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Chef de rubrique Karim Boukhari
La semaine Maroc
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Au centre, le wali
Mohamed Hassad (ASSABAH)
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Plages. Le Makhzen se jette à leau
Spectacle hallucinant mardi dernier à la plage de Tanger, où une foule de curieux se faufilait parmi les officiels de la ville, leurs nombreux accompagnateurs
et quelques belles voitures diligentées pour loccasion. Un plateau de choix qui a regroupé toute lélite de la ville du Détroit avec le wali, Mohamed Hassad en personne, le gouverneur Abdelouafi Laftit, le maire Dehman Derham, sans oublier tout le staff de la wilaya, le chef de cabinet, le patron de la DAG, et quelques journalistes triés sur le volet. Impressionnant. En un temps deux mouvements, tout le Makhzen sest mis en maillot de bain et sest jeté |
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| à leau, sous la direction dun joyeux Hassad, maillot short sur les reins
Le temps dexécuter quelques brasses, de distribuer quelques sourires aux photographes de service, et les officiels ont repris pied sur le plancher des vaches. Question : à quoi rimait cette inédite démonstration estivale ? Le wali a voulu prouver à tout le monde que la plage de Tanger était bien propre pour la baignade, nous a commenté un fonctionnaire de la ville. En fait, la baignade de Hassad et consorts faisait suite à la publication, par le département dirigé par Karim Ghellab, dun rapport scientifique sur les côtes marocaines qui a déclassé le site de Tanger de la catégorie B à C, le reléguant parmi les sites déconseillés sans être interdits. En plus clair : le ministre de lEquipement déconseille la baignade dans la plage de Tanger mais le wali et ses fidèles ne sont pas du même avis. On ne saura quoi conseiller aux estivants, entre les certitudes de Ghellab et celles de Hassad. |
Mémoire. Lombre de Hassan II
Mohammed VI est piégé entre sa loyauté proclamée à son père et son besoin de se démarquer de son règne. Ainsi explique Pierre Hazan, auteur dun récent rapport sur lIER (pour le compte de United States Institute of Peace), lincapacité du Maroc à tourner la page. Le rapporteur note que les portraits de Hassan II sont souvent présents lors des auditions publiques, à côté de ceux de son fils. Cela prouve, selon Hazan, quil est encore interdit de faire un bilan objectif des années Hassan II, où lon reconnaît autant son rôle de constructeur de lEtat moderne que celui darchitecte des années de répression. Hazan cite au passage une victime des années de plomb : Jimaginais que le portrait de gauche (Mohammed VI) me défendait contre celui de droite (Hassan II). |
Retour. Motii bientôt au Maroc
Abdelkrim Motii, ancien chef de la Chabiba Islamiya, pourrait rentrer au pays avant la fin de lété. Selon des sources proches de sa famille, Motii, très malade, aurait reçu des assurances dans ce sens de la part des autorités marocaines par le biais dun représentant de la diplomatie marocaine. Le retour de Motii, exilé depuis une trentaine dannées en Libye, avait été annoncé comme imminent, et sans cesse repoussé, dès juin 2005. Pour rappel, Motii est connu pour être impliqué dans lassassinat, en 1975, du leader socialiste Omar Benjelloun. Son retour devrait indisposer au plus haut point lUSFP et lensemble de la gauche marocaine. |
AMDH. Le rapport 2005
LAssociation marocaine des droits de lhomme (AMDH) vient de rendre sa copie. Dans ce rapport consacré au passif de 2005, le bilan nest pas très rose. Les vérités révélées par lIER sont incomplètes, les indemnisations partielles et les recommandations toujours non appliquées. Côté chiffres, lAMDH recense sept morts dans les commissariats et 35 nouveaux prisonniers politiques. Lassociation déplore par ailleurs lacharnement judiciaire contre la presse, critique fortement la loi relative à la sacralité du drapeau national
et enregistre quelques avancées positives (la loi contre la torture par exemple). 2005 pour résumer ? Moyen. |
Intox. Allons, François
Après Alger, François Hollande, le premier secrétaire du Parti socialiste français, sera à Rabat le 18 juillet pour uvrer au rapprochement de la France et du Maghreb. Et surtout, vu quil rencontrera Mohammed VI, pour crédibiliser sa stature de présidentiable. Selon le dossier de presse distribué aux journalistes marocains, Hollande serait le candidat naturel pour 2007. Voilà qui ravira sa compagne Ségolène Royal, en tête de tous les sondages pour la désignation du candidat socialiste à la présidentielle française. Et que dire de Dominique Strauss-Kahn, autre présidentiable, qui sera du voyage à Rabat
Interrogé sur les prétentions naturelles de Hollande, un proche de DSK trouve étonnant ce double discours selon lequel on est candidat à létranger, mais pas en France. Et dajouter fielleusement : Il est bien naïf de croire que les Marocains ne comprennent rien à la vie politique française. Voilà, cest plutôt ça quil faut faire : nous flatter... |
Caricature. Adieu Amine
Lexcellent caricaturiste Saïd Amine est décédé mercredi à la fleur de lâge (33 ans), après 15 jours dhospitalisation. Ses obsèques qui ont eu lieu le même jour à Khénifra, sa ville natale, ont réuni près de 300 personnes, membres essentiellement de la société civile, venues lui rendre un dernier hommage. Formé aux Beaux- Arts de Casablanca, Amine est passé successivement par Demain, le Journal hebdomadaire, Annahar et Al Jarida Al Oukhra. À ses amis et avec le sens de lhumour quon lui connaissait, il aurait lâché, sur son lit de mort : Ils vont essayer de menlever une idée de caricature par une intervention chirurgicale sur la tête. Adieu Amine. |
Transit. 4 jours à Almeria
Sale temps pour les MRE. Ils étaient près de 6000 à être bloqués, quatre jours durant, dans le port dAlmeria dans des conditions déplorables, alors que la canicule battait son plein avec des températures de plus de 35 degrés. La raison de ce regrettable épisode ? Une panne technique qui aurait affecté le navire Mistral de la compagnie maritime Comanav. Il a fallu donc attendre quatre jours pour que la compagnie dépêche le Al Mansour du port dAlgésiras à celui dAlmeria pour mettre fin au calvaire des pauvres MRE. Une seule note optimiste : les médias officiels, pour une fois, ont osé faire état de cette malheureuse affaire. |
2007. Le PJD ira aux élections
Le PJD menace de ne pas participer aux législatives de 2007. Ainsi titrait Al Ahdath Al Maghribia, affirmant que, pour sopposer au projet gouvernemental, le parti islamiste se rallie aux petits partis qui menacent de se retirer. Faux, rétorque au nom du PJD, Lahcen Daoudi. On ne sopposera pas au code électoral en poursuivant la politique de la chaise vide, mais en avançant des arguments au sein du Parlement. En attendant que le conseil des ministres statue sur le texte, le PJD prépare son plaidoyer. Il est contre le quota préalable de participation parce quil ouvrira la porte à la corruption. Il refuse le découpage actuel, parce quavec deux candidats éligibles, ce nest plus un scrutin de liste. Et il estime que le seuil national déligibilité devrait être fixé à 7% pour éviter lémiettement des voix. Voilà qui est dit. Le PJD nen démord pas. 2007, il compte y aller, et en force. |
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Billet. Calendrier de passe-temps
Saïd est serveur dans un café huppé à Rabat. Il traverse la ville, du quartier infréquentable et sombre du G5, à celui de lAgdal, hyper-éclairé par les franchises nées de la mondialisation. Le garçon tend loreille pour écouter de manière indiscrète les chuchotements des clients, cadres cravatés et autres DVDistes à la recherche de revenus annexes. De retour au café minable où il sattable en fin de journée, il replonge dans le monde mélancolique des sans occupation fixe. À force de faire cet aller-retour, il a compris que les Marocains aiment, quelle que soit leur classe sociale, se parler pour tuer le temps. Parce quils ne lisent pas (entre autres). Saïd a fait le compte. Depuis un mois, le foot, du haut de son statut de religion planétaire, a occupé tous les esprits. Les mêmes réflexes surgissent, indistinctement du côté des pauvres et des riches, contre les arbitres, les stars et les dollars. Et le temps passe. À peine la finale terminée et le coup de boule de Zidane oublié, place à la canicule. De chaque côté de la ville, les jérémiades séternisent tel un match de ping-pong entre Japonais. Au début de lété, bien avant que ça chauffe autant, le tourisme sexuel commence à avoir la cote. Les discussions dérapent, prenant des allures machistes, xénophobes, homophobes. Pour le reste de lannée, les causeurs marchent à la carte : le match de foot de la veille, les jours fériés à venir, à construire ou à revendiquer, le prix des terrains qui montent et descendent au gré des semsaras, et quand lAïd approche, celui des moutons pour lesquels il faut bien se sacrifier. Quand il ny a rien à lhorizon, on ressasse les mêmes tirades creuses sur le pays qui stagne. Saïd a refait le compte : chaque année, les Marocains, du G5 comme de lAgdal, ont le même calendrier de passe-temps. Pour ne pas changer. |
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Édifiant. Les secrets du foot marocain
Makhzénisation du sport au Maroc : voilà un titre qui veut tout dire ! Dans un livre de 300 pages (Editions Annajah), lex-journaliste sportif Moncef Lyazghi décortique les relations entre sport et politique. Le chercheur sintéresse particulièrement au foot et revient sur lintervention de lEtat dans le secteur, via les institutions ou les sommités nationales comme Benslimane, Basri ou Mediouri. Louvrage grouille également danecdotes sur lintervention directe de Hassan II dans la gestion des affaires de la sélection nationale ou les anomalies qui ont accompagné la naissance dune équipe comme les FAR de Rabat par exemple. À ne pas rater. |
CCDH. Melilia à la loupe
Le Conseil consultatif des droits de lhomme (CCDH) sapprête à publier un rapport détaillé sur la gestion de la crise de Melilia par les autorités marocaines. Lauteur du rapport et membre du conseil, Driss Ajbali, y travaille depuis six mois pour répondre à des questions précises : qui a tiré sur les émigrés subsahariens, les Marocains ou les Espagnols ? Y a-t-il eu déportation ? Y a-t-il eu non-assistance à personne en danger ? Comment le rapatriement a-t-il été organisé ? Comment le Maroc gère-t-il laprès-Melilia ? Le rapporteur a eu accès à tous les interlocuteurs, institutions, victimes et organisations. On attend de lire jusquoù iront les conclusions du document. |
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3 questions à Abdelkrim Amrani (Directeur du quotidien Sawt Ennass)
Après seulement sept mois dexistence, Sawt Ennass a cessé de paraître. Pourquoi ?
Lun de nos principaux actionnaires, qui est aussi notre directeur administratif et financier, a émis le vu de nous quitter, évoquant nos difficultés financières. Il a contacté nos différents partenaires pour leur expliquer quil ne se portait plus garant
Mais notre vrai problème est dordre interne, il a trait aux personnes qui composent notre actionnariat et à notre ligne éditoriale qui doit déranger pas mal de monde dans les partis politiques, les milieux daffaire
Sawt Ennass, cest fini ?
Tout devrait se décider lors de lassemblée générale des actionnaires qui aura lieu le 15 juillet.
Trois scénarios sont possibles. 1) je déclare faillite. 2) je trouve trois millions de dirhams pour reprendre laffaire en main. 3) le journal est relancé mais à la seule condition que je quitte mon poste, chose que je ferais volontiers si ça pouvait le sauver.
Y a-t-il réellement de la place pour un nouveau quotidien non partisan au Maroc ?
Bien sûr, regardez Al Ahdath Al Maghribia qui est un bel exemple de réussite. En quelques mois à peine, il était devenu le numéro un de la place. Cest dailleurs lexemple que je voulais suivre, mais en mieux, avec Sawt Ennass. Nos problèmes internes avec certains actionnaires en ont décidé autrement. |
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Droits de lhomme. Prisons sous surveillance
LObservatoire marocain des prisons (OMP) est en train de former des visiteurs de prison, ces militants dont la tâche est denquêter, au sein même des pénitenciers, sur les atteintes aux droits des prisonniers. Et elles sont nombreuses, selon les conclusions dune étude menée pour le compte de lOMP par le sociologue Jamal Khalil. Les plus récurrentes : la violence physique (et notamment sexuelle) qui va parfois jusquà la torture, les mises au cachot et transferts abusifs, la corruption des gardiens
Les 18 visiteurs formés par lOMP, de Nador à Smara, auront dabord pour mission de recruter des volontaires dans leurs régions, pour examiner un maximum de plaintes. En 2005, il y avait 60 000 prisonniers au Maroc. |
Sondage. 100% contents !
Lémission Mawahib dans la lecture du Coran, diffusée par la deuxième chaîne, semble remporter un franc succès. Si lon en juge par un sondage diffusé cette semaine, le magazine serait suivi par 71,8 % des téléspectateurs de la chaîne. 88 % de ce public apprécierait beaucoup lémission
et 100 % en seraient satisfaits. On savait le programme excellent, mais de là à ce quil enregistre un taux de satisfaction digne du Guiness... |
People. Jamel fait sa télé (au Maroc)
Jamel Debbouze couve un projet télé au Maroc. Lancé il y a quelques semaines par le magazine people français Closer, le bruit serait fondé. Cest Alain De Greef, ancien directeur des programmes de Canal +, qui confesse, dans une déclaration reprise par Le Point, quil se verrait bien créer une nouvelle chaîne au Maroc avec Jamel Debbouze. Aux dernières nouvelles, même lancienne directrice de linformation de France 2 serait également de la partie. Pour sa part, Debbouze, de retour sur la petite lucarne, avec le Jamel Comedy Club (les samedis sur Canal+) ne sest pas encore prononcé, mais il na pas non plus démenti linformation. |
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Humeur. Concertos obligés
Ils sont fous, tous ces pisse-froid qui veulent interdire les festivals dété. Ou alors amnésiques. Je mexplique : il y a encore quelques années, la seule chose qui ressemblait (mais la ressemblance nest pas frappante) à un festival de musique était le vacarme sonore accompagnant les commémorations successives de la Marche Verte. 350 000 des gens de ton peuple Ya Sidi ! : voilà le seul hymne musical quil était possible découter aux quatre coins du royaume par un 6 novembre. On connaît bien la chanson. Mais très sincèrement, et avec tous mes respects pour les chanteurs (ils sont nombreux) et les adorateurs de cet hymne monumental qui a arrosé notre enfance, on peut facilement trouver mieux comme musique. Cet exemple ô combien délicat nest pas le seul puisque, dans le genre pas vraiment indispensable, on a forcément eu affaire à dautres festivals. Un ami ma par exemple raconté comment, coincé à mi-distance entre deux grandes mosquées, il assistait malgré lui à deux concerts simultanés tous les vendredis. Croyez-moi, ce nest pas toujours facile. Dès la première semaine et les premiers concerts, il y a déjà de quoi quitter le plus bel appartement du monde
Voilà bien où on en était. A écouter inlassablement ce qui nous dérangeait. Je me souviens du jour, encore, où on nous avait conviés à une fête musicale à lécole de mon enfance. Manque de bol : cétait un 6 novembre et la sono diffusait continuellement lhymne de la Marche Verte ! Ceux dentre nous qui se dégageaient se retrouvaient nez à nez avec un agent dautorité. Sans piper mot, il nous invitait du regard à nous rasseoir pour réécouter notre chanson préférée
Messieurs les amnésiques, les choses ont un peu changé. Et aujourdhui on peut choisir le meilleur moyen de devenir sourd, loin des obligations de lappel à la prière ou de léternel tube de la Marche Verte. Dieu merci ! |
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VITES !
Juan Carlos se déplace la semaine prochaine au Maroc où il aurait prévu, si lon en croit nos sources, un déjeuner en tête-à-tête avec Mohammed VI. Deux autres personnages de marque ont également prévu des visites au Maroc : la vice-présidente du gouvernement en Août, et le premier ministre Zapatero en septembre. Maroc/Espagne : le courant (re)passe.
Lhebdomadaire arabophone Assahifa envisage de changer de périodicité, pour devenir un quotidien à partir de la rentrée 2006. Lidée était à létude depuis de longs mois. En dehors du renforcement de léquipe rédactionnelle, aucun changement ne devrait affecter lorganigramme du support.
Le Centre marocain des droits de lhomme vient de se constituer partie civile dans une affaire de pédophilie à Ouled Frej (province dEl Jadida) dont la victime est un enfant de 9 ans. Daprès lassociation, le suspect, qui aurait été reconnu coupable, a été pourtant acquitté cette semaine par la Cour dappel dEl jadida.
Mohsine Ayouch ne sera plus directeur délégué de la CGEM à partir du 31 juillet. La décision a été prise de commun accord, entre Moulay Hafid El Alamy et moi-même, déclare lintéressé. Après 11 ans de service, lancien leader de gauche préfère changer de cap professionnellement. Il sera remplacé par la centralienne Amina Amrani, ex-ONA et ONE. |
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