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N° 227
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Par Khalid Tritki

La semaine Économie

Le ministre du commerce
extérieur, Mustapha Mechahouri
(DR)

Export. La montagne accouche d’une souris

Le projet des consortiums voit le jour. Le ministère du Commerce extérieur vient de signer une convention avec l’Asmex (Association marocaine des exportateurs) pour l’aide à la création des consortiums à l’export. Il s’agit en fait d’aide financière destinée à encourager les regroupements d’entreprises pour s’attaquer à un marché-cible à l’export. Le ministre du Commerce extérieur Mustapha Mechahouri a prévu à cet effet une enveloppe budgétaire de 6 millions de dirhams, soit exactement le montant que les représentants de l’Asmex avaient demandé. Selon des patrons de PME, la somme en question est une
“mascarade”. La convention signée avec l’Etat plafonne l’aide à 100 000 DH par consortium et à 200 000 DH pour toute action de promotion. “Cette somme ne couvre ni les frais des dépliants, ni ceux des brochures, à peine servira-t-elle à payer les billets d’avion des représentants d’un consortium”, commente un exportateur d’artisanat. Les exportateurs tablaient en effet sur une aide conséquente pour adopter des plans d’action agressifs sur les marchés porteurs, mais aussi pour fidéliser leurs marchés classiques.
À titre indicatif, la Tunisie propose plus d’un demi-million de dirhams pour chaque entreprise qui souhaite s’implanter à l’étranger. Résultat : le taux tunisien de couverture des exportations par les importations fait rougir. D’envie ou de honte, c’est selon


Tourisme. Mazagan, c’est parti !

La convention portant sur la réalisation de la station touristique Mazagan à El Jadida a été signée mercredi 25 mai à Rabat. L’investissement prévu est de 3,25 milliards de dirhams, soit un milliard de dirhams de plus que le plan initialement prévu par l’aménageur Sud-Africain Kerzner. L’augmentation de l’enveloppe des investissements coïncide avec l’entrée dans le projet Mazagan, auprès de Kerzner Investments Morocco, de la société émiratie Istithmar PSJC, connue pour avoir réalisé une île artificielle à Dubaï. La station Mazagan créera 7600 lits (dont 3700 lits hôteliers), deux golfs de 18 trous chacun, un centre de congrès, des équipements d’animation et de loisirs, ainsi que des commerces. Les premiers coups de pioche sont prévus pour le dernier trimestre 2006.


Douane. La réforme tarifaire bouclée ?

Selon des sources fiables, la nouvelle grille tarifaire des droits de douane appliqués aux importations est sur le point d’être adoptée. Une réunion s’est tenue le 22 mai à la primature pour y apporter les dernières retouches. La nouvelle grille établit le taux le plus élevé à 32% dans la perspective de se conformer, en 2010, au taux maximum de 20% exigé par l’OMC (Organisation mondiale du commerce). Ce qui est sûr, c’est qu’ une liste de produits finis ou semi-finis produits localement seront maintenus sous protection. Ce qui laisse présager que leurs équivalents en provenance de l’étranger seront fortement taxés. Le point fort de cette grille est la baisse conséquente qui touchera les droits de douane sur les intrants. Une mesure qui fera profiter les industries locales des tarifs pratiqués par les fournisseurs asiatiques.


Pétrole. Akhennouch se renforce

Le groupe Afriquia SMDC, filiale de Akwa holding contrôlée par les Akhennouch et les Wakrim, ouvre son capital à des institutionnels étrangers et nationaux. Il s’agit d’une prise de participation portant sur 20% du capital. Parmi les noms les plus sûrs dans cette opération, figurent la CDG ainsi que les Koweïtiens Emirati Horizon Terminal Limited et International Petroleum Group. Notons que cette opération d’augmentation de capital par des apports institutionnels s’est faite au moment de l’adjudication de la gestion du terminal pétrolier de Tanger Med. Selon les termes de la convention, le groupement concessionnaire s’engage à démarrer l’exploitation du terminal en décembre 2008 et à investir plus de 52 millions d’euros.


Patronat. Elalamy attendu sur le fisc

C’est à la ville de Tanger que Moulay Hafid Elalamy ira présenter l’ébauche de son plan d’action. Le candidat à la présidence ira plaider pour une CGEM “dotée d’une grande force de proposition”. Il en profitera pour collecter des idées fraîches pour plus de croissance économique. “Le plus important est que Elalamy se positionne sur le dossier fiscal. La réforme fiscale sera son premier dossier après les élections de juin”, explique un patron de grand groupe. En effet, le gouvernement a promis une réforme révolutionnaire pour la Loi de finances 2007. Les négociations sur les détails commenceront cet été. Mais avant, les patrons attendent toujours des engagements fermes de la part du prochain président de la CGEM, sur la fiscalité et le Code du travail surtout. Bref, sur les dossiers qui fâchent.


Argent. Les Marocains le placent à l’étranger

Près de 40 milliards de dirhams sont placés par des Marocains dans des banques étrangères, selon une estimation des autorités monétaires. Une somme qui ne prend pas en compte les investissements immobiliers, les achats d’œuvres d’art et les placements dans les pierres précieuses. Cette estimation laisse sceptiques bon nombre d’observateurs. Elle serait minorée “à cause de considérations politiques. Plus on apprend que l’argent des Marocains dor à l’étranger, moins on investit au Maroc. C’est contagieux”, explique un fin connaisseur des milieux financiers.



Billet. L’argent des Arabes

Khalid Tritki

Il y a des chiffres qui interpellent. En voilà deux : de 12,86 millions de dirhams de pertes en 2004, l’Arab Bank passe à 30,5 millions de dirhams de bénéfice net en 2005. Ces montants ne sont pas, en soi, importants, ni en volume ni en valeur. Ils annoncent pourtant un fait capital : les Arabes reviennent au Maroc. Les ondes de choc de l’après 11 septembre 2001 commencent à toucher le pays. Politiquement, les Arabes ont compris que beaucoup de pays veulent de leur argent, mais qu’idéologiquement et ethniquement, ils ne le tolèrent pas. En clair, le monde occidental veut l’argent de l’Arabe sans l’Arabe. Economiquement, les marchés traditionnels d’Europe occidentale et d’Amérique du Nord sont au bord de la saturation, surtout dans l’immobilier, l’aménagement et l’hôtellerie. Les marchés dits émergents rapportent plus et présentent des opportunités à long terme. Les pays de la rive sud de la Méditerranée qui savent se positionner, vendre leurs atouts et mettre sur pied des chantiers juteux sont appelés à rafler la mise. Le Maroc commence à y goûter. Entre Qataris, Emiratis, Koweïtiens et Saoudiens, l’investissement cumulé au Maroc pourra se chiffrer à 22,7 milliards de dollars - plus que la moitié de ce que produit le pays. Et il peut attirer plus avec un peu d’imagination, et surtout beaucoup de bon sens. Bravo donc à l’Arab Bank pour ses performances et merci de nous avoir ouvert les yeux.




OFF.

Une grande fédération américaine prospecte auprès des ministères marocains pour l’organisation d’un séminaire d’une durée d’un mois au Maroc. Les Américains promettent de réunir tous les grands patrons du monde dans des rencontres à Fès, Marrakech, Agadir, Rabat, Tanger et Casablanca. Pour l’heure, les objectifs de cette initiative ne sont pas encore connus.



OFF.

Le 29 mai, Driss Jettou, premier ministre, aura à trancher sur l’offre Offshoring du pays. Il s’agit du package prévu par le gouvernement pour encourager les délocalisations et la sous-traitance en offshore. En juin prochain, ce package fera l’objet d’une campagne de communication qui touchera tous les pays-cibles.

 
 
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