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N° 227
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

pages coordonnées par Chadwane Bensalmia

La semaine Culture

Tiraline, groupe vainqueur
de génération Mawazine. (DR)

Festival Mawazine. Que du bonheur !

Le Festival Mawazine des Rythmes du Monde a baissé le rideau mercredi soir, sur un magnifique show de feux d’artifices aux Oudayas. Une clôture en beauté pour une édition qui a apporté son lot de surprises. En plus du retour quasi triomphal d’artistes comme Youssou N’dour, Yuri Buenaventura ou encore Cesaria Evora, Mawazine a, pour la première fois, programmé des groupes issus de la scène alternative locale - entre autres Hoba Hoba Spirit et H-Kayne. Autre nouveauté de cette 5ème édition : “Génération Mawazine”, un concept franchement inspiré du Boulevrad des Jeunes Musiciens, mais ça, on ne s’en plaindra
pas. Pourvu que tous nos festivals chopent le virus ! Quelques semaines avant le début du Festival, un jury composé de musiciens affirmés avait sillonné le Maroc à la recherche de groupes prometteurs. La compétition finale qui a eu lieu ce mercredi même a fait victorieux le groupe Tiraline, une formation Mesfiouie de Rap Dance. Le deuxième prix, lui, est revenu aux Numidia et à leur fusion très folklorique, alors que c’est les Gnawa Click de Casablanca qui ont eu droit à la troisième marche du podium. Félicitations donc aux lauréats, à l’organisation, mais surtout au public r’bati qui semblait avoir de plus en plus de mal à ente sa “jalousie” du BJM casablancais. Au revoir et à l’année prochaine.


Cinéma. Veni, vidi, Da Vinci

Fiction, pas fiction, polémique frileuse et censure vaticane, ici, on s’en fout ! Que vaut Da Vinci Code, le film de Ron Howard (Apollo 13) tiré (à grosses gouttes) du roman éponyme de l’Américain Dan Brown ? Un crime lugubre, une organisation secrète, des chapitres qui s’avalent comme des cacahuètes : le scénario était écrit d’avance. Un peu trop. Friqué et fidèle, le cinéaste déploie une réalisation mécanique qui souffre d’un manque de virtuosité et passe à côté du meilleur du bouquin.
Là où Dan Brown, bien qu’un peu bavard, plonge son lecteur dans une intrigue intellectuellement magnétique, le film secrète plus de frustration que d’adrénaline avec une entrée en matière expéditive, un ton puritain et des personnages sans grande épaisseur. Tom Hanks, alias Robert Langdon, semble blasé de ses découvertes et Audrey Tautou campe une Sophie Neveu punchie, mais trop équilibrée (son passé est à peine effleuré). Le lecteur est déçu, le non lecteur peut-être pas. Reste un chouette spectacle.

Au Mégarama.



L’Boulevard. Projo sur les projections

Au Boulevard, les yeux ont des oreilles ! Courez voir 7 docus musicaux en marge des concerts : Tambours battants de Izza Genini, sur le lien musique et identité (mardi 30 et samedi 3 à 19h) ; Le Blues des Chikhates de Ali Essafi, ode à ces femmes libres d’esprit (mardi 30 et samedi 3 à 19h, jeudi 1er à 16h) ; Sur un air andalou de Sarah Benillouche, sur l’exil de la musique arabo-andalouse (mardi 30 à 15h30 et jeudi 1er à 19h) ; El Hal de Ahmed Maânouni, mythique regard sur l’itinéraire des Nass el Ghiwane (jeudi 1er à 19h et samedi 3 à 16h) ; Univers Gnawa d’Abderrahim Mettour ou les maâlems entre spectacle et authenticité (mardi 30 à 15h30 et jeudi 1er à 16h) ; Life and Debt de Stéphanie Black sur comment la Jamaïque plane sur le reggae et croule sous la dette (mercredi 31 à 16h et vendredi 2 à 19h) ; Maroc Street Life de DJ Key sur la culture urbaine nationale (mardi 30 et vendredi 2 à 19h).

Au Théâtre 121, IF Casa.



Donation. Un musée à l’université

C’est une première. Le musée de Dar Tskiwin (situé entre le palais de la Bahia et Dar Si Said) devient dorénavant la propriété de l’université Cadi Ayyad à Marrakech. Son propriétaire initial, Bert Flint, qui a passé sa vie à faire des recherches sur l’art rural, lui en a fait don. Le musée contient une exposition permanente sur les traces des anciennes pistes caravanières reliant le Maghreb et le Sahel. Par ailleurs, un institut sera créé, grâce aux fonds alloués, pour l’étude et la mise en valeur du patrimoine artistique et touristique du Nord Ouest Africain ainsi qu’une bibliothèque réservée aux chercheurs et étudiants.


Concert. Attention aux dégâts

Francis Cabrel revient avec un album tous les cinq ans, tel un mandat présidentiel français, s’extirpant à chaque fois difficilement de sa torpeur sudiste. Son dernier album, Les beaux dégâts sorti en mai 2004, aux influences jazzy, reste fidèle à la ligne directrice de l’artiste : raconter une histoire en peu de mots et un minimum d’accords de guitare. C’est que Francis Cabrel, qui rasé sa moustache désuète de gendarme français, est le chanteur gaulois le plus anglo-saxon, malgré son accent coloré toulousain. Influencé par le minimalisme de Bob Dylan, depuis le jour où il a entendu pour la première fois like a rolling stone, ses chansons ont la concision propre à la langue de Shakespeare. Le meilleur exemple reste Samedi soir sur la terre, tirée de l’album éponyme, où Francis Cabrel raconte en 2 temps 3 mouvements la rencontre d’une nuit entre une fille et un garçon dans une boîte de nuit.

Le 2 juin au complexe Al Amal à Casablanca ; le 3 juin au Palais des Congrès de Marrakech.



Débat. Derrej a Khouya !

Longtemps méprisée car considérée comme langue des analphabètes et des “bouseux”, la darija est devenue le principal outil d’expression urbain de la nouvelle scène marocaine. “Francophones ou arabophones, ils affirment ne pouvoir créer qu’en darija. C’est la langue qui leur est le plus naturelle” explique Dominique Caubet, 0modératrice du débat organisé à l’IF de Casablanca sur “Darija, langue de création actuelle”. La darija a trouvé ses nouveaux hérauts musicaux, mais aussi des chantres littéraires grâce au tout nouveau prix Bladi bladna devant récompenser des écrits en darija. “Nous avons reçu un roman en e-darija. La transcription phonétique choisie par l’auteur est celle qui a été inventée spontanément par les chateurs des forums marocains” rajoute Dominique Caubet.

Rendez-vous le 31 mai à 19h00 à l’IF de Casa pour en débattre.



Musique. La chorale dial Casa

Férus de musique variée, la chorale polyphonique de Casablanca vous donne rendez vous. Cette chorale d’amateurs, composée de 75 personnes de 14 à 80 ans, est un véritable melting-pot cosmopolite (Maroc, France, Espagne, Italie, Belgique...) et social. Selon sa directrice Marie-Claire Agoumi, “Casablanca est une ville hétéroclite. La chorale est à son image. C’est un petit monde en miniature qui prône la tolérance et l’acceptation de l’autre”. Diversité culturelle oblige, le concert offrira un registre transversal.
Un répertoire classique pour un début de soirée sage comme une image, suivi d’un grain de folie jazz, un soupçon de gospel, une bonne dose de gnaoua et un brin de musique arabe… Vos oreilles vous démangent ?

Samedi 27 et lundi 29 mai à 20h30 au Complexe Touria Sekkat, Casablanca.



Album. Autour d’une guitare

Adil Rizqi (pour les profanes, c’est le guitariste hyperactif de Dayzine) s’apprête à sortir son album solo. Non, non, il n’a pas quitté la formation, mais il fait quand-même son petit album à la griffe perso. Une demi-douzaine de morceaux de sa composition et de son arrangement, qu’il a fait chacun en pensant à l’artiste qui va l’interpréter. Notez bien donc : Oum, Hicham Bajjou (le vocaliste zen de Dayzine), Bigg (the rap master), le très électro DJ Zyane et probablement aussi les H-Kayne. Mais attention, il ne s’agira pas de la jouer Santana ou Willie Nelson. Pour ça, les amateurs de solos guitare devront plutôt se pencher sur les deux compo supplémentaires en hommage à l’instrument. L’album devrait sortir simultanément avec celui de Dayzine, fin 2006.


Tubes. Joudia Feat. Mami et Diam’s

C’est un été bien joyeux (et probablement glorieux) qui attend la petite Joudia. La lauréate de studio 2M vient en effet d’enregistrer son tube de la saison avec, accrochez-vous, Cheb Mami ! Yes, Ladies and Gentleman. Pour le moment, le mystère entoure encore le titre de ce single, mais la délivrance ne saurait tarder. Avec ce duo, il y a de quoi donner une belle visibilité outre-mer aux couettes de la marrakchie. D’ailleurs, si cela ne suffit pas, la fan de Piaf a mis de côté une petite arme secrète pour tomber le public, français du moins : un second duo qu’elle a enregistré avec Diam’s. On espère qu’avec ces deux singles, Joudia nous fera oublier les premiers (qui ne volaient franchement pas très haut).


Le livre.

Rajae Benchemsi
aime voyager dans le passé, percer l’âme des lieux, faire déambuler les personnages entre l’hier qui résiste à l’oubli et l’aujoud’hui qui ne résiste pas à l’épreuve du temps. Dans son dernier roman, La controverse des temps (D’ailleurs), l’écrivain sonde les rapports amoureux, passionnels, mais aussi conflictuels d’êtres aux univers divergents (traditionnel et moderne). Entre celle qui perçoit Moulay Ismaïl comme un bâtisseur, pacificateur, dont les geôles ne sont que le reflet de la justice transcendantale d’autrefois, et celui qui n’y voit, à l’aune des orientalistes, qu’un despote inhumain et monstrueux, le clivage est vite installé. Entre les deux, il y a la sagesse du conteur, l’ambiance d’un Maroc moderne en perte de repères et celle éthérée d’un soufisme renaissant. À découvrir.

Ed. Sabine Wespieser




Humeur : Point break

Hassan Hamdani

La rumeur sur le tsunami a prouvé une chose. La seule vraie connexion haut débit au Maroc, et la seule source d’info efficace et crédible pour les gens, reste le téléphone arabe. À 500 bornes des côtes, perdue dans son village à 3500 mètres au dessus du niveau de la mer, même la montagnarde, sans compte sur amour.fr ni abonnement au Matin du Sahara, a été submergée par la vague géante. Elle sait tout, désormais, du cycle des comètes et des raz-de-marée aussi hauts que les Twin Center. Elle n’est, pourtant, ni cliente de Style de Vie, ni lectrice de magazines de mode. Mais la verticalité est un concept qui lui parle. On lui avait déjà raconté de manière très imagée, et en mélangeant les scénarios catastrophes, un tsunami précédent qui avait touché d’autres tours bien plus arrogantes. En ville, du jour au lendemain, Eric Julien, à l’origine de la rumeur, devenait une star au Maroc. Il était le premier français depuis le Commandant Cousteau à être érigé en sujet de conversation unique des clients de taxis collectifs. Ce qui, au Maroc, équivaut à faire la couverture de Time Magazine. Les journaux et la télé avaient beau répéter qu’Eric Julien (E.J. pour les intimes) n’aurait pas fait tâche au 36, rien ne pouvait arrêter ces soudains départs en week-end prolongé à Marrakech. Les Marocains auraient du faire confiance aux médias officiels, pour une fois. Même Aujourd’hui le Maroc a dit des choses pointues : “le tsunami est une représentation sublimée du catastrophisme islamiste.” Certes, certes, mais comme sujet de débat dans un taxi collectif, c’est pas gagné d’avance…



Darga f’Barcelona
Un mois après leur premier concert hors frontières à Fraga, en Espagne, la joyeuse troupe de Darga remballe sa douzaine d’instruments dans son baluchon et met le cap sur Barcelone. Samedi 27 mai, le groupe servira chauds ses rythmes endiablés à la Paloma, une salle en vue de la capitale catalane.


La Caravane passe à Cannes
Le film Allez, Yallah du Français Jean-Pierre Thorn, qui a accompagné, caméra à l’épaule, la “Caravane des droits des femmes” dans le Nord marocain, sera projeté le 27 mai à Cannes en clôture du festival du film social. Pas de montée des marches, mais un pas de plus pour la cause féminine.


Mohammedia Social Club
Pour aider les jeunes artistes ne pouvant s’offrir les faveurs des galeries urbaines, l’Association des Français de Mohammedia dédie une expo à une trentaine d’entre eux dans la ville côtière. Du 1er au 4 juin, rue Doukkala, en face de l’école Candide.

 
 
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