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Pages coordonnées par Cerise Maréchaud
La semaine Culture
Festival. Mawâzine en beauté
La sage capitale bouge aux rythmes du monde et ça narrive pas tous les jours ! Raison de plus pour profiter, abuser et se délecter dune programmation de toute beauté, bien que chouia déjà vue, mais concoctée avec expérience par léquipe de ce cinquième rendez-vous Mawâzine. Pour fêter ça, une cinquantaine dartistes et groupes de tous horizons, célébrissimes ou confidentiels, se partageront les 9 scènes clairsemées au fil des rues rbaties. Petite sélection pour filer à lessentiel : à ne pas manquer, le trip-hop des Barbarooza lillois (jeudi 18), lincontournable héraut sénégalais de la world music Youssou |
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NDour (vendredi 19), la salsa vagabonde et relevée du Colombien Yuri Buenaventura (samedi 20), la voix suave de la diva capverdienne Cesaria Evora (dimanche 21) et la samba angolaise des As Gingas pour la découverte (mardi 23), tous réunis sur les planches de Olm-Souissi, qui se taille la part du lion. Mais noubliez pas de vous fondre, au Chellah, dans les notes bleues du désert malien jouées par Boubakar Traoré (samedi 20), digne héritier du mythique Ali Farka Touré. Laissez-vous hypnotiser par la prose et lénergie scénique des H-Kayne (vendredi 19) et spiritiser par les cinq lascars déjantés de Hoba Hoba (mardi 23) au Menzeh. Version patrimoine national, Najat Aâtabou et Nass el Ghiwane seront une millième fois au rendez-vous, pour les irréductibles seulement
de toute façon, le choix est là, lâchez-vous !
Mawâzine 2006, du jeudi 18 au mercredi 24 mai, Rabat.
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Sortie. Un cowboy nommé Boukssasse
Doit-on défendre un film pour lunique raison quil donne une visibilité aux amazighs, longtemps ignorés au Maroc ? Cest la grande question qui vous traverse lesprit à la vision de Boukssasse Boutfounas, lhistoire dun villageois berbère qui se lance dans une escroquerie à la vache pour subvenir aux besoins de sa famille. Pour ce faire, il vous faut passer sur le scénario (il tiendrait sur un timbre-poste), ne pas remarquer limage qualité vidéo (à moins dêtre nostalgique), ni prêter attention à une réalisation approximative commise à la sauvette, à linstar dun délit, par un metteur en scène karatéka (cest véridique). Une fois passé sur ces petits détails qui font le cinéma, il vous faudra, pour comprendre et juger correctement luvre, la resituer dans son contexte amazigh, comme le faisait remarquer une berbériste irréductible. Après toutes ces opérations de décryptage, on pourra écrire, sans se faire taxer danti-berbérisme primaire, que Boukssasse Boutfounass est un navet, mais pas nimporte lequel, un navet contextuel. Sans même être accusé de faire du relativisme culturel
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Tournée. Ksikes ouvre sa boîte noire
Driss Ksikes, rédacteur en chef de TelQuel, a commis un nouveau livre. Ce nest pas une pièce de théâtre, comme dhabitude, mais un roman. Ma boîte noire, quil lappelle. On ne vous dira pas ce quon en pense (si, on adore !). Mais pour que vous puissiez découvrir le contenu de cette mystérieuse boîte par vous-même, sachez quil la présentera à Casablanca, à latelier Saâd Hassani (le mercredi 24 mai à 18h30) et au Carrefour des livres (le mercredi 31 mai à 19h), quil fera de même à Rabat, à la Bibliothèque nationale (le vendredi 26 mai à 18h) et à la librairie Kalila Wa Dimna (le mardi 30 mai à 19h). |
Hommage. Rimitti ne remettra plus ça
Cheikha Rimitti nest plus. Lundi 15 mai, à Paris, licône du raï algérien sen est allée dune crise cardiaque, à 83 ans. Deux jours plus tôt, elle avait donné un ultime concert au Zénith. Le zénith de sa vie. Née en 1922 dans la région dOran, la jeune Saâdia Bedief fut très tôt orpheline et confrontée à la misère. Cest cette vie parsemée de malheurs dont elle tissa la fibre de ses chansons. Femme sans tabou, elle chantait la vie, lamour et lamitié, mais aussi lalcool et le sexe. Dame Rimitti devait senvoler outreManche pour promouvoir son dernier album, Nta Goudami. Elle pensait aussi revenir au Maroc, dont elle avait gardé un excellent souvenir lors de son passage au festival de Casablanca, en juillet dernier. Avec sa complice Hajja Hamdaouia, elle avait explosé de bonheur lors de leurs retrouvailles, comme deux surs quon avait trop longtemps séparées. Le public marocain gardera en mémoire le souvenir dune femme qui avait du génie pour mettre en transe son public, depuis longtemps conquis. |
Cinéma. Noces blanches
À loccasion du deuxième volet de la série consacrée à la découverte du cinéma arabe, ce cycle propose le film Noces en Galilée de Michel Khleifi, célèbre réalisateur palestinien. Ce sixième long métrage, récompensé par le Prix de la Critique internationale au Festival de Cannes en 1987, raconte lhistoire de Moukhtar, chef d'un village arabe palestinien, qui vient demander au gouverneur israélien de lever le couvre-feu afin de marier son fils. Celui ci accepte, à condition dêtre invité dhonneur. Lhomme et le village devront sincliner face à cet invité tant redouté. La fête peut à tout moment se finir en drame. Le Septième art palestinien, militant sil en est, reconnaît en Michel Khleifi lune de ses figures emblématiques. Son savoir-faire ? Aborder des thèmes difficiles avec douceur.
Noces en Galilée, samedi 27 Mai à 15h, à la Médiathèque dAgadir.
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Théâtre. Soldats du soleil
Les soldats inconnus méritent dêtre connus. Cette pièce montée par la compagnie Graines de Soleil souhaite rendre hommage aux tirailleurs sénégalais et autres goumiers envoyés à la boucherie pour soutenir larmée française pendant la Seconde Guerre Mondiale. Quand on évoque la Libération, déplore le metteur en scène Khaled Tamer, on parle souvent des Alliés et pas assez des Marocains et Africains.
Appel urgent, au nom du devoir de mémoire, pour exhumer ce chapitre occulté par lHistoire officielle, cette pièce veut aussi transmettre un message despoir : que la guerre sefface devant une discussion entre les peuples. Khaled Tamer sest rendu au Sénégal et au Maroc afin de recueillir des témoignages et rendre leurs noms à ces bataillons danonymes tombés dans labîme.
Du jeudi 25 au samedi 27 mai au Théâtre 121, Casablanca.
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Rap. Chativiste
Raptiviste, le premier portail participatif du mouvement rap au Maroc, na pas attendu le déluge pour se mettre au chat 24/7 (comme on dit au States, comprenez 24h/24 et 7 jours/7). La nouveauté, cest que désormais, vous pouvez vous lécher les babines avec vos groupes de prédilection, auxquels Raptiviste donne rendez-vous chaque soir dès 21 heures. Bigg, Masta flow, Shyller, Antar, et bientôt H-Kayne vous attendent dun doigt ferme sur le clavier, soit pour briller en freestyle (impro, mais il va falloir vous faire au vocab), soit pour simplement discutailler façon salon ou private. Des fois ça tourne au délire ou au fou rire, explique le webmaster Youssef. ça s'enflamme tout doux dès 19h, puis ça dure toute la nuit, parfois jusquau petit matin. Amateur du genre, nhésitez plus : un clic, un trip ! |
Expo. LAlchimiste
La lumière aime le sable, qui garde jalousement sa chaleur et, une fois fait verre, linvite à le transpercer pour prolonger sa course. Et la lumière le lui rend bien, du moins quand lartiste marocaine Boushra y ajoute son grain artistique. Quil provienne dAfrique du Sud, dIrlande, de la Mer Morte ou de Merzouga, le sable quelle a recueilli, à peine poli par la mer, au volume anarchique, est transmué en oeuvre esthétique par la magie des pigments et de la géométrie. Boushra, alchimiste chromatographe inspirée, dévoile là un travail dune finesse et dune finition déroutantes.
Peintures sur sable, Boushra, du mercredi 17 mai au lundi 5 juin, Galerie Carrefour des Arts, Bourgogne, Casa.
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Festival. Timitar affine son art
Ouf ! Depuis le temps quon trépignait
Le voile est enfin levé sur les artistes qui feront battre le cur dAgadir cet été. Fort dune deuxième édition effervescente à souhait avec quelque 600 000 spectateurs, léquipe de Timitar Signes et cultures senhardit. Attendez-vous à triper avec des pointures telles que le Jamaïcain Jimmy Cliff, le foisonnant Orchestre national de Barbès, les nomades maliens du son Tinariwen ou encore lidolâtré Cheb Mami. LAfrique sera décidément à lhonneur avec le Sénégalais Cheikh Lô, lAlgérien Akli D ou encore le solaire Doudou NDiaye Rose Percussion orchestra. Mais aussi (en vrac) LoJo, Amira Saqati, Las Ratas et le bouillonnant Sergent Garcia. Au rapport ! |
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Le livre.
Il est loin le temps où Le Pain nu (Al Khobz Al Hafi) de lincontournable Mohamed Choukri était frappé de censure, introuvable, passé sous le manteau et en français, sil vous plaît. Aujourdhui, une version poche de ce roman, autobiographique, singulier, poignant, cru et beau est enfin disponible. Enfin accessible au pauvre jeune du peuple, ce roman retrouve sa condition première : celle de la misère, de la cruauté, du Rif hostile, du père abject, de la mère meurtrie, du jeune résistant à lenlisement social et de lobservateur sans fard de la société den bas. Décédé en 2003, lécrivain le plus marginal quait connu la scène littéraire marocaine, a longtemps souffert des préjugés. Aujourdhui, encore plus de lecteurs pourront apprécier son tour de force.
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Humeur : Jilali got his gun
Cest dans lair du temps : réconcilier les Marocains avec tout ce qui porte un uniforme. La manière choisie, un joli défilé de soldats de plomb, fait appel au petit garçon qui sommeille en chacun de nous, ce petit garnement qui aimait jouer à la guerre pour de faux. Cest bien vu. Indéniablement, les FAR sont plus fréquentables dans leurs costumes du dimanche. La soldate 2ème classe super sexy quand elle marche au pas, la poitrine fière et tendue pour la patrie. Les CMI, resplendissants dans leurs cuirasses de Robocop, très virils même sils avaient laissé leur matraque au vestiaire. Même le vert kaki du fantassin devenait sympathique, employé à combler un déficit en communication plutôt que des charniers. Le téléspectateur pouvait apprécier cette belle mécanique bien huilée en toute quiétude. Le salon télé était sécurisé, hors de portée de tir. Et notre marine était belle comme dans Titanic. On ne la voyait pas du tout dans le brouillard de la baie dAgadir mais ça ne pouvait quêtre voulu. On avait larme absolue, des bateaux furtifs à linsu de leur plein gré, mais chut
cest secret défense. Mais le truc qui a définitivement laissé tout le monde sur le cul, ce sont les couleurs chatoyantes de la garde royale. Elles nauraient pas démérité dans la garde robe du Général Tapioca, prince des élégances militaires dans Tintin et les Picaros. ça y est cétait bon, les Far avaient gagné la bataille. On se le promet, la prochaine fois quon croisera un général marocain, on lui demandera un autographe. |
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Meknès Crew
Urban style remet ça. Lassociation meknassie organise son concert annuel à la gloire du Hip Hop le 26 mai à partir de 19h à lIF de Meknès. Au programme : K-Libre et Fes City Clan (les derniers vainqueurs du BJM), Casa-Crew, Mc Shyller et Peste Pro. Vendredi 26 mai à partir de 19h à lIF de Meknès.
Bladi Bladek
Le nouveau prix littéraire Bladi Bladna, consacrant lécriture de prose en darija, établit ses règles. Les candidats devront envoyer des recueils de 5 nouvelles, ne dépassant pas 10 pages chacune, au plus tard le 31 octobre 2006 au site www.khbarbladna.org. Les primés seront proclamés lors du prochain salon du livre de Tanger et publiés par TelQuel, partenaire du prix.
Concert
LAssociation Solidarité MarocPalestine passe par la musique pour briser lembargo. Un concert du groupe BISSAN de luniversité de Birzeit, mêlant qanoun, oud, flûte et contrebasse, sera organisé le 23 mai à 19h 30 au Centre Culturel dAnfa à Casablanca. Prix : 100 dh. Contact : 069 58 56 13 |
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