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N° 230
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Par Khalid Tritki

La semaine Économie

Logements sociaux en
construction à Casablanca.
(AIC PRESS)

Immobilier. Addoha à la cote

Le groupe immobilier Addoha entre, ce jeudi 15 juin, en bourse. Une première pour le secteur immobilier. La règle économique veut qu’une place boursière reflète la structure économique du pays. Celle de Casablanca ne respecte pas ce paramètre. L’absence de l’immobilier, l’un des piliers de l’économie marocaine, était une faiblesse que le groupe Addoha répare, enfin. À quoi est due cette exception ? Le spécialiste du logement, toutes gammes confondues, a de quoi séduire. En 2005, les capitaux propres du groupe s’élèvent à 1,76 milliard de dirhams, en hausse de 44,4% par rapport à 2004. La croissance de son
résultat net s’établit en moyenne à 33,3% entre 2003 et 2005. En clair, le groupe dégage beaucoup de cash et surtout des bénéfices. C’est principalement dû à la montée en régime de la cadence de construction et de vente des programmes sociaux. Avec une capacité de construction de 15 000 logements par an, Addoha caracole en tête du classement et a les coudées franches pour tirer profit du marché et ce, bien avant la concurrence. La conjoncture lui est favorable puisque le gouvernement maintiendra la cadence de livraison de 100 000 logements par an sur une période de cinq ans. Cela implique la mise à disponibilité du foncier nécessaire mais aussi des mécanismes de financement et de garantie pour stimuler la demande.


Forum associations-entreprises. Plus haut, plus fort

Le forum associations-entreprises revient cette année sous une nouvelle formule. La commission sociale de la CGEM s’est adjugé la collaboration d’un “coureur de fonds” : la Banque mondiale. Cette dernière a déployé sa grosse machine, déjà à plein régime avec l’INDH, pour bien affiner les programmes du forum et les élargir au reste du pays. Cette année, les propositions seront axées sur un thème : la jeunesse et le développement. Sur les 1000 projets déposés, entre 150 et 200 seront sélectionnés et présentés en séance plénière en novembre prochain. Les organisateurs comptent beaucoup sur la participation des PME pour dépasser cette idée consacrée qui veut que “ce sont toujours les grandes entreprises qui donnent”. Les candidatures ne passeront plus uniquement par le Réseau des associations de quartier (RESAQ). But : donner leur chance à d’autres associations qui ne veulent pas transiter par un réseau.


Douane. Sauvée par la TVA

La douane perd des sous d’une année à l’autre, démantèlement tarifaire oblige. Au terme des quatre premiers mois de 2006, les recettes générées par les droits de douanes ont atteint 4 milliards de dirhams, en baisse de 2,3% par rapport à 2005. Le service des statistiques de la direction des douanes et des impôts indirects explique ce recul par la chute des droits d’importation (2,5%), passés de 3,88 millions de dirhams à 3,78 millions de dirhams. En revanche, dès qu’on ajoute la TVA, la barre des recettes se redresse et les rentrées globales affichent une hausse de 5,3%, (16,2 millions de dirhams sur les quatre premiers mois de 2006). La TVA y contribue à hauteur de 6,8 millions de dirhams. Quant aux recettes des Taxes intérieures de consommation (TIC), elles ont quasiment stagné à 4,7 millions de dirhams.


Dartawfir.ma Boursicoteurs on line

Le groupe Casablanca Finance Group (CFG) lance un nouveau site pour les activités boursières. Attention, ce n’est pas une plateforme web comme les autres. Le site dartawfir.ma est une construction virtuelle qui permet d’effectuer toutes les opérations boursières en temps réel. Les férus de la cote peuvent ainsi ouvrir un compte liquide pour une période déterminée, se renseigner sur les valeurs boursières et passer des commandes d’achat ou de vente. L’analyse des rendements des OPCVM et des Sicav aidant, l’internaute prend des décisions en tenant compte des évolutions chiffrées des performances des entreprises cotées. De plus, le site allie facilité et opérabilité. Les profanes s’y retrouveront, les pros également. CFG en profite aussi : en plus d’attirer une clientèle plus large, il réalise des économies de temps et d’argent.


Tourisme. Benjelloun dans la course

Othman Benjelloun a du mordant. Juste après l’annonce de la création du premier fonds d’investissement pour le tourisme par Attijariwafa bank, la CDG, la BCP et l’Etat, le groupe Benjelloun sort de sa réserve en annonçant la création d’un fonds similaire. La BMCE Bank et la RMA Watanya proposent en effet un fonds de 2,2 milliards de dirhams en fonds propres. Si on y ajoute une enveloppe équivalente sous forme de prêts, le fonds représentera 5 milliards de dirhams. Un joli pactole qui permet au groupe Benjelloun de rester dans la course face à Attijariwafa et la CDG qui se taillent la part du lion sur tous les projets de grande envergure. Le nouveau fonds sera destiné à la construction d’une dizaine d’établissements de 3, 4 et 5 étoiles. Bon courage.


Industrie. L’énergie et les mines reculent

Le Haut commissariat au plan livre ses derniers chiffres sur l’industrie. Selon lui , l’indice de la production industrielle a progressé de 4,1% au cours du premier trimestre 2006 ce qui n’empêche pas l’indice de la production minière d’enregistrer une diminution de 3% sous l’effet de la baisse de la production des minerais métalliques (-2,5%) et de celle des minerais non métalliques (-3,1%) dont les phosphates (-3,5%). En outre, l’indice de la production énergétique a reculé de 1,1%, une régression due principalement à la chute de production dans le raffinage de pétrole (-9,5%). Une note positive pour terminer, l’énergie électrique, elle, tire son épingle du jeu en affichant une progression de 4,6%.



Billet. La pêche ou la primature

Khalid Tritki

Trop, c’est trop. Unanimité est faite sur la crise aiguë que vit le secteur de la pêche. Le comble est que le ministère de tutelle ne la voit pas. Pour lui, elle est exagération, fiction, ou pire, action de lobbying pour que les généraux et les privilégiés du secteur s’enrichissent davantage. Il est vrai que la pêche dans sa globalité, le segment de la hauturière tout particulièrement, a nourri des privilégiés et couvert des abus. Mais qui a permis cela ? L’Etat. Si le secteur se débat aujourd’hui dans une spirale mortelle, c’est que l’Etat l’a pourri. Certes, les opérateurs ne sont pas tous des lumières, il n’en demeure pas moins que face à un Etat quasi absent, ignorant et manipulateur, le marché ne pouvait produire que des rentiers avides. Des exceptions existent et qui maintiennent vivant l’espoir de voir la pêche devenir un domaine transparent, modèle pour l’économie nationale. Le tableau n’est pas complètement noir. La pêche peut s’en sortir si les politiciens et les arrivistes ne s’en mêlent pas. La pêche peut se redresser si Mohand Laenser met un peu de côté ses ambitions de premier-ministrable et prend le taureau par les cornes. Mais il ne le fera pas. La preuve : les licences de pêche au thon qu’il vient d’accorder, sans appel d’offres et dans la discrétion la plus totale, à une poignée de privilégiés. Si c’est cela son style de gestion, qu’est-ce que cela sera quand il sera au poste de premier ministre !




OFF.

La Caisse de dépôt et de gestion a créé une société spécialisée dans les investissements sportifs. Cette structure gérera ainsi le partenariat que la CDG entretient avec le club rbati FUS (Fath union sportive). Une question demeure en suspens : la Caisse envisage-t-elle d’aller plus loin dans le sponsoring sportif ou ne cherche-t-elle qu’à structurer ses partenariats actuels.



OFF.

Remue-ménage au sujet du Conseil supérieur de la concurrence. Selon des sources fiables, le gouvernement subit des pressions pour le réactiver. La tension augmente sur ce dossier depuis que l’ONA a subi de plein fouet les effets de la libre concurrence, notamment pour les huiles de table.

 
 
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