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N° 228
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Par Driss Bennani

“La radio est un métier sérieux”

Antécédents
Younes Boumehdi
Détenteur de la licence “Hit Radio”

1970. Naissance à Rabat.
1992. Diplômé en marketing et communication à Paris.
1993. Présente un premier projet de radio au ministère de la Communication.
1994. Gérant d’une entreprise de vente de produits de laboratoire.
2006. Obtient une licence pour la création de “Hit Radio” et abandonne ses autres activités.
Smyet Bak ?
Mohamed Ben Boumehdi.

Le général ?
Oui, celui qu’on cite à chaque fois après mon nom. Et dont on oublie qu’il est également médecin avant d’être militaire à la retraite aujourd’hui. Je suis très fier de son parcours.

Smyet mok ?
Françoise Bouquillon, je vous fais grâce de la suite de son nom.

Nimirou d’la carte ?
A 35 85 51. Je le connais par cœur vu le nombre de fois où on en a besoin chaque jour.

Vous avez récemment été autorisé par le CSCA à créer votre radio, Hit Radio. Une station musicale multirégionale, ça veut dire quoi ?
Cela veut dire que c’est une radio qui diffusera la même chose dans plusieurs régions différentes. Hit Radio est une station pour jeunes faite par des jeunes. Elle est multirégionale dans un premier temps mais elle a une vocation nationale. Qu’il s’agisse d’un jeune à Casablanca ou à Agadir, en ville ou à la campagne, j’estime que tous ont à peu près les mêmes attentes. Notre ambition, c’est d’être une radio populaire, accessible et ludique.

Quelque part, vous héritez de la poule aux œufs d’or, en fait …
Il faudra peut-être se calmer sur ce point. C’est vrai que nous vivrons grâce à la pub mais c’est un marché qui est inexistant aujourd’hui. Médi 1 en a eu le monopole pendant de longues années et vendait à travers sa régie publicitaire des packs assez spéciaux, incluant passage télévisé et radiophonique. Tout ça pour dire qu’en radio, nous héritons plutôt d’un environnement complexe. Nous sommes un média pour jeunes, c’est également quelque chose de nouveau qu’il faudra installer. À court terme, je crois que ce sont des stations à vocation économique qui attireront le plus d’annonceurs. Pour les autres, il faudra encore beaucoup de travail.

Que comptez-vous faire concrètement pour ne pas avoir à revendre votre licence au bout de deux ans ?
ça fait tellement longtemps que je l’attends que je ne la vendrai jamais. Concrètement, nous avons choisi de démarrer dans certaines régions plutôt que de couvrir tout le pays. Nous avons eu des premiers contacts encourageants avec quelques annonceurs. Les autres, nous irons les voir avec des chiffres d’audience pour les convaincre que la radio est un média formidable, qu’un jeune adopte facilement la radio, qu’il vit avec. Qu’il existe presque un lien particulier entre la radio et les jeunes. Je ne crois pas qu’ils resteront insensibles à ça.

Quel genre de musique voulez-vous promouvoir ?
Nous sommes très ouverts. Notre objectif, c’est de coller aux attentes de jeunes. Nous sommes orientés musique moderne, plutôt Hip Hop, R’n’B. Notre public a entre 15 et 35 ans avec un cœur de cible de 13 à 24 ans.

Pas de Chaâbi, pas de Raï… Comment voulez-vous toucher le rural sans ça ?
Nous ne sommes pas une chaîne généraliste. Nous avons un positionnement particulier. La radio est un métier sérieux. On ne peut pas tout faire, comme on ne peut pas plaire à tout le monde.

Vous produirez des artistes, au moins ?
Non. Nous sommes une radio et nous le resterons. Evidemment, nous aiderons les producteurs qui s’installent, nous les mettrons en contact avec les artistes que nous connaissons. Nous diffuserons leur production, si elle est bonne, par la suite. Notre impératif : passer la meilleure musique, d’abord marocaine puis internationale.

Vous avez remporté votre licence face à des poids lourds comme Majidi, le fils Jettou et Faouzi Chaâbi. Vous ne croyez pas que les sages ont fait preuve d’une honnêteté zélée ?
Je ne sais pas ce qu’il y avait dans leur dossier. Je sais simplement que j’ai passé un bon entretien et que j’ai toujours cru à mon projet. Vous savez, ce n’est pas un cadeau pour une station d’être seule au départ. Il faut diversifier, sinon il y a un risque que des gens ne se retrouvent pas dans le média radio. Aujourd’hui, notre challenge, c’est que les Marocains se réapproprient la radio.

Demain, des putshistes choisissent de forcer votre radio à diffuser leur message. Comment réagissez-vous ?
J’éteins tout. Je suis une radio positiviste qui veut améliorer le vécu des gens. Je ne crois pas qu’un putsch puisse améliorer quoi que ce soit.

 
 
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