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Pages coordonnées par Chadwane Bensalmia
La semaine Culture
Gnawa diffusion. En tournée au Maroc
Accords solaires, rythmes crépitants, énergie explosive, textes battus au fer rouge, présence incandescente : près de quinze ans après leur naissance sur un tremplin rock grenoblois, Gnawa Diffusion na rien perdu du feu sacré qui lanime. Sa mission rime avec insoumission, à travers prose sensuelle et pamphlet politique, et toujours cette insolente causticité qui fait la griffe de ce groupe de potes venus dici et dailleurs, emmenés par une figure charismatique. Amazigh Kateb porte décidemment bien son nom. Fils de limmense écrivain algérien Kateb Yacine, mort à Grenoble en 1989 après lui avoir transmis le |
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maniement des mots et le goût de la liberté. Amazigh, profil sec et assurance impétueuse, incarne la veine contestataire de Gnawa Diff. Chacun des six albums de Légitime Différence (1993) à Souk System (2003) en passant par Inaâl Ding Dingue Dongue (1996), Algéria (1997), Bab El Oued Kingston (1999) et un opus rare issu de la tournée algérienne, LiveDZ (2002) en est un échantillon racé, porté par la voix puissante dAmazigh. Au fil des tournées (entre Europe, Afrique et Moyen-Orient), le groupe délivre son message de rébellion pacifique et artistique contre chaos et injustice planétaires avec, pour seule arme, le son : un furieux métissage ragga-rap-chaâbi- gnawa-reggae-punk-rock, comme pour célébrer la fusion possible des peuples.
Mardi 27 juin à 20h à lIF Meknès (qui pilote la tournée), mercredi 28 à 20h au GSU La Fontaine à Fès, jeudi 29 à 20h30 à lécole Molière de Casa, vendredi 30 à 21h à lIF Marrakech.
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Sortie. Saw II, déja vu
Au commencement il y eut Saw (I), film à petit budget un million d'euros et monstrueux succès commercial. Divertissement gore et énième variation américaine sur le thème du Pourquoi ça marrive à moi ?!, c'est LE film d'horreur depuis Blair Witch Project snobé par la critique, porté aux nues par les spectateurs. Saw II est de la même veine, sadique, provocante. Il tombe dans la facilité avec son suspense éculé. Le héros Jigsaw torture et reste insaisissable, un peu comme un GI dans la vraie vie, il laisse aux autres personnages, transparents tout le long, le choix: vous prendrez bien un doigt ?. La bande originale, caricaturale, alterne Marilyn Manson et Queens of the stone age. Un film qui vient vérifier la malédiction des deuxièmes opus et vous laisse la désagréable sensation davoir été manipulé. Si l'objectif affiché est de jouer avec nos nerfs, on attend en vain le déclic. Les (a)mateurs du premier apprécieront, les autres y verront une bande-annonce interminable pour le 3, déjà annoncé pour l'automne. Bon appétit.
Mégarama, Rialto, Dawliz (et à Derb Ghallef)
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Cirque. À labordage !
Les enfants du cirque Shemsy de lAssociation marocaine daide aux enfants en difficulté (AMESIP) jetteront lancre à Salé, du 26 juin au 1er juillet. Tous les jours, ils créeront, pour les chalands, une piste aux étoiles dans le jardin Ferdaous, à la Kasbah des Gnaoua et dans la médina de Salé qui accueillera une fanfare de pirates. Bartal ou lenfant qui voulait devenir grand, Karacena banquet de cirque et La parade des saltimbanques, les trois créations présentées par les enfants, sont le fruit dun travail de deux ans avec, entre autres, Laurent Gachet, directeur de lAcadémie du cirque Fratellini en France. Levez les voiles avec eux, dans la ville des corsaires
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Mémoire. La télé a un passé
ça y est, cest fait. Le Maroc va finalement retrouver sa mémoire audiovisuelle détenue par lINA (Institut national de laudiovisuel français). En chiffres, ce sont 20 heures denregistrements inédits, étalés sur la période allant de 1940 à 1956, que la SNRT retrouve grâce à cet accord. Ce dernier, qui fait suite à la convention signée le 27 septembre dernier entre la banque darchives française et le ministère marocain de la Communication, prévoit le soutien de l'INA dans la formation des professionnels du secteur audiovisuel marocain, la production audiovisuelle à partir d'archives et, en dernier lieu, la sauvegarde du patrimoine audiovisuel marocain. Cest donc un autre petit pas qui rapproche la SNRT de son grand projet nostalgique : la création dune chaîne entièrement dédiée aux archives et qui portera probablement le nom de Dakira (mémoire). On finira bien par savoir à quoi ressemblait le plus beau pays du monde avant la création de la TVM
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Compil'. Ces inoubliables...
68 morceaux pour faire le tour de la chanson marocaine. Voilà ce que propose la nouvelle compilation éditée par le ministère de la Communication et la SNRT, sous le titre classiques de la chanson marocaine. Huit volumes collector piochés au fin fond de la mémoire musicale marocaine sous toutes ses couleurs. De Houcine Slaoui à Hajja Hamdaouia, en passant par Abdessadeq Chqara ou encore Maâti Benkacem. Et puis, il y a ceux quon a presque oubliés, les Taher Jimmy, Fathellah Lamghari et Mohamed Fouiteh. Le tout sans oublier quelques chefs-duvre de la chanson judéo-marocaine avec Sami El Maghribi (On regrettera quand même labsence de Salim Hilali), ni les perles du chant patriotique. Citons notamment la fameuse Raqsat Al Atlas de Abdelkader Rachdi. Oui, oui, celle-là même qui sauvait la mise à notre bonne vieille dame El Brihi pendant ses légendaires pannes techniques. De quoi chanter : Fine Ayam Zman ! |
Télé. Jamels back
Cest, entend-on dire, lévènement télé de cet été 2006. Fraîchement primé au festival de Cannes pour son interprétation dans Indigènes, Jamel Debbouze se prépare à renouer avec la petite lucarne.
À partir du 15 juillet, le maître des vannesn piques revient en effet à sa chaîne marraine, Canal +, avec un nouveau rendez-vous hebdomadaire. Jamel Comedy Club, un concept very anglo-saxon inspiré du principe même de la Stand-up comedy. Chaque semaine, quatre artistes défileront sur le plateau pour un face-à-face de cinq minutes avec le public, sous lil vigilant du maître de cérémonie. Lémission prévue sur huit semaines sera tournée dans les conditions du direct et diffusée en clair pour le bonheur des fans du rebeu le plus hilarant de la place. Notez donc, tous les samedis à 17h55 (heure marocaine). Bon spectacle ! |
Festival. Music in the streets
Cest un festival qui ne fait pas beaucoup parler de lui. Timide, maigre en programmation et encore en quête didentité, alors quil en est déjà à sa 7ème édition. Initialement lancé pour produire les jeunes créateurs marocains à létranger, Rawafid a en effet fini par retirer le marocain de son appellation pour devenir une sorte de festival fourre-tout, mais, du reste, très populaire grâce au choix intelligent des sites des concerts (la place Nevada ou encore la place Mohammed V à Casablanca). Petite sélection donc de la programmation de cette année. Le 2 juillet, concert de Hanino pour les amateurs de raï. Le 3 juillet, de la world music germano-marocco-algérienne, avec lensemble Jamal Laroussi. Et pour clôturer en beauté, un double concert du fusionneur gnaoui Magid Bekkas et de lensemble Houcine Killy. |
Cinéma. Un Papa Noël bien pourri
Le Père Noël est une ordure est une comédie tellement hilarante quelle est devenue culte dès sa sortie, en 1982. Né dans lesprit du Splendid, troupe de comédiens talentueux (Michel Blanc, Gérard Jugnot, etc.), ce film se moque avec brio du désespoir et de la misère humaine. Un humour noir qui a déplu à la ville de Paris lors de la sortie du film. Laffiche, dessinée par Reiser de Charlie Hebdo (magazine satirique français) a été jugée tellement choquante quon a refusé de louer des espaces publicitaires pour la promo du film. On avait évité le pire, pourtant : le film devait sappeler, dans un premier temps, Le Père Noël sest tiré une balle dans le cul
Le 25 juin à 18h à lIF de Rabat.
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Théâtre. Crash dans lAtlas
Une nuit, deux bus, lun transportant des touristes et l'autre des Marocains, entrent en collision dans un no man's land de l'Atlas. Cest lidée de départ de Crash land, pièce de théâtre signée par le jeune metteur en scène Jaouad Essounami. A partir de là, des personnages dici et dailleurs, interprétés par des comédiens des deux bords, apprennent à apprivoiser létranger qui les habite. Une co-production du Goethe institut et de luniversité maroco-américaine dAl Akhawayn.
Le 29 juin à 20h au Grand Théâtre de Verdure à Agadir, le 7 juillet à 20h au théâtre Moulay Rachid à Casablanca, le 8 juillet au Complexe culturel de Fès, le 12 juillet à 20h au Théâtre National Mohammed V à Rabat.
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Le livre.
A son troisième roman, Jacob Cohen nous offre (enfin) un regard généreux et instructif sur les interconnexions des communautés juive et musulmane de Meknès. A travers Du danger de monter sur la terrasse, lauteur sexagénaire marocain, aujourdhui installé à Paris, ne tombe pas dans une littérature ethnographique surannée, mais tisse à travers ses personnages (Esther devenue Fatima, David Ohanna, Samuel Berdugo, Lalla Mina, Aïcha
) le va-et-vient incessant qui existait entre des êtres ouverts socialement sur lautre. À travers la dimension spatiale (mellah, medina), Cohen parvient à différencier le monde des uns et des autres, par ses odeurs, son agencement et lesprit culturel qui lhabite. Une belle fresque où on balance entre mort et résurrection culturelle.
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Humeur : Sidi Momo
Le prêche de vendredi dernier dans une mosquée de Mohammedia valait son pesant damuse-gueule. Limam, au lieu de guider ses ouailles vers la voie de Dieu (mariez-vous, reproduisez-vous, et noubliez pas de sortir les poubelles) leur a donné un cours détat civil qui naurait pas démérité sous la plume dun Moqaddem, si cette profession savait lire autre chose que les billets. Qua dit en substance ce guide spirituel ? Mohamed est un nom éminemment sacré puisque cest celui du prophète. Conclusion : il est hram de circoncire lappellation déposée, quand bien même vous auriez partagé avec votre pote Moha (et son prépuce med) votre premier bimo, votre premier ballon, votre premier joint, votre première cuite et toutes les gueules de bois qui ont suivi. Dont acte, à une nuance près : le sacré, cest très beau dans labsolu, mais pas très commode pour distinguer ses amis Momo et Simo de la sacrée masse de Mohamed répertoriés dans le dernier recensement. Soit, à en juger par lusage immodéré du vocable, les 15 millions de bipèdes mâles inconnus au bataillon qui pullulent de Tanger à quelque part sur la frontière sud. Après un tel prêche, comment avouer à un imam, qui se choque pour si peu, le surnom de certains barmans au prénom sacré
Mo, comme dans les Simpsons... |
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