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Sur le gril. Khalid Soufiani
Partis. Le réveil de la gauche ?
Code de la famille. Repenser l'héritage
Football. Le fascinant Mr Fullone
Iran. Lettre au Grand Satan
France. Immigration : faut-il "choisir" ?
Patronat. Le putsch des grands groupes
Exposition. L'art du h'rig
Portrait. L'irrésistible ascension du mâalem Baqbou
En visite au Maroc. Le shogun des Mangas
N° 225
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Pages coordonnées par Hassan Hamdani

La semaine Culture

Au centre,
Morjana Alaoui.. (DR)

Sortie de Marock. Le film, sans la polémique

Marock est devenu la bataille d’Hernani du cinéma marocain. Réalisateurs modernes et classiques se sont invectivés, insultés, en sont même venus aux mains pour défendre ou vilipender le film de Leïla Marrakchi. La presse n’a pas tardé à s’en mêler, faisant de Marock un cheval de bataille (sur ces mêmes colonnes) de la modernité en marche, ou descendant le film car il était trop casher et pas du tout halal. Mais qu’en est-il du film proprement dit, pris comme œuvre, sans toutes ces scories médiatiques ? C’est une bluette pour adolescents qui traite avec justesse, mais par instants trop brefs, de la
vie d’une certaine jeunesse dorée marocaine. On reconnaîtra à Laïla Marrakchi le courage de traiter de thèmes tabous (le sexe, la religion, la drogue, etc.), mais la compilation de situations “explosives” se fait au détriment des transitions narratives. Qui plus est, à s’engouffrer un peu trop vite dans les clichés sur le grand écart social qui caractérise la société marocaine, Leïla Marrakchi grossit le trait quand elle filme les comparses (chauffeurs, gardiens de voiture, vendeur au détail, etc) qui viennent, ici et là, “chaâbiser” le film. Quant au casting, il mêle le meilleur et le pire. Morjana Alaoui colle à son rôle, très naturelle car elle ne compose pas, aux antipodes d’un Mathieu Boujenah transparent comme une méduse. Assaâd Bouab, frère de Morjana Alaoui dans le film, est excellent, tellement charismatique qu’il vole des scènes à l’héroïne principale. Il console sa sœur à la fin du film sur un ton minimaliste, et on ne voit plus que lui…


Festival. New York, New York

Ils sont de retour mais n’en reviennent pas encore. Les huit heureux élus du “Marrakech-Tribeca filmmakers’ exchange” ont passé à New York, du 29 avril au 8 mai, une semaine qu’ils ne sont pas près d’oublier. Sobrement intitulé “Phase II”, leur séjour dans la Grosse Pomme leur a réservé de juteuses aventures : immersion dans le site de Ground Zero et visite exclusive du premier monument bâti après les attentats, projections de leurs travaux filmés dans la ville ocre et de Once upon a time in Marrakech, documentaire de Seifollah Samadian sur la masterclass, visionnage de films sur les jeunes de Tribeca (qui est d’abord un quartier mythique de NY, sobriquet de “Triangle Below Canal”), pique-nique à Central Park et déambulations manhattaniennes, brunch privé avec les réalisateurs invités, marche avec les immigrés, tournage de leurs futurs travaux dans les rues de la ville, soirée VIP de clôture et, please, rencontre avec seigneur De Niro en personne. Elle est pas belle la vie ?


Spectacle. Une B.A avec Jamel

Qui oserait refuser l’appel à une bonne action ? Beaucoup de gens, on le concède. Mais qu’en advient-il quand cette bonne action a pour contrepartie une nuit de fous rires avec le plus hilarant de nos beurs ? Si le deal vous convient, ceci est pour vous. Le 18 mai, Jamel Debbouze animera le dîner de gala de l’association Anaïs (Association nationale pour l’avenir des inadaptés scolaires) à l’hôtel Rivoli à Casablanca. Les recettes de la soirée serviront à équiper les structures d’accueil de l’association. Alors, pour la bonne cause comme pour les blagues de Jamel, faites-y un tour. ça fait très bien plaisir !

Réservations au 022 49 17 88



Mémoire. Frères d’armes

À l’heure où Indigènes, de Rachid Bouchareb, s’apprête à mettre les voiles pour le festival de Cannes, et où le monde commémore les sombres siècles de la traite négrière et de l’esclavage, deux ouvrages rendent hommage aux “tirailleurs sénégalais” : ainsi étaient désignés, à l’emporte pièce, les soldats maghrébins et africains ayant porté les armes et donné leur vie pour la France métropolitaine tout au long du sanglant 20ème siècle. Ana ! Frères d’armes marocains dans les deux guerres mondiales, co-édité par le lycée Lyautey où les deux auteurs Jean-Pierre Riera et Christophe Touron enseignent l’Histoire-géo, vient de sortir au Maroc en 3000 exemplaires, dont les bénéfices des ventes seront reversés aux vétérans marocains de l’armée hexagonale. Côté français, c’est un magnifique recueil de photographies documentaires et artistiques, Anciens combattants africains, que Philippe Guionie publie aux éditions Les Imaginayres pour contrer l’injustice mémorielle. Salutaires.


Cinéma marocain. Envie de DVD

Les films marocains ? On en entend parler plus qu’on ne les voit : furtifs sur grand écran, rares sur le petit, ils sont inexistants en DVD… et aux cinéphiles de pleurer sur leur sort. Plus pour longtemps ! Le CCM planche sur la constitution d’un coffret inédit, rassemblant une dizaine parmi les films marocains les plus marquants. “Ce ne sera pas une sélection cinéphilique, précise Noureddine Saïl, initiateur de ce projet. Les films choisis pourront l’être tant pour leur succès populaire que pour la performance d’un acteur. Mais, si la compétition promet d’être rude, difficile d’imaginer ce coffret sans une œuvre comme Wechma”.
À l’heure actuelle, le CCM se gratte la tête pour les histoires de droits de reproduction, pas toujours simples. “Mais rien d’insurmontable”, positive le directeur, qui envisage une sortie marocaine mais aussi, espérons-le, européenne, à l’horizon 2007. Belle idée.


Tournage. Pluie d’étoiles

L’actrice la mieux payée d’Hollywood et le record Guiness des oscars du meilleur acteur s’apprêtent à faire un petit tour du côté du plus beau pays du monde. Non, non, ce n’est pas un canular ! Julia Roberts et Tom Hanks seront effectivement parmi nous, l’automne prochain, pour le tournage de Charlie Wilson’s war. Le film, signé Mike Nichols, retrace le parcours d’un congressman américain à l’origine du désastre de l’Armée rouge en Afghanistan. Les chargés de production sont actuellement en repérage dans le Sud marocain et, si tout se passe bien, le tournage démarrera en octobre. La FFIFM (Fondation du festival international du film de Marrakech), à l’affût de têtes d’affiche pour le festival se prépare, quant à elle, à une tentative d’approche. Objectif : convaincre les deux stars de se joindre à la fête. Bonne chance, les gars !


Nass El Ghiwane. Un mythe tout mité

Le Maroc a deux figures prégnantes quand il cherche à représenter les années 70. L’une est morte et bel et bien enterrée : Hassan II. L’autre est malade, hypertendue, diabétique et refuse de mourir : Nass El Ghiwane. La formation du Hay Mohammadi, moribonde et sans supplément d’âme depuis la disparition de Larbi Batma et le départ de Paca, ressemble, au vu des concerts froids qu’elle aligne dans les festivals marocains, de plus en plus aux Rolling Stones 2006. Martin Scorsese ne croyait pas si bien dire en les comparant aux pierres qui roulent. Les Nass El Ghiwane alignent les concerts tiroir caisse à l’instar de leurs collègues britanniques, exploitant à outrance le mythe et l’écornant à chaque nouvelle prestation.

En Concert le 19 mai à 21h00 au Megarama.
Prix des places : 250, 300 et 450 DH.



Théâtre. Abderraouf et les machos

Abderraouf, alias Abderrahim Tounsi, reprend du service. L’humoriste en chef des années 80 part en tournée pour sa toute nouvelle pièce de théâtre Imta iji l’moudir (littéralement, “il arrive quand, le directeur”). La pièce, une comédie à la sauce féministe parfaitement dans l’air du temps, raconte les péripéties d’une administration de moustachus qui se retrouvent dirigés par une femme, suite au départ en retraite du boss. Directrice qui n’est d’ailleurs autre que Madame Abderraouf elle-même, de son vrai nom Najat Riad.

Le 20 mai au centre culturel Al Hourriya à Fès.
Le 25 au théâtre municipal d’El Jadida.
Le 27 à la maison de la jeunesse de Sidi Bennour.
Le 1er juin au cinéma Monumental à Tétouan et enfin, le 3 juin à Larache



Album. Le retour des Rifuzniks

Pendant trois décennies, ils ont fait circuler leurs cassettes subversives sous le manteau. Ils, ce sont les Thidrin (épi de blé), musiciens et chanteurs d’une musique rifaine révolutionnaire, symboles d’une terre longtemps opprimée dans le sang qu’ils ont eux-mêmes fini par quitter pour éviter la prison, eux qui chantaient “Qui peut vous oublier, vous qui êtes morts des balles du Makhzen”. Aujourd’hui, Hassan Thidrin, fondateur quiquagénaire, et ses comparses de lutte (dont Mhend Abttoy et Jamal Paco, exilés en Hollande) accouchent, après deux ans de travail, d’un premier album, Muh’an Ameqran, qui rend hommage au chemin parcouru et à l’icône suprême, Abdelkrim Khattabi. Un opus contre l’oubli.


Le livre.

Un poète est né. Jamal Boudouma, connu comme chroniqueur incisif et impertinent sur les colonnes d’Assahifa, en est à son deuxième recueil. Après Les dinosaures injurient Spielberg (2001), il nous propose de voir le monde à travers Les lunettes de Beckett. Dans un style à mi-chemin entre l’aphorisme et le poème surréaliste, l’auteur maîtrise l’art subtil de tutoyer la nature, de transformer les écrivains en métaphores, de piétiner l’univers pour mieux l’aimer et s’émouvoir devant le souvenir d’un regard déçu. Boudouma ne manque pas de souffle. Mais même dans la série de poèmes plus longs, il n’est jamais lyrique ni même faussement symbolique. Il avance, tel un funambule, d’une image biscornue et belle à une autre vraisemblable mais absurde. Sacré poète !

Ed. Union des ecrivains du Maroc (2006)




Humeur : La vache qui rit

Hassan Hamdani

Dans les cinémas marocains, il n’y a du monde au balcon que pour deux raisons : Siham Assif joue dans le film ou la grande famille du 7ème art est de sortie. Najib Benkirane, producteur de son état, aurait voulu prouver la chose qu’il n’aurait pas trouvé plus explicite qu’une avant-première au cinéma Rif, celle de Bouksasse Boutfonaste, premier long métrage en berbère. À l’orchestre, la plèbe clairsemée : trois journalistes culturels et un cafard cinéphile. Au balcon, l’aristocratie : les acteurs, le réalisateur, le producteur, l’équipe technique et les cousins du cafard. Il y avait peu de monde alors que Bouksasse Boutfonaste, production d’un nouveau type, est censée relancer la fréquentation des salles obscures grâce au cinéma mahlaba. Réalisé et interprété par un champion en arts martiaux, le film, entrecoupé de combats de karaté, narre les aventures d’une vache amazighe. Le film commencé, les trois journalistes et le cafard ont commencé à se gratter la tête. Que fallait-il y voir ? Du Jean Rouch ? Du Jacky Chan ? Le bovidé, métaphore de la misère en pays berbère ? Aucun d’entre eux n’a osé poser toutes ces questions au principal inté-ressé, le réalisateur, car les médecins sont formels : il est dangereux de discuter démarche artistique avec un type capable d’assommer un bœuf à mains nues. Mais tous ont bien ri (en cachette) devant le paradoxe. Si on compte relancer la fréquentation des salles obscures en y projetant des VCD, nous ne sommes pas sortis de l’étable…



Tous sur le flex !
Fans de R’n’B, préparez-vous à bouger sur le flex, comme dirait Gad. Nâdiya, Willy Denzey et les danseuses de Yaman Okur arrivent, le 18 mai au Mégarama pour un concert Slang et Baggy. Une petite séance autographes attend les plus accros l’après-midi. Renseignements au 065 88 62 62


Jack Bauer, mission Maroc
24 heures chrono, le film arrive. Parole de Kiefer Sutherland (alias Jack Bauer). L’acteur n’attend plus que la fin de la sixième saison de la série pour se lancer. Pourquoi on vous raconte tout ça ? Parce que c’est au Maroc qu’une bonne partie du tournage se déroulera, le deuxième semestre 2007.


Les clips en compét
Dernier appel à candidature pour la troisième édition du festival international du clip musical (Protoclip). Les clips doivent être déposés avant le 24 juin. Et cette année, la sélection officielle comportera 20 clips amateurs et 10 professionnels (respectivement 15 et 5, l’année dernière).

 
 
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