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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Par Driss Bennani

“On n’est pas journaliste par mégarde”

Antécédents
Latifa Akharbach
Directrice de l’ISIC

1960. Naissance à Chaouen.
1965. Scolarisation à Marrakech.
1985. Mariage.
1988. Doctorat en science de l’information et de la communication – Paris.
1988. Enseignante à l’Institut supérieur de journalisme et consultante internationale en communication.
2003. Directrice de l’Institut supérieur de l’information et de la communication (ISIC).
Smyet Bak ?
Ahmed Akharbach.

Smyet mok ?
Yamna Boudiad.

Nimirou d’la carte ?
E 85 570.

Vous avez récemment fêté en grande pompe la sortie d’une nouvelle promotion de l’école de journalisme que vous dirigez. Où disparaissent vos lauréats ?
Ils ne disparaissent pas, ils apparaissent dans un système médiatique qui a besoin de bons journalistes.

Vous formez quel genre de journalistes ?
Des journalistes qui ont conscience qu’ils travaillent pour le citoyen et que leur métier n’est pas anodin. Que c’est un métier qui s’exerce avec une grande responsabilité sociale et intellectuelle. On n’est pas journaliste par mégarde.

Votre école a souvent fait l’actualité ces derniers temps, notamment pour des manifestations islamistes contre les activités culturelles qui s’y tiennent. Le métier de journaliste est-il en train de s’islamiser ?
Ce n’était pas une actualité mais un fait divers. Nous avons une plus grande actualité. Non, c’étaient des étudiants islamistes venant d’autres écoles qui voulaient s’immiscer dans les affaires de l’institut qu’on veut pluraliste, ouvert sur les autres et pratiquant le doute scientifique. J’ai été ravie de voir mes étudiants solidaires et farouchement attachés à leur liberté, qui est un outil de travail pour le journaliste. À l’école, ils apprennent la curiosité du monde. Le métier d’informer est le même partout. Il n’y a pas de raison pour ne pas avoir le même niveau d’exigence que partout dans le monde.

Vous avez pensé à leur apprendre à répondre à un juge par exemple ?
Si je fais bien mon travail, ils sauront répondre. Mais j’aimerais aussi apprendre aux juges à lire la presse. La culture juridique est très importante en journalisme. Un journaliste doit être toujours vigilant dans ce domaine.

Vous avez déjà proposé des formations pour les juges dans votre école. Ils n’ont toujours pas eu d’instructions pour franchir le pas ?
Je n’ai adressé de lettre à personne. J’ai fait une proposition honnête sur la place publique. On forme des parlementaires à travailler avec des journalistes, des journalistes à traiter la problématique du sida, je ne vois pas pourquoi on ne formerait pas des juges au fonctionnement des médias et aux règles du métier. Et puis vous savez, les juges, c’est comme les journalistes. Il y a les bons et les moins bons.

Vous n’avez jamais longuement exercé en tant que journaliste. Qu’est-ce qui vous fait peur dans l’exercice de la presse ?
Chacun son métier. Diriger une école de journalisme avec beaucoup d’ambition est prenant et puis j’aime les étudiants. J’ai une très haute opinion du métier d’écrire. Il faut y consacrer le temps et l’intelligence qu’il faut. Pour l’intelligence, je ne sais pas. Mais le temps, je n’en ai pas. En plus, je suis mariée à un grand journaliste qui m’a refilé le respect de la chose écrite. C’est très sérieux d’écrire.

Chaque année, la DST essaie de recruter dans votre école, c’est un motif de fierté pour vous ?
Personne ne m’a contactée pour ça. Je ne forme pas pour la DST qui a déjà recruté dans l’école avant que je n’en sois responsable. Nous n’avons pas de programme spécial DST. Nous avons par contre un programme sur le journalisme d’investigation. Cela dit, je vais faire une enquête pour vérifier ce que vous dites.

Vous avez été désignée parmi les 50 femmes qui font bouger le Maroc, vous menez régulièrement des missions de consulting… Lobbyiste est un bon plan de reconversion pour vous ?
D’abord, s’il n’y avait que 50 femmes dans ce pays, il ne bougerait pas. Les femmes avec les sunlights braqués sur elles ont certainement la vie plus facile que celles qui font le Maroc de tous les jours dans l’ombre, ou même la pénombre. Je me définis comme une travailleuse. Une petite main dans le grand chantier du développement.

Faites gaffe, ça fait déjà TVM !
Qu’est-ce qui fait TVM, la petite main ou le développement ? Et puis je vous corrige, on ne dit plus TVM, on dit SNRT.

Dernière question, les pubs de serviettes hygiéniques vous révoltent-elles toujours autant ?
Oui parce qu’à chaque fois, je me sens âawra.

 
 
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