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Par Driss Bennani
Je voulais rester au Liban
| Antécédents |
Driss El Ouali
Marocain rapatrié de Beyrouth
après les bombardements
israéliens
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| 1967. |
Naissance à Taounate. |
| 1994. |
Licence en linguistique française. |
| 1994. |
Création de Sada Taounate (journal régional). |
| 2000. |
Président de lassociation de la presse régionale. |
| 2006. |
Président de lalliance des éditeurs de la presse régionale au Maroc. |
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Smyet Bak ?
Bouzid Ben Ahmed.
Smyet mok ?
Rahma bent Mhammed.
Nimirou dla carte ?
C 252 470.
Vous revenez tout juste de Beyrouth à bord dun avion militaire. Vous êtes allé prêter main forte aux troupes de Hassan Nassrallah ?
Non, je suis parti participer à une émission culturelle à Beyrouth. Nous étions un groupe de 20 personnes du Maroc, dAlgérie, de Bahreïn, du Liban et de Syrie. Cest une nouvelle émission censée être diffusée durant le mois de Ramadan. Nous avions à peine enregistré le premier prime quand les bombardements ont commencé sur Beyrouth. Le reste de lémission sera tourné à Dubaï, je crois.
Tout journaliste que vous êtes, ne deviez-vous pas rester sur place, saisir votre chance de voir une guerre éclater sous vos yeux, au lieu de vous précipiter de rentrer ?
Aussi étonnant que cela puisse paraître, le groupe de Marocains était le seul à ne pas avoir peur. Je voulais rester au Liban. Je voulais vivre chaque minute de la guerre qui éclatait sous mon balcon. Mais mon contrat avec la chaîne ne me le permettait pas. Nous étions à sept minutes de laéroport. Jai donc vu les missiles sabattre dessus toute la nuit. Cest triste parce quà notre arrivée, Beyrouth était si belle. Une ville nouvelle reconstruite petit à petit pendant 19 ans. Et là, en deux jours, elle est redevenue tout en ruines. Rien na été épargné. Aéroport, port, ponts, route internationale
tout a été détruit sans que personne réagisse.
Dans une récente déclaration à la presse, vous avez déclaré avoir été abandonné à votre sort. A quoi vous attendiez-vous sous les bombes israéliennes ?
À sentir, comme toutes les délégations qui nous accompagnaient, quil y a des services diplomatiques et consulaires qui se préoccupaient de notre sort. Nous avons téléphoné plusieurs fois à lambassade marocaine au Liban sans que personne se donne la peine de prendre de nos nouvelles alors que les autres participants ont tous été pris en charge par leurs ambassades respectives. Nous avons dû, avec laide de la chaîne, louer un moyen de transport pour atteindre difficilement la frontière syrienne. 11 heures pour parcourir 200 km. A lambassade à Damas, nous avons trouvé beaucoup de gens dormant à même le sol (des touristes et des Marocains vivant au Liban), tous venus par leurs propres moyens et à qui on na même pas servi deau ou offert de lassistance. Vers 20 h, un homme est venu nous saluer froidement en passant. Nous avons appris plus tard que cest lambassadeur du Maroc à Damas.
Et dans lavion, il ny avait pas que des touristes et des Marocains du Liban apparemment
Exact. Il y avait des Marocaines tout droit sorties de prison à Damas pour des délits administratifs. Elles refusaient dembarquer parce quelles avaient des billets aller-retour pour la Syrie et que le rapatriement concernait uniquement le Liban. Quà cela ne tienne, lambassade voulait apparemment faire le plein de passagers.
Vous êtes président de lassociation marocaine de la presse régionale, cest sérieux ce machin ?
Oui et nous espérons un jour atteindre limportance qua la presse régionale en Europe par exemple. Que les lecteurs comprennent que la proximité, cest important. Il y a aujourdhui beaucoup de chemin à faire et certains abusent de la liberté dédition au Maroc et créent des journaux locaux bidons mais le lecteur sait faire la différence, tout comme pour la presse nationale dailleurs.
Nempêche quen région, un directeur de journal a presque le grade de caid !
Et cest ça le danger. Servir de contre-pouvoir aux autorités locales est souhaitable. Etre à leur solde est une autre chose. À Sada Taounate, nous avons vendu 14 000 exemplaires dans une région comme Taounate le jour où nous avons sorti lintégralité du jugement prononcé contre un gouverneur en place sous Basri. Pour nous punir, il nous a privés délectricité lors dun événement organisé par le journal. Nous lavons attaqué en justice et avons eu gain de cause au bout de sept ans ans. Vous voyez donc que cest du sérieux, notre machin. |
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