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N° 229
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Par Khalid Tritki

La semaine Économie

Hicham Sedki. (DR)

Justice. Attijariwafa épinglée

La Cour d’appel de Casablanca a condamné, en première instance, Attijariwafa bank pour escroquerie. Selon les faits relatés dans l’acte de jugement, l’ex-BCM avait proposé à Hicham Sedki, patron de Neorest SARL, de prendre le club de golf de Bouznika Bay en location. Celui-ci accepte et un contrat est signé en 2002. Ce document précise que la banque a une promesse de vente de la part de la famille Basri et de ses associés dans Capri, la société aménageur du site de Bouznika Bay. Or, cette vente n’a jamais eu lieu et la banque est toujours en contentieux avec Capri. Au moment de l’établissement du contrat de
bail, Hicham Sedki ignorait ces détails. Il prend effectivement le club en gestion et investit plus de deux millions de dirhams pour le mettre à niveau. Quelques mois après son ouverture, la gendarmerie débarque lui signifiant que le club ne disposait pas de licence d’alcool. Sedki en parle à la banque qui lui promet d’arranger les choses. Coup de théâtre : un beau matin, des vigiles débarquent et mettent le club sous scellés. La banque a pris les choses en main, faisant fi du contrat signé avec Sedki. Ce dernier tente de régler le problème à l’amiable, la banque fait la sourde oreille. “La banque a même tenté de faire couler mes autres affaires en exerçant des pressions sur mes associés arguant que j’étais insolvable et fou de m’attaquer à la banque du sultan”, précise Sedki. Finalement, “le fou” s’est tourné vers la justice qui lui a donné gain de cause.


Pétrole. L’indexation en préparation

Les sociétés de distribution, la Samir et le département en charge de l’énergie négocient actuellement une nouvelle grille tarifaire pour les produits pétroliers. “Le but est d’entamer le processus d’indexation en amont”, précise une source proche du dossier. Autrement dit, l’indexation et donc la répercussion à la pompe des prochaines hausses du prix du pétrole. À noter que la date d’application de la nouvelle grille est toujours inconnue. Rappelons que l’indexation devra mettre un terme ou, au pire, diminuer le poids de la compensation. L’Etat a versé en 2006 aux sociétés de distribution de produits énergétiques quelque 5 milliards de dirhams pour éponger les arriérés 2005. Il lui reste un reliquat de 400 millions de dirhams à verser avant fin juin. Un autre chiffre parlant : le déficit de la caisse de compensation a atteint, à fin 2005, 7,4 milliards de dirhams. Et il a fallu programmer 12 milliards de dirhams dans le budget 2006 pour que celui de la caisse repasse au vert.


Sidérurgie. OPA sur la Sonasid

L’enseigne NSI (nouvelles sidérurgies industrielles), regroupant les actionnaires de référence de la Sonasid, la plus grande usine sidérurgique du pays, a présenté au CDVM (Conseil déontologique des valeurs mobilières), début juin, une offre publique d’achat (OPA) sur les actions de la Sonasid. Le régulateur a donc suspendu la cote des titres. Le CDVM a dix jours pour dire son dernier mot sur l’opération qui clôturera le rapprochement entre Sonasid et le Français Arcelor. Ces derniers ont en effet signé un accord de partenariat qui a donné lieu à la création de NSI qui détient désormais 64,85% du capital de la Sonasid, le reste étant partagé entre institutionnels et flottant en bourse.


Textile. Le secteur va nettement mieux

L’Association marocaine des industries du textile et de l’habillement (Amith) annonce une progression des exportations pour les quatre premiers mois de 2006. En effet, les chiffres publiés sur le site de l’Office de changes démontre que la hausse a été de 10,9% pour les vêtements confectionnés et 6,9% pour la maille. La tendance haussière se confirme également sur les marchés européens et américains, à l’exception de quelques revers sur les marchés britannique et allemand. Mais dans l’ensemble, le secteur a su faire face à la concurrence internationale grâce à son dynamisme et à son positionnement sur l’innovation et le cycle à court terme. Des enseignes, comme Marwa, qui ont opté pour le concept de la franchise, s’attaquent à des pays européens. Bientôt des magasins portant enseignes marocaines ouvriront au cœur de Paris.


Jeunes promoteurs. L’Etat fait une fleur

Selon un communiqué du ministère des Finances, les jeunes en difficulté de remboursement concernant la part étatique des crédits dans le cadre des systèmes ‘soutien aux jeunes promoteurs’ et ‘jeunes promoteurs’, ont jusqu’au 30 juin 2006 pour déposer des demandes auprès des banques pour bénéficier de facilités de paiement. Ce genre de crédit avait en effet deux tranches, l’une accordée par l’Etat et l’autre, complémentaire, par les banques. Si la partie étatique va être réglée, qu’en est-il des crédits accordés par le privé ? C’est la question que se posent des promoteurs qui, faute de pouvoir honorer leur contrat, ont plié bagage vers des cieux plus cléments. Selon des sources proches du dossier, des négociations seront bientôt entamées pour trouver une solution à ce problème. Affaire à suivre.



Précision.

Dans notre édition N°228, nous avons cité Layalits et Captiva parmi les enseignes qui ont mis fin à leur contrat de franchise. Cette information a été reprise à partir d’une étude réalisée par le ministère de l’Industrie et du Commerce et qui a été distribuée, sous format CD, lors du salon de la Franchise de Barcelone. Après la publication de cette information, aussi bien Layalits que Captiva ont infirmé les conclusions de l’étude du ministère soutenant qu’elles sont en plein développement et que, contrairement à ce qui a été annoncé dans notre édition, elles n’ont mis fin à aucun contrat de franchise.



Billet. Les procès fleuves

Khalid Tritki

Le Maroc va entamer un autre feuilleton judiciaire. Des sources fiables parlent en effet du transfert imminent du dossier de la CNSS (Caisse nationale de la sécurité sociale) vers la Cour d’appel de Casablanca. Dès qu’on m’a communiqué cette information, mon premier réflexe a été de demander combien de temps cela durera. Au Maroc, certains procès sont rapides et fluides, d’autres sont lents et tortueux. La complexité des dossiers n’y est pour rien. Le tribunal est fait pour traiter des questions complexes. Le problème réside dans le traitement politique des dossiers litigieux. Un dossier passe par plusieurs filtres avant d’atterrir devant le juge. L’objectif est de voir qui implique qui, s’il faut aller au-delà de certaines têtes puissantes, s’il faut éviter de citer un proche du roi, voire même si le roi verrait d’un bon œil que le linge sale se lave en public… Tout cela prend du temps. Ces tracasseries stériles pourraient être évitées. Un géant de l’industrie nationale, très proche des cercles du pouvoir, m’a un jour soufflé une solution très simple : s’il y a réellement une volonté d’assainissement, l’Etat doit proposer des règlements à l’amiable avec remboursement des deniers détournés ou dilapidés car tout le monde, proche ou non du pouvoir, s’est sali les mains. Et sur plus de 50 ans d’indépendance, cela fait du beau monde à mettre sous les verrous. Mieux vaut encaisser que de faire supporter au contribuable des procès fleuves.




OFF.

Le secteur des laboratoires d’analyse de produits alimentaires est en effervescence. Des médecins et pharmaciens réalisent des extensions de leurs laboratoires pour investir le domaine des analyses dans le secteur alimentaire. Précisons également qu’Ahmed Essadki, expert international en la matière et auteur d’un livre sur la répression des fraudes, ouvre de nouveau son laboratoire sis boulevard Mohammed V à Casablanca.



OFF.

Des Iraniens font du prospect dans les secteurs de la pêche et du tourisme. Selon des sources diplomatiques, la République islamique serait intéressée par l’achat des produits de la mer et, éventuellement, l’implantation de projets touristiques au sud de Laâyoune. Aucune indication n’est fournie sur le type de tourisme visé ni sur les promoteurs qui souhaitent le prendre en charge.

 
 
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