Campagne. Al Adl dans la tourmente
Femmes imams. Une révolution manquée
Affaires. Des notaires sur le banc des accusés
Médecins. L'Ordre en desordre
Intégration. Berkane l'Africaine
Reportage. Les pêcheurs de l'extrême
Cinéma et publicité. Casting, mode d'emploi
Algérie. Un "barbe-FLN" aux commandes
Mondial 2006. L'envers du décor
Commerce. Le boom (incertain) des franchises
Peinture. "Plutôt que de me suicider, je suicide mon travail"
Humour. Rire de soi pour faire rire les autres
N° 228
Webmaster
TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Pages coordonnées par Chadwane Bensalmia

La semaine Culture

À g., MM Lhaya et Rahine,
présidents de la commission de la
communication et de la commission
culturelle. (Mohamed Réda)

Festival de Casablanca. La caravane passe...

C’est un festival qui a démarré très fort. Deux millions de spectateurs à sa première édition et une programmation sacrément transversale. Cette année encore, la barre a été placée haut. De la musique pour tous, que vous soyez fan de Samira Saïd, Najat Aâtabou ou Neneh Cherry. Bigg, Shaggy, La caution, ou Akon pour les branchés Rap hip/hop, Ragga, ou Ska. Un peu de Daoudi pour le bonheur des “chaâbistes”. Et on n’oubliera pas les petites perles de la nouvelle scène.
Côté ciné, il y a de quoi se gaver. Truman Capote (à ne rater sous
aucun prétexte), Kilomètre Zéro, Le Caïman, Beur, blanc, rouge. Et pour la touche du maître, sauf mauvaise surprise, on aura droit à Zidane, un portrait du 21ème siècle. Tout ceci agrémenté, bien sûr, d’animations urbaines, d’expos photos (on ne pouvait pas espérer mieux que le travail de Abderrahim Yamou), de la peinture… Bref, c’est un festival orgasmique. Du moins, pour ses deux millions de spectateurs mais certainement pas pour quelques élus de la ville et pour un certain Mustapha Rahin, président de la commission culturelle dont on n’avait encore jamais entendu parler (ni des dépenses intelligentes du budget de sa commission). Pourtant, faisant fi de toute pudeur, M. Rahine a violemment interrompu la conférence de presse du festival pour crier haut et fort que sa commission n’a pas été consultée pour la programmation en ajoutant que s’il est une personne qui connaît les goûts des citoyens, c’est bien lui. Mais, M.Rahine a omis de préciser que sa rancune tient surtout au fait que le maire, Mohamed Sajid, a jugé Ali Benkirane plus apte que lui à représenter la ville au sein de l’organisation du festival.


Cinema. Hell’s Angels

Présenté comme une chronique des derniers moments de deux kamikazes, Paradise Now propose une véritable immersion dans la psychologie et le discours des militants palestiniens qui donnent leur vie pour une cause qui finit, parfois, par gommer leur existence. Dans la lignée d’autres grands réalisateurs palestiniens comme Elia Suleiman, récent membre du jury à Cannes, dans Intervention divine, Hany Abou Assad fait un détour par l’absurde et les sens dans le but de témoigner. Sans jamais céder à la contemplation ni à la complaisance, le film prend le spectateur par les tripes tellement il semble réel. Le chemin de Saïd et Khaled est semé d’embûches, tout autant que le road-movie qui, évitant les pièges du cinéma engagé, restitue avec justesse et émotion la tension, l’attente. Tout cela, sans ambition documentaire. En somme, du cinéma intelligent, récompensé par le prix du meilleur film étranger aux derniers Golden Globes.
Allez le voir, ça vous changera des flashes d’Al Jazira.

Au Mégarama



Installation. Erotisme et sacré

Mounir Fatmi est un artiste concepteur, vidéaste, connu depuis sa première exposition en 1993 pour son penchant anti-conformiste. Il avait alors proclamé sa “mort en tant que peintre”. Aujourd’hui, à la 7ème biennale de l’art contemporain africain, cet artiste tangérois, travaillant à Paris par intermittence, franchit un nouveau seuil. L’installation, où il met en scène l’interconnexion entre les livres sacrés, l’érotisme et le langage de la nature, fait partie de son exposition multi-art, Les Connexions, 2004. Cette oeuvre annonce la couleur de son film actuellement en préparation, Les prophètes. Prometteur.


festival de Cannes. Un pour tous

Le 25 mai, en rangs serrés autour de trois anciens combattants, ils grimpaient les escaliers rouges du Palais des festivals. Trois jours plus tard, c’est une marche de plus qu’ont gravie Jamel Debbouze, Roschdy Zem, Sami Bouajila et Samy Nacéri, collectivement auréolés du prix d’interprétation masculine pour leurs performances dans Indigènes. Le film de Rachid Bouchareb, sur l’enrôlement – et le sacrifice – des “goumiers” maghrébins et africains contre les Nazis, a certes fait sensation sur une Croisette inhabituellement politisée. Mais le jury de Wong Kar Waï aurait-il préféré primer la cause mémorielle plutôt que de distinguer le talent d’un seul “acteur beur” ? Les “acteurs beurs” seraient-ils interchangeables ? On peut aussi voir le mal partout… Pas démontés, les lauréats ont entonné, tous ensemble, l’hymne mascotte de l’armée d’Afrique. En pensant à leur grand-oncle, grand-père ou arrière-grand-père, tombés pour la “mère patrie”…


Fashion. Sapez-vous marocain !

Ils s‘appellent Bechar El Mahfoudi, Radia Harmouchi, Amine Mrani, Siham Habti, Zineb Souissi et Mahmoud Benslimane. Ils sont tous créateurs de mode, et ils ont un rêve : créer une mode 100 % marocaine. Ils se sont donc constitués en “collectif de jeunes créateurs marocains” et se sont jetés à l’eau. Un risque qui porte le nom de Festimode-Casablanca. “Aujourd'hui au Maroc, on est capable de créer et surtout, on est capable de créer autre chose que des habits traditionnels, d’aller au-delà du caftan et de la jellaba. On veut d’une haute couture moderne avec une touche marocaine. On croit en cette aventure”, dit Bechar El Mahfoudi, instigateur et directeur de cette nouvelle manif fashion. Ce sera du 8 au 10 juin à la Sqala de Casablanca. Au programme donc, une première journée défilé, avec une demi-douzaine de collections, suivie de deux autres portes ouvertes.
Expos, rencontres et petites courses pour les mordus du sur-mesure. Une fashion 100% marocaine, parce qu’on le vaut bien !


Théâtre. Pour l’amour d’un Perec

D’abord l’histoire. Six personnes enfermées dans une pièce sans rien d’autre à faire que d’éplucher des pommes de terre, nouvelle version de l’enfer de Sartre. Ensuite, il y a les comédiens. La compagnie de théâtre Clair obscur qu’on connaît désormais pour son penchant expérimental. Et puis il y a l’auteur, Georges Perec, maître parmi les maîtres de l’écriture ludique.
Sur la scène, pour tuer le temps ou parce que c’est leur travail d’acteurs, les comédiens se racontent des histoires. Tour à tour comiques, sentimentaux, nostalgiques, violents ou dramatiques. C’est La poche Parmentier de Georges Perec. Une pièce où “le spectateur devient acteur, c’est un pari, un jeu qui se joue à deux et dont la finalité est d’entraîner le public”, résume le metteur en scène Jean-Luc Joly.

Les 8 et 9 Juin au centre culturel de l’Agdal, Rabat



Expo. Veyre la lumière

C’est l’histoire d’un humble opérateur des Frères Lumière, venu donner des cours de cinéma au dilettante sultan Abdelaziz pour ne plus jamais quitter le royaume, dont il livrera jusqu’en 1936 les plus beaux autochromes et les premiers films ethnographiques. Le regard unique de Gabriel Veyre sur le Maroc du début du 20ème siècle, baladé entre intimité de la Cour et sommets de l’Atlas, est un trésor à découvrir page par page dans l’ouvrage de son arrière-petit-fils Philippe Jacquier, co-écrit avec Farid Abdelouahab et Marion Pranal (2005, Kubik éditions). Mais pas seulement : son œuvre lumineuse et avant-gardiste est exposée en juin au festival Etonnants voyageurs de Saint-Malo, en juin-juillet au festival Promenades photographiques de Vendôme. Le Monde 2 s’en fait le relais le 10 juin, dans un portfolio à découvrir absolument.


Jazz. Des femmes au Chellah

L’année dernière, le festival Jazz au Chellah avait fait le choix de s’offrir une scène “jeunes”. Cette année, nouveau cheval de bataille : l’organisation a joué la carte féminine. Du 16 au 20 juin, dans le site historique du Chellah, les divas défileront. La trompettiste hollandaise Sanne Van Hek ouvrira le bal, la Marocaine Laïla Lamrini proposera une version jazzy de son melhoun. Eeppi Ursin, la vocaliste du WARP finlandais, fera swinguer les musiques du désert auprès de Mouloud El Meskaoui. “Jazz européen, musiques marocaines”, ce sera aussi le gospel made in Morocco avec les Midnight Shem’s, les Afous, les Link et les Jazz 3/4. Les recettes du festival financeront la tournée des enfants du cirque Chemsy dans le Moyen Atlas. Message reçu ?


Concerts. La rentrée des artistes

Tous les chemins mènent au Mégarama pour One Way Concept. L’agence d’évènementiel marrakchie, qui a, en moins d’un an, rameuté une dizaine d’artistes chouchoutés par les charts, prépare une rentrée bien chargée : notez déjà la brune qui vient du chaud, Tina Arena, pour le 8 septembre, la blonde qui vient du froid, Natasha St Pier, le 6 octobre, et peut-être bien THE Lionel Richie, histoire de consoler les fans de Johnny qui devront attendre l’hiver pour allumer le feu avec leur idole dont le concert du 16 septembre a été reporté, bouleversement de planning hallydesque oblige. Et en novembre, surprise du chef : une comédie musicale sur la légende de Broadway. Quant aux prix… mystère et boule de com’.


Le livre.

Mohamed Loakira entame un nouveau cycle d’écriture. Après 35 ans de bons et loyaux services en vers, le voilà qui trempe sa plume dans l’univers de la prose. Evidemment, ni le lyrisme ni les expressions ciselées et encore moins les métaphores filées, dont il détient l’art subtil, ne désertent son récit. L’Esplanade des saints & Cie, est en fait un hommage à Jamaâ El Fna. Au-delà du personnage imposant de Lalla Chama et de son fils Mamoun, qui hume dans cet espace l’odeur du désir, le texte a une valeur allégorique. S’y mêlent l’attachement filial de l’auteur avec les senteurs et les plaisirs enfouis de sa ville bien-aimée et la volonté de capter l’essence d’êtres miséreux, spirituels, lascifs, transitant par cette esplanade mythique. Le tout donne un récit à mille et une vies.

Ed. Marsam (60 dh)




Humeur : Populisme

Hassan Hamdani

Après les syndicalistes de la culture l’année dernière, au tour des tribuns de la plèbe de monter au créneau pour critiquer le Festival de Casablanca et sa programmation internationale. Arguant de son statut d’élu du peuple, le président de la commission culturelle de la ville a organisé un putsch de la parole en monopolisant le micro lors de la conférence de presse du festival. Tandis que la populocratie divaguait, la culturocratie, représentée par Mohamed Kabbaj, wali de Casablanca, l’écoutait d’une oreille distraite à l’instar d’un ministre technocrate confronté à l’incurie d’un homme politique. Mais l’occasion était trop belle pour le tribun, on lui avait servi sur un plateau un parterre de journalistes, plus qu’il n’en verrait dans toute sa vie d’élu communal. Certains ont bien essayé de le faire taire en l’applaudissant, la technique ayant déjà fait ses preuves quand Belkhayat ne veut pas s’arrêter de chanter. Mais en vain, l’homme avait la pugnacité d’un orateur de souk et autant de coffre que Céline Dion et Lara Fabian réunies. Qu’escomptait le tribun ? Prendre les journalistes culturels en otage et attendre patiemment qu’ils soient victimes du syndrome de Stockholm ? C’est bien mal les connaître. Ces derniers ont bien souvent choisi d’écrire en fin de journal car ils se foutent de la réforme de la Constitution comme de leur premier slip kangourou. Alors que dire des diatribes de la médiocratie locale…



Le diable parmi nous
En 1557, Nostradamus a prédit l’avènement de l’Antéchrist le 6ème jour du 6ème mois de l’année 2006… John Moore l’a pris au mot et a réalisé 666, la malédiction. Pour respecter la prophétie, le film sortira le 06/06/06 dans les salles du monde entier. Superstitieux ?


Awlayellah
La taqtouqa jabaliya, voilà une musique qui quitte rarement son Nord natal. Alors quand un petit concert se prépare du côté de chez nous, on ne peut que se réjouir. La troupe de Mahmoud Masmoudi a manifestement reçu le message et elle débarque le 3 juin, à 19h, au centre culturel de l’Agdal à Rabat.


La télé belge aime le Maroc
Le 4 juin, la télévision belge lance sa toute nouvelle “Atlas est ouvert”. Une émission culturelle consacrée au Maroc. Culture urbaine, culture ancestrale, arts artisanaux ou contemporains, nouvelle scène musicale, ça brassera large. L’émission sera retransmise sur la TVM, 2M et Al Maghribia.

 
 
TelQuel : Le Maroc tel qu'il est © 2008 TelQuel Magazine. Maroc. Tous droits résérvés