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Pédophilie. Double scandale
Bouya Omar. Reportage en enfer
Casablanca. La Star Ac' recrute
Hamas/Fatah. Cohabitation périlleuse
Égypte. Kefaya, ça ne suffit pas
Rabat-Salé. Bataille autour des ordures
Portrait. Bouab par la grande porte
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N° 232
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Chef de rubrique Youssef Aït Akdim

La semaine Monde

Les chars israéliens déployés le
long de la bande de Gaza. (AFP)

Territoires palestiniens. Tsahal à l’offensive

Une “semaine de retenue israélienne” ironisait Tanya Reinhart, journaliste israélienne dans un article paru dans Yediot Aharonot, le 21 juin. Tsahal aura attendu trois jours avant de déchaîner sa force de feu sur des infrastructures et équipements civils palestiniens. Dans la nuit de mardi à mercredi, les forces israéliennes ont pénétré dans la bande de Gaza afin de libérer le caporal Gilad Shalit, enlevé dimanche par un commando palestinien. L’armée israélienne a détruit trois ponts et tiré neuf missiles sur l’unique centrale électrique, coupant l'alimentation à la majeure partie du territoire palestinien. Un camp d'entraînement du
Hamas a également été la cible de deux missiles. Face à la première opération terrestre d'une telle ampleur depuis le retrait israélien de la bande de Gaza en septembre dernier, la Maison Blanche a soutenu le droit d’Israël “de se défendre”. Fort de ce blanc-seing, le premier ministre, Ehoud Olmert, qui menaçait de “recourir à une action extrême pour ramener Gilad à sa famille” a franchi une étape supplémentaire jeudi à l’aube avec l’enlèvement par les forces israéliennes du ministre des Finances Omar Abdel-Razek et de huit autres ministres ainsi qu'une vingtaine de députés du Hamas. Dépassé par les évènements, le président de l'Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, a dénoncé une “agression qui a visé les infrastructures civiles (…), une punition collective et un crime contre l'humanité”. Ce climat d'extrême tension a éclipsé l’annonce par le président Mahmoud Abbas et le premier ministre Ismaïl Haniyeh de la conclusion d'un accord sur le “plan des détenus” qui reconnaît implicitement Israël, et réaffirme la nécessité de l’union nationale en vue de récupérer les territoires occupés depuis 1967. L’escalade menaçait de s’étendre aux pays voisins lorsque des avions militaires israéliens ont survolé mercredi matin le palais d’été du président syrien Bachar Al Assad à Lattaquieh dans le nord du pays. L’armée syrienne aurait tiré en représailles contre deux des quatre appareils, sans apparemment faire de victimes.


Irak. Les Etats-Unis ont un plan de retrait

La Maison Blanche a confirmé l’existence d’un plan élaboré par l’armée pour un retrait massif des troupes américaines d'Irak à la fin 2007. Après les révélations du New York Times selon lesquelles le commandant de la coalition en Irak, le général américain George Casey, a demandé une réduction des brigades de combat à 5 ou 6 d'ici décembre 2007 contre 14 actuellement, le porte-parole de la Maison Blanche Tony Snow a déclaré : “Il s'agit d'un des plans actuellement à l'étude [dont l’application] dépendra des conditions sur le terrain”. Cet infléchissement dans la ligne ferme voulue par le président Bush intervient à quelques mois des élections de mi-mandat au Congrès, et alors que plus de 2500 soldats américains sont morts en Irak depuis 2003. S’imposant comme un des thèmes majeurs du débat de pré-campagne électorale, la question du retour des soldats divise au sein de la majorité républicaine. De son côté, l'opposition démocrate tente d’exploiter l’impopularité croissante du conflit pour reprendre la majorité au Sénat et à la Chambre des représentants.


ONU. Contre les armes “légères”

Lors de l’ouverture de la conférence de l’ONU sur les armes légères lundi, les responsables de la campagne “Contrôlez les armes” ont remis la pétition du million de visages à Kofi Annan. Le rapport publié à cette occasion par la campagne regroupant des centaines d’associations dont Amnesty et Oxfam rappelle que l'AK-47 est la “machine à tuer la plus utilisée dans le monde”. La pétition demande des contrôles plus stricts sur les armes et contient les portraits d'un million de personnes, soit le nombre de personnes tuées par des armes de petit calibre depuis le lancement de la campagne en 2003. En même temps, la National rifle association, principal lobby pro-armes américain, présentait sa lettre de protestation signée par 100 000 personnes, appelant à l’interdiction de la conférence. Un AK-47 ne coûte que 24 euros dans certaines régions d'Afrique.


Afghanistan. Météo Rumsfeld

Le secrétaire américain à la Défense, Donald Rumsfeld a jugé que la recrudescence des violences en Afghanistan s'expliquait avant tout par les saisons. “La situation en Afghanistan actuellement est caractérisée par les saisons. C'est l'été. Historiquement, le niveau de violence augmente pendant les mois plus chauds. Le climat est sévère en hiver”, a dit M. Rumsfeld lors d'une conférence de presse au Pentagone. Le pays est confronté à la pire vague de violence depuis la chute des talibans à la fin 2001, malgré la présence de dizaines de milliers de militaires de la coalition menée par les Etats-Unis et de la force de l'OTAN. Au vu des initiatives des Républicains contre le réchauffement climatique, le président afghan Hamid Karzaï a du souci à se faire.


OMC. Sauver le Doha Round

Une cinquantaine de ministres, représentants des principales parties prenantes des négociations au sein de l'Organisation mondiale du commerce se retrouvent pour tenter de relancer le cycle de Doha de libéralisation des échanges, lancé en 2001. Mais l'issue de ce rendez-vous, dont la durée même demeure indécise, semble incertaine. Alors que les Américains ne semblent pas pressés de conclure un accord, le président de l’organisation, Pascal Lamy, estime que “le moment de vérité” est arrivé pour les membres de l'OMC. Les négociations auraient dû être bouclées fin 2004 mais elles achoppent sur les thèmes des subventions et droits de douane agricoles. Etats-Unis et Union européenne devraient baisser leurs aides aux agriculteurs de moitié et les pays émergents réduire leurs droits de douane de 20% sur les produits industriels.



Lu pour vous.
Iran Atomique

Ignacio Ramonet, Le Monde diplomatique, Juillet 2006

Un revirement. La nouvelle attitude des Etats-Unis à l’égard de l’Iran constitue un spectaculaire revirement. Il y a à peine trois mois, de hauts responsables américains envisageaient encore des attaques sélectives pour contraindre Téhéran à abandonner son programme nucléaire. On en était donc là, lorsque les choses changèrent radicalement. Réunis à Vienne le 1er juin, les ministres des Affaires étrangères des cinq membres permanents du Conseil de sécurité et de l’Allemagne élaboraient un document reconnaissant, sur un ton conciliant, la prérogative de l’Iran à accéder à l’énergie nucléaire civile et proposant de mettre fin à l’embargo. La véritable concession est ailleurs : le gouvernement américain accepte de s’asseoir à la table des négociations avec les Iraniens. Seule condition : la suspension du programme d’enrichissement d’uranium. Téhéran semble également miser sur l’apaisement. Comment expliquer le revirement américain ? Il y a, d’abord, le droit indiscutable de l’Iran de se préoccuper de son avenir énergétique. Malgré plus de deux mille inspections depuis 2003, l’AIEA n’a jamais pu fournir la preuve d’un programme nucléaire militaire. La Russie et la Chine, défendant le droit de Téhéran à disposer de l’énergie nucléaire civile, s’opposeraient à toute sanction contre l’Iran. L’échec de l’occupation de l’Irak a sans doute pesé également. Une escalade demeure possible mais les deux parties ont intérêt à chercher un compromis.



VITE !

L'ancien ministre allemand des Affaires étrangères, le Vert Joschka Fischer, a annoncé qu'il quittait définitivement la vie politique. Issu de la gauche soixante-huitarde, il enseignera l'automne prochain à la prestigieuse université américaine de Princeton.

 
 
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