Réforme constitutionnelle. Les partis s'encanaillent
Armée. La Grande Bavarde
Communication. Les stars et l'humanitaire
Mémoire. Nos soldats oubliés
Etats-unis. Le scandale des écoutes
Israël. Qui est vraiment Ehud Olmert ?
Énergie. Comment amortir le choc pétrolier
Cinéma. De Marrakech à New York
Nostalgie. Les dernières divas arabes
N° 226
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Pages coordonnées par Cerise Maréchaud

La semaine Culture

Cesaria Evora. (DR)

Festival. Mawâzine en beauté

La sage capitale bouge aux rythmes du monde et ça n’arrive pas tous les jours ! Raison de plus pour profiter, abuser et se délecter d’une programmation de toute beauté, bien que chouia déjà vue, mais concoctée avec expérience par l’équipe de ce cinquième rendez-vous Mawâzine. Pour fêter ça, une cinquantaine d’artistes et groupes de tous horizons, célébrissimes ou confidentiels, se partageront les 9 scènes clairsemées au fil des rues rbaties. Petite sélection pour filer à l’essentiel : à ne pas manquer, le trip-hop des Barbarooza lillois (jeudi 18), l’incontournable héraut sénégalais de la world music Youssou
N’Dour (vendredi 19), la salsa vagabonde et relevée du Colombien Yuri Buenaventura (samedi 20), la voix suave de la diva capverdienne Cesaria Evora (dimanche 21) et la samba angolaise des As Gingas pour la découverte (mardi 23), tous réunis sur les planches de Olm-Souissi, qui se taille la part du lion. Mais n’oubliez pas de vous fondre, au Chellah, dans les notes bleues du désert malien jouées par Boubakar Traoré (samedi 20), digne héritier du mythique Ali Farka Touré. Laissez-vous hypnotiser par la prose et l’énergie scénique des H-Kayne (vendredi 19) et “spiritiser” par les cinq lascars déjantés de Hoba Hoba (mardi 23) au Menzeh. Version patrimoine national, Najat Aâtabou et Nass el Ghiwane seront une millième fois au rendez-vous, pour les irréductibles seulement… de toute façon, le choix est là, lâchez-vous !

Mawâzine 2006, du jeudi 18 au mercredi 24 mai, Rabat.



Sortie. Un cowboy nommé Boukssasse

Doit-on défendre un film pour l’unique raison qu’il donne une visibilité aux amazighs, longtemps ignorés au Maroc ? C’est la grande question qui vous traverse l’esprit à la vision de Boukssasse Boutfounas, l’histoire d’un villageois berbère qui se lance dans une escroquerie à la vache pour subvenir aux besoins de sa famille. Pour ce faire, il vous faut passer sur le scénario (il tiendrait sur un timbre-poste), ne pas remarquer l’image qualité vidéo (à moins d’être nostalgique), ni prêter attention à une réalisation approximative commise à la sauvette, à l’instar d’un délit, par un metteur en scène karatéka (c’est véridique). Une fois passé sur ces petits détails qui font le cinéma, il vous faudra, pour comprendre et juger correctement l’œuvre, la resituer dans son contexte amazigh, comme le faisait remarquer une berbériste irréductible. Après toutes ces opérations de décryptage, on pourra écrire, sans se faire taxer d’anti-berbérisme primaire, que Boukssasse Boutfounass est un navet, mais pas n’importe lequel, un “navet contextuel”. Sans même être accusé de faire du relativisme culturel…

Au Mégarama



Tournée. Ksikes ouvre sa boîte noire

Driss Ksikes, rédacteur en chef de TelQuel, a commis un nouveau livre. Ce n’est pas une pièce de théâtre, comme d’habitude, mais un roman. Ma boîte noire, qu’il l’appelle. On ne vous dira pas ce qu’on en pense (si, on adore !). Mais pour que vous puissiez découvrir le contenu de cette mystérieuse boîte par vous-même, sachez qu’il la présentera à Casablanca, à l’atelier Saâd Hassani (le mercredi 24 mai à 18h30) et au Carrefour des livres (le mercredi 31 mai à 19h), qu’il fera de même à Rabat, à la Bibliothèque nationale (le vendredi 26 mai à 18h) et à la librairie Kalila Wa Dimna (le mardi 30 mai à 19h).


Hommage. Rimitti ne remettra plus ça

Cheikha Rimitti n’est plus. Lundi 15 mai, à Paris, l’icône du raï algérien s’en est allée d’une crise cardiaque, à 83 ans. Deux jours plus tôt, elle avait donné un ultime concert au Zénith. Le zénith de sa vie. Née en 1922 dans la région d’Oran, la jeune Saâdia Bedief fut très tôt orpheline et confrontée à la misère. C’est cette vie parsemée de malheurs dont elle tissa la fibre de ses chansons. Femme sans tabou, elle chantait la vie, l’amour et l’amitié, mais aussi l’alcool et le sexe. Dame Rimitti devait s’envoler outreManche pour promouvoir son dernier album, N’ta Goudami. Elle pensait aussi revenir au Maroc, dont elle avait gardé un excellent souvenir lors de son passage au festival de Casablanca, en juillet dernier. Avec sa complice Hajja Hamdaouia, elle avait explosé de bonheur lors de leurs retrouvailles, comme deux sœurs qu’on avait trop longtemps séparées. Le public marocain gardera en mémoire le souvenir d’une femme qui avait du génie pour mettre en transe son public, depuis longtemps conquis.


Cinéma. Noces blanches

À l’occasion du deuxième volet de la série consacrée à la découverte du cinéma arabe, ce cycle propose le film Noces en Galilée de Michel Khleifi, célèbre réalisateur palestinien. Ce sixième long métrage, récompensé par le Prix de la Critique internationale au Festival de Cannes en 1987, raconte l’histoire de Moukhtar, chef d'un village arabe palestinien, qui vient demander au gouverneur israélien de lever le couvre-feu afin de marier son fils. Celui ci accepte, à condition d’être invité d’honneur. L’homme et le village devront s’incliner face à cet invité tant redouté. La fête peut à tout moment se finir en drame. Le Septième art palestinien, militant s’il en est, reconnaît en Michel Khleifi l’une de ses figures emblématiques. Son savoir-faire ? Aborder des thèmes difficiles avec douceur.

Noces en Galilée, samedi 27 Mai à 15h, à la Médiathèque d’Agadir.



Théâtre. Soldats du soleil

“Les soldats inconnus” méritent d’être connus. Cette pièce montée par la compagnie Graines de Soleil souhaite rendre hommage aux “tirailleurs sénégalais” et autres goumiers envoyés à la boucherie pour soutenir l’armée française pendant la Seconde Guerre Mondiale. “Quand on évoque la Libération, déplore le metteur en scène Khaled Tamer, on parle souvent des Alliés et pas assez des Marocains et Africains”.
Appel urgent, au nom du devoir de mémoire, pour exhumer ce chapitre occulté par l’Histoire officielle, cette pièce veut aussi transmettre un message d’espoir : que la guerre s’efface devant une discussion entre les peuples. Khaled Tamer s’est rendu au Sénégal et au Maroc afin de recueillir des témoignages et rendre leurs noms à ces bataillons d’anonymes tombés dans l’abîme.

Du jeudi 25 au samedi 27 mai au Théâtre 121, Casablanca.



Rap. Chativiste

Raptiviste, le premier portail participatif du mouvement rap au Maroc, n’a pas attendu le déluge pour se mettre au chat 24/7 (comme on dit au States, comprenez 24h/24 et 7 jours/7). La nouveauté, c’est que désormais, vous pouvez vous lécher les babines avec vos groupes de prédilection, auxquels Raptiviste donne rendez-vous chaque soir dès 21 heures. Bigg, Masta flow, Shyller, Antar, et bientôt H-Kayne vous attendent d’un doigt ferme sur le clavier, soit pour briller en freestyle (impro, mais il va falloir vous faire au vocab), soit pour simplement discutailler façon salon ou private. “Des fois ça tourne au délire ou au fou rire, explique le webmaster Youssef. ça s'enflamme tout doux dès 19h, puis ça dure toute la nuit, parfois jusqu’au petit matin”. Amateur du genre, n’hésitez plus : un clic, un trip !


Expo. L’Alchimiste

La lumière aime le sable, qui garde jalousement sa chaleur et, une fois fait verre, l’invite à le transpercer pour prolonger sa course. Et la lumière le lui rend bien, du moins quand l’artiste marocaine Boushra y ajoute son grain artistique. Qu’il provienne d’Afrique du Sud, d’Irlande, de la Mer Morte ou de Merzouga, le sable qu’elle a recueilli, à peine poli par la mer, au volume anarchique, est transmué en oeuvre esthétique par la magie des pigments et de la géométrie. Boushra, alchimiste chromatographe inspirée, dévoile là un travail d’une finesse et d’une finition déroutantes.

“Peintures sur sable”, Boushra, du mercredi 17 mai au lundi 5 juin, Galerie Carrefour des Arts, Bourgogne, Casa.



Festival. Timitar affine son art

Ouf ! Depuis le temps qu’on trépignait… Le voile est enfin levé sur les artistes qui feront battre le cœur d’Agadir cet été. Fort d’une deuxième édition effervescente à souhait avec quelque 600 000 spectateurs, l’équipe de Timitar Signes et cultures s’enhardit. Attendez-vous à triper avec des pointures telles que le Jamaïcain Jimmy Cliff, le foisonnant Orchestre national de Barbès, les nomades maliens du son Tinariwen ou encore l’idolâtré Cheb Mami. L’Afrique sera décidément à l’honneur avec le Sénégalais Cheikh Lô, l’Algérien Akli D ou encore le solaire Doudou N’Diaye Rose Percussion orchestra. Mais aussi (en vrac) Lo’Jo, Amira Saqati, Las Ratas et le bouillonnant Sergent Garcia. Au rapport !


Le livre.

Il est loin le temps où Le Pain nu (Al Khobz Al Hafi) de l’incontournable Mohamed Choukri était frappé de censure, introuvable, passé sous le manteau et en français, s’il vous plaît. Aujourd’hui, une version poche de ce roman, autobiographique, singulier, poignant, cru et beau est enfin disponible. Enfin accessible au pauvre jeune du peuple, ce roman retrouve sa condition première : celle de la misère, de la cruauté, du Rif hostile, du père abject, de la mère meurtrie, du jeune résistant à l’enlisement social et de l’observateur sans fard de la société d’en bas. Décédé en 2003, l’écrivain le plus marginal qu’ait connu la scène littéraire marocaine, a longtemps souffert des préjugés. Aujourd’hui, encore plus de lecteurs pourront apprécier son tour de force.

Ed. Le Fennec (15 dh)




Humeur : Jilali got his gun

Hassan Hamdani

C’est dans l’air du temps : réconcilier les Marocains avec tout ce qui porte un uniforme. La manière choisie, un joli défilé de soldats de plomb, fait appel au petit garçon qui sommeille en chacun de nous, ce petit garnement qui aimait jouer à la guerre pour de faux. C’est bien vu. Indéniablement, les FAR sont plus fréquentables dans leurs costumes du dimanche. La soldate 2ème classe super sexy quand elle marche au pas, la poitrine fière et tendue pour la patrie. Les CMI, resplendissants dans leurs cuirasses de Robocop, très virils même s’ils avaient laissé leur matraque au vestiaire. Même le vert kaki du fantassin devenait sympathique, employé à combler un déficit en communication plutôt que des charniers. Le téléspectateur pouvait apprécier cette belle mécanique bien huilée en toute quiétude. Le salon télé était sécurisé, hors de portée de tir. Et notre marine était belle comme dans Titanic. On ne la voyait pas du tout dans le brouillard de la baie d’Agadir mais ça ne pouvait qu’être voulu. On avait l’arme absolue, des bateaux furtifs à l’insu de leur plein gré, mais chut… c’est secret défense. Mais le truc qui a définitivement laissé tout le monde sur le cul, ce sont les couleurs chatoyantes de la garde royale. Elles n’auraient pas démérité dans la garde robe du Général Tapioca, prince des élégances militaires dans Tintin et les Picaros. ça y est c’était bon, les Far avaient gagné la bataille. On se le promet, la prochaine fois qu’on croisera un général marocain, on lui demandera un autographe.



Meknès Crew
Urban style remet ça. L’association meknassie organise son concert annuel à la gloire du Hip Hop le 26 mai à partir de 19h à l’IF de Meknès. Au programme : K-Libre et Fes City Clan (les derniers vainqueurs du BJM), Casa-Crew, Mc Shyller et Peste Pro. Vendredi 26 mai à partir de 19h à l’IF de Meknès.


Bladi Bladek
Le nouveau prix littéraire “Bladi Bladna”, consacrant l’écriture de prose en darija, établit ses règles. Les candidats devront envoyer des recueils de 5 nouvelles, ne dépassant pas 10 pages chacune, au plus tard le 31 octobre 2006 au site www.khbarbladna.org. Les primés seront proclamés lors du prochain salon du livre de Tanger et publiés par TelQuel, partenaire du prix.


Concert
L’Association Solidarité Maroc–Palestine passe par la musique pour briser l’embargo. Un concert du groupe BISSAN de l’université de Birzeit, mêlant qanoun, oud, flûte et contrebasse, sera organisé le 23 mai à 19h 30 au Centre Culturel d’Anfa à Casablanca. Prix : 100 dh. Contact : 069 58 56 13

 
 
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