Mondial 2006. Pagaille à la télé
Sahara. Que se passe-t-il à Tindouf ?
Élections 2007. L'intérieur fait la loi
Analyse. Le PJD et Israël
Société. La saga Ousboue Al Farass
Portrait. Un Marocain au Mondial
Bassam Tahhan. "Je plaide pour un islam protestant "
Irak. Un mini Sabra et Chatila
Tunisie. Sus aux opposants !
Financement des PME. Une reforme pour rien
Carnet de bord. Sacré festival !
N° 229
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Pages coordonnées par Chadwane Bensalmia

La semaine Culture

(DR)

Institut Français. ça écrème à Tanger

À l'institut français du Nord, les activités se font de plus en plus rares et les départs un peu plus nombreux. C'est ainsi que Nicole de Pontchara a été gentiment remerciée de son poste de commissaire du Salon du livre de Tanger (SILT). Elle serait vraisemblablement remplacée par un critique littéraire tout droit venu de France. Quant à Sanae Kanouni, chargée de l'animation culturelle au même institut, elle a tout simplement présenté sa démission. Les deux dames seraient victimes du salon du livre version 2006. Bien qu'ayant eu bonne presse, l’événement a fait l’objet d’une réunion de service, où “la qualité du
catalogue qui laissait à désirer, l’absence de signalisation dans la ville et la longueur des débats” ont été épinglées. Ce bilan, sévère, aurait décidé le nouveau directeur, Gustave De Staël, à faire peau neuve. Pas si sûr. Sur l’autre action phare de l’Institut, Les Nuits de la méditerranée, co-organisée avec l'association ATRAC, plane toujours l’ombre de l’ex-directeur de l’Institut. En effet, son assistante directe et épouse, Chantal Larguier, sert actuellement de “conseillère officieuse” au président de l’ATRAC, Larbi Rmiqi. “Elle m’aide amicalement dans mes contacts”, confie-t-il. Or, la participation de Mme Larguier à l'organisation de l'édition 2006 des Nuits de la méditerranée n’est pas perçue d'un bon œil par l'actuel directeur, partenaire à part entière de l’événement. Pourtant, l’opération est bel et bien lancée. Mais dans quelle ambiance !


Album. Barry n’îch

On ne s’endort pas avec Sleeping System. Le premier album en bonne et due forme de ce would l’hay au sourire omniprésent, et co-produit par TelQuel et Sigma Technologies, est un joli coup. Pochette gourmande, enregistrement nickel, accords rebondis accompagnés des arrangements virtuoses de Karim Ziad et de la voix lumineuse de la chanteuse Oum (“Chkoun N’touma”), onze titres travaillés exploitant les alliances standard de la fusion, malgré quelques expériences hasardeuses (timbre hésitant sur “Hchouma ya l’aârab”, tentation R’n’B sirupeuse avec “Ard Zitoune”)… En bref, un opus réussi. Dommage que l’ingéniosité de certains titres, comme le punchy “Johnny Walker Bush” et la très belle ballade “Chachia”, le disputent à d’autres un peu trop avidement pompés des deux références évidentes de Barry : Gnawa Diff (“Aâ’lach l’ghorbal”, “Sleeping System”) et Ifrikya (“L’Khala”). Inspiration, d’accord. Mais de là à tenter d’imiter le timbre de ses mentors…


Concert. Rotana connection

L’été sera chaud dans les tee-shirts et les maillots… Elissa is back to Morocco. Après avoir chauffé à blanc le public populo d’El Hank et d’El Bernoussi, lors du dernier Festival de Casablanca, elle vient titiller l’assistance plus cossue du Mégarama. Numéro 1 des ventes en Egypte depuis 4 mois, grâce à son dernier album Bastanak, la concurrente de Nancy Ajram et Haïfa caracole également en tête dans les Emirats Arabes Unis et joue placée au Koweit. Comme l’écrivait un internaute, Elissa c’est le “charme oriental au-delà de l’écoute”. Ou le charme oriental sans l’écoute, c’est juste une question d’oreille.

Les 16 et 17 juin au Mégarama.



Exposition. Sacré art

Trois artistes peintres marocains, Mounia Touiss, Tibari Kantour et Abdelhaï Diouri prennent part à la première biennale de Turin, à l’orientation fort singulière. Baptisée Assalamou Alaykoum et cherchant un dialogue pour la paix, l’exposition regroupe 20 pays et les œuvres de quelque 35 artistes dans trois temples des trois religions (la moschea della pace, la synagoga di Torino et le sermig -arsenal de la paz). L’expérience insolite a amené les dignitaires religieux à faire des arbitrages. Les musulmans ne voulaient pas de figuratifs, et surtout pas de nu dans la mosquée. Les juifs sont tout aussi frileux au sujet des sculptures. Quant aux chrétiens, ils se sont montrés plus ouverts. Dès l’inauguration, le circuit des trois temples a attiré une foule de curieux. Vu l’affluence que connaît l’événement, organisé par l’association Ibn Sina sur place, il continue jusqu’au 18 juin. Pour la beauté de la paix.


Tournage. Les Anges dérange

Quelques chaises pliantes, une poignée de caméras et une ribambelle d’acteurs charbonnés aux pics hérissés sur des vestes à la Matrix : une fois backstage en ce jour de Boulevard, difficile de louper l’équipe des Anges de Satan. Le nouveau film d’Ahmed Boulane, qui revient sur l’obscure “affaire des 14 musiciens” vue à travers l’œil d’un journaliste, fait déjà grincer des dents. Epouvantés par le look halloweenesque et folklorique des protagonistes, en total décalage avec l’image des musiciens emprisonnés, de nombreux observateurs ont crié à l’imposture et à l’opportunisme, sans manquer de mettre Boulane en boule. Le réalisateur de Ali, Rabia et les autres, qui dit s’être fait agresser in situ par deux des vrais “14”, fulmine : “Cette histoire ne leur appartient plus mais le scénario m’appartient. Toute fiction implique une certaine déformation de la réalité. Je suis fidèle aux faits juridiques. Je défends la liberté et la justice. J’aurais aussi bien pu parler d’autre chose que je m’y serais pris de la même manière”. Un ange passe…


L’Boulevard. Le cru 2006

Dans un tremplin, certains sautent plus haut que d’autres ! Levons-nous tout d’abord pour la capitale, dont la nouvelle scène s’enhardit avec trois groupes sur le podium : Mobydick, rappeur prometteur goulu de IAM comme la baleine blanche de marins romantiques ; l’énergique Z.W.M. et leur punk rock brut de coffre pimenté de ska ; les quatre compères de Anarchy, qui arborent sans fard leur passion grunge façon Seattle ; point de Meknès on top of hip hop cette année, puisque c’est le quatuor de MC’s fassis Shabka, gangsta rap à fond les ballons, qui remporte la seconde palme rap de Boulevard 2006 ; les Wailers Maroc de Kénitra prouvent que l’audace (de se nommer ainsi !) finit par payer, grâce à leur reggae-gnaoui teinté de blues et de flamenco ; et la Caravane de Mohammedia montre, elle, qu’elle risque de passer, et passer encore…


Dessin animé. Fantasia del Miricane

Fantasia, vous vous rappelez ? Des balais qui marchent, des hippopotames qui dansent, un ballet de fées, le tout sur du Bach et Beethoven merveilleusement dirigé sous la baguette de Stokowski, célèbre chef d’orchestre britannique. Sans oublier Mickey Mouse, tour à tour chef d’orchestre puis apprenti magicien se laissant dépasser par les évènements. Sorti en 1940, Fantasia, le 3ème long métrage d’animation des studios Disney, est devenu un classique du 7ème art. Faisant appel à nos sens, c’est le résultat d’une fusion parfaite entre musique classique et animation, ce qui parvient curieusement à ravir les enfants. Fantasia a traversé les années sans prendre une ride, aussi les plus jeunes découvriront-ils un dessin animé magique. Et pour les plus grands, ce sera unecure de jouvence.

Les 14 et 17 juin à 15h à l’IF de Rabat.



Djing. Nayda mâa Nadia

Annoncée comme une future pointure du Djing, Nadia, marocaine des Pays-Bas, vient de sortir son premier album le 28 mai dernier. Oriental Flavour , opus autoproduit, mêle chaâbi et raï, “nashat ou chteh” dixit DJ Nadia qui a découvert sa vocation il y a 3 ans, lors du mariage de sa sœur où elle s’est installée aux platines pour ne plus les quitter. “ça a été difficile de percer dans ce milieu très masculin” précise cette dernière, présentée comme la première DJ femme et marocaine. Mais la machine est désormais lancée pour Nadia, qui prépare déjà son second album dont la sortie est prévue en décembre 2006. Cette fois-ci à base de charki. Oriental Flavour, son premier opus, n’est pas encore disponible au Maroc, mais DJ Nadia l’annonce dans les bacs marocains pour cet été. On attend d’écouter….


Clip. Casa Crew à la rue

En voilà un qui n’a pas la caméra dans sa poche. Après avoir signé les clips de H-Kayne et MC Jo, l’ingénieux DJ Key récidive avec la mise en image, version numérique et système D, du titre de Casa Crew “Men zanka l’zanka”. Début mai dernier, les quatre rappeurs ont invité leurs potes tangérois Zanka Flow et leurs voisins casablancais Bizz Tout Risque et Hel Louaf pour ce tournage entre les rues de Hay Mohammadi et Bournazel. Diffusable et téléchargeable en exclusivité sur www.raptiviste.net, ce clip sera bientôt suivi d’un prochain : dimanche 10 juin, DJ Key posera son matos à Platinium, la boîte de Skhirate, pour tourner “Bled”, le nouveau morceau d’Azed avec Bigg et Ahmed Soultane en featuring. On danse déjà.


Le livre.

Il y a des écrivains qui enfantent leurs textes, les laissent à l’ombre, et un jour les sortent de l’anonymat. C’est ce qu’a fait Rita El Khayat avec La liaison. Longtemps apparenté à sa narratrice, Tywaline -nom de femme voulant dire en berbère “mes yeux”-, le roman retrouve finalement son identité. Histoire tumultueuse d’un couple par delà les normes sociales, d’un corps libéré du prisme patriarcal, d’un amour à sens unique, d’une déchirure que nul geste ne pourrait raccommoder, d’un passage à l’acte systématique, ennuyeux, dépourvu de passion et d’un enfant tiraillé par ce couple à la liaison improbable. Ecrit en spasmes, comme une douleur mal pansée, ce roman est un cri du corps.

Ed. Aïni Bennaï (100 dh)




Humeur : Du pain et des jeux

Hassan Hamdani

Finalement, le bonheur c’est simple comme un coup de fil. Il a suffi d’une intervention de Mohammed VI pour offrir aux Marocains un petit bout de cette Coupe du Monde dont ils allaient être privés. Le pays a poussé un ouf de soulagement à la bonne nouvelle, lui qui se prenait des bad news sur la gueule depuis 15 jours. Derb Ghallef s’était révélé sous son vrai jour, ce n’était pas une secte de hackers capable de casser tous les codes télé du monde mais tout au plus un centre commercial à ciel ouvert où les commerciaux de la téléphonie mobile s’en donnaient à cœur joie. Nabil Benabdellah, quant à lui, avait été on ne peut plus clair : nous pas flouss, toi regarder Ousboue Al Farass. Autant dire que les Marocains ont accueilli le geste du roi avec la joie d’un prisonnier face à une grâce. Ce scénario happy-end téléphoné ne choquera que les démocrates qui préfèrent Socrate à Socrates, tout imprégnés de culture droit-de-l’hommiste au point de s’en gargariser avant de se mettre au lit. Quant aux autres, point d’interrogations tarabiscotées, il n’est pour eux qu’un Dieu, le ballon rond et Ronaldinho et son prophète. Ils le vénèrent à domicile et au café, loin des stades, un petit peu plus agités que la moyenne, mais pas dangereux pour un sou. Tant que la FIFA ne les prive pas de foot. Même un commentateur sportif débile (excusez le pléonasme) connaît cette règle du foot marocain. Donnez un stade à un rajaoui ou un wydadi, il vous brûle une douzaine de bus. Privez un téléspectateur de son match, il vous incendie une ville. Comme quoi les cadeaux, c’est pas toujours gratuit...



Test du Sida pour Morjana
Morjana Alaoui, actrice principale de Marock, effectuera un test de dépistage du sida, ce samedi, au siège de l’Organisation panafricaine de lutte contre le sida (Opals), dans le cadre des activités très people de l’association Ruban Rouge. Après la polémique Marock, ce test “engagé” risque d’être très médiatisé.


Abonnés absents
De la Soul, invité vedette du BJM, est arrivé à Casa sans l’un de ses membres qui a raté l’avion aux Etats-Unis. Qui plus est, le jour de la conférence, un autre membre de la formation ne s’est pas présenté. Il ne s’était pas réveillé, ayant trop fait la fête la veille à la Bodega et au Manhattan.


Al Jasmy en concert
ça rotanise à tout va, cet été au Maroc. Hussain Al Jasmy, star émiratie de la chaîne musicale sera au Maroc cet été pour deux concerts, respectivement au Mégarama le 10 août et au Palais des congrès de Marrakech le 12. Il devrait également se produire à Agadir à une date non encore déterminée.

 
 
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