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N° 232
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Par Driss Bennani

“Ma vie, j’en fais une blague”

Antécédents
Yassine Zizi
Journaliste, producteur. (DR)

1959. Naissance à Tanger.
1979. Études de psychologie à Aix-en-Provence.
1989. Intègre Médi 1.
2001. Naissance de Kenza, sa fille.
2006. Premier interrogatoire.
Smyet Bak ?
Mohamed Zizi que Dieu ait son âme.

Smyet mok ?
Fatema Hasbi.

Nimirou d’la carte ?
Ça commence par K. Pour le reste, je dois appeler ma femme. Mais dites-moi, vous faites mon interrogatoire parce que vous êtes à court d’idées ?

Non, on voulait savoir ce que ça vous fait d’être une neggafa depuis que vous produisez Lalla Laâroussa…
Ramzi, Othmane et moi sommes très heureuses. C’est la première fois que je touche à la production après un passage par le journalisme télé. J’ai appris que la télé, quand c’est bien fait, c’est le nirvana, limite l’extase.

Si on exclut les animateurs, les décors et les séquences musicales, qu’est-ce qu’il y a de bien fait dans Lalla Laâroussa ?
La pub, peut-être. Sérieusement, c’est un nouveau bébé pour nous. C’est la première fois que nous tentons une aventure en plateau. Avec le recul, nous réalisons toutes les erreurs que nous aurions pu éviter. Heureusement d’ailleurs. Ça aurait été parfait, nous n’aurions même pas pensé à en faire une deuxième édition.
Cela étant, l’émission réalise de jolis scores d’audience. Maintenant que nous avons déjà plus de moyens, nous ferons certainement mieux l’année prochaine.

Vous auriez participé, en tant que candidat, à une émission pareille ?
Lorsque je travaillais sur le concept avec Ramzi et qu’on réfléchissait aux cadeaux, j’avais des tendances polygames. Je rigole, évidemment, pour les cons qui prendraient ça au premier degré.

Avant d’être journaliste, vous avez tout fait ou presque dans votre vie, jusqu’à traire des vaches. ça aide, pour garder les pattes sur terre ?
Bien sûr. J’ai tout fait dans ma vie. Mais le pire truc, celui qui m’a marqué psychologiquement, c’est quand je vendais des petits pots de mimosa artificiel avec un petit poussin au-dessus. Le tout faisait 6 cm de hauteur. Je faisais du porte à porte dans les HLM et j’ai failli être attaqué par un chien policier. Si demain, je perds tout ce qui m’entoure, je n’ai pas de problèmes à revenir à la terre. Je me sens autant à l’aise quand je déguste un thé hyperglycémié assis par terre que quand je sirote un cocktail sur la terrasse d’un pub huppé d’Essaouira. Ma vie, j’en fais une blague. J’en profite au maximum en me disant que si tout était à refaire le lendemain, je reprendrais avec plaisir.

Vos chroniques ont eu du succès parce que vous êtes un journaliste talentueux, ou parce que vous racontez toujours de bonnes blagues ?
Je suis très loin du journaliste talentueux, je laisse ça aux journalistes talentueux. Je raconte ce que je vois à ma façon. J’écris comme je parle et non comme je suis censé écrire.

Quand direz-vous que vous avez vieilli ?
Le lendemain de ma mort. J’espère que ça tombera un lundi, juste pour les faire chier au bureau.

Vous avez réalisé une série d’interviews intimistes avec plusieurs ministres. Qu’est-ce que vous avez appris de nouveau ?
Bizarrement, que c’est une race qui nous ressemble comme deux gouttes d’eau, finalement.

Et pourquoi faites-vous une fixation sur le pauvre Abbas El Fassi, alias Dada ?
Je n’ai rien contre ce monsieur que je ne connais même pas. Mais le jour où il présentera des excuses aux 35 000 familles d’Annajat, j’arrêterai d’écrire sur lui.

Dans une récente chronique, vous racontiez comment votre fille de cinq ans est venue vous dire qu’elle était amoureuse. Le jour où elle sortira avec son premier copain, vous aimeriez qu’elle vous en parle ?
Je suis en train d’utiliser tous les subterfuges pour qu’elle ait l’impression plus tard que je suis vraiment son complice.

Vous avez été le premier à utiliser le mot “Marock”. Vous ne regrettez pas d’avoir donné une mauvaise idée à Leïla Marrakchi ?
J’ai beaucoup de respect pour elle. Maintenant, j’attends que toute cette histoire se termine pour l’attaquer en justice (et tant pis pour les cons qui prendraient ça au premier degré encore une fois).

Demain, vous avez M6 au bout du fil, que lui direz-vous ?
Je lui dirai : Majesté, Dada, c’était vraiment obligatoire ?

 
 
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