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Élections. Qui a peur de la gauche ?
Activisme informatique. L'Intifada des hackers marocains
Carte biométrique. La puce qui vous met à nu
Société. Horreur à Meknès
Audiovisuel. Dans les coulisses de la Haca
Régions. La carte du Maroc revue et corrigée
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Belgique. Le spectre Dutroux
L'exemple Chaâbi. Tourisme sans alcool
Portrait. Une poétesse voilée se dévoile
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N° 233
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Pages coordonnées par Hassan Hamdani

La semaine Culture

Oumou Sangare. (DR)

Festival Timitar. Amazighworld

À quelques jours de l’ouverture du festival Timitar, Brahim Mazned, son directeur artistique, était encore entre deux avions à destination de Tenerife pour une conférence de presse avec des musiciens canariens qu’il a découverts il y a quelques mois. L’homme vadrouille ainsi à travers le monde, se faisant un point d’honneur à rencontrer les artistes avant de les inviter à se produire à Timitar, qui, en plus de faire la part belle aux musiciens amazighs, s’offre cette année une programmation world de haute facture au spectre large. Ainsi, la cuvée 2006 propose, parmi les 600 artistes amazighs, arabes et world invités, un éclectisme
qui évite l’ennui du monolithisme musical grâce à des genres aussi différents que celui de Jimmy Cliff, du français Alan Stivell ou de la malienne Oumou Sangare. “La troisième édition mettra un coup de projecteur sur les musiciens d’Afrique de l’Ouest”, souligne d’ailleurs Brahim Mazned. Le public aura donc droit en plus de Sangare à Toumami Diabate (l’homme aux 2 Grammy awards) et Cheikh Lô. Autre grande nouveauté cette année, Timitar s’ouvre à l’electro avec une mention spéciale à Amira Saqati, invité car “Le groupa redonne du sens à notre patrimoine grâce à l’apport des musiques electroniques”, ajoute Brahim Mazned. Qui plus est, des DJ marocains ( Key et Zayan Freeman) et internationaux animeront en musique et en images les “interludes” entre le passage des artistes sur les scènes de la place Amal et de la place Bijaouane. Pour de la musique non stop de 21h à 3h du matin...


Sortie. Querelle de voisinage

Adaptation d'une bande dessinée culte, Nos voisins, les hommes gagne à n'être pas regardé comme une critique capitaliste yankee de la société de consommation. Non par manque de crédibilité, mais parce qu'il n'est pas nécessaire de déceler dans chaque film le support d'un message politique. Aux Etats-Unis, les critiques ont la décence d'y voir simplement une nouvelle manche dans la rivalité entre Pixar et Dreamworks. L'histoire, dans sa simplicité, ne manque pas d'enseignements. Au retour du printemps, la tortue Verne et ses amis sortent de leur longue hibernation. Mais il y a du changement dans leur habitat naturel : l'érection d'une haie, qui, leur explique RJ le raton laveur, sert à protéger le domaine du “Bien-être”, c'est-à-dire des Hommes. Alors, s'ouvre la querelle des insulaires qui veulent rester sur “leur terre” et des téméraires, dont RJ, qui ne rêvent que de franchir la barrière. Le cadre, plus urbain, du film contribue à un divertissement réussi et fait, incidemment, oublier les manqués de Madagascar. À voir en famille, pour la morale. Ou pas.

Au Mégarama.



Arts populaires. Folkloféerique

Le folklore pour touristes agace, mais le Festival national des arts populaires de Marrakech (FNAP) a su éviter cet écueil. Le doyen des festivals marocains, qui en est à sa 41ème édition, animera la ville ocre (les jardins de la Menara, la place du Harti, la place Syba, le Théâtre Royal) avec des spectacles de qualité qui mettront un coup de projecteur sur les danses populaires marocaines (Aïta, Ahouach, Daqqa marrakchia, etc.). Et donnera au public marocain l’occasion de découvrir des formes d’expressions corporelles populaires venues d’ailleurs, avec notamment des troupes folkloriques chinoise, péruvienne et népalaise…ou l’exotisme servie à domicile.

Du 10 au 15 juillet.



Danse Le voile blanc d’Anania

Après une première tournée en Europe, la compagnie Anania a participé à la 26ème édition du festival Montpellier Danse 2006 ; Les chorégraphes interprètes Taoufik Izeddiou et Bouchra Ouizguen ont présenté deux créations le 24 et le 25 juin au théâtre du Hangar : Le duo “Déserts, désirs” et le solo de Bouchra “Mort et moi”. Pour le premier spectacle, nos danseurs contemporains ont créé le débat. Ils ont divisé le public, comme la scène, en deux, avec un voile blanc. Bouchra dansait uniquement pour les femmes, tandis que Taoufik n’est vu que par les hommes. Les interprètes, comme le public, se guettent, s’écoutent. D’un côté, on regarde Bouchra qui tente de créer un lien avec l’autre moitié, à travers ses pas, ses paroles. On entend Taoufik chanter, courir, on devine ses mouvements… Comme des prisonniers, chacun son camp, les deux mondes essaient de se toucher jusqu’au moment où on oublie l’existence du voile blanc. Ils le font vibrer en se jetant à la tête l’un de l’autre… Rapprochement, séparation, Anania nous invite dans un espace qui nous unit et nous divise en même temps. Jamais sans toi, jamais avec toi...


Sciences. Espaces très spaces

Cela fait trois ans que la fondation Sigma et sa cheville ouvrière, l’ex-doyen Mohamed Semlali, organisent à Tanger un Festival des sciences. Conçu à l’adresse des jeunes collégien(nes) et lycéen(nes) en mal de repères matériels, ludiques ou tout simplement expérimentaux pour savoir ce qu’est réellement la science, le festival leur en offre des illustrations. À coup de films scientifiques, de télescope en bonne et due forme mais aussi à travers des expositions, sur l’homme et l’espace, ou encore des conférences au sein des établissements, le jeune public en aura plein les yeux. Sous le thème général de L’espace (frontières de l’infini, comme dit le générique de Star Trek), la planète terre et l’ensemble du système solaire seront observés sous toutes leurs coutures. Plusieurs espaces à Tanger sont mis à contribution (Institut Cervantès et Collège Al Amana, entre autres).

Rendez-vous à Tanger, du 10 au 15 juillet.



Festival. Alegria allègrement

Alegria, c’est la joie qui unira cette année, dans les ruelles bleutées de Chaouen, les Haddarat, la musique de Jajouka et Taktouka Al Jabaïa au flamenco du sud de l’Espagne et à la salsa d’Amérique Latine. L’édition 2006 du festival (en multipliant les scènes) mettra davantage l’accent sur les musiques locales, tout en ouvrant les bras aux jeunes groupes comme Mazagan et Gnaoua click, sans oublier quelques pointures de la musique latino à l’instar de Yuri Buenaventura, abonné désormais aux festivals marocains. Côté fusion, passage obligé de toutes les grandes manifestations musicales sous nos latitudes, c’est Jil Jilala et Naskoum qui s’y colleront Naskoum ont joué avec Khaled, Rachid Taha et Sting, mais la grosse affiche d’Alegria 2006 reste les Espagnols d’Elbicho : à découvrir et consommer sur place, accompagné d’el chocolaté chaouni.

Du 13 au 15 juillet à Chefchaouen.



Jazz. Copain comme Conchon

ça n’arrête plus de jazzer sous nos latitudes. Jazz à Chellah et Tanjazz, à peine achevés, voilà ti pas que Didier Conchon et son compère Eric Leboucher-Radiguet posent armes, bagages et guitares à l’IF de Casablanca. Le duo a fait ses gammes sous la houlette de deux sultans of jazz. Christian Escoudé, virtuose du jazz gitan et digne héritier de Django Reinhardt, a formé Didier Conchon tandis que Joe Diorio himself, un des maîtres spirituels de la guitare jazz blues, impressionné par le talent de Leboucher-Radiguet, l’a pris sous sa houlette. La culture club enfumée de Didier Conchon alliée aux expérimentations d’Eric Leboucher-Radiguet fera sans doute des étincelles. Et comme bon sang ne saurait mentir, avec Leboucher et Conchon, ça devrait même saigner...

Le 5 juillet à 20h30 au Théâtre 121 de l’IF Casa.



Potins. Coco a éclaté Gad

Agenda chargé ou pas, Gad El Maleh trouve toujours le temps de faire honneur à un ami quand l’invitation lui en est faite. En effet, attendu au festival canadien Juste pour rire (du 10 au 15 juillet) pour une énième représentation de L’autre c’est moi, Gad El Maleh, a tout de même osé le petit détour par sa Casablanca le week-end dernier, ou plus précisément par le Tahiti Beach Club, pour célébrer le mariage de la fille d’un très vieil ami. Ami que les initiés affublent désormais - et discrètement - du surnom de Coco. Vous l’aurez deviné, celui-là même dont l’humoriste a croqué le portrait pour créer le personnage du même nom dans La vie normale. Le vrai Coco en a fait des tonnes pour le mariage réel de sa petite chérie comme pour la bar-mitsva fictive de son fils dans La vie normale. Il les a tous éclatés !


Rawafid. Joli Killy

Mystique, entre groove maghrébin et jazz délicat, l’ensemble Houcine Killy a mis le point final à la septième édition du Festival Rawafid, dédié aux créateurs marocains à l’étranger. Malgré un micro de guembri capricieux, le chanteur et compositeur, qui réside en Allemagne depuis une vingtaine d’années et envisage de s’installer à Berlin, a délivré un show piquant çà et là dans les répertoires gnaoui, andalou, hamdouchi ou melhoun. Houcine prépare actuellement son troisième album solo, qui succédera à Mountain to Mohamed et va profiter de quelques semaines auprès de sa famille à Agadir pour composer. Son concert restera comme l’un des temps forts du festival, comme la prestation étonnante du guitariste malien Habib Koité.


Avant-première. Lasri fait son cinéma

Hicham Lasri fait partie de la nouvelle génération de réalisateurs, à cheval entre publicité et fiction. Son dernier court métrage, Le jardin des rides, produit par son prédécesseur dans la même veine, Nabil Ayouch, sera donné en avant-première lundi 10 juillet à 20h au Mégarama. Connu à travers ses courts précédents Géométrie du remords, Ali J’nah free style puis Lunati(k)a, ce jeune trentenaire s’efforce de jouer à l’artiste contemporain, mixant les registres, brouillant les pistes, jouant sur la perte de repères. Son surréalisme semble, jusqu’à preuve du contraire, surfait. Mais Le jardin des rides pourrait très bien démentir cette impression déjà installée dans l’esprit des critiques.


Le livre.

Avec Ambre ou les métamorphoses de l’amour, troisième roman, longtemps en hibernation, Mohamed Leftah nous donne enfin les clés de sa littérature onirique et brute. En redécouvrant cette femme à la couleur amère, naine de son enfance, il réécrit ses mille et une nuits. Dans ce texte beaucoup plus que dans les deux précédents (Les demoiselles de Numidie et Au bonheur des limbes), cet écrivain sexagénaire ressorti d’années d’oubli au Caire, étale sa capacité à jongler avec les mots, les imaginaires et les sentiments. Tantôt disséquant les détails d’un souvenir embué par les contes de Schéherazade, tantôt pénétrant l’univers d’une femme ou d’une androgyne à Settat, le roman avance au gré des touches passionnées qu’y apporte l’auteur, tel un peintre impressionniste.

Ed. La différence




Humeur : La puce à l’oreille

Hassan Hamdani

Les moqaddems seront-ils bientôt condamnés à se gratter les parties intimes pour occuper leurs mains désoeuvrées ? En effet, le projet d’une carte d’identité à puce qui informera les autorités même sur le nombre de fois où vous changez de slip dans la semaine, risque de mettre au chômage nos James Bond de quartiers, spécialistes de l’espionnage de proximité. Selon le ministère de l’Intérieur, ce CV détaillé de chaque Marocain en âge de procréer se veut “une pièce maîtresse de la stratégie nationale de l’administration électronique”. De toute évidence, le Maroc a décidé d’entrer dans le 21ème siècle du renseignement par la porte de service à la manière d’un resquilleur qui aurait peur d’être surpris par moulate lpile. Le tberguig made in NTI devient subitement de la modernité administrative et Chakib Benmoussa, ministre de l’Intérieur, se transforme, comme par enchantement, en jolie fonctionnaire zélée et souriante toute à votre service. Un Si Chakib, impeccable comme un majordome anglais aux manières exquises, avec le sourire satisfait du fonctionnaire qui a réussi grâce à sa maîtrise de la circulaire administrative. Un type inoffensif à qui on donnerait le bon Dieu sans confession. Bien que cette dernière lui soit inutile car bientôt il saura tout de vous...



And the winner is… Momo
Mohamed Merhari, alias Momo de L’Boulevard, a remporté le 30 juin dernier à Londres le prix de l’entrepreneur musical de l’année. Le prix doté d’une somme de 120 000 DH vient récompenser le travail de longue haleine qui a fait du L’Boulevard une manifestation musicale désormais incontournable au Maroc.


Gad tourne en Israël
Après avoir joué à Jérusalem pour la première fois cette année, Gad El Maleh s’apprête à retourner en Israël. Sous sa casquette de comédien, cette fois-ci, puisqu’il tourne dans Les enfants du terrain vague, une comédie dramatique signée par le réalisateur israélien Marco Carmel.


Rave à Asilah
La troisième édition de Rythms of Peace, rassemblement techno et rave gigantesque, se tiendra près d’Asilah du 17 au 22 août prochain. Cinq villages improvisés étalés sur 3 kilomètres de plage accueilleront concerts, exposition d’art et d’artisanat. Histoire de ne pas danser idiot…

 
 
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