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N° 229
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Par Abdeslam Kadiri

La semaine Monde

Lors d’un briefing, le major
général Caldwell montre
la photo de Zarqaoui mort. (AFP)

Irak. Zarqaoui est mort

La mort annoncée de Zarqaoui a fait l’effet d’un séisme en Irak. “Al-Zarqaoui a été éliminé”, a annoncé, jeudi 8 juin, lors d’une conférence de presse à Bagdad, le premier ministre irakien Nouri Al Maliki. Le chef présumé de la branche irakienne d’Al Qaïda aurait été tué avec sept autres personnes lors d’une opération des troupes irakiennes et de la force multinationale.
Le commandant des forces américaines en Irak, le général George Casey, a indiqué que le terroriste jordanien avait été tué au cours d’un raid aérien contre un repaire près de Bakouba, à 60 km au nord de
Bagdad, “mercredi soir à 18h15”. Selon le militaire, Zarqaoui “allait participer à une réunion à quelque 8 km au nord de Bakouba”. Son corps a été identifié “grâce à ses empreintes digitales, son visage et ses cicatrices”, et “l’un de ses lieutenants, son conseiller religieux cheikh Abdel Rahman, a été tué à ses côtés”, a-t-il précisé, tout en estimant que l’organisation du Jordanien restait opérationnelle. Le président américain a annoncé immédiatement une conférence, prévue mardi prochain, entre les administrations américaine et irakienne, pour évaluer les besoins irakiens et le rôle des Etats-Unis en Irak. Pour Maliki, la mort de Zarqaoui “est un message à tous ceux qui choisissent la voie de la violence, pour qu’ils changent de direction, avant qu’il ne soit trop tard”.
Zarqaoui a ordonné un grand nombre d’attentats-suicides contre la majorité chiite irakienne et était soupçonné d’avoir décapité deux otages américains. On l’avait cru mort en mai 2005, mais il n’était que légèrement blessé. Passé en Irak depuis l’Afghanistan, avant même l’invasion américaine en mars 2003, il avait récemment réussi à fédérer autour de lui plusieurs groupes armés salafistes. Il était l’homme le plus recherché par les Etats-Unis en Irak. Washington avait mis sa tête à prix pour 25 millions de dollars – soit autant que celle d’Oussama Ben Laden, à qui le Jordanien avait fait allégeance. Par ailleurs, cette semaine 600 détenus ont été libérés par les autorités irakiennes. De son côté, l’Italie a promis de retirer ses troupes d’Irak avant la fin de l’année.


Vols secrets. La complicité de l’Europe

Un rapport du Conseil de l’Europe, publié jeudi à Paris, a épinglé le Vieux-Continent pour sa complicité avec la CIA dans l’affaire des vols secrets. Dirigée par le parlementaire suisse Dick Marty, l’étude indique que quatorze Etats européens ont collaboré avec l’agence et toléré le transfèrement par avions de terroristes présumés. Sont notamment visés la Suède, le Royaume-Uni, l’Italie, l’ex-Macédoine, l’Allemagne et la Turquie. Le rapport estime que d’autres Etats peuvent être” tenus pour responsables de collusion – active ou passive – en matière de détentions secrètes et de transferts interétatiques illégaux” : la Pologne, la Roumanie, l’Espagne, Chypre, l’Irlande, le Portugal et la Grèce. D’après Dick Marty, des avions se seraient fréquemment posés en Roumanie et en Pologne, en provenance ou à destination de Bagdad, Kaboul, Alger, Rabat, Le Caire, Guantanamo. Royaume-Uni, Espagne, Pologne et Roumanie ont rejeté les conclusions du rapport.


Canada. Coup de filet antiterroriste

Même un havre de paix comme le Canada a failli basculer dans l’horreur des attentats. 17 personnes ont été interpellées le week-end dernier car elles auraient planifié des attentats dans le sud de l’Ontario. La cellule, a été démantelée après avoir pris livraison de trois tonnes de nitrate d’ammonium, un engrais chimique pouvant servir à la fabrication d’explosifs. La police qui avait intercepté la commande, avait remplacé le nitrate d’ammonium par un produit inoffensif. Les suspects, pour la plupart proche-orientaux, ont vingt ans en moyenne et vivent près de Toronto. Leur plan aurait été de prendre d’assaut le bâtiment du Parlement à Ottawa, d’y prendre des otages et de les tuer, y compris le premier ministre, Stephen Harper, si leur exigence d’un retrait des troupes canadiennes d’Afghanistan n’était pas satisfaite.


Irak. 600 détenus libérés

Pour favoriser la réconciliation nationale, les autorités irakiennes ont relâché 600 prisonniers. Le premier ministre Nouri Al Maliki a même parlé de plus de 2 000 futures libérations. Au 30 avril, 28 700 personnes étaient emprisonnées. Ces libérations interviennent alors que 21 personnes sont mortes mercredi à travers le pays.
Par ailleurs, le ministre des Affaires étrangères italien, Massimo d’Alema, en visite à Bagdad, a confirmé le retrait avant la fin de l’année de tous les militaires italiens envoyés en Irak par le précédent cabinet de droite. En trois ans, 31 militaires italiens sont morts dans cette guerre devenue impopulaire en Italie. Le ministre a pourtant souligné la volonté de Rome de continuer à coopérer avec l’Irak aux niveaux politique et économique.


Somalie. Les tribunaux islamiques ont l’avantage

Les tribunaux islamiques marchent sur Mogadiscio. Ils ont mis en déroute Mohammed Qanyare Afrah, l’un des piliers de l’Alliance pour la restauration de la paix et contre le terrorisme (ARPCT), constituée en février. L’Alliance, soutenue par Washington, a donc perdu la bataille de Mogadiscio malgré les millions de dollars versés par les services secrets américains aux chefs de guerre.
En face, les tribunaux islamiques ont bénéficié de fonds versés par des hommes d’affaires somaliens et par des organisations arabes, ainsi que de livraisons d’armes. Les 11 000 miliciens s’aventureront à prendre d’autres villes, voire pays (Yémen, Arabie saoudite) ?


Palestine. Le référendum impossible

Le Hamas et le Fatah tomberont-ils d’accord pour la tenue d’un référendum sur un texte de sortie de crise ? Rien n’est moins sûr. Alors que le président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, avait annoncé, mercredi matin, qu'il fixerait dans “un ou deux jours” la date d'un référendum sur le document d'entente nationale, le mouvement islamiste Hamas et le Jihad islamique ont réaffirmé qu’ils sont opposés à un tel texte qui prévoit une reconnaissance implicite d’Israël, s’abstenant toutefois d’appeler au boycott. Précisément, le texte porte sur un “document d’entente nationale” élaboré par des cadres de différents groupes palestiniens détenus par Israël et prévoyant la fin des attentats en Israël et une reconnaissance de l’Etat juif, ce que le Hamas rejette. Mahmoud Abbas a décidé d’organiser cette consultation sans précédent après l’échec d’un “dialogue national” sur une plate-forme politique commune.



Lu pour vous.
La voie Royal

Christian Merville, L’Orient le jour, le 6 juin

La nouvelle Jeanne d’Arc est arrivée. Ou plutôt elle est de retour, promettant de libérer la France, non plus de ces maudits Anglais, mais d’une morosité qui les corsète et plombe leur économie. Cette fois, elle s’en va à la conquête de l’Élysée avant même que de s’imposer aux éléphants d’un parti tout aussi réticent que l’étaient jadis les nobliaux du roi Charles VII aux ambitions de la Pucelle.
Ségolène Royal a bénéficié de l’effet de surprise, qui lui permet aujourd’hui de caracoler en tête des sondages. Au sein du PS, François Hollande, son compagnon à la ville, fait figure de poids plume face à ce bulldozer qui a déjà cassé pas mal de porcelaine dans le magasin politique français.
Fille de colonel, c’est à la hussarde que la présidente de la région Poitou-Charentes a gagné sa place dans la bataille présidentielle. Elle a commencé par chasser sur les terres de Nicolas Sarkozy. Et c’est vrai qu’elle ne s’embarrasse pas de scrupules, ratissant large à l’UMP, mais, à l’autre bout de l’échiquier, démolissant ce qui hier encore faisait la fierté de sa formation, ces 35 heures que l’on doit au Parti socialiste..
Ses partisans disent que son approche des grands problèmes est teintée de pragmatisme. (…) Les réticences de ses pairs ? La peur du FN ? L’intéressée n’en a cure. Après tout, en dix-sept ans de vie publique, elle a remporté dix consultations populaires. Mais la baraka, cela peut vous lâcher à tout moment...



VITE !

L’Union européenne va débloquer pour la Mauritanie le programme d’aide , en partie gelé après le coup d’Etat de Vall d’août 2005. L’aide pour la période 2002-2007 se monte à 116,9 millions d’euros, dont seulement 53 % ont été débloqués jusqu’à présent.

 
 
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