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Pages coordonnées par Chadwane Bensalmia
La semaine Culture
Concert. Yéké Yéké, chantait Kanté !
Premier et seul artiste africain à avoir vendu plus de deux millions de singles. Cétait en 1987, Yéké Yéké, extrait de son troisième album solo, Akwaba Beach, propulsait Mory Kanté star pour MTV. Il devenait ainsi, après Salif Keïta, le deuxième membre des Rail Band de Bamako à réussir le passage à la carrière solo. Cest dailleurs lui qui avait remplacé le Malien au micro, au départ de ce dernier de la formation, en 1973. Une période phare dans la carrière musicale de Kanté mais dont il reste malheureusement très peu de traces. Cest avec le Rail Band que Kanté découvre et séprend de la kora pour en devenir, plus |
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tard et en bon autodidacte, un virtuose. Et cest encore avec eux quil reçoit le trophée de la voix dor, en 1975, au Nigeria avant de se déclarer démissionnaire, en 1978. En solo désormais, Kanté annonce la couleur. Sa musique sera universelle. Ou du moins en a-t-elle lambition ! Il lui faudra dix ans de travail pour réussir le challenge, Yéké Yéké. Depuis, le griot guinéen a enchaîné les albums (Touma, Nongo village, etc.), expérimentant les fusions les plus audacieuses entre musique traditionnelle mandingue et rythmiques funk, pop, hip hop, soul, jazz voire même électro. Mais le succès de Yéké Yéké est indétrônable. En 2004, il surprend à nouveau avec son Sabou, un retour aux sources manifeste où la tradition sonore africaine revient au galop, tout naturellement. Virtueusement africain !
Au festival Transes-Atlantic d El Jadida, du 26 au 29 juillet.
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À laffiche. Superman... encore !
Alors que les sorties sespacent et laissent de la place aux reprises, Superman Returns arrive à grand renfort de publicité, en pleine canicule. Tant quil y aura de la clim dans les salles obscures, lespoir subsiste. En tout cas, le dernier Superman est pour quelques mois encore le film le plus cher de lhistoire du cinéma, à cause à la fois du casting (Nicolas Cage était pressenti pour le rôle principal) et des péripéties du tournage (dix ans de valses-hésitation de la Warner). Un scénario léger : Clark Kent, le journaliste du Daily Planet, vit un double dilemme. Dans sa vie civile, sa bien-aimée Lois Lane la quitté et le monde ne semble plus avoir besoin de son double Superman et de ses beaux collants bleus. Pour pimenter le tout, son vieil ennemi Lex Luthor veut lui piquer tous ses superpouvoirs avec de la Kryptonite bon marché. Honnête le film de super-héros, même Marlon Brando a été ressuscité grâce à des images darchives ! Mais, lhistoire sallonge un peu inutilement. 2h34 tout de même ! |
Kamarstudios. Ode à la lune
Les Voix de la Méditerranée sélèvent. Ce 9ème festival de poésie de Lodève (Midi-Pyrénées) accueillera, les 26 et 27 juillet, la première vraie nuit de transe gnaouie en France, incarnée par Oulad Kamar, les maâlems du laboratoire marrakchi Kamarstudios, accompagnés de DJ Zitroz. Six mois après la sortie hexagonale de lalbum Noir (Virgin), alliance de lélectro-acoustique minimale et des sons de transe, léquipe est en discussion avec Sony pour linternational. Malgré des ventes timides, le projet Kamarstudios transes du troisième millénaire selon Le Figaro suscite des critiques laudatives et fera pleine page du Nouvel Obs le 27 juillet. |
Arts plastiques. 50 ans de peinture à Asilah
Mohammed Melehi décide de redorer le blason des arts plastiques qui ont fait la réputation du Moussem culturel international dAssilah. Dans le cadre de la 28ème édition de cette manifestation, il organise, du 4 au 31 août, une exposition intitulée Différence et permanence. Mohammed Melehi, qui est à la fois commissaire et exposant, a rassemblé les uvres des peintres Saâd Ben Cheffaj, Abdelbassit Bendahmane, Mohamed Bennani, Mahi Binebine, Mostapha Boujemaoui et Mohamed Hamidi. Cette exposition tend à montrer les principaux courants artistiques qui ont dominé la peinture au Maroc, depuis lindépendance jusquà ce jour, affirme le commissaire.
Si le choix des peintres permet en effet de se faire une idée exhaustive des tendances picturales dominantes dans le pays, il nen demeure pas moins que la densité historique voulue à lévénement risque de faire des mécontents parmi les peintres absents. Dès que lon assigne des fins historiques à une exposition, tous les peintres veulent y être. |
Rock Floydien. Wish you were (still) here
Vendredi 14 juillet, Roger Waters et Nick Mason, respectivement ex-bassiste et batteur de Pink Floyd, donnaient un concert sur le circuit du Grand Prix de F1 de Magny-Cours. Après une première partie mollasse et une prestation sous la pluie totalement inutile de Laurent Voulzy, Waters et les siens ont tenu à rendre hommage à Syd Barrett, lun des fondateurs du Floyd, mort quelques jours plus tôt, avec Shine on You Crazy Diamond. Toute la soirée est pour Syd, évidemment. Surtout cette chanson, a dit simplement Waters, en se retournant vers lécran derrière la scène qui projetait le portrait halluciné de Barrett. Le bassiste a ensuite joué un inédit Leaving Beirut juste (et) émouvant. Ensuite, le papy et son groupe, rejoints par Nick Mason, ont déroulé tout Dark Side of the Moon au son quasi parfait. Après deux heures, le public en demandait encore. Le finish a enchaîné Another Brick in the Wall, Bring the Boys back Home (repris en choeur) avant un Confortably Numb orgasmique. |
Coup de cur. Desert rebel : Sahara blues
Quand des ténors de la scène française sassocient à des musiciens touaregs du Niger et montent un groupe pour participer à la construction de puits et décoles, de musique notamment, dans ce pays touché par la famine
ça donne une formation comme les Desert Rebel. Une belle rencontre autour dAbdallah Oumbadougou, ancien exilé dont les chansons appelant au soulèvement et à lunité du peuple touareg, interdites par les autorités, ont bercé des années durant les campements de réfugiés, du Niger au Mali et de lAlgérie à la Libye. À ses côtés, sur scène au Timitar, les excellents guitaristes Daniel Jamet (Mano Negra) et Manu Eveno (Tryo), tout en discrétion, ont soutenu et donné vie à ce blues du désert. Chaud, intense, irrésistible. Lalbum et le DVD du projet, attendus pour lautomne, donneront aussi à entendre la voix dAmazigh Kateb (Gnawa Diffusion) et les productions dImhotep (I Am). On simpatiente déjà. |
Tournée. Darga + España = fiesta
Après avoir côtoyé le maître du flamenco José Mercé sur la scène de Leganes à Madrid, chauffé la minuscule salle du festival Tres culturas de Séville et fait leur baptême italien à lEtnofestival de San Marino, Darga est en route pour le gros rendez-vous espagnol Pireneos Sur, où ils joueront, le 25 juillet, dans les pas de Cheikh Lô, Alpha Blondy, Khaled ou encore Salif Keita, le tout dans un cadre à tomber raide. Une petite tournée latine grâce à laquelle deux nouvelles dates espagnoles sont confirmées pour lautomne. De quoi consoler les dix fusionneurs davoir été privés de deux concerts festivals Reggus de Rius et Rythmes du monde de Rippollet le temps dobtenir leur visa de travailleurs immigrés. Un coup de stress dont ils auraient pu se passer si le Maroc reconnaissait un statut à ses artistes... |
Festival. Fkhater nass Oujda
Un festival exclusivement raï et à Oujda de surcroît. Voilà ce quon peut appeler un concept maîtrisé. Du 4 au 6 août, la gardienne de lOriental baptisera ses toutes nouvelles nuits du raï. Et force est de reconnaître que la programmation de cette première édition na pas fait dans le cheap. Faudel, Chaba Zahouania, Bilal, et lindéboulonnable Orchestre national de Barbès, il suffirait de ces quatre noms pour sen convaincre. Du reste, on retrouve aussi du Rachid Benriyah, celui qui squattait les ondes de la vieille dame de Brihi en 1986, avec son Eho, mabrouk aalina, après la victoire marocaine contre le Portugal. Ou encore les frères Bouchnak, qui remonteront sur scène pour la première fois ensemble sur scène après un divorce de 14 ans
fkhater nass Oujda. |
FNAP. Lotfi Bouchenak Superstar
Le ténor tunisien enfin primé au Maroc ! Une soirée en son honneur a été organisée dans le cadre du Festival des arts populaires, le 14 juillet dernier. Cest devant un palais des congrès tout acquis à sa cause que Lotfi Bouchenak a reçu le Rabab dor, prix récompensant lensemble de sa carrière. Cette statuette sajoute à la liste des prix internationaux quil a déjà gagnés, comme celui de l'Opéra du Caire ou encore de l'Institut du monde arabe à Paris. La cérémonie a été suivie dun concert de trois heures où le public sest laissé envoûter par le malouf raffiné du ténor. Bémol cependant, aucun artiste marocain ne la rejoint sur scène pour interpréter un de ses morceaux, comme le veut la tradition des consécrations. |
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Le livre.
La poésie marocaine nest plus la dernière roue du carrosse. Après une anthologie tutélaire dAbdellatif Laâbi, une autre généreuse de Jean-Pierre Koffel, voici quapparaît une troisième sélection, inégale, de poèmes marocains écrits en arabe. A lorigine de ce tri, respectueux des hiérarchies dâge et de notoriété, le poète et traducteur Mohamed El Amraoui. Vous y retrouvez les incontournables, Mohamed Bennis en tête, les éléments du décor, Wafaa El Amrani entre autres, les inclassables, tel le sublime Abdellah Zrika et puis surtout, ces poètes qui savent si bien tutoyer la langue et inverser lordre des choses, tels Jamal Boudouma, Idriss Issa ou encore Jalal El Hakmaoui. Pour le reste, il y a à boire et à manger et de temps en temps des morceaux danthologie à lire.
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Humeur : De lart ou du cochon ?
Mais dans quelle galère ma-t-on envoyé ? semblait se demander ce journaliste de 2M. Il avait débarqué, tel Pierrot tombé de la lune, en plein parcours dart urbain du Festival de Casablanca. Il arrivait à peu près à situer Casa, urbain lui rappelait vaguement un district administratif et il avait eu ouï-dire de lart. Et, avec à peine trois indications vagues, on lui demandait de rendre compte du volet le plus abscons du landernau culturel marocain : lart contemporain. Omar Salim sy était déjà essayé dans Arts et Lettres et sétait englué dans les concepts imbitables ponctués de noms de plasticiens pour faire intelligent. Omar aurait pu réussir lexploit si lun des artistes invités lui avait tendu une main secourable. Il y avait clairement non-assistance à personne en danger mais la main salvatrice a préféré se masturber, éclabousser les murs, puis se demander si on avait affaire à un happening ou à une uvre périssable. Toutes les mères de famille connaissaient la réponse sur le bout des doigts. Il sagissait en fait dune tache suspecte dadolescent priapique comme on lest toujours à cet âge-là. Si Omar Salim, avec son talent légendaire, sy est trompé, on ne peut quenvisager le pire pour ce jeune journaliste paumé. Son sujet doit passer dans une émission consacrée à lété des Marocains. Pour eux, on ne sait pas encore, mais celui de la télé sannonce pourri comme un novembre londonien : de lart contemporain marocain filmé à la va-vite. On a déjà vu été plus hot... |
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Leau met le feu à Saïdia
Inédit et immanquablement amusant ! La petite baie de Saïdia se paie son premier carnaval de leau, du 26 au 29 juillet. Au menu, défilé de géants et personnages burlesques, scène musicale sur leau, feux dartifices en haute mer, projection de documentaores et courts métrages sur le vital H2O et séances daquagym... gratos.
Sinik in Paradise
Sinik, le passe-partout du rap français - il a collaboré entre autres avec ATK, Buffalo Soldiers ou encore Diams - embarque le 4 août pour le Maroc. Direction le Paradise Club de Marrakech, pour un mini concert unique. Amateurs de rimes, vous savez ce quil vous reste à faire.
Lamazigh chez Platinium
Landam (chansonnier) amazigh, Ammouri Mbarkek, sort son 13ème Album. Afulki, un opus de sept morceaux, signé Platinium, où celui qui a, dans les années 70, déjà repris en amazigh, Loriental dEnrico Macias, agrémente les mélodies berbères dune pointe de modernité instrumentale. Folk ! |
Spécial Festival de casablanca
Arrested Developpement. Atlanta fCasa
Après De la Soul au Boulevard, une très bonne surprise au Festival de Casa, grâce aux bons tuyaux de Hicham Kabbaj (le British Council) : un autre monument du rap US des années 90, les Arrested Developpement. Avec The Roots ou A Tribe Called Quest, en misant sur les instruments, des textes conscients ou leur héritage afro-américain, ces groupes ont inventé une vraie alternative au gangsta rap formaté à coups de bimbos, grosses voitures et chaînes en or, la vraie old-school, cétaient eux ! Dignes descendants de lesprit Motown, sur des notes africaines, soul, funk et un esprit très peace and love, les Arrested Developpement ont fait danser El Hank au son de leur Southern fried funk, allusion au poulet frit de leur Géorgie natale
Une belle surprise que ce retour à la scène, après un split en 1996 puis deux albums et une session Unplugged pour MTV ces dernières années. À écouter bien sûr, lincontournable 3 Years, 5 Months & 2 Days in the Life Of..., paru en 1992, et son tube planétaire People Everyday, repris à lépoque pour une pub par une marque de bière. Bien mieux que des remplaçants, donc, et surtout, on a échappé à Shaggy
Ouf ! |
Yerba Buena. Manhattan fCuba
On avait découvert Yerba Buena avec lindispensable compilation Red Hot Riot parue en 2002, qui rassemblait pour la lutte contre le sida et en hommage au black president Fela Kuti, nombre dartistes africains et américains dont Baaba Maal, Cheikh Lô, Taj Mahal, Kelis, Sade, Archie Shepp ou Roy Hargrove
Andres Levin, à lorigine de cette petite bombe, sest entouré pour le projet Yerba Buena, qui revisite depuis cinq ans déjà les rythmes afro-cubains avec une énergie impressionnante, de musiciens hors-pair, parmi ses voisins de Manhattan : les chanteuses Cucu Diamantes et Xiomara Laugart par exemple, limpressionnant percussionniste et chanteur Pedro Martinez ou encore lincontournable violoniste cubain Alfredo de la Fé, 25 disques derrière lui, aux côtés, entre autres, de Tito Puentes, Celia Cruz ou Carlos Santana. Au final, un concert ébouriffant, groovy et caliente à souhait, pour une musique tropicale et urbaine à la fois. Un must. |
Gentleman. Cologne fKingston
Il est peut-être le seul chanteur européen à avoir percé en Jamaïque et a enregistré avec Luciano, Capleton, Junior Kelly ou encore Bounty Killer à la suite de ses multiples séjours sur lîle caribéenne, depuis ses 17 ans. Même pas trentenaire, originaire de Cologne, Gentleman, voix mate et look de rappeur beau-gosse, chemise blanche et casquette, a été lune des révélations de la nouvelle scène reggae ces dernières années
avec à la clé cinq albums dont un excellent live enregistré fin 2003 en Allemagne. Il a confirmé à Casa tout le bien quon pensait de lui, avec un show complet et compact, un Far-East Band tout en punch et des chansons bien rodées, mariant les riddims old-school ou plus dance-hall à une production moderne. Un peu trop love-love tout de même, diront certains mais ça plaît aux filles le MC a tenu en haleine un public bidaoui à qui on ne la fait plus, côté reggae, et la remercié maintes et maintes fois pour ces lovely vibes partagées. Itoube. |
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