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Société. Miss Maroc en catimini
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Immigration. Hollanda et nous
Somalie. Les talibans africains
Moyen-Orient. L'axe de la résistance
Élection patronale. Carnets d'une campagne solitaire
Agro-alimentaire. La guerre de l'huile
Mémoire. Le fabuleux destin des Jajouka
Rita El Khayat. "La pudeur tue l'écrivain"
N° 231
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Pages coordonnées par Chadwane Bensalmia

La semaine Culture

Amazigh Kateb.
(AFP)

Gnawa diffusion. En tournée au Maroc

Accords solaires, rythmes crépitants, énergie explosive, textes battus au fer rouge, présence incandescente : près de quinze ans après leur naissance sur un tremplin rock grenoblois, Gnawa Diffusion n’a rien perdu du feu sacré qui l’anime. Sa mission rime avec insoumission, à travers prose sensuelle et pamphlet politique, et toujours cette insolente causticité qui fait la griffe de ce groupe de potes venus d’ici et d’ailleurs, emmenés par une figure charismatique. Amazigh Kateb porte décidemment bien son nom. Fils de l’immense écrivain algérien Kateb Yacine, mort à Grenoble en 1989 après lui avoir transmis le
maniement des mots et le goût de la liberté. Amazigh, profil sec et assurance impétueuse, incarne la veine contestataire de Gnawa Diff. Chacun des six albums – de Légitime Différence (1993) à Souk System (2003) en passant par Inaâl Ding Dingue Dongue (1996), Algéria (1997), Bab El Oued Kingston (1999) et un opus rare issu de la tournée algérienne, LiveDZ (2002) – en est un échantillon racé, porté par la voix puissante d’Amazigh. Au fil des tournées (entre Europe, Afrique et Moyen-Orient), le groupe délivre son message de rébellion pacifique et artistique contre chaos et injustice planétaires avec, pour seule arme, le son : un furieux métissage ragga-rap-chaâbi- gnawa-reggae-punk-rock, comme pour célébrer la fusion possible des peuples.

Mardi 27 juin à 20h à l’IF Meknès (qui pilote la tournée), mercredi 28 à 20h au GSU La Fontaine à Fès, jeudi 29 à 20h30 à l’école Molière de Casa, vendredi 30 à 21h à l’IF Marrakech.



Sortie. Saw II, déja vu

Au commencement il y eut Saw (I), film à petit budget – un million d'euros – et monstrueux succès commercial. Divertissement gore et énième variation américaine sur le thème du “Pourquoi ça m’arrive à moi ?!”, c'est LE film d'horreur depuis Blair Witch Project snobé par la critique, porté aux nues par les spectateurs. Saw II est de la même veine, sadique, provocante. Il tombe dans la facilité avec son suspense éculé. Le héros Jigsaw torture et reste insaisissable, un peu comme un GI dans la vraie vie, il laisse aux autres personnages, transparents tout le long, le choix: “vous prendrez bien un doigt ?”. La bande originale, caricaturale, alterne Marilyn Manson et Queens of the stone age. Un film qui vient vérifier la malédiction des deuxièmes opus et vous laisse la désagréable sensation d’avoir été manipulé. Si l'objectif affiché est de jouer avec nos nerfs, on attend en vain le déclic. Les (a)mateurs du premier apprécieront, les autres y verront une bande-annonce interminable pour le 3, déjà annoncé pour l'automne. Bon appétit.

Mégarama, Rialto, Dawliz (et à Derb Ghallef)



Cirque. À l’abordage !

Les enfants du cirque Shemsy de l’Association marocaine d’aide aux enfants en difficulté (AMESIP) jetteront l’ancre à Salé, du 26 juin au 1er juillet. Tous les jours, ils créeront, pour les chalands, une piste aux étoiles dans le jardin Ferdaous, à la Kasbah des Gnaoua et dans la médina de Salé qui accueillera une fanfare de pirates. Bartal ou l’enfant qui voulait devenir grand, Karacena banquet de cirque et La parade des saltimbanques, les trois créations présentées par les enfants, sont le fruit d’un travail de deux ans avec, entre autres, Laurent Gachet, directeur de l’Académie du cirque Fratellini en France. Levez les voiles avec eux, dans la ville des corsaires…


Mémoire. La télé a un passé

ça y est, c’est fait. Le Maroc va finalement retrouver sa mémoire audiovisuelle détenue par l’INA (Institut national de l’audiovisuel français). En chiffres, ce sont 20 heures d’enregistrements inédits, étalés sur la période allant de 1940 à 1956, que la SNRT retrouve grâce à cet accord. Ce dernier, qui fait suite à la convention signée le 27 septembre dernier entre la banque d’archives française et le ministère marocain de la Communication, prévoit le soutien de l'INA dans la formation des professionnels du secteur audiovisuel marocain, la production audiovisuelle à partir d'archives et, en dernier lieu, la sauvegarde du patrimoine audiovisuel marocain. C’est donc un autre petit pas qui rapproche la SNRT de son grand projet “nostalgique” : la création d’une chaîne entièrement dédiée aux archives et qui portera probablement le nom de Dakira (mémoire). On finira bien par savoir à quoi ressemblait le plus beau pays du monde avant la création de la TVM…


Compil'. Ces inoubliables...

68 morceaux pour faire le tour de la chanson marocaine. Voilà ce que propose la nouvelle compilation éditée par le ministère de la Communication et la SNRT, sous le titre “classiques de la chanson marocaine”. Huit volumes collector piochés au fin fond de la mémoire musicale marocaine sous toutes ses couleurs. De Houcine Slaoui à Hajja Hamdaouia, en passant par Abdessadeq Chqara ou encore Maâti Benkacem. Et puis, il y a ceux qu’on a presque oubliés, les Taher Jimmy, Fathellah Lamghari et Mohamed Fouiteh. Le tout sans oublier quelques chefs-d’œuvre de la chanson judéo-marocaine avec Sami El Maghribi (On regrettera quand même l’absence de Salim Hilali), ni les perles du chant patriotique. Citons notamment la fameuse Raqsat Al Atlas de Abdelkader Rachdi. Oui, oui, celle-là même qui sauvait la mise à notre bonne vieille dame El Brihi pendant ses légendaires “pannes techniques”. De quoi chanter : Fine Ayam Zman !


Télé. Jamel’s back

C’est, entend-on dire, l’évènement télé de cet été 2006. Fraîchement primé au festival de Cannes pour son interprétation dans Indigènes, Jamel Debbouze se prépare à renouer avec la petite lucarne.
À partir du 15 juillet, le maître des vannes’n’ piques revient en effet à sa chaîne marraine, Canal +, avec un nouveau rendez-vous hebdomadaire. Jamel Comedy Club, un concept very anglo-saxon inspiré du principe même de la Stand-up comedy. Chaque semaine, quatre artistes défileront sur le plateau pour un face-à-face de cinq minutes avec le public, sous l’œil vigilant du maître de cérémonie. L’émission prévue sur huit semaines sera tournée dans les conditions du direct et diffusée en clair pour le bonheur des fans du “rebeu” le plus hilarant de la place. Notez donc, tous les samedis à 17h55 (heure marocaine). Bon spectacle !


Festival. Music in the streets

C’est un festival qui ne fait pas beaucoup parler de lui. Timide, maigre en programmation et encore en quête d’identité, alors qu’il en est déjà à sa 7ème édition. Initialement lancé pour produire les “jeunes créateurs marocains à l’étranger”, Rawafid a en effet fini par retirer le “marocain” de son appellation pour devenir une sorte de festival fourre-tout, mais, du reste, très populaire grâce au choix intelligent des sites des concerts (la place Nevada ou encore la place Mohammed V à Casablanca). Petite sélection donc de la programmation de cette année. Le 2 juillet, concert de Hanino pour les amateurs de raï. Le 3 juillet, de la world music germano-marocco-algérienne, avec l’ensemble Jamal Laroussi. Et pour clôturer en beauté, un double concert du fusionneur gnaoui Magid Bekkas et de l’ensemble Houcine Killy.


Cinéma. Un Papa Noël bien pourri

Le Père Noël est une ordure est une comédie tellement hilarante qu’elle est devenue culte dès sa sortie, en 1982. Né dans l’esprit du Splendid, troupe de comédiens talentueux (Michel Blanc, Gérard Jugnot, etc.), ce film se moque avec brio du désespoir et de la misère humaine. Un humour noir qui a déplu à la ville de Paris lors de la sortie du film. L’affiche, dessinée par Reiser de Charlie Hebdo (magazine satirique français) a été jugée tellement choquante qu’on a refusé de louer des espaces publicitaires pour la promo du film. On avait évité le pire, pourtant : le film devait s’appeler, dans un premier temps, Le Père Noël s’est tiré une balle dans le cul…

Le 25 juin à 18h à l’IF de Rabat.



Théâtre. Crash dans l’Atlas

Une nuit, deux bus, l’un transportant des touristes et l'autre des Marocains, entrent en collision dans un no man's land de l'Atlas. C’est l’idée de départ de Crash land, pièce de théâtre signée par le jeune metteur en scène Jaouad Essounami. A partir de là, des personnages d’ici et d’ailleurs, interprétés par des comédiens des deux bords, apprennent à apprivoiser l’étranger qui les habite. Une co-production du Goethe institut et de l’université maroco-américaine d’Al Akhawayn.

Le 29 juin à 20h au Grand Théâtre de Verdure à Agadir, le 7 juillet à 20h au théâtre Moulay Rachid à Casablanca, le 8 juillet au Complexe culturel de Fès, le 12 juillet à 20h au Théâtre National Mohammed V à Rabat.



Le livre.

A son troisième roman, Jacob Cohen nous offre (enfin) un regard généreux et instructif sur les interconnexions des communautés juive et musulmane de Meknès. A travers Du danger de monter sur la terrasse, l’auteur sexagénaire marocain, aujourd’hui installé à Paris, ne tombe pas dans une littérature ethnographique surannée, mais tisse à travers ses personnages (Esther devenue Fatima, David Ohanna, Samuel Berdugo, Lalla Mina, Aïcha …) le va-et-vient incessant qui existait entre des êtres ouverts socialement sur l’autre. À travers la dimension spatiale (mellah, medina), Cohen parvient à différencier le monde des uns et des autres, par ses odeurs, son agencement et l’esprit culturel qui l’habite. Une belle fresque où on balance entre mort et résurrection culturelle.

Ed. Tarik (65 dh)




Humeur : Sidi Momo

Hassan Hamdani

Le prêche de vendredi dernier dans une mosquée de Mohammedia valait son pesant d’amuse-gueule. L’imam, au lieu de guider ses ouailles vers la voie de Dieu (mariez-vous, reproduisez-vous, et n’oubliez pas de sortir les poubelles) leur a donné un cours d’état civil qui n’aurait pas démérité sous la plume d’un Moqaddem, si cette profession savait lire autre chose que les billets. Qu’a dit en substance ce guide spirituel ? Mohamed est un nom éminemment sacré puisque c’est celui du prophète. Conclusion : il est h’ram de circoncire l’appellation déposée, quand bien même vous auriez partagé avec votre pote Moha (et son prépuce med) votre premier bimo, votre premier ballon, votre premier joint, votre première cuite et toutes les gueules de bois qui ont suivi. Dont acte, à une nuance près : le sacré, c’est très beau dans l’absolu, mais pas très commode pour distinguer ses amis Momo et Simo de la sacrée masse de Mohamed répertoriés dans le dernier recensement. Soit, à en juger par l’usage immodéré du vocable, les 15 millions de bipèdes mâles inconnus au bataillon qui pullulent de Tanger à quelque part sur la frontière sud. Après un tel prêche, comment avouer à un imam, qui se choque pour si peu, le surnom de certains barmans au prénom sacré… Mo, comme dans les Simpsons...



L’adieu à un humble
Le jeudi 15 juin, Abdelali El Yazami, auteur discret de l’Enquête sur la lecture au Maroc, a rendu l’âme à l’âge de 52 ans. Unique universitaire à avoir mené un travail concret sur la question, il a soutenu sa thèse de doctorat il y a 6 mois. Depuis, sa santé s’est terriblement détériorée.


Le cabaret de Sofia
Fidèles de la Star’Ac, Sofia Essaïdi pointera le 1er juillet au théâtre Mohammed V à Rabat pour un concert promotionnel de son premier album Mon cabaret. Au menu également, un petit saut de Joudia, de l’humour beur avec Booder et des spectacles de danse signés par le chorégraphe Kamel Ouali.


Cinéastes en herbe
Avis aux passionnés de cinéma désireux d’en faire leur métier ! Plus que quelques jours avant la clôture des inscriptions à l’Ecole supérieur des arts visuels de Marrakech, fixée au 30 juin. Le dossier d’inscription peut être téléchargé sur le site de l’école : esavmarrakech.com

 
 
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