée relancer la fréquentation des salles obscures grâce au cinéma mahlaba. Réalisé et interprété par un champion en arts martiaux, le film, entrecoupé de combats de karaté, narre les aventures dune vache amazighe. Le film commencé, les trois journalistes et le cafard ont commencé à se gratter la tête. Que fallait-il y voir ? Du Jean Rouch ? Du Jacky Chan ? Le bovidé, métaphore de la misère en pays berbère ? Aucun dentre eux na osé poser toutes ces questions au principal inté-ressé, le réalisateur, car les médecins sont formels : il est dangereux de discuter démarche artistique avec un type capable dassommer un buf à mains nues. Mais tous ont bien ri (en cachette) devant le paradoxe. Si on compte relancer la fréquentation des salles obscures en y projetant des VCD, nous ne sommes pas sortis de létable
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