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N° 235
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Par Khalid Tritki

La semaine Économie

Le baril flirte avec
les 80 dollars. (AIC PRESS)

Pétrole. Scénario catastrophe

Le baril de pétrole Brent flirte avec les 80 dollars. En début de semaine, il était déjà à 78 et le pire est à craindre. La tension au Proche-Orient est à son comble après l’attaque militaire du Liban par Israël et le risque d’embrasement. Le Maroc se prépare à vivre un été difficile. La fronde des distributeurs se fait de plus en plus pressante. A fin juin, ils avançaient un manque à gagner de 4 milliards de dirhams et il est craindre que ce montant n’augmente puisque la flambée actuelle des prix du pétrole ne sera ressentie dans les comptes de l’Etat qu’à partir du mois d’août. Cette situation intenable a poussé les
représentants du Groupement des pétroliers du Maroc (GPM) à demander à voir le premier ministre. A noter que d’ici la fin de l’année, le déficit global de la Caisse de compensation devrait se situer entre 8 et 11 milliards de dirhams. La loi de finances 2006 n’ a budgété que 12 milliards dont 5 destinés au règlement des arriérés vis-à-vis des distributeurs des produits pétroliers. C’est dire que le déficit se creusera davantage et que l’indexation sera inévitable. Attendez-vous donc à payer la note.


Finance. Le fisc bon élève

Au terme des quatre premiers mois de l’année 2006, les recettes fiscales ont enregistré une hausse de 9,7% pour atteindre 42,8 milliards de dirhams. Les impôts directs ont drainé 18,6 milliards de dirhams, soit une hausse de 13,3% principalement due au bon comportement de l’impôt sur les sociétés. Les impôts indirects ont, de leur côté, enregistré une augmentation de 10% . La TVA y est pour beaucoup puisqu’elle affiche une progression de 14,5% par rapport à la même période de l’année dernière. Quant aux dépenses du Trésor, elles ont affiché un recul de 1,1%, passant à 39,4 milliards de dirhams. Il en ressort un solde ordinaire des comptes du Trésor de 9,3 milliards de dirhams. Les finances publiques se portent bien jusqu’à maintenant. Il faut maintenir le cap jusqu’à la fin de l’année.


Privatisation. Somathes chez Holmarcom

Somathes (l’ex-monopole de la distribution du thé et du sucre) est tombé dans le giron de Holmarcom, le holding gérant les intérêts de la famille Bensalah. Rappelons que l’Etat a lancé, depuis avril dernier, un appel d’offres sur 3 746 850 actions d’une valeur nominale de 100 dirhams dans le cadre de la privatisation de Somathes. La commission d’évaluation avait fixé un prix minimal de 440 millions de dirhams. Holmarcom, voulant optimiser ses chances, a finalement mis sur la table 539 millions de dirhams pour s’adjuger la société de distribution de thé et de sucre. L’affaire étant bouclée, il reste à savoir ce que fera Holmarcom de Somathes. Les analystes du marché parlent de synergies au sein du groupe, surtout avec la filière de boissons gazeuses, grande consommatrice de sucre.


Investissement. Tanger cartonne

Mohamed Hassad a promis de faire de Tanger la première destination touristique du pays. Et il savait de quoi il parlait. La ville du détroit vient d’empocher le gros lot. Elle vient d’accueillir un investissement de plus de cinq milliards de dirhams. Il s’agit, d’un méga investissement de trois milliards de dirhams réalisé par le groupe Chaâbi sur la côte Atlantique comprenant un complexe touristique sur 64 hectares. Holmarcom lance, quant à lui, Cap Tingis, un projet de 60 hectares pour un investissement de 1,5 milliard de dirhams. C’est un ensemble résidentiel avec hôtel de luxe, villas et appartements. D’autres projets financés sont lancés à Ghandouri par, entre autres, la société des Palmeraies de Marrakech.


Etude. Deux fois plus de volaille

Selon une étude réalisée par les analystes de la BMCE Bank sur le secteur avicole, entre 1980 et 2005, la consommation de viande de volaille, par habitant et par an, est passée de 5,5 à 10,9 kg et la consommation d'œufs a progressé de 21 à 81 unités. Le potentiel de la filière est encore devant elle. Toutefois, des contraintes entravent son développement. En reprenant les conclusions de la Fédération interprofessionnelle du secteur avicole, l’étude de la BMCE Bank souligne la nécessaire mise à niveau du secteur pour bénéficier des opportunités offertes par les accords de libre-échange avec les Etats-Unis. Les coûts de production, notamment, pourraient passer de 2,65 DH/kg à 2,05 DH/kg.



Billet. Amnistie fiscale

Khalid Tritki
k.tritki@telquel.info

J’ai une bonne et une mauvaise nouvelles à vous annoncer. L’idée de l’amnistie fiscale refait surface. Ça, c’était la bonne. La mauvaise est que le gouvernement n’a pas encore été saisi à ce sujet et, quand bien même il le serait, la direction des im-pôts s’y opposera. Noureddine Bensouda n’aime pas les amnisties et ce n’est pas moi qui vais le contredire. Sauf que les nouveaux défenseurs de la grâce fiscale tablent sur l’appui du Palais pour ébranler les positions fermes du premier contrôleur fiscal du pays. Pour cela, ils ont besoin d’arguments forts. Malheureusement pour eux, il n’en existe aucun, sauf bien sûr celui usité à l’occasion de l’amnistie fiscale de 1999 : faisons table rase du passé et recommençons à zéro. Pire, à l’époque, le gouvernement avait été trop magnanime en proposant aux entreprises d’acheter un certificat de bonne conduite. Il suffisait de remplir les caisses de Oualalou pour que le fisc ferme les yeux sur des années de fraudes comptables. Aujourd’hui, la même idée fait son chemin mais avec un plus : il ne peut y avoir de réforme fiscale annonçant des taux réduits sans effacer l’ardoise des années de pression fiscale. C’est du délire. Pour en être convaincu, faites un tour à la commission nationale de recours fiscal où les dossiers des maquilleurs de comptes s’empilent comme des montagnes. Amnistiez ces fraudeurs aujourd’hui, vous en aurez le double demain. Car après tout, il y aura toujours amnistie fiscale, table rase, compteur à zéro...




OFF.

La Cour suprême a tranché mercredi 19 juillet, dans l’affaire opposant la Compagnie chérifienne de textile (CCT), appartenant à la famille royale, à l’un de ses employés. La Cour de cassation a rejeté la demande des avocats de la CCT, souhaitant l’annulation des indemnisations imposées par la Cour d’appel.
Notons que la CCT faisait prévaloir son droit à user de la procédure de licenciement économique prévue par le code du travail. Le tribunal en a décidé autrement.



OFF.

Selon des sources concordantes, le ministère de l’Intérieur aurait adressé pour consultation à la Confédération patronale, son projet sur la fiscalité locale et régionale, depuis plus de six mois. Jusqu’à maintenant, le patronat tarde à renvoyer une réponse comprenant ses propositions d’amendements. En raison des chamboulements à la tête de la CGEM, le ministère risque d’attendre encore longtemps.

 
 
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