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Par Driss Bennani
On ne fait pas de politique avec ses organes génitaux
| Antécédents |
Sana Elaji
Ecrivain
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| 1977. |
Naissance à Casablanca. |
| 2002. |
2002. DESS en management de projets Internet. |
| 2003. |
Premier roman Majnounatou Youssouf. |
| 2005. |
Anime des chroniques dans lémission Entreprendre, |
| 2006. |
Conceptrice-rédactrice puis chargée de presse.2005. Anime des chroniques dans lémission Entreprendre, TVM. |
| 2006. |
Conceptrice-rédactrice puis chargée de presse. |
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Smyet Bak ?
Abdellah Elaji.
Smyet mok ?
Mennana El Hanafi.
Nimirou dla carte ?
BE 691730.
Romancière, comédienne, chroniqueuse, blogueuse, publicitaire
Vous faites tout ça parce que vous avez une revanche à prendre ?
Une revanche sur le temps, peut-être. Beaucoup de choses me passionnent et jaimerais avoir le temps de tout faire, de tout découvrir. Mais je nai quune vie, malheureusement.
Votre premier roman raconte lhistoire de Zineb, une jeune fille qui assume sa passion charnelle et sa relation illégitime avec son amant. Comment a réagi votre père à la lecture de votre texte ?
Mon père ne la jamais lu parce quil est analphabète. Il est simplement fier que sa fille ait sorti un livre, quelle passe à la télévision et quelle écrive régulièrement des chroniques dans la presse. Mes frères et surs ont lu le roman sans que cela provoque une polémique à la maison.
Dans vos chroniques, la virginité est une mascarade, la fidélité un mythe et le mariage traditionnel, une forme de prostitution. Vous navez pas trouvé mieux pour provoquer ?
Ce sont mes opinions. Et je ne les exprime pas pour provoquer. Je ne suis pas contre les filles qui veulent rester vierges ou ceux et celles qui choisissent de se marier à la traditionnelle. Le problème, cest que souvent, cest la société qui nous impose ces comportements. Ce nest pas la fille qui choisit de rester vierge, mais elle sait que cest la seule manière de prouver son honnêteté. En se mariant, on choisit peut-être son partenaire mais pas linstitution du mariage puisque la société ne tolère aucune autre forme de vie commune. Je ne conçois pas de prendre une décision aussi importante simplement parce que je risque de regretter, dans lavenir, de ne pas lavoir prise. Cest complètement irrationnel.
Pourquoi refusez-vous de vous fondre dans la masse ?
Parce que la masse me révolte. Parce que même notre élite est rattrapée par des concepts dun autre âge (jnoun, shour, virginité, etc.). Sils y trouvent un équilibre, tant mieux. Mais souvent, on continue de tenir un discours moderniste et rationnel et de jouer le jeu de la masse quand ça arrange. Cest plus facile de mener une double vie que de se remettre en cause.
Peut-être que la masse est une fatalité, finalement
Peut-être, mais en attendant quelle me rattrape, je préfère nager à contre-courant. Cest important quil y ait toujours des gens qui aspirent à changer des choses dans une société.
Pourquoi le corps vous fascine-t-il autant ?
Parce que jai beaucoup travaillé sur moi pour aimer mon corps. Parce que le corps de la femme relève de la hchouma dans notre société. Lors de la récente polémique sur les femmes imams, jai été hallucinée par les arguments des hommes qui se disent perturbés de voir une femme prosternée devant eux. Même en faisant leur prière, ils ne voient que le corps.
Votre seule tare, finalement, cest dêtre féministe
Je le suis tellement que je suis devenue anti-féministe. Même si je reconnais à nos valeureuses militantes leurs différents combats, je refuse lattitude adoptée pour défendre les droits de la femme. Je refuse le système du quota, par exemple. Sur le terrain, une femme a les mêmes moyens de convaincre quun homme.
La discrimination positive est un principe instauré par lONU, Madame la rebelle !
La discrimination nest jamais positive. Je comprends que ce soit un système transitoire en attendant que les choses changent. En attendant, je ne serais pas fière daccéder au Parlement ou au gouvernement parce que je suis une femme. On ne fait pas de politique avec ses organes génitaux, mais en tant que citoyen engagé pour son pays. |
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