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Élections 2007. L'intérieur fait la loi
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N° 229
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

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Mondial : on se foot de nous !

Le Mondial risque de ne pas être retransmis par les deux chaînes nationales ! Il faudrait pour cela, selon l'affligeant Benabdallah, la coquette somme de 110 millions de dirhams, et le Maroc ne les a pas. Voilà, la messe est dite ! Plusieurs millions de Marocains sont ainsi “abandonnés” par le gouvernement qui n'a pas 10 milliards ! Benabdallah ose même juger des centres d'intérêt du public quand il suggère que puisque l'équipe nationale est absente, nul besoin de transmettre les matchs. Arrogance, incompétence, irrespect ou simplement bêtise ? Et pourtant, les milliards de dirhams évaporés dans le CIH, la CNSS, la BNDE… ne semblent pas donner des insomnies à nos dirigeants ; le coût de la Chambre des Conseillers, au demeurant parfaitement inutile, ne dérange pas nos ministres ; aider annuellement à coups de millions de dollars des populations étrangères sinistrées est certainement plus important aux yeux de nos gouvernants que le bonheur de leur propre population. Et les déplacements royaux, ils coûtent combien à l'Etat ? Mais mieux vaut s'arrêter là… Hassan II, réveille-toi, (Eh oui ! On en est là), ils sont devenus fous !

Hassan Sijelmassi, Rabat.



Francophonie, francophobie…

Votre dossier sur l'élite francophone m'a fait réagir. D'accord pour la faillite de l'arabisation, d'accord pour cette élite qui monopolise certains postes économiques stratégiques, reste qu’être francophone n'est pas toujours un atout : j'ai plutôt eu le sentiment d'être très fortement handicapée dans l'université marocaine : les diplômes français sont sous-évalués par rapport aux anglo-saxons (un doctorat français bac+8, est l'équivalent d'un master bac+5), les postes de responsabilité rarement occupés par cette fameuse “élite francophone”, l'arabe classique est maître dans toutes les réunions, même chose pour le courrier et autres procès-verbaux déposés dans les casiers. Etre francophone m'a souvent valu une animosité larvée de certains collègues : un mélange curieux d'admiration et d'envie de pointer mon “infirmité”. Les francophones seraient les suppôts de l'impérialisme occidental, les descendants directs des colons... Les malveillances ont la vie dure.
Pourquoi donc ne pas percevoir cette présence de la langue française, produit de notre histoire, comme un plus qui nous permet, tout compte fait, de mieux intégrer l'économie mondiale ? Certains pays comme la Suisse, la Belgique, sont riches de leur multilinguisme. Le Maroc serait plus serein s'il apprenait à conjuguer ses différences et surtout serait plus avisé s'il acceptait de reconnaître l'échec d'une arabisation porteuse de valeurs rétrogrades et de frustrations extrêmes. Chaque soir, plus d'un millier d' élèves du système public se rend dans les locaux de l'Institut français pour des cours de soutien. Chacun parmi eux sait que la langue de Molière est la clé de l'emploi. Alors ne nous méprenons pas : ne fustigeons pas, ne stigmatisons pas cette élite. Aujourd'hui, il y a la place pour des élites de toutes langues. Dans le nord du Maroc, beaucoup ont opté pour l'enseignement espagnol. Que faut-il en déduire ? Que l'enseignement marocain a failli. Qu'il a répondu plus à des considérations idéologiques qu'aux réels besoins de ses citoyens. Qu'il faut une élite arabe éclairée pour former une élite arabophone... Ne parlons pas toujours de l'élite française comme de personnes qui se seraient accaparé indûment la plus grosse part du gâteau. Le système français est exigeant, élitiste, n'y réussit pas qui veut, ni qui paie. Il est normal que les meilleurs de ce système forment une élite. Ils la formeraient partout ailleurs.

Samia Barrada, professeur d’université.

 
 
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