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Mémoire. Le fabuleux destin des Jajouka
Rita El Khayat. "La pudeur tue l'écrivain"
N° 231
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Par Abdeslam Kadiri

La semaine Monde

Pasqual Maragall, président du
gouvernement régional
de Catalogne. (AFP)

Espagne. Autonomie pacifique

Les Catalans ont finalement eu leur nation, mais à l’intérieur de l’Espagne. La semaine dernière, une majorité constituée des trois-quarts des électeurs de la Catalogne a répondu “oui” au nouveau projet d’autonomie de leur région.
Certes, à l’instar des autres régions d’Espagne, la Catalogne qui avait déjà acquis son autonomie en 1979, jouira maintenant d’une plus grande marge de manoeuvre pour gérer sa justice, son immigration et sa fiscalité. Ce dernier point est particulièrement important aux yeux des Catalans qui, des décennies durant, se sont plaints de
subventionner le reste de l’Espagne avec l’argent des impôts. Rappelons que moins d’un sixième de la population espagnole vit en Catalogne et que le cinquième de la richesse de l’Espagne provient de cette région.
Le nouveau statut de la Catalogne n’a pas fait que des heureux. Le parti conservateur de l’opposition, Partido Popular, attire tant bien que mal l’attention sur les effets néfastes qu’engendrerait une autonomie régionale élargie. Son chef, Mariano Rajoy, ne cache pas son appréhension de voir l’Espagne se diviser en plusieurs Etats. Cependant, plusieurs régions autonomes d’Espagne ne semblent pas être concernées par cette menace vu que des raisons aussi bien historiques que financières les rattachent fatalement à Madrid. Par ailleurs, il existe en Espagne des régions qui sont traditionnellement connues pour leur forte propension à l’autonomie : Les Iles Canaries et les Baléares, la Galicie et surtout le Pays Basque.
Les Basques ont suivi avec grand intérêt le processus d’autonomie de la Catalogne. Maintenant que leur lutte armée pour l’indépendance a pris fin à la faveur du cessez-le-feu permanent annoncé par l’ETA, nombreux sont les séparatistes basques qui espèrent atteindre leurs objectifs d’indépendance de manière légale. Le gouvernement de Jose Luiz Rodriguez Zapatero a annoncé que Madrid entamerait prochainement des pourparlers avec les nationalistes basques concernant l’avenir de leur région déjà autonome. À suivre.

B.S



Irak. La peine de mort quise contre Saddam

Son visage est resté impassible, avec ce petit sourire. La peine de mort requise lundi dernier par les procureurs à l’encontre de Saddam Hussein, jugé pour le massacre de 148 chiites en 1982 à Doujaïl, n’a pas perturbé l’ancien dictateur irakien. La même peine a été demandée contre deux co-accusés, son demi-frère Barzane Al Tikriti et l’ancien vice-président Taha Yassine Ramadan. Les accusés plaidaient non coupables.
“Nous demandons à la cour d’infliger les châtiments les plus sévères et nous réclamons également un dédommagement financier et moral pour nos clients en réparation des dommages qu’ils ont subis”, a déclaré dans la matinée un avocat des familles éplorées.
Selon le calendrier établi par le juge Raouf Abdel Rahman, le procès devrait s’achever le 10 juillet avec les ultimes plaidoiries de la défense. Il reviendra alors à un panel de cinq juges de se prononcer sur la culpabilité des accusés et de fixer leur peine. Qu’adviendra-t-il ensuite de Saddam qui traîne d’autres procès, comme celui du gazage des Kurdes de Hallabja ?


Palestine. L’Europe contourne le Hamas

L’UE a trouvé un plan d’aide pour venir en aide aux Palestiniens en contournant le Hamas. Ce plan d’aide, à hauteur de 500 millions d’euros, doit permettre d’atténuer la grave crise financière de l’Autorité palestinienne et sera divisé en trois parties : la première, cautionnée par la Banque mondiale, fournira des équipements indispensables au secteur de la santé ; la seconde consolidera un plan de secours d’urgence lancé par la Commission européenne cette année, qui assure la fourniture de biens indispensables (électricité) ; la troisième, plus litigieuse, prévoit le versement d’allocations aux personnes les plus pauvres, virées directement sur leurs comptes. L’UE avait envisagé de régler la facture des salaires non réglés des 160 000 fonctionnaires mais a dû reculer face aux pressions d’Israël et des Etats-Unis.


UE. Plus de visa pour les Américains !

C’est l’exemption générale de visa qu’a exigée le chancelier autrichien Schüsssel du président Bush, mercredi à Vienne.
Actuellement, les ressortissants de Grèce et des pays entrés dans l’Union en 2004 (Hongrie, Pologne, Malte, Chypre, Lituanie, Lettonie, Estonie, Slovaquie, République tchèque), doivent toujours obtenir un visa pour voyager aux Etats-Unis même pour un séjour de moins de trois mois. Pour l’UE, “étendre à tous ses citoyens le bénéfice du programme américain d’exemption de visa” est “une nécessité”. L’exécutif de l’UE souhaite aller plus loin que de simples remontrances diplomatiques. Exiger que les militaires et diplomates américains aient aussi des visas pour voyager dans l’UE, voire réclamer des sanctions économiques, sont des pistes lancées.


Libye. Le procès des infirmières bulgares reprend

À Tripoli, le procès en appel de cinq infirmières bulgares et d’un médecin palestinien, accusés d’avoir inoculé le sida à 426 enfants libyens, a repris brièvement mardi à Tripoli avant d’être reporté au 4 juillet. Les audiences se tiendront désormais tous les quinze jours. L’avocat des infirmières, Me Othmane Al Bizanti, a demandé le “temps nécessaire pour faire venir 26 témoins” à décharge de Benghazi (1000 km de Tripoli), où les infirmières travaillaient au moment des faits. Condamnés à mort en mai 2004, les accusés qui clament leur innocence, ont fait appel auprès de la Cour suprême. Ce procès empoisonne les relations entre la Libye et la Bulgarie.


Afrique. Charles Taylor transféré à La Haye

L’e- despote du Libéria, Charles Taylor, a quitté mardi l’Afrique pour La Haye, seconde étape d’un procès qui se veut exemplaire. Inculpé en mars 2003 de crimes contre l’humanité, il sera le premier chef africain à répondre de ses actes devant des juges. Paradoxalement, c’est pour les barbaries commises chez le voisin sierra-léonais entre 1991 et 2001 que Taylor va être jugé. Le dictateur déchu a alimenté une guerre civile et apporté soutien et armements aux rebelles du Front révolutionnaire uni (Ruf) contre des pierres tirées des mines de diamant du pays. Le conflit a fait plus de 120 000 mort et des dizaines de milliers d’amputés.
Taylor, 58 ans, a été interpellé en mars dernier au Nigeria et conduit à Freetown, dans la prison du Tribunal spécial pour la Sierra-Léone (TSSL). Si les Pays-Bas ont accepté d’accueillir les débats du TSSL, ils refusent en revanche d’incarcérer Taylor en cas de condamnation.



Lu pour vous.
Désastre

Antoine de Gaudemar, Libération, le 21 juin

Dominique de Villepin est son propre bourreau. À le voir acculé après l’échec du CPE et sa mise en cause dans l’affaire Clearstream, on pensait qu’il allait se calmer, faire le dos rond quelque temps. Moins afficher son mépris, du Parlement, de l’opposition, de la presse. Mais c’est plus fort que lui. à la première occasion, comme défié dans son orgueil, il cherche à en découdre. Après avoir porté plainte pour diffamation contre des journalistes dans le scandale Clearstream, son insulte mardi à François Hollande (“Je dénonce la facilité, et je dirais même, en vous regardant, la lâcheté, oui la lâcheté qu’il y a dans votre attitude”) est une illustration de ce comportement. Apparemment, c’est une diversion réussie : Villepin occulte un moment la grave crise chez EADS, les retards de l’A380 et le dossier GDF-Suez. Mais c’est aussi une nouvelle erreur politique. Si Villepin croyait “ressouder” la majorité en tapant sur le leader socialiste, la manœuvre est ratée. On a rarement vu un tel divorce entre un chef de gouvernement et sa majorité et on voit mal cette situation perdurer encore dix mois. Jusqu’ici, Jacques Chirac, lui-même très affaibli, ne s’est pas résolu à lâcher son premier ministre. Celui-ci répète à satiété sa volonté d’aller jusqu’au bout de sa “mission” et son entêtement se double d’un manque désastreux de sens politique. Quel niveau d’incident faudra-t-il attendre et atteindre pour qu’il s’en aille ?



VITE !

Le mercenaire Bob Denard, 77 ans, a été condamné par le tribunal correctionnel de Paris à cinq ans d’emprisonnement avec sursis pour sa participation aux côtés de 26 autres personnes à une tentative de coup d’Etat aux Comores en septembre-octobre 1995.

 
 
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