Travail, santé, logement... L'AMDH répond à l'Etat
Pédophilie. Double scandale
Bouya Omar. Reportage en enfer
Casablanca. La Star Ac' recrute
Hamas/Fatah. Cohabitation périlleuse
Égypte. Kefaya, ça ne suffit pas
Rabat-Salé. Bataille autour des ordures
Portrait. Bouab par la grande porte
Musique. La tribu des Batma
Thidrin. Les Ghiwane du Rif
N° 227
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Par Abdeslam Kadiri

La semaine Monde

Irene Khan, secrétaire générale
d’Amnesty International. (AFP)

Monde. Le diagnostic d’Amnesty

Une fois n’est pas coutume, Amnesty International (AI) a trouvé des “raisons d’espérer” dans son rapport annuel sur la situation des droits humains dans le monde ; la paix (partielle) en Angola, au Libéria ou en Sierra Leone ; l’Onu a commencé à se réformer ; la Cour pénale internationale a prononcé ses premières inculpations. Bien plus, d’énormes foules se sont mobilisées un peu partout pour la défense des libertés. Si ces touches d’optimismes colorent le rapport, elles n’effacent en rien les nombreuses critiques formulées par AI.

Après avoir inlassablement pointé les conséquences néfastes, et selon elle contre-productives, de la lutte contre le terrorisme telle qu’elle est pratiquée aujourd’hui, AI accuse directement les Etats-Unis et la Grande-Bretagne de crimes contre l’humanité, rien de moins. AI dénonce aussi la détention par les Américains, sans inculpation ni jugement, de milliers de personnes en Irak, en Afghanistan et à Guantanamo, et la “disparition” d’autres détenus dans les geôles secrètes de la CIA. Le gouvernement britannique est critiqué pour avoir, après les attentats de Londres, tenté de “remettre en cause l’interdiction de la torture”. Israël est aussi condamné.

Plus prompte à stigmatiser les “puissants” que les autres, AI dénonce “l’hypocrisie” du G8 qui, tout en s’affirmant mobilisé pour venir en aide à l’Afrique, l’alimente en armes. Même critique envers l’UE, qui, écrit la secrétaire générale d’AI Irène Khan, doit se montrer plus sévère envers Moscou (Tchétchénie), et doit maintenir l’embargo sur les armes (Chine). Inlassable adversaire de la peine de mort, AI dénombre au moins 5 186 condamnation à la peine capitale en 2005. La Chine, l'Arabie saoudite, les Etats-Unis et l’Iran concentrent 94 % des exécutions connues.

“L’opinion mondiale commence à changer, conclut Amnesty. Elle n’est plus disposée à croire que la sécurité passe par une restriction des libertés.” Dans ce rapport où l’Afrique et le Moyen-Orient dominent, AI regrette le manque d’influence des organismes régionaux, tels que le Parlement panafricain et le Conseil de paix de l’Union africaine.


Terrorisme. Ben Laden blanchit Moussaoui

C’est la troisième apparition d’Oussama Ben Laden depuis janvier dernier. Cette fois, dans un message adressé au peuple américain et mis en ligne mardi 23 mai, le chef d’Al Qaïda disculpe le Français Zacarias Moussaoui de toute complicité dans les attentats du 11 septembre 2001, dont il assume l’entière responsabilité. “Je suis personnellement responsable de l’attribution des rôles aux 19 frères pour mener ces conquêtes et je n’ai pas chargé le frère Zakaria d’être avec eux dans cette mission”, déclare Ben Laden dans ce message audio, jugé “authentique” par les responsables de la CIA, et diffusé par As-Sahab, organe habituel d’Al Qaïda. “Zakaria Moussaoui n’a aucun lien avec ces attaques”, insiste Ben Laden. “Ses aveux sont nuls et non avenus. Aucune personne sensée ne peut douter qu’ils sont le résultat des pressions exercées sur lui”. Ben Laden a aussi affirmé que la plupart des détenus de Guantanamo n’avait “aucun lien avec Al Qaïda”.


Allemagne. Un Marocain fait plier la Haute Cour

Joli coup de force. Un Marocain a réussi à faire plier la Cour constitutionnelle allemande, siégeant à Karlsruhe (sud-ouest). La plus haute juridiction allemande a invalidé mardi une opération de quadrillage informatique lancée en octobre 2001 par la police, qui cherchait après le 11-Septembre des terroristes islamiques jusque dans les fichiers des étudiants à l'université. Au total, plus de huit millions de données avaient été collectées en dix jours. La Cour constitutionnelle a donné raison à ce Marocain en estimant qu’une telle opération de recherche était inconstitutionnelle, qu’elle ne peut être autorisée qu’au cas où un “danger concret”, établi par des faits, menace la sécurité de l’Allemagne. Les juges ont appelé les Etats régionaux allemands à modifier leur législation en conséquence.


Montenegro. Oui à l’indépendance

Le gouvernement monténégrin a reçu le feu vert pour diriger le plus jeune Etat de la planète avec l’annonce des résultats officiels du référendum de dimanche, qui a scellé le divorce avec la Serbie, au terme de près d’un siècle de vie commune.
La victoire du “oui”, qui a recueilli 55,5% des suffrages, a été acquise dès lundi. Le taux de participation a quant à lui atteint 86,3%. “Je suis convaincu que le Monténégro peut être le prochain pays de la région à intégrer l’Union européenne après la Roumanie, la Bulgarie et la Croatie, qui sont à un stade plus avancé du processus”, a déclaré lundi le Premier ministre Milo Djukanovic, qui milite depuis dix ans en faveur de l’émancipation de ce petit pays d’à peine 650 000 habitants. Et si le Kosovo suivait ?


Tunisie. La Ligue des droits de l’Homme harcelée

Le harcèlement de la Ligue tunisienne des droits de l’homme (LTDH) par le régime de Ben Ali, pour empêcher la tenue de son congrès, se poursuit. L’an dernier, la “dissidence” téléguidée d’une vingtaine de ses membres, la plupart appartenant au RCD, le parti au pouvoir, avait permis au tribunal de Tunis d’en suspendre les assises. Mokhtar Trifi, le président de la LTDH, a décidé d’ignorer le verdict de ce tribunal et de tenir le congrès les 27 et 28 mai. Dare dare, les “dissidents” ont menacé de faire intervenir la force publique pour s’y opposer. Ce énième bras de fer entre LTDH et régime s’explique facilement : la Ligue constitue le seul contre-pouvoir dans le pays.


Irak. Ces chers otages

Paris, Berlin et Rome auraient payé 45 millions de dollars pour faire libérer neuf de leurs ressortissants retenus en otage en Irak depuis le début de la guerre. C’est ce que révèle l’édition de lundi du journal britannique The Times qui s’est appuyé sur des documents de “responsables de la sécurité à Bagdad”. La France aurait accordé 15 millions de dollars aux ravisseurs des journalistes Christian Chesnot et Georges Malbrunot - lequel a jugé l’information “peu fiable”- et de Florence Aubenas. L’Italie aurait payé une rançon de 5 millions de dollars pour la journaliste Giuliana Sgrena et 6 millions pour les “deux Simona”, membres d’une ONG. De son côté, l’Allemagne aurait versé 5 millions de dollars pour la libération de deux ingénieurs et 3 millions pour une archéologue. La nouvelle a été été aussitôt démentie par les trois pays... tandis que Reporters sans frontières évoquait leur “déni de réalité”.



Lu pour vous.
Le pragmatisme turc

Amine Lotfi, El Watan, le 24 mai

Si elle fut longtemps désignée comme “l’homme malade de l’Europe”, c’est bien que quelque part, la Turquie en faisait partie. Autres temps autres mœurs, il ne reste de l’empire ottoman qu’une pesanteur historique, car les Turcs ont gagné au change avec la Turquie moderne et laïque édifiée par Mustapha Kémal. Son héritage si prégnant explique que la Turquie ait pu résister à la tentation du pire, et ait trouvé les solutions que lui imposaient les défis du développement. Les Turcs, comme les autres peuples, ne pouvaient pas se nourrir de nostalgie et ils ont fabriqué de la prospérité par les vertus du travail. L’évolution de la Turquie démontre que le sous-développement n’est pas une fatalité irréversible. Ce pays a mis en œuvre des stratégies de développement induit avec l’émergence rentable du tourisme, d’industries de transformation, et une capitalisation bien intégrée des industries agroalimentaires. C’est un pays qui ne dispose pas de ressources aussi miraculeuses que celle du pétrole. Ce n’est pas un désavantage, car le Bosphore apporte plus de richesses à la Turquie qu’un problématique champ pétrolifère. La Turquie ne serait pas ce qu’elle est si elle ne disposait pas de ce vieux mais tout de même solide régime démocratique. C’est ce qui lui a permis de conjurer la montée des périls, et bien des observateurs en avaient vu une illustration majeure dans l’arrivée d’un gouvernement islamiste à la tête du pays.



VITE !

Après les caricatures danoises, les caricatures iraniennes ! Les foules se sont déchaînées à Tabriz (Azerbaïdjan), après la publication dans le journal Iran d’une caricature d’un cafard parlant azéri. Une insulte pour la communauté azérie iranienne.

 
 
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