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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Chef de rubrique Youssef Aït Akdim

La semaine Monde

Bombardement de l’aéroport
de Beyrouth par les Israéliens,
le 13 juillet 2006. (AFP)

Liban. Israël ouvre un deuxième front

Au Proche-Orient, plane la menace d’une extension du conflit déjà engagé entre Israël et le gouvernement du Hamas en Palestine. Tsahal a lancé une large offensive aérienne et terrestre contre le sud du Liban, pour la première fois depuis son retrait militaire en mai 2000, à la suite de l'enlèvement par le Hezbollah de deux de ses soldats et de la mort de sept autres dans l’offensive.
Au Liban, les principales forces politiques libanaises ont réagi en ordre dispersé, alors que le président Bush a lancé un avertissement à la Syrie, assurant que Damas devrait rendre des comptes.
Le premier ministre libanais a assuré que son gouvernement n'avait pas été informé au préalable de l'opération du Hezbollah et en a rejeté la responsabilité, rappelant son ambassadeur à Washington après ses déclarations à CNN approuvant l’opération. De son côté, Hassan Nasrallah, leader du mouvement, s’est dit prêt à négocier avec Israël pour obtenir la libération des – trois – prisonniers libanais détenus en Israël. Mais “si les Israéliens choisissent la confrontation, nous sommes prêts à aller jusqu’au bout et ils risquent d’avoir de mauvaises surprises”, a-t-il menacé.
Réuni en cabinet de crise mercredi soir, le gouvernement israélien n’a pas tardé à donner son feu vert à des actions militaires de représailles. Le blocus général décidé sur le Liban est devenu effectif jeudi en milieu de journée. L'armée israélienne a bombardé l'aéroport de Beyrouth, bloqué les ports du pays, et détruit une douzaine de ponts, interrompant les communications téléphoniques entre Beyrouth et le sud du pays, faisant des dizaines de morts. Un missile a atteint la chaîne du Hezbollah, Al-Manar, sans en interrompre la diffusion.
Le Hezbollah a annoncé avoir bombardé plusieurs localités dans le nord d'Israël notamment Safed et Nahariya, faisant une victime et des dizaines de blessés côté israélien. Des roquettes du Hezbollah qui avait auparavant menacé d’attaquer Haïfa, ont atterri sur la ville, signe que ce dernier a réussi à augmenter la portée de ses missiles artisanaux.


Irak. “Dernière chance” pour la paix

Le premier ministre irakien, Nouri al-Maliki, a annoncé mercredi au Parlement irakien un plan de réconciliation nationale qu’il a présenté comme la “dernière chance” pour la paix, sur fond de violences inter-ethniques quotidiennes. “S’il échoue, je ne sais pas quelle sera la destinée de l’Irak”, a-t-il reconnu devant les parlementaires, parmi lesquels des élus sunnites qui avaient mis fin à leur boycott décidé après l’enlèvement et le meurtre d’un des leurs. Le même jour, plus d’une vingtaine de personnes ont été exécutées après avoir été enlevées par des miliciens chiites dans une station de bus, mercredi. Les hommes armés ont procédé à la vérification de l’identité de leurs victimes dont les corps ont été retrouvés quelques heures plus tard. Dans ce climat de terreur, Donald Rumsfeld a effectué une visite surprise avec des responsables sécuritaires irakiens. Dans le sud du pays, les forces anglaises et australiennes ont remis jeudi aux Irakiens le contrôle de la sécurité de la province relativement calme de Muthanna.


Inde. Attaque terroriste islamiste ?

Mardi soir à l'heure de pointe, huit attentats à la bombe ont fait près de 200 morts et 700 blessés dans des trains de banlieue à Mumbai (ex-Bombay) dans l'ouest du pays. Les explosions n'ont pas été revendiquées mais les soupçons se portent sur les séparatistes musulmans du Cachemire. Après l’interrogatoire de centaines de personnes jeudi matin, les soupçons des enquêteurs semblent se concentrer sur l'organisation islamiste basée au Pakistan, le Lashkar-e-Taiba. Le Lashkar ,qui conteste la souveraineté indienne au Cachemire, est accusé d’une série d'attentats perpétrés en octobre dernier à New Delhi et qui ont fait 60 morts. L'Inde a appelé mercredi le Pakistan à démanteler “les infrastructures du terrorisme” (dans le Cachemire contesté), mais s'est gardée de mettre ouvertement en accusation Islamabad, qui a condamné “fermement” les attentats de Bombay mardi.


Tchétchénie. L’après-Bassaïev

Chamil Bassaïev, que Moscou considérait comme “l’ennemi numéro un” est mort dans des circonstances encore obscures. Moscou a d'abord évoqué une explosion fortuite, avant d’affirmer avoir mené une opération des forces spéciales. Sur place, la population semblait indifférente au sort du chef de guerre qui s’était fait beaucoup d’ennemis après avoir revendiqué la prise d'otages de Beslan. Pour Vladimir Poutine, c’est une victoire, à la veille d’un sommet du G8 à Saint-Pétersbourg, qui lui permettra de faire taire les condamnations occidentales, et d’annoncer la fin du conflit. Après douze longues années de guerre, la Tchétchénie a perdu 20% de sa population.



Lu pour vous. [Liban]
Rapport captivité-prix

Éditorial de Issa Goraieb, L’Orient-Le Jour, 13 juillet 2006

On n’a cessé de le dire et de le répéter depuis que contraintes et intrigues régionales ont conduit à faire du Liban, le plus faible pourtant de tous les pays arabes, la principale base d’opérations de guérilla (sinon la seule) contre l’ennemi israélien : il n’est rien de plus contradictoire, de plus rigoureusement incompatible que logique révolutionnaire et logique d’État. Leur imposer la cohabitation, c’est seulement noyer le poisson, c’est se moquer du monde et de soi-même. Car, à la différence de la guérilla, l’État en déroute n’a guère la ressource de ramasser ses cliques et ses claques pour aller se reconstituer ailleurs : ou bien il se dresse sur place, ou alors il n’est plus. Dans cet absurde tête-à-tête, le pot de terre, c’est inévitablement lui. Les exploits du Hezbollah peuvent forcer l’admiration. Mais cela ne saurait faire du Hezbollah l’autorité suprême détentrice du droit de décider de la paix ou de la guerre. Guerre, mi-guerre ou non-guerre, c’est en effet l’affaire de tous les Libanais : ceux qui ont bruyamment célébré dans la rue la capture des deux soldats israéliens, mais aussi tous ceux qui s’effarent déjà du prix exorbitant qu’il y aura encore à payer, comme nous le promettent à l’unisson Ehud Olmert, ses ministres et ses généraux. Facture d’autant plus saumâtre et inopportune, en vérité, qu’elle atterrit au seuil d’une saison touristique qui se présentait sous d’assez favorables auspices.



VITE !

”La partie Sud paiera devant la nation coréenne le prix de sa responsabilité dans la rupture des entretiens”, a déclaré le gouvernement nord-coréen après l’échec de négociations . La Corée du Sud avait lié la question de l'aide humanitaire à celle du programme d'armement nucléaire.

 
 
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