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Guantanamo. Trois suicides de trop
Irak. Les dernières heures de Zarqaoui
Élections. La guerre des patronnes
Lazywall. Le mur du son
Tanger. Cinéma Rif, le retour
N° 230
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Chef des actualités : Karim Boukhari

La semaine Maroc

Mohamed Abbadi,
membre dirigeant d’Al Adl
(ALJAMAA.COM)

L’Intérieur vs. Al Adl. Le tour de vis

L’Etat semble avoir recadré sa stratégie dans le bras de fer qui l’oppose, depuis plusieurs semaines, à Al Adl Wal Ihsane. C’est désormais à un tour de vis (des autorités) que l’on assiste. A Oujda, là où tout avait démarré avec l’organisation des premières journées portes ouvertes de la Jamaâ, des poursuites pénales ont été engagées contre Mohamed Abbadi, l’un des ténors du “parti”, et certains de ses proches. La première audience est prévue le 29 juin. Aussi surprenant que cela puisse paraître, ce “dérapage” semble répondre autant aux vœux des autorités qu’à ceux de la Jamaâ. La maison de Abbadi, qui abritait les
activités régionales de la Jamaâ, a été une première fois mise sous scellés, un acte non assorti d’une décision de justice. Abbadi et les siens ont donc violé cet acte illégal, ce qui leur a valu d’être interpellés puis relâchés. Et voilà que, par la suite, la maison a de nouveau été mise sous scellés, cette fois-ci après arrêté de justice. Abbadi a de nouveau brisé les scellés, résultat : il a été arrêté et présenté à la justice. Notons, par ailleurs, que le local (une autre maison d’un particulier) de la Jamaâ à Nador, a été lui aussi mis sous scellés, sur décision de justice. Sachant que les “adlistes” ne manqueront pas de briser les scellés, cela signifie que de nouvelles poursuites pénales sont dans l’air. Autre nouveauté qui laisse supposer que les autorités sont passées à l’offensive : désormais, même les réunions dites “majaliss annassiha”, des round-up plus religieux que politiques généralement tenus après la prière du soir, sont investies par les forces de police, alors que seules les journées portes ouvertes (actuellement abandonnées par la Jamaâ) étaient le théâtre d’interpellations.


Sebta et Melilia. L’Espagne se mobilise

Un groupe constitué de 61 ONG espagnoles vient de se mobiliser pour dénoncer “la construction de clôtures autour de Sebta et Melilia, favorisant les abus contre les immigrés désireux de traverser la frontière”. Sur le terrain, la construction d’un 3ème grillage, d’une tour de contrôle dotée de lumières aveuglantes d’une portée de 125 mètres, la mise en place par les Marocains de fossés “moyenâgeux” permettant d’attraper les migrants potentiels, sont perçus par les défenseurs des droits humains espagnols comme contraires aux standards internationaux. Avec des grillages de 6 mètres inclinés à 10 degrés vers le Maroc, les associations craignent plus de morts et dénoncent le chantage économique auquel la situation donne lieu. Bon à savoir à un mois du sommet euro-africain.


Incroyable. Tribunaux en danger

Les tribunaux marocains ne sont pas forcément des endroits “sûrs”, surtout à Rabat et Casablanca, les deux principales villes du royaume. Le 12 juin, un individu a pu tuer un policier et blesser dangereusement plusieurs personnes à l’intérieur du Tribunal de première instance de Rabat. Le forcené, qui était armé d’un couteau, aurait déjà eu des démêlés avec la justice par le passé. Il avait, d’après des témoins sur place, l’intention de tuer l’un des magistrats… Le plus étrange, c’est que le même jour, cette fois-ci à la Cour d’appel de Casablanca, un homme a pu monter sur le toit du bâtiment, briser l’emblème de la Justice (la balance), et menacer de se suicider. Il a fallu l’intervention des sapeurs-pompiers pour empêcher le pire.


Élections 2007. ça chauffe (déjà) !

Transparency revient à la charge pour la supervision des élections de 2007. Elle demande au gouvernement d’autoriser la présence d’observateurs externes dans les bureaux de vote. Tirant la leçon des échecs du passé (2002), l’association se limite pour l’instant à cette demande de principe, en attendant de sonder le degré de coopération des autorités marocaines. On se rappelle qu’en 2002, 25 associations se sont regroupées en réseau pour surveiller le déroulement du scrutin. Mais beaucoup ont été empêchées d’accéder aux bureaux de vote. Transparency est actuellement soutenue par Democracy Reporter International, un réseau indépendant d’experts européens. Les deux entités déplorent le manque de débat autour de la réforme électorale.


Manifs. 1981, ce n’est pas fini !

La Confédération démocratique du travail (CDT) demande l’ouverture d’une enquête judiciaire sur les responsables de la répression qui a décimé leurs rangs. Le syndicat emmené par Noubir Amaoui organise, par ailleurs, le mardi 20 juin, 25 ans jour pour jour après l’insurrection, une visite aux tombes des victimes récemment localisées. Le même jour, le Forum vérité et justice (FVJ) rend publiques ses actions concernant les évènements de 81. Il a en effet envoyé deux lettres, l’une au procureur général de Casablanca, Mustapha Belghiti, et l’autre à son ministre de tutelle, demandant l’ouverture d’une enquête. Les missives étant restées lettres mortes, le FVJ passe à la vitesse supérieure.


MRE. Transit en hausse

L’opération transit-2006 a commencé jeudi 15 juin. Plus de 2,7 millions de Marocains résidant à l'étranger (MRE) et 700 000 véhicules traverseront le détroit de Gibraltar, ce qui représente une hausse de 8 % par rapport à l’année dernière. Autre chiffre en hausse, celui des effectifs de policiers (13 000 de plus qu’en 2005) mobilisés pour sécuriser l’opération. Le Maroc et l’Espagne ont par ailleurs installé une commission mixte pour superviser les phases aller et retour et aussi prévenir les bouchons qui se produisent généralement les week-ends. Cet été sera chaud aux ports de Tanger, Nador, Tarifa et Algésiras, où converge l'essentiel du flux des MRE.


1965. Officiellement, 55 tombes

Le chiffre attendu depuis 40 ans est enfin rendu public. Les émeutes de 1965 ont fait, selon la commission de suivi de l’IER, 55 victimes directes. “Les tombes, 50 à Chouhada et 5 à Sbata, ont été identifiées, explique Khadija Rouissi, à la suite d’un travail d’investigation, entre morgue, registre des hôpitaux et plaintes de familles”. À l’origine, seules dix demandes ont été déposées par les familles des victimes de l’époque. Par ailleurs, le rapport d’Amnesty International de l’époque parlait de “centaines de victimes”. “Pas moyen d’étayer cette assertion”, reconnaît-on à l’AMDH. Bref, 55 tombes, ce n’est pas négociable.


Collectivités. Le salon, le forum et le golf

Le Salon international des collectivités locales, qui s’est tenu cette semaine au Maroc, a accouché d’une souris. Les ministres annoncés ne se sont pas déplacés, pour cause de conseil de gouvernement. Pire encore, un des organisateurs a expliqué devant une assistance éberluée l’absence de son supérieur hiérarchique, qui devait diriger une séance, de la manière suivante : “Monsieur (…) a joué hier une partie de golf qui lui a causé des problèmes dorsaux !”. On apprend par ailleurs que le royaume abritera, en septembre 2006, le Forum international des collectivités locales. Après le salon, le forum ! Ce dynamisme nouveau cadre mal avec les mouvements de grève qui ont affecté le secteur des collectivités tout au long de l’année.


Bac. Le scandale des fuites

Les examens du bac, ouverts à 288 000 candidats, ont donné lieu à un énorme scandale : les fuites constatées dans un lycée de Meknès. Témoignage d’une source sur place : “Le premier jour, déjà, des élèves nous ont alertés, mais on ne les a pas crus. Par la suite, ils nous ont annoncé le contenu des épreuves à venir et on a pu constater qu’ils avaient raison…”. C’était samedi dernier, dernier jour des examens nationaux. De Khénifra, on a reçu un témoignage similaire, attestant que les fuites (en provenance de Meknès) ont été constatées le samedi 10 juin. Plusieurs voix s’élèvent pour dire que “les sujets ont eu le temps (deux jours) de circuler dans d’autres académies du royaume”. Le ministère de tutelle, lui, se contente de viser sa propre délégation à Meknès où six personnes ont été entendues par la police. On ignore si les examens seront invalidés et, si oui, dans quelles villes et quels lycées.



Billet. Deuils makhzéniens

Driss Ksikes

En une semaine, deux morts ont marqué les esprits au point de soulever des polémiques inattendues. Premier acte, les socialistes commémorent la disparition du grand militant Mostapha Kerchaoui et déplorent en chœur que leur premier secrétaire et frère d’armes du défunt, Mohamed Elyazghi, ait préféré aller se changer les idées au festival des musiques sacrées de Fès. Deuxième acte : le patron de la DGED et proche ami du roi, Yassine Mansouri, est endeuillé par la disparition de son père à Bejaâd. Réflexe makhzénien, tout ce que le landerneau politique compte de laquais fait le déplacement. Faut-il en déduire qu’au Maroc, il y a deux morts, deux mesures ? C’est tentant. Et pourquoi en vouloir à Elyazghi d’avoir préféré un moment de répit spirituel entre VIP à un moment de fidélité entre partisans ? D’abord parce que l’USFP, contrairement à ses apparences de modernité, a un attachement handicapant aux rites de clans. Ensuite parce qu’au Maroc, les liens secrets, familiaux, tribaux ou commerciaux, qui fondent notre misère politique, se tissent souvent dans ces rassemblements de fête ou de deuil. Tourner le dos à la famille USFP, réunie en off, voudrait alors dire que ce cénacle perd de sa valeur dans la bourse du Makhzen global. A contrario, la ruée vers Bejaâd, où tout le monde politique (ou presque) s’est senti obligé de faire de la figuration, prouve que “c’est là où il faut être”. Evidemment, dans le lot, il y a des hommes et des femmes qui se déplacent au nom de l’émotion. Mais la plupart y accourent pour être vus, passer un message, chuchoter dans l’oreille d’un courtisan ou être pris en photo avec un décideur de taille. Etre absent de ce deuil déterminant n’est donc pas (comme dans le cas d’Elyazghi) un manquement à l’éthique du groupe, mais une erreur stratégique de positionnement. Ainsi se perpétue le Makhzen. D’une mort à l’autre, il ressuscite.



Réforme. Les pouvoirs du roi, version PSU

Le Parti socialiste unifié (PSU) vient de rendre publique sa conception de la réforme constitutionnelle. Dans ce document, il est demandé, entre autres, que les prérogatives du roi soient détaillées et conditionnées. Le PSU liste, en tout, 22 droits accordés au roi (nominations, révocations, etc). Une nouveauté, par contre, le roi se doit de se soumettre à des obligations : consulter les partis élus en tête avant de nommer le premier ministre, consulter le président de la chambre des représentants avant de prendre des décisions capitales (guerre, état d’exception, etc), déléguer la politique générale au conseil du gouvernement. Bref, accepter un rôle moins exécutif.


Intérieur. Merci l’ENA

Chakib Benmoussa a signé, le 9 juin dernier, un accord de coopération avec le directeur de l'Ecole nationale d'administration (ENA), Antoine Durrleman, accord qui permet aux cadres de l'Intérieur de profiter désormais de formations et stages assurés par la prestigieuse Ecole de Paris. Par ailleurs, les praticiens de l’ENA se sont engagés à donner un coup de main pour réaménager le cursus de l'Ecole de perfectionnement des cadres de l'Intérieur de Kénitra, rendu caduc par le nouveau concept d'autorité. “NDH oblige, les cadres moyens et autres caïds sont appelés à s’adapter pour mieux appréhender de nouvelles missions”, conclut ce cadre de l’Intérieur.


Sondage. Les imams et les IST

Qui l’eût cru ? Nos imams et nos morchidate seront formés au sujet des infections sexuellement transmissibles (IST). Le sujet ne semble plus tabou pour les autorités religieuses qui ont initié une enquête en partenariat avec la Ligue marocaine de lutte contre les IST pour connaître la perception de ces maladies chez un échantillon de 365 imams. Résultat : nos religieux ont de grosses lacunes. Pour 90% des sondés, les IST se transmettent par le sang et non par voie sexuelle. Près de 28% considèrent que la tuberculose, le paludisme et l’eczéma sont des infections sexuelles. Et la moitié des sondés croit en l’efficacité des thérapies traditionnelles. Mais, fait encourageant, “ils sont ouverts sur le sujet et disposés à apprendre”, relève un membre de l’association. Bénis soient nos imams !


Studio 2M. Il s’en est fallu de peu…

Studio 2M prépare sa troisième saison, du 24 juin au 29 juillet. Le casting a conduit le jury à trier des dizaines de candidatures dont l’une mérite particulièrement l’attention : celle d’une jeune fille de 20 ans, qui purge une peine de 15 ans dans une prison de Casablanca. Retenue dans la première présélection, la candidate a échoué à la deuxième (“parce qu’elle n’était pas la meilleure”, nous confie-t-on auprès du jury). Elle ne figurera donc pas à la première soirée télévision du week-end. Techniquement cela se discute, mais politiquement, sa présence aurait pu être un geste extrêmement fort. Dommage, vraiment.



3 questions à Driss El Yazami (Membre de l’IER)

Depuis la fin de l’IER, vous avez pris votre bâton de pèlerin pour communiquer. Ce bonus était-il prévu à l’avance ?
Cette étape était inscrite dans la démarche de l’IER : le rapport final constitue un document stratégique pour la réforme. Il lance un débat, légitime et nécessaire, qui ne fait que commencer. Aujourd’hui, il s’agit de faire un bilan serein et, surtout, de mettre en œuvre les recommandations. Des commissions s’y attellent déjà.

Vue de la FIDH, dont vous portez aussi la casquette, l’expérience IER est-elle irréprochable ?
Nous avons débattu de l’expérience marocaine et le congrès en 2007 sera consacré au thème : justice pénale et justice transitionnelle. Depuis la fin de l’IER, des associations des droits de l’Homme du Bahreïn et du Liban m’ont invité pour discuter de la faisabilité d’une commission de la vérité chez eux. C’est dire si nous avons considéré à la FIDH que cette expérience a été positive.

Vous êtes pressenti à la tête du Conseil supérieur de l’émigration. Etes-vous intéressé ?
L’émigration est une question stratégique. Le discours royal de 2005 et les recommandations de l’IER constituent une opportunité de changer radicalement de politique à l’égard des communautés marocaines. Ceci exige un débat démocratique de grande ampleur. J’entends y participer.


Ameziane. Le musée de la discorde

L’ouverture, le 27 mai, d’un musée dédié au maréchal Ameziane (le plus haut gradé de toute l’histoire de l’armée marocaine) à Nador suscite vagues et remous. Dimanche dernier, un sit-in regroupant quelque 80 personnes a eu lieu près de la préfecture de Nador, à l’initiative de l’association du Rif pour les droits humains, pour protester contre l’autorisation d’ouverture dudit musée (donnée par les autorités de la ville). “Le maréchal a trahi le Maroc et l’Espagne à la fois. Il a combattu contre les Rifains et les démocrates espagnols, il s’est allié à Oufkir et Franco”, résume ce membre du comité d’organisation. À Tétouan, un avocat envisage même de porter plainte contre le tribunal administratif pour l’ouverture du musée Ameziane.


Laâyoune TV. Le suicide de Salka

Les conclusions du parquet de Laâyoune sont enfin tombées. Salka Ahl Sbaï, présentatrice vedette de Laâyoune TV, a volontairement mis fin à sa vie. Depuis une semaine, des bruits ont tenté de faire passer l’incident pour une chute mortelle, voire un crime. Selon l’enquête de la gendarmerie, des témoins oculaires auraient vu la défunte se jeter du haut d’une falaise de 30 mètres. Dans son sac, elle a laissé une lettre ou elle demande pardon à ses parents et les prie de prendre soin de son neveu. Selon des sources concordantes, la défunte se serait récemment mariée avec un Mauritanien qui a promis de lui faire signer un contrat aux Emirats, avant que Salka ne découvre qu’il était marié et qu’il avait de nombreux enfants. S’en est suivie une grave dépression… finalement fatale.


Enquête. Femmes et journalistes

Vingt-et-un, c’est le nombre de questions auxquelles auront répondu, d’ici deux semaines, les femmes journalistes du Maghreb auxquelles s’est adressée, via Internet, une enquête sur leur situation professionnelle. Impulsé par le PNUD et l’UNESCO, dont la chaire, coordonnée par Jamaleddine Naji, est hébergée à l’Institut supérieur d’information et de communication (ISIC) à Rabat, ce travail en est à la collecte finale de données – par quatre collaboratrices au Maroc, en Tunisie, en Algérie et en Mauritanie. Le rapport final, attendu dans un mois, devrait nous éclairer sur les réalités du journalisme féminin au Maroc comme dans les autres pays du Maghreb.


Justice. Pédophilie à Marrakech

Jack-Henry Soumère, directeur du théâtre Mogador à Paris, a été inculpé mercredi dans une affaire de mœurs impliquant un mineur de 16 ans. Selon un rapport de police, cité par l’AFP, l’accusé a été interpellé le 24 avril dans sa villa de Marrakech, en compagnie de l’adolescent et d’un proxénète. Le mineur a déclaré à la police être venu chez le visiteur français pour avoir des relations sexuelles en échange de 300 DH. Pour sa part, Soumère soutient, depuis le début de l’affaire, qu’il est “victime d’une machination”. Son procès, qui doit s’ouvrir le 20 juin à Marrakech, verra l’association Touche pas à mon enfant et l’AMDH se porter partie civile.


Cinéma et “satanistes”. L’Etat autiste

Trois ans plus tard, l’affaire des Hard rockers condamnés pour “satanisme” continue de déranger. Pour preuve, les obstacles posés au réalisateur Ahmed Boulane, en plein tournage des Anges de Satan, son film dédié à cette affaire. C’est d’abord la wilaya qui lui a refusé l’autorisation de tourner, sous ses fenêtres, comme cela s’était produit il y a trois ans, la scène du sit-in de soutien aux musiciens. Pas de tribunal, non plus. Pour tourner le procès, l’équipe du film devra en recréer un, de toutes pièces. Enfin, Boulane a bien reçu l’autorisation de tourner, pendant deux jours, à la prison de Oukacha où les rockers étaient incarcérés… mais son équipe a été jetée dehors le deuxième jour ! Si Boulane se refuse à tout commentaire, en haut lieu, on dit que ce film nuit à l’image du Maroc. Comme si les faits qu’il raconte ne s’étaient pas réellement produits…



Humeur. Miracle TV

Karim Boukhari

C’est aussi redondant qu’une mauvaise accroche publicitaire, mais il faut le dire : la télévision marocaine fait des progrès énormes. Même si certains des génies qui l’illuminent sont toujours capables de confondre le Togo et Trinidad-Tobago. À la limite, ce genre de dérapage a aussi son charme. C’est mignon et ça peut vous arracher un sourire. Sinon, il y a mieux. Mustapha Alaoui par exemple. Hier encore il était estampillé Hassan II, tant il paraissait foudroyé d’émotion et à la limite de l’apoplexie à chaque commentaire consacré au défunt. Sa prestation aux funérailles du monarque reste d’ailleurs un moment de télévision historique. Quelque chose d’indépassable. Aujourd’hui, notre animateur préféré présente un talk show, Hiwar, où il lui arrive de temps en temps de tacler le “système”. Comment faire la fine bouche devant un tel spectacle, un tel miracle, inimaginable, il y a encore sept ans ? Et puis il y a l’exemple de la météo. Aziz Fadili a tenté, au beau milieu des années 1980, d’introduire une touche clownesque dans le service. Ce n’était pas à mourir de rire mais le personnage a tenté des choses (avec le nœud papillon, bravo mon ami). Et puis stop. Lui comme les autres ne pouvaient guère aller plus loin. Je me souviens, par exemple, de cette anecdote : le jour où un présentateur météo a eu le malheur de communiquer son texte à son supérieur hiérarchique. “Alors, lui demanda ce dernier, de quoi sera fait le temps demain ?”. Réponse du gentil présentateur : “Demain, le soleil sera roi !” Bien que toute mignonne, la formulation avait une chance (sur un million, mais une chance quand même) d’être mal interprétée. Inutile de vous faire un dessin, la formule du soleil-roi est irrémédiablement passée à la trappe... Rassurez-vous, c’était il y a un paquet d’années, avant les progrès miraculeux de la télévision.



VITES !

L’interdiction de quitter le territoire qui frappait Abderrazak Afilal et Youssef Tazi, deux figures connues de l’Istiqlal, vient d’être levée, si l’on en croit des sources concordantes. Dans les coulisses, on parle de l’intervention de quelques poids lourds de l’Istiqlal et surtout… de Abdoulaye Wade, le président du Sénégal, dont Tazi serait assez proche.


Al Adl Wal Ihsane a émis un communiqué pour interpeller les partis et les ONG, silencieux sur la vague d’interpellations qui frappent les “adlistes”. L’appel semble avoir été entendu et c’est l’AMDH qui vient de briser ce silence en publiant, cette semaine, un communiqué pour dénoncer les arrestations.


Le procès en diffamation intenté par Samira Sitaïl (qui réclame le dirham symbolique) contre Le Journal Hebdomadaire vient d’être repoussé au 3 juillet. À signaler que la défense a demandé la convocation de treize témoins parmi lesquels le ministre de la Communication et le secrétaire général de RSF.


Hicham Senoussi a démissionné du groupe Maroc Soir où il était le numéro 2 après le président Othman El Oumeir. Il semble que la décision, officialisée en début de semaine, ait déjà été arrêtée il y a plusieurs semaines. Même si rien n’est encore officiel, il est possible que son remplaçant dans le groupe soit une femme. À suivre.


Les commerçants de Moulay Yacoub respirent : les rumeurs sur le danger d’effondrement des anciens thermes ont été stoppées par les conclusions du dernier rapport d’expertise du LPEE. Le document met fin à une polémique qui a duré plus d’un an, affectant considérablement les activités commerciales dans la station thermale.


Après le “sitting”, le “nuding” ! Un Marocain, qui comparaissait devant le tribunal de Copenhague, ce mercredi, a fait un striptease intégral dans la salle d’audience pour critiquer l’absence de démocratie au Danemark. Le juge, qui était une femme, a moyennement apprécié le spectacle et a renvoyé le jeune homme se rhabiller… en cellule.

 
 
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