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N° 225
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Par Abdeslam Kadiri

La semaine Monde

Mahmoud Ahmadinejad. (AFP)

Iran. Ahmadinejad reste ferme

Trouver une issue au casse-tête iranien paraît de plus en plus improbable. Les médiations russe et chinoise ont échoué. Les propositions européennes ressemblent le plus souvent à des pétards mouillés. Dernier épisode en date : mercredi, le président iranien a ridiculisé l’offre à venir des Européens pour que l’Iran suspende son enrichissement d’uranium : “Ils disent qu’ils veulent nous proposer des mesures incitatives. Mais ils pensent avoir affaire à un enfant de quatre ans et qu’ils peuvent prendre notre or et nous donner en échange quelques noix et des chocolats”, a-t-il déclaré, lors d’un discours à
Arak, au sud-ouest de Téhéran, où l’Iran construit un réacteur nucléaire. “Nous n’avons pas besoin de vos mesures incitatives”, a-t-il ajouté, alors que la troïka européenne (Grande-Bretagne, France, Allemagne) propose une coopération nucléaire civile, et même, selon certaines sources, un réacteur nucléaire civil à eau légère, si l’Iran accepte de renoncer à l’enrichissement d’uranium. “Nous avons accepté la suspension (de l’enrichissement) pendant deux ans et cela a été une expérience amère pour le peuple iranien”, a lancé Ahmadinejad : cette suspension a en effet été effective d’octobre 2003, date de l’ouverture de négociations avec les Européens, à août 2005, quand l’Iran a repris sa conversion d’uranium préalable à l’enrichissement, qui a commencé en avril dernier. Le Président a prévenu que “les Iraniens ne se feront pas piéger deux fois”.

L’AIEA et le Conseil de sécurité des Nations unies ont demandé à Téhéran de suspendre la construction de la centrale d’Arak et surtout son enrichissement d’uranium. Car ce procédé permet d’obtenir aussi bien le combustible pour une centrale nucléaire que la charge fissile d’une bombe atomique. Ahmadinejad a réitéré sa menace voilée de quitter le traité de non-prolifération nucléaire (TNP) si la pression se faisait trop forte. Résultat : la réunion de Londres sur le cas iranien, qui devait réunir, vendredi 19 mai, les Européens, les Etats-Unis, la Chine et la Russie, a été repoussée pour “permettre une préparation plus détaillée des propositions de l'UE à l'Iran”, d’après le Foreign Office.


Pays-Bas. Ayaan Hirsi Ali a menti

La députée néerlandaise Ayaan Hirsi Ali, 36 ans, d’origine somalienne, a annoncé lundi son retrait de la vie politique et son départ pour les Etats-Unis. Elle y intégrera un centre d’études conservateur, l’Americain Entreprise institute. Connue pour son aversion pour l’islam radical, elle gênait. Elle a été contrainte de partir après une campagne déclenchée par un reportage télévisé dans lequel elle est accusée d’avoir menti sur son droit d’asile aux Pays-Bas. L’émission contestait sa version des menaces de crimes d’honneur dont elle aurait été victime en refusant un mariage forcé. Furieuse, la ministre de l’Intégration, Rita Verdonk, souhaite ôter la naturalisation à la députée félone. Ayaan Hirsi Ali qui venait de Somalie avec son père, fuyant la guerre civile, avait obtenu le droit d’asile aux Pays-Bas en 1992. Femme de ménage, postière, étudiante en sciences politiques, elle avait rejoint les libéraux du VVD dont elle est devenue députée en 2002. La parenthèse se referme pour elle.


Libye. L’idylle avec Washington

Les Etats-Unis ont annoncé lundi la normalisation complète de leurs relations avec la Libye qui sera retirée de la liste des Etats soutenant le terrorisme. Ils y ouvriront une ambassade, pour la première fois depuis 1972.
Tout comme Londres, le Congrès s’est montré satisfait. Les réactions des familles des victimes de l’attentat de Lockerbie (1988, 270 morts) ont oscillé entre colère et résignation.
Washington et Tripoli ont rétabli leurs relations diplomatiques début 2004, après que Kadhafi a annoncé son renoncement à acquérir des armes de destruction massive. La Libye compte bien engranger les dividendes de cette normalisation. Depuis 2000, Tripoli s’emploie à démanteler l’économie dirigiste mise en place dans les années 1970 pour s’orienter vers l’économie de marché.


Allemagne. On espionne bien les journalistes

Le service d’espionnage allemand (BND) est de plus en plus sur la sellette mardi : il a été révélé qu’il a espionné des journalistes, dont le patron du Der Spiegel. Le BND est accusé d’avoir orchestré pendant plusieurs années l’espionnage de journalistes pour élucider une affaire de fuites d’informations dans ses propres rangs.
L’affaire a éclaté la semaine dernière, lorsque des journaux allemands ont révélé le contenu d’un rapport confidentiel, selon lequel le BND aurait non seulement espionné des journalistes mais aurait aussi rétribué des reporters comme informateurs sur leurs confrères. Stern, Focus et Spiegel comptent poursuivre en justice le BND. L’affaire suscite une vive émotion en Allemagne où le souvenir de la dictature nazie reste vivace.


Brésil. Sao Paulo à feu et à sang

Sao Paulo s’embrase. Quarante agents des forces de l’ordre et quatre passants ont été victimes de l’offensive du crime organisé contre la police, déclenchée vendredi dernier. Dans les faits, la pègre s’oppose au transfert de 765 détenus vers une prison de haute sécurité. Au cours d’une contre-offensive sanglante, la police a abattu 93 “criminels” en cinq jours.
Les autorités ont reconnu avoir mené des tractations avec le chef de l’organisation criminelle PCC, Arcos Williams Camacho, considéré comme le cerveau des attaques et détenu dans la prison de haute sécurité Presidente Bernardes. Pour l’heure, les mutineries sont jugulées mais le calme n’a pas encore gagné la ville.


Tunisie. Le barreau en danger

Trente avocates ont entamé une grève de la faim pour défendre l’indépendance de leur profession. Elles font depuis douze jours un sit-in permanent, en face du Palais de justice, pour protester contre une loi instaurant un institut de formation du barreau. D’après la loi du 9 mai, les études d’avocat vont échapper à la supervision du Conseil de l’ordre pour être confiées à un établissement placé sous la tutelle des ministères de la Justice et de l’Enseignement supérieur.
Les avocats ont aussi tenté de se rendre au ministère de la Justice mais en ont été empêchés par les forces de l’ordre. Ils se sont repliés sur leur siège, la Maison du barreau, qu’ils occupent. Ils paient notamment le long combat mené l’an dernier pour obtenir la libération d’un des leurs, Me Mohammed Abbou. Condamné en juin 2005 à trois ans et demi de prison pour des articles critiquant le régime, ce dernier croupit toujours en prison.



Lu pour vous.
Le PS, quelle relève ?

Editorial, Le Monde, le 17 mai

Les socialistes ont tenté, mardi 16 mai, de censurer le gouvernement en réplique au séisme provoqué par l’affaire Clearstream. En vain. Le Parti socialiste est dans son rôle en s’opposant, même s’il s’y applique avec une volonté à géométrie variable. Absent sur la crise des banlieues, accompagnateur du mouvement social sur le CPE, il pratique dans l’affaire Clearstream l’”opposition frontale” chère à Laurent Fabius, comme s’il voulait démontrer que la fin de règne de Jacques Chirac est encore plus délétère que celle de François Mitterrand. La difficulté pour le PS c’est qu’il n’est pas prêt à l’alternance si d’aventure la crise politique débouchait sur des élections anticipées. La gauche ne s’est pas remise de ses divisions sur le référendum européen (…).
Le projet présidentiel avance d’autant plus laborieusement que chaque présidentiable garde pour lui ses bonnes idées. Nul ne reproche au PS d’avoir pléthore de candidats. Mais il souffre, comme le dit Bertrand Delanoë, d’avoir “trop de campagnes individuelles (...) tournées sur les personnes et pas sur les idées”. Ségolène Royal, qui se dit “prête”, fait la course en tête. Dominique Strauss-Kahn, Jack Lang, Arnaud Montebourg et Laurent Fabius cultivent leurs différences. Lionel Jospin attend qu’on vienne le chercher. François Hollande prévient que, “si c’est nécessaire”, il ira. Au lieu d’être une émulation, la compétition tourne à un nouvel épisode de Petits meurtres entre amis.



VITE !

Pour mettre fin à la théorie du complot, des vidéos montrant le crash de l’avion sur le Pentagone le 11 septembre 2001 ont été diffusées à la demande de Judicial Watch, une ONG américaine. La Défense a attendu la fin du procès de Moussaoui pour les diffuser.

 
 
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