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N° 226
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Par Khalid Tritki

La semaine Économie

(AFP / TelQuel)

Pêche. L’UE pose ses conditions

L’accord de pêche entre le Maroc et l’Union européenne a été ratifié, mardi 16 mai, par le Parlement des 25. La mouture retenue sera transmise au gouvernement marocain qui, s’il l’entérine, doit la présenter au Parlement marocain pour ratification. Et s’il veut obtenir rapidement son premier chèque de 35 millions d’euros en juin prochain, il doit faire vite. Pour ce qui est du contenu, Bruxelles a mis sa touche politique dans la version finale de l’accord. Ainsi, le premier amendement adopté stipule que “la contrepartie financière de la Communauté européenne devrait aussi être utilisée pour le
développement des populations côtières du Maroc et du Sahara occidental qui vivent de la pêche et pour la création de petites et moyennes entreprises locales de la filière pêche”. Cette mesure vise à satisfaire les parlementaires qui s’opposent à tout accord portant sur la pêche au Sahara. Mais, pour ne pas gêner le Maroc, l’amendement avalise l’affectation d’une partie (seulement) de la redevance à des investissements au Sahara. Pour donner plus de sérieux à cette condition, “la Commission [peut] prendre immédiatement des mesures de suspension de l'accord”, si le Maroc ne respecte pas cet engagement. De même, pour élargir sa sphère de pêche au Maroc, l’Europe des 25 se donne le droit, si la biomasse le permet, “d’introduire d’éventuelles nouvelles possibilités de pêche” dans le segment des céphalopodes, dont le poulpe notamment. Le Maroc acceptera-t-il ces conditions ? L’avenir nous le dira.


Banque. Attijariwafa 2010

La banque filiale de l’ONA a, désormais, son plan 2010. Dans cinq ans (y compris 2006) Attijariwafa bank veut multiplier le volume des transferts des MRE par 2,5 grâce à la création d’Attijariwafa bank Europe, une filiale de proximité. A travers cette initiative, la banque dirigée par Khalid Oudghiri veut damer le pion à la Banque Populaire qui s’accapare la moitié des ressources des MRE. La banque envisage également de s’attaquer au petit épargnant. C’est une stratégie de rupture qui fait permuter la banque d’un positionnement haut de gamme (entreprise surtout) à un autre plus populaire. Dans la même lignée, Attijariwafa bank lorgne les PME. Une offre spéciale pour ce segment sera présentée prochainement, toujours dans le but de consolider son leadership sur toutes les gammes de clientèle.


Investissement. Des fonds pour Emergence

La banque d’affaires française Société Générale Asset Management (SGAM) lance un fonds d’investissement au Maroc. SGAM Al Kantara Maroc, c’est son nom, comprend trois sous- fonds de 35 millions d’euros chacun (385 millions de dirhams) et un quatrième à 120 millions (1,32 milliard de dirhams). Les détails sur la gestion de ces fonds ne sont pas encore connus. En revanche, cet investissement vise des secteurs porteurs, surtout identifiés par la stratégie industrielle. Pour concrétiser ce projet, la Société Générale est accompagnée, notamment, par la Banque européenne d’investissement (BEI) et la Banque africaine de développement (BAD). À noter que la SG était à la traîne en ce qui concerne les fonds d’investissement. Une lacune qui vient d’être comblée.


Cuir. Des incitations dans le pipe

Le contrat programme pour la filière du cuir devait être signé vendredi 19 mai à Rabat. C’est Salaheddine Mezouar, ministre de l’Industrie et du Commerce qui pilote ce projet. Il s’agit d’un engagement ferme de la part de l’Etat à soutenir le secteur du cuir à travers, notamment, la création de zones franches de production et des incitations fiscales. Le contrat prévoit également la levée partielle de l’interdiction d’exporter du cuir brut. Rappelons que lors de l’épidémie de la vache folle en Europe, certains producteurs mondiaux de cuir façonné se sont rabattus sur la matière première marocaine. En réaction à cette demande massive, le Maroc a fermé ses frontières en décrétant l’interdiction d’exporter du cuir brut.


Recherche pétrolière. Réformes à venir

Selon des sources proches de Amina Benkhadra, patronne de l’Onhym (Office national des hydrocarbures et des mines), le code portant sur la prospection pétrolière sera amendé. “Les changements sont mineurs et résultent de difficultés techniques constatées après cinq ans d’application du présent code”, nous explique le département de communication de l’office. Des bruits courent sur l’éventualité d’une réforme du code des hydrocarbures pour le rendre plus incitatif. Selon Mohamed Alaoui, président de la fédération de l’énergie, “la législation de pays concurrents offre plus aux opérateurs, ce qui explique que la prospection est sérieuse sous d’autres cieux et les découvertes au rendez-vous”.


Aérien. Etihad dans le ciel marocain

La joLa compagnie nationale des Emirats Arabes Unis s’attaque au ciel marocain. Elle vient d’inaugurer une ligne directe reliant Dubaï à Casablanca pour capter une partie du trafic entre les deux capitales d’affaires. La compagnie vise ainsi à marquer sa présence sur une destination qui promet dans l’avenir. Les échanges commerciaux entre les deux pays sont appelés à se renforcer à la suite d’ accords bilatéraux mais aussi de la circulation des hommes puisque le capitalisme émirati s’intéresse de plus en plus au Maroc. C’est le cas notamment du gestionnaire de la zone franche de Jbel Ali ou encore des promoteurs immobiliers qui ont pris en charge l’aménagement et le développement de la baie du Bouregreg.



Billet. ALE tous azimuts

Khalid Tritki

Le scoop : le Maroc veut conclure un accord de libre-échange avec la Corée du Sud. L’idée peut faire rire mais elle est tout ce qu’il y a de sérieux. Mieux encore, elle entre dans la logique d’un autre accord complémentaire, l’ALE avec le Japon. Oui, oui, vous avez bien lu. Le Maroc a l’ambition (ou la prétention) de devenir la plaque tournante mondiale des échanges commerciaux avec tout ce que cela entraîne comme délocalisations, investissements, de formation et recettes fiscales. Ça, c’est pour l’Etat. Quid des opérateurs économiques ? La nouvelle équipe qui présidera à la destinée de la confédération patronale est déjà construite. Il reste à savoir si elle sera capable de gérer, fédérer, impulser, convaincre de sa place de partenaire incontournable dans la négociation des ALE et, par la suite, dans leur concrétisation. Cette équipe qui était en rupture de banc, excellant dans la critique, arrivera-t-elle à revenir dans le match, maîtriser le jeu et gagner la partie ? Ne soyons pas négatifs. Même si Moulay Hafid Elalamy fonce tête baissée sans programme ni stratégie d’action, il compte sur la force de canalisation et d’assimilation des hommes qui l’entourent. De lui, seule l’impulsion doit venir, pour le reste, les hommes du président occuperont l’espace, y compris celui des accords de libre-échange. Le microcosme des affaires ne demande qu’à voir, l’Etat a révélé sa stratégie, aux nouveaux entrants à la CGEM de ne pas rater le coche.




OFF.

L’opérateur qatari, Diar Qatari, s’apprête à signer une convention d’investissement avec l’Etat marocain portant sur une enveloppe de 800 millions de dollars (huit milliards de dirhams). Cette convention, qui sera présentée en grande pompe lors de la Fête du trône, porte sur le secteur du tourisme et de l’immobilier. C’est l’Arab Bank qui canalise ce deal dans le cadre de sa nouvelle stratégie.



OFF.

Saâd Bendidi, PDG de l’ONA, donne des sueurs froides aux opérateurs de la pêche en déclarant à la presse que le secteur est sinistré. Selon les opérateurs de la filière, c’est un signe négatif, adressé aux banques pour qu’elles ne soutiennent plus l’armement marocain. Venant du patron du holding qui contrôle la plus grande banque du pays, la déclaration a son poids.

 
 
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