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Irak. Les dernières heures de Zarqaoui
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Tanger. Cinéma Rif, le retour
N° 230
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Par Abdeslam Kadiri

La semaine Monde

Mohamed Benchicou
à sa sortie de prison. (AFP)

Algérie. Benchicou enfin libre !

Il aura cher payé son audace et sa liberté de penser. Et le Président Bouteflika ne lui aura pas fait cadeau d’un seul jour de peine alors qu’il avait gracié des journalistes en mai dernier condamnés pour “diffamation”. Après avoir purgé deux ans d’emprisonnement, Mohamed Benchicou, le directeur du défunt journal Le Matin, est enfin sorti de la prison El Harrach, mercredi matin. Benchicou dit ne “rien regretter” de ce qu’il avait fait ni de ses deux ans de prison. “Cet accueil, déclare-t-il, est un appel au secours que les Algériens lancent à l’opinion internationale et au régime algérien qui les a privés de toutes les libertés : liberté de pensée, d’écrire, d’entreprendre.”

Il y a deux ans, Benchicou passait devant le tribunal d’El Harrach suite aux poursuites intentées par le ministère des Finances pour “transfert illégal de capitaux et infraction au contrôle des changes”. C’était le 15 juin 2004. Une condamnation qui, selon les avocats de Benchicou, n’a aucun fondement juridique. Le 26 juin 2004, le siège du Matin a été vendu aux enchères suite à un redressement fiscal. Le quotidien a ensuite mis la clé sous le paillasson. En réalité, Benchicou, faisait les frais de la guerre qu’il a menée au président algérien, notamment avant sa réélection en 2004. Persuadé que Bouteflika serait désavoué par les militaires, Benchicou avait publié sous le pseudonyme d’ “Inès” un feuilleton quotidien au vitriol sur Bouteflika. Deux mois avant la présidentielle, Benchicou récidivait en éditant un pamphlet intitulé “Bouteflika, une imposture algérienne”. Réelu, Bouteflika ne lui a jamais pardonné une telle liberté de ton. Dix plaintes existent d’ailleurs toujours à l’encontre de Benchicou.

Dès sa sortie de prison, le journaliste a eu une pensée émue, sur la place de la Liberté à Alger, pour tous les journalistes algériens assassinés par des terroristes. Puis il est allé remettre le prix Benchicou à deux lauréats, Ali Lmrabet et Bachir Laârabi. Tout le monde attend dequelle manière Benchicou reprendra sa plume. Son journal étant fermé, de quels atouts disposera-t-il reconquérir un espace d’expression qui lui sied après une longue absence ?


Indonésie. L’islamiste Bashir relâché

La nouvelle a donné des sueurs froides aux Etats-Unis et à l’Australie. Le fondamentaliste musulman Abu Bakar Bashir, condamné dans le cadre des attentats de Bali en octobre 2002, a été libéré de prison mercredi après avoir bénéficié d’une remise de peine. Le chef spirituel de la Jamaah Islamiah (JI) liée à Al Qaïda, avait été arrêté peu après ces attentats contre plusieurs boîtes de nuit de Bali, qui ont fait 202 morts. Il a passé 18 mois en prison pour un obscur motif. Relâché en avril 2004, il a de nouveau été condamné à 30 mois de prison cette fois dans le cadre de l’enquête sur les attentats.
Les Etats-Unis et l’Australie, qui a perdu 90 ressortissants dans ces attentats, ont fait part de leur “déception” à l’annonce de cette sortie anticipée pour bonne conduite. La libération de Bashir, 67 ans, pourrait permettre une recentralisation de la JI qui a éclaté en factions indépendantes après le décès brutal l’an dernier de son leader Azahari bin Husin.


Etats-Unis. Les cyclones et le milliard

Plus d’un milliard de dollars d’aides fédérales ont été frauduleusement détournés après le passage des cyclones Katrina et Rita pendant l’été 2005 dans le sud des Etats-Unis, a révélé le 14 juin, un audit de la Cour des comptes (GAO) des Etats-Unis. Des “sinistrés” ont utilisé les fonds destinés en principe à subvenir aux besoins essentiels des rescapés du cyclone pour acheter des tickets pour la saison de football, des vacances sous les tropiques, des vidéos pornographiques, du champagne millésimé ou encore un avocat spécialisé dans les affaires de divorce. Résultat : la Fema (Agence fédérale de gestion des crises) a perdu trace de 750 cartes de crédit d’une valeur de 1,5 million de dollars. L’agence a recensé 1 500 cas de fraudes mais expliqué qu’elle avait dû travailler dans l’urgence et le chaos...


Chine. Les armes de la mort

La Chine serait l’un des exportateurs d’armes les plus “irresponsables” au monde et contribue à alimenter des conflits au Soudan, au Népal ou en Birmanie. D’après un rapport d’Amnesty International, la Chine bafoue “tous les accords multilatéraux dont les critères visent à empêcher l’exportation d’armes susceptibles de contribuer à de graves violations des droits humains”.
Ses exportations d’armes sont estimées à plus de un milliard de dollars par an. “Il est grand temps que la Chine se soumette à ses obligations au regard du droit international”, avertit AI. Le rapport mentionne l’envoi de plus de 200 camions militaires chinois au Soudan en août 2005. Pékin a également exporté des armes aux autorités birmanes et népalaises, alors que celles-ci sont impliquées dans la répression brutale de milliers de manifestants.


Tunisie. Ben Ali embarrassé

Le Parlement européen a demandé jeudi “des explications” à la Tunisie sur l’interdiction d’un congrès de la Ligue tunisienne des droits de l’Homme (LTDH), prévu les 27 et 28 mai dernier.
Les eurodéputés considèrent que la situation des droits et des libertés en Tunisie reste préoccupante. Ils réitèrent leur demande à la Commission pour que le projet d’appui à la réforme de la justice garantisse l’indépendance du pouvoir judiciaire. Les députés ont plaidé pour la libération de l’avocat Mohamed Abbou, emprisonné l’an dernier, et condamné à trois ans et demi de réclusion. Liée depuis le 1er mars 1998 à l’UE par un accord euro-méditerranéen, la Tunisie est dans l’embarras.


France. Fin de la saga July

On ne sait toujours pas si le mythique patron de Libération, Serge July, quittera ou non le navire. Désavoué par une partie de sa rédaction et par l’argentier du quotidien né maoïste, Serge July est mis sur la défensive, assailli de toutes parts. Pourquoi un tel désavoeu ? Le journal perd ses lecteurs, engloutit les sommes rondelettes que lui alloue l’actionnaire principal Edouard de Rothschild pour le sauver. Les idées se sont évaporées. En conflit larvé avec Rotshschild, July, fondateur de Libé avec Sartre, se dit prêt à abandonner le bateau qui coule en échange de 500 000 euros d’indemnisation. L’avant dernière crise remonte au printemps 2005. Edouard de Rothschild investit 20 millions d’euros. La dernière des grandes révolutions culturelles ratées. Libération est certes passé d’un extrémisme radical à un réalisme politique arrangeant. Avec July qui s’en va “pour le bien” du journal, Libé perd ce qui lui restait d’âme.



Lu pour vous.
Nouvelle stratégie pour Al-Qaida

Philippe Thureau-Dangin, Courrier International, 15 juin

La mort de Zarqaoui est-elle une bonne nouvelle ? Oui et non. Bien sûr, le terroriste d’Al-Qaida était un “voyou”, comme le souligne Al-Quds Al-Arabi, un sanguinaire qui a poussé le djihad jusqu’à ses ultimes conséquences, n’hésitant pas à tuer d’autres musulmans -chiites comme sunnites- dont le seul tort était de participer au nouveau gouvernement irakien. Et son ambition était d’embraser l’Irak pour fragiliser encore plus les pays voisins, à commencer par sa Jordanie natale.
Mais Zarqaoui était largement discrédité dans son propre camp et Al-Qaïda lui avait adressé, fin 2005, un rappel à l’ordre. Le mouvement devrait donc être repris en main, sous la houlette d’Abou Hamza Al-Mouhajer, inconnu jusqu’à présent. La stratégie devrait se recentrer sur le combat contre les Etats-Unis et contre l’Occident en général, toujours coupables aux yeux d’Al Qaïda d’être des puissances occupantes.
Embarrassé, le gouvernement américain s’est réuni à Camp David pour évoquer de la stratégie à suivre en Irak. Le 15 juin, le Congrès devait débattre d’un éventuel calendrier de retrait des troupes. Alors que 60 % de l’opinion considère l’invasion de 2003 comme une erreur, les républicains veulent adopter une résolution déclarant l’Irak comme élément central de la “guerre globale contre le terrorisme”. Washington, au lieu de déminer la région, préfère se donner des raisons de persister dans l’erreur.



VITE !

Dans un communiqué sur le Net, Al Qaïda a confirmé mardi que Zakaria Moussaoui n’a rien à voir avec les attentats du 11 Septembre. Un Saoudien, Turki Ben Fouhaid Al Moutairi, tué en 2004 à Riyad, avait été choisi par Ben laden pour être le vingtième martyr.

 
 
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