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Par Abdeslam Kadiri
La semaine Monde
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Mohamed Benchicou
à sa sortie de prison. (AFP)
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Algérie. Benchicou enfin libre !
Il aura cher payé son audace et sa liberté de penser. Et le Président Bouteflika ne lui aura pas fait cadeau dun seul jour de peine alors quil avait gracié des journalistes en mai dernier condamnés pour diffamation. Après avoir purgé deux ans demprisonnement, Mohamed Benchicou, le directeur du défunt journal Le Matin, est enfin sorti de la prison El Harrach, mercredi matin. Benchicou dit ne rien regretter de ce quil avait fait ni de ses deux ans de prison. Cet accueil, déclare-t-il, est un appel au secours que les Algériens lancent à lopinion internationale et au régime algérien qui les a privés de toutes les libertés : liberté de pensée, décrire, dentreprendre.
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Il y a deux ans, Benchicou passait devant le tribunal dEl Harrach suite aux poursuites intentées par le ministère des Finances pour transfert illégal de capitaux et infraction au contrôle des changes. Cétait le 15 juin 2004. Une condamnation qui, selon les avocats de Benchicou, na aucun fondement juridique. Le 26 juin 2004, le siège du Matin a été vendu aux enchères suite à un redressement fiscal. Le quotidien a ensuite mis la clé sous le paillasson. En réalité, Benchicou, faisait les frais de la guerre quil a menée au président algérien, notamment avant sa réélection en 2004. Persuadé que Bouteflika serait désavoué par les militaires, Benchicou avait publié sous le pseudonyme d Inès un feuilleton quotidien au vitriol sur Bouteflika. Deux mois avant la présidentielle, Benchicou récidivait en éditant un pamphlet intitulé Bouteflika, une imposture algérienne. Réelu, Bouteflika ne lui a jamais pardonné une telle liberté de ton. Dix plaintes existent dailleurs toujours à lencontre de Benchicou.
Dès sa sortie de prison, le journaliste a eu une pensée émue, sur la place de la Liberté à Alger, pour tous les journalistes algériens assassinés par des terroristes. Puis il est allé remettre le prix Benchicou à deux lauréats, Ali Lmrabet et Bachir Laârabi. Tout le monde attend dequelle manière Benchicou reprendra sa plume. Son journal étant fermé, de quels atouts disposera-t-il reconquérir un espace dexpression qui lui sied après une longue absence ? |
Indonésie. Lislamiste Bashir relâché
La nouvelle a donné des sueurs froides aux Etats-Unis et à lAustralie. Le fondamentaliste musulman Abu Bakar Bashir, condamné dans le cadre des attentats de Bali en octobre 2002, a été libéré de prison mercredi après avoir bénéficié dune remise de peine. Le chef spirituel de la Jamaah Islamiah (JI) liée à Al Qaïda, avait été arrêté peu après ces attentats contre plusieurs boîtes de nuit de Bali, qui ont fait 202 morts. Il a passé 18 mois en prison pour un obscur motif. Relâché en avril 2004, il a de nouveau été condamné à 30 mois de prison cette fois dans le cadre de lenquête sur les attentats.
Les Etats-Unis et lAustralie, qui a perdu 90 ressortissants dans ces attentats, ont fait part de leur déception à lannonce de cette sortie anticipée pour bonne conduite. La libération de Bashir, 67 ans, pourrait permettre une recentralisation de la JI qui a éclaté en factions indépendantes après le décès brutal lan dernier de son leader Azahari bin Husin. |
Etats-Unis. Les cyclones et le milliard
Plus dun milliard de dollars daides fédérales ont été frauduleusement détournés après le passage des cyclones Katrina et Rita pendant lété 2005 dans le sud des Etats-Unis, a révélé le 14 juin, un audit de la Cour des comptes (GAO) des Etats-Unis. Des sinistrés ont utilisé les fonds destinés en principe à subvenir aux besoins essentiels des rescapés du cyclone pour acheter des tickets pour la saison de football, des vacances sous les tropiques, des vidéos pornographiques, du champagne millésimé ou encore un avocat spécialisé dans les affaires de divorce. Résultat : la Fema (Agence fédérale de gestion des crises) a perdu trace de 750 cartes de crédit dune valeur de 1,5 million de dollars. Lagence a recensé 1 500 cas de fraudes mais expliqué quelle avait dû travailler dans lurgence et le chaos... |
Chine. Les armes de la mort
La Chine serait lun des exportateurs darmes les plus irresponsables au monde et contribue à alimenter des conflits au Soudan, au Népal ou en Birmanie. Daprès un rapport dAmnesty International, la Chine bafoue tous les accords multilatéraux dont les critères visent à empêcher lexportation darmes susceptibles de contribuer à de graves violations des droits humains.
Ses exportations darmes sont estimées à plus de un milliard de dollars par an. Il est grand temps que la Chine se soumette à ses obligations au regard du droit international, avertit AI. Le rapport mentionne lenvoi de plus de 200 camions militaires chinois au Soudan en août 2005. Pékin a également exporté des armes aux autorités birmanes et népalaises, alors que celles-ci sont impliquées dans la répression brutale de milliers de manifestants. |
Tunisie. Ben Ali embarrassé
Le Parlement européen a demandé jeudi des explications à la Tunisie sur linterdiction dun congrès de la Ligue tunisienne des droits de lHomme (LTDH), prévu les 27 et 28 mai dernier.
Les eurodéputés considèrent que la situation des droits et des libertés en Tunisie reste préoccupante. Ils réitèrent leur demande à la Commission pour que le projet dappui à la réforme de la justice garantisse lindépendance du pouvoir judiciaire. Les députés ont plaidé pour la libération de lavocat Mohamed Abbou, emprisonné lan dernier, et condamné à trois ans et demi de réclusion. Liée depuis le 1er mars 1998 à lUE par un accord euro-méditerranéen, la Tunisie est dans lembarras. |
France. Fin de la saga July
On ne sait toujours pas si le mythique patron de Libération, Serge July, quittera ou non le navire. Désavoué par une partie de sa rédaction et par largentier du quotidien né maoïste, Serge July est mis sur la défensive, assailli de toutes parts. Pourquoi un tel désavoeu ? Le journal perd ses lecteurs, engloutit les sommes rondelettes que lui alloue lactionnaire principal Edouard de Rothschild pour le sauver. Les idées se sont évaporées. En conflit larvé avec Rotshschild, July, fondateur de Libé avec Sartre, se dit prêt à abandonner le bateau qui coule en échange de 500 000 euros dindemnisation. Lavant dernière crise remonte au printemps 2005. Edouard de Rothschild investit 20 millions deuros. La dernière des grandes révolutions culturelles ratées. Libération est certes passé dun extrémisme radical à un réalisme politique arrangeant. Avec July qui sen va pour le bien du journal, Libé perd ce qui lui restait dâme. |
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Lu pour vous.
Nouvelle stratégie pour Al-Qaida
Philippe Thureau-Dangin, Courrier International, 15 juin
La mort de Zarqaoui est-elle une bonne nouvelle ? Oui et non. Bien sûr, le terroriste dAl-Qaida était un voyou, comme le souligne Al-Quds Al-Arabi, un sanguinaire qui a poussé le djihad jusquà ses ultimes conséquences, nhésitant pas à tuer dautres musulmans -chiites comme sunnites- dont le seul tort était de participer au nouveau gouvernement irakien. Et son ambition était dembraser lIrak pour fragiliser encore plus les pays voisins, à commencer par sa Jordanie natale.
Mais Zarqaoui était largement discrédité dans son propre camp et Al-Qaïda lui avait adressé, fin 2005, un rappel à lordre. Le mouvement devrait donc être repris en main, sous la houlette dAbou Hamza Al-Mouhajer, inconnu jusquà présent. La stratégie devrait se recentrer sur le combat contre les Etats-Unis et contre lOccident en général, toujours coupables aux yeux dAl Qaïda dêtre des puissances occupantes.
Embarrassé, le gouvernement américain sest réuni à Camp David pour évoquer de la stratégie à suivre en Irak. Le 15 juin, le Congrès devait débattre dun éventuel calendrier de retrait des troupes. Alors que 60 % de lopinion considère linvasion de 2003 comme une erreur, les républicains veulent adopter une résolution déclarant lIrak comme élément central de la guerre globale contre le terrorisme. Washington, au lieu de déminer la région, préfère se donner des raisons de persister dans lerreur. |
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VITE !
Dans un communiqué sur le Net, Al Qaïda a confirmé mardi que Zakaria Moussaoui na rien à voir avec les attentats du 11 Septembre. Un Saoudien, Turki Ben Fouhaid Al Moutairi, tué en 2004 à Riyad, avait été choisi par Ben laden pour être le vingtième martyr. |
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