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N° 225
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Par Abdeslam Kadiri

La semaine Monde

(AFP)

Espagne. Le rideau de fer de Melilia

Aux frontières extrêmes de l’UE, dans les enclaves espagnoles de Sebta et Melilia on reconstruit le rideau de fer. Après les images désolantes de milliers de clandestins jetés sur la muraille, les autorités espagnoles sont en train de mettre en place une machine infernale dénommée Sirga, qui fait de l’enclave une mur infranchissable et un piège à humains.

Le gouvernement espagnol a présenté avec beaucoup d’orgueil ce système, le 27 mars dernier à proximité de Aguadù, lieu d’où ont tenté
de s’échapper l’automne dernier la plupart des Subsahariens en franchissant la muraille de six mètres, et où beaucoup entre eux ont laissé la vie.

Cette fois, la sophistication des mesures anti-migrants dépasse l’imagination. Cette nouvelle barrière entre les deux frontières suivra les 9,9 km de périmètre de la frontière et se développera d’Aguadù jusqu’à la zone sud de la ville. Avec le nouveau système, les migrants se trouveront face à un réseau de câbles incliné de 10° vers le Maroc qui les empêchera d’appuyer les échelles de bois utilisées pour leurs escalades. A cela s’ajoute une alarme qui s’active quand quelqu’un touche la barrière et un système d’eau sous pression avec du piment pour brouiller la vue de celui qui tombe dans ce piège. Au moment où se déclenche l’alarme, s’allument de puissantes lumières positionnées tous les 125 mètres et destinées à aveugler les migrants. De plus, des radars et vidéos installés sur les tours de contrôle détectent tout type de mouvement proche de la frontière, depuis le centre de contrôle de la Guardia civil.

Une telle frontière est une première dans le monde. Les Américains semblent déjà intéressés pour installer ces dispositifs à la frontière entre Etats-Unis et Mexique. Ce projet, qui coûte 20 millions d’euros, apparaît dans toute sa tragédie si on y ajoute les systèmes de contrôle locaux, renforcés depuis octobre dernier. Notre gouvernement, dans le cadre de sa collaboration avec l’UE, a installé autour de la frontière un campement militaire tous les 100 mètres et un militaire tous les 10 mètres. Croire que cette “Europe forteresse” assurera, au moins, la paix à l’intérieur de ses murs, c’est se voiler la face.


États Unis. Le nouveau visage de la CIA

Donald Rumsfeld, le secrétaire d’Etat à la Défense, a réussi son putsch invisible. Ses ingérences sur les plates-bandes de la CIA ont porté leurs fruits. Non seulement il a fini par obtenir la démission de Peter Goss, le directeur de l’agence, mais en plus il a eu la satisfaction de le voir remplacé par un militaire : Michael Hayden. Ce général de l’armée de l’air a été directeur de 1999 à 2005 de la National Security Agency (NSA, l’organisme chargé des écoutes dans le monde) et depuis directeur adjoint du renseignement au côté de John Negroponte. C’est Hayden qui, en décembre 2005, à la Maison Blanche, avait justifié le programme illégal des écoutes chez l’oncle Sam. Un militaire à la tête de la CIA ? Cette nomination fait polémique au sein de la communauté du renseignement. Elle illustre le désarroi de la CIA, discréditée par le 11-Septembre 2001, les errements sur les armes de destruction massive irakiennes et la refonte controversée de son organisation.


ONU. Elections au Conseil des droits de l’homme

L’élection mardi des 47 pays membres du Conseil des droits de l’homme de l’ONU (CDH) a été le premier test de crédibilité de cet organe. Aux 13 sièges de l’Afrique, ont été élus notamment l’Afrique du Sud, le Cameroun, le Nigeria, l’Algérie, la Tunisie et le Maroc. Mais l’élection de trois pays souvent chahutés pour leur comportement, la Chine, Cuba et l’Arabie Saoudite, n’a pas manqué de faire grincer des dents.
Né dans la douleur en mars dernier en dépit de la vive opposition des Etats-Unis, le CDH remplace à Genève la Commission des droits de l’homme. Le règlement est très strict : chaque pays doit s’engager à respecter les droits de l’homme et se soumettre régulièrement à l’examen par le Conseil de sa performance en la matière. Les Etats-Unis se sont opposés à ce point. On comprend pourquoi.


Palestine. Il faut aider l’Autorité

Pour faire face à la grave crise financière traversée par l’Autorité palestinienne, le Quartet (Etats-Unis, UE, Russie et ONU) a exprimé, mardi à New York, “sa volonté d’approuver un mécanisme temporaire international (...) qui assure la fourniture directe de toute sorte d’assistance au peuple palestinien”. Quoique floue, la déclaration du Quartet semble marquer un infléchissement de Washington qui, jusque-là, s’opposait à toute aide, même indirecte, qui puisse bénéficier au Hamas.
Le Quartet a décidé que le système d’aide aurait “une portée et une durée limitées” et serait révisable dès trois mois. À Bruxelles, des experts devraient déterminer le mécanisme d’aide. On ne sait toujours pas comment seront payés les salaires de quelque 160 000 fonctionnaires.


Grande-Bretagne. 12 000 euros pour les attentats

Selon le ministre britannique de l’Intérieur, John Reid, les attentats du 7 juillet dans les transports en commun de Londres auraient coûté moins de 8 000 livres (11 700 euros) à leurs auteurs, des “Britanniques ordinaires”, bien intégrés. “L’opération semble avoir été auto-financée et l’argent a été collecté par des méthodes qu’il serait très difficile d’identifier comme étant liées au terrorisme”, a-t-il indiqué, soulignant le “défi” que cela représentait pour les autorités. “Les bombes ont été fabriquées avec des ingrédients qu’il est facile de se procurer dans le commerce et qui demandent très peu d’expertise pour être assemblés”, a-t-il poursuivi.


Procès. Moussaoui revient sur ses aveux

Trop tard. Zacarias Moussaoui, condamné la semaine dernière à la prison à perpétuité pour complicité avec les auteurs du 11-Septembre, est revenu sur ses aveux. Il a réclamé un nouveau procès mais la juge Leonie Brinkema a rejeté sa demande “trop tardive”.
“Je n’ai jamais rencontré Mohammed Atta”, qui dirigeait les terroristes du 11-Septembre, a déclaré Moussaoui dans sa requête. Il a affirmé que ses déclarations devant les jurés étaient une “invention complète”.
Moussaoui a expliqué son revirement par sa récente confiance dans le système judiciaire américain : “Parce qu’il est possible d’avoir un procès juste, même avec des jurés américains et que j’ai l’occasion de prouver que je ne savais rien, je souhaite retirer mon ‘plaider coupable’”, a-t-il ajouté. En vain. Moussaoui, âgé de 37 ans, doit être transféré pour le restant de ses jours dans une prison de haute sécurité du Colorado (ouest).



Lu pour vous.
Une Russie sûre d’elle

Pierre Rousselin, Le Figaro du 11 mai 2005

Les vives critiques de Dick Cheney à l’égard de la Russie ont bien servi Vladimir Poutine mercredi lors de son discours annuel à la nation.
Sûr de lui, Vladimir Poutine voit sa cote de popularité frôler les 70% alors que celle de George W. Bush, à 31%, n’a jamais été aussi basse. Sept ans de forte croissance, renforcée par des cours du pétrole toujours plus élevés, donnent enfin à la Russie les moyens de ses ambitions et au maître du Kremlin un certain confort face à ses détracteurs.
L’attaque du vice-président américain dénonçant le recul des libertés en Russie et son “chantage” à l’énergie n’a eu aucun effet sur le maître du Kremlin. À quatre mois du sommet du G8, Vladimir Poutine sait qu’une partie de la classe politique américaine fait pression sur George W. Bush pour qu’il durcisse le ton à l’égard de Moscou.
Ironique, il a repris une terminologie soviétique quand il a dépeint les Etats-Unis sous les traits d’un “camarade loup” qui “mange et n’écoute personne” dès qu’il s’agit de défendre ses propres intérêts. Le propos de Vladimir Poutine était ailleurs. Il s’agissait de défendre sa vision d’une Russie renforcée, sur les plans économique et militaire, capable de s’imposer sur la scène internationale. (…) Quelle attitude adopter à l’égard de cette Russie de plus en plus forte, mais de plus en plus éloignée de notre modèle démocratique ? Entre les Etats-Unis et l’Europe, le débat est ouvert.



VITE !

Un ancien communiste modéré, Giorgio Napolitano, 80 ans, a été élu mercredi président de l’Italie. Surnommé le “prince rouge”, Napolitano a été élu avec les seuls suffrages de la gauche à l’issue d’un scrutin qui a confirmé la division du pays.

 
 
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