Au-delà des bonnes intentions... Et ces recommandations de l'IER ?
Ahmed Herzenni : "Hassan II n'est pas le seul responsable"
Saïdia. Melting-pot estival
Souvenirs. "Le jour de ma liberation"
Saga. De marin à armateur
France. Du kärcher au charter
Liban. Portrait d'une nation déchirée
Mode. Cherche stylistes desesperement
Touhami Ennadre. Capteur de lumière
Danse. La techno (aussi) a son festival
N° 236
Webmaster
TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Chef de rubrique Karim Boukhari

La semaine Maroc

Fouad Ali El Himma.
(TNIOUNI / AJO)

Sassi, Hafid et Akhennouch. El Himma invite

Le vendredi 21 juillet, Mohamed Sassi et Mohamed Hafid, deux stars de la gauche contestataire, étaient conviés à une rencontre inédite et informelle avec le bras droit du roi et ministre délégué à l’Intérieur, Fouad Ali El Himma. Où ? À Bouznika, chez le magnat de la presse et ami du ministre, Aziz Akhennouch. S’agissait-il de journalisme ou de politique ? Des deux. Mais avant de répondre présent, les deux compères ont demandé l’aval de leur parti, le PSU. À l’affût du moindre signal au lendemain du Conseil des ministres qui a reporté la discussion du code électoral, dont il se sent exclu, le secrétariat du
parti les a prestement autorisés à y aller. La rencontre a finalement duré huit heures (!!). El Himma a exposé (“méthodiquement”, disent-ils) son bilan du règne de Mohammed VI, invitant élégamment ses invités à adhérer au Projet royal. En tant que politiciens ou en tant qu’hommes de plume ? Les deux. Côté presse, il a estimé qu’une partie de la presse indépendante est sérieuse et critique mais pâtit d’un déficit de communication avec l’Etat. En réponse, les deux politiciens ont rétorqué que “les dérapages” étaient le prix à payer pour la démocratie et que la justice, dans les affaires de presse, se sent trop redevable au pouvoir. Pour ce qui est des élections, El Himma a affirmé que l’Etat n’avait pas de volonté de les exclure mais qu’il leur revenait de négocier leur survie avec les partis de la majorité. Ce samedi, Sassi et Hafid rendent compte de leur entrevue au parti. À signaler, pour rappel, que Hafid prépare la transformation d’Assahifa en quotidien, à la rentrée prochaine.


Al Adl. Yassine reporte la Qawma

La Qawma (soulèvement) n’est plus pour 2006, mais 2007 ! C’est en substance ce qu’aurait confié Abdeslam Yassine à ses disciples lors du dernier conseil du dimanche, au cours de la séance consacrée à l’examen des songes des adlistes. Une vision, un délire largement partagés par un certain nombre de disciples, notamment de la base du “parti”. Sur le site Yassine.net, un certain Khalid B. de Tanger raconte ainsi qu’il aurait “vu” (dans un songe) une nuée d’anges survolant la maison de Yassine. “Quand j’ai demandé à ces anges ce qu’ils faisaient là, l’un d’eux m’a répondu qu’ils avaient pour mission de préserver la Jamaâ des actions néfastes du Makhzen qui cherche à paralyser la stratégie de la mouvance”, s’émerveille le disciple.


Disparition. Deux gosses à Paris

L’équipe du WAC (football) revenait d’une tournée en Suède quand elle a effectué une escale de transit à Paris. C’est là qu’elle s’est rendu compte, en même temps que les autorités françaises, et en plein embarquement, de la “disparition” de deux membres de l’équipe. Banal ? Peut-être. Sauf que les deux disparus en question sont deux gosses de moins de 15 ans (il s’agissait de l’équipe minimes du WAC). L’incident, qui a eu lieu en début de semaine, nous a été confirmé par un dirigeant du club casablancais. “Un des deux encadreurs qui accompagnaient l’équipe est resté à Paris 24 heures de plus pour tenter de retrouver les gosses, en vain”. Les minimes sont donc retournés au Maroc sans les deux disparus et, jusqu’en fin de semaine, on ignorait si la disparition des deux gosses était un accident ou une opération de “hrig”.


Drogue, prostitution…
La chute d’un baron


Hicham Harbouli a finalement été extradé vers le Maroc par les autorités espagnoles en milieu de semaine. Confié à la BNPJ qui l’a cueilli à l’aéroport Mohamed V, Harbouli aurait des informations de la plus grande importance sur des personnalités marocaines impliquées dans un vaste réseau de blanchiment. Accusé de trafic de drogue, de prostitution, d'extorsion de fonds et de vente d'armes et de blanchiment d’argent, il avait été arrêté en Espagne en 2005. Hicham Harbouli, qui avait été condamné à perpétuité au Maroc à la suite de sa fusillade contre Mourad Bouziane à Kabila en juin 2003, devrait rejoindre celui-ci à la prison de Oukacha, une fois que les limiers de la BNPJ l’auront bien débriefé .


Sahara. Une mission de plus pour le CORCAS

L’Association des familles des victimes et disparus au Sahara a demandé au CORCAS de se pencher sur le cas des prisonniers, civils et militaires, tombés entre les mains du Polisario. Selon Brahim Hajjam, président de l’association, 668 personnes dont plus de 400 civils, sont toujours disparus. L’association a adressé une première liste de 294 personnes à France-libertés (qui a promis une médiation auprès de Boutreflika et Abdelaziz), au CICR, au parlement européen, ainsi qu’au secrétaire général de l’ONU. Mais c’est sur le CORCAS qu’elle compte s’appuyer pour faire passer, diplomatiquement, son message.


Mosquées. Une loi pour (espérer) contrôler

Le 25 juillet, la seconde chambre du Parlement a adopté le projet de loi présenté par Ahmed Taoufiq, ministre des Habous, concernant la gestion des lieux de culte. Draconien, ce projet de loi coupe définitivement la route aux salafistes. Techniquement, comme nous l’a expliqué cette source, le but véritable du projet est de mettre fin à la prolifération des petites mosquées “clandestines” puisque la construction de toute nouvelle mosquée devra avoir l’aval du wali ou du gouverneur après avis d’une commission des Habous. De plus, tout bienfaiteur qui voudrait édifier une nouvelle mosquée devra d’abord constituer une association.


Justice. Circoncision fatale

À Fès, le secteur médical est en ébullition. Les médecins privés ont observé un arrêt de travail le 27 juillet pour protester contre la condamnation d’un de leurs confrères dans l’affaire de la circoncision mortelle d’un Ivoirien de 22 ans dans une clinique privée. Le chirurgien responsable a écopé d’un an de prison ferme pour homicide involontaire, une peine à laquelle ont également été condamnés deux autres membres de son équipe (un médecin et un infirmier anesthésistes). La défense a interjeté appel. L’affaire devrait avoir des suites d’autant que la victime se trouve être le fils d’une ex-secrétaire générale du ministère ivoirien de l’Education. Une affaire à la sauce politique ! Pour rappeler : le patient ivoirien s’est fait couper le prépuce pour pouvoir se marier avec une Marocaine, dont l’identité est jusque-là inconnue.


Guerre. Des soldats marocains au Liban ?

Quand Kofi Annan a annoncé, la semaine dernière, que la seule solution pour un règlement pacifique du conflit entre Israël et le Hezbollah au Liban était la présence d’une force multinationale de maintien de la paix, peu d’observateurs ont considéré ce plan comme viable. Pourtant, dans une interview avec CNN, l’ancien ambassadeur américain auprès des Nations Unies, Bill Richardson, a déclaré que toute force de maintien de la paix au sud Liban devrait, dans un souci de consensus et d’acceptabilité, être composée d’armées de pays arabes modérés. Richardson a naturellement cité les exemples de la Turquie, de l’Egypte et du …Maroc. S’agit-il simplement d’une “inspiration” de cet ancien diplomate ou doit-on en conclure que Richardson connaît des choses que Rabat ne connaît pas (encore) ? À suivre.



Billet. Le coup de tête

Driss Ksikes
d.ksikes@telquel.info

Il est généralement admis que le coup de tête est une spécialité “arabe”. Vrai. C’est sur un coup de tête que Nasser a déclenché la guerre des six jours et une récession dont on ressent aujourd’hui encore les mauvaises ondes. C’est toujours sur un coup de tête que Saddam a envahi le Koweït et provoqué une interminable guerre contre son pays, devenu l’ombre de ce qu’il était. Et puis à l’origine, c’est souvent sur un coup de tête, nous apprend Ibn Khaldoun, que les bédouins arabes se chamaillaient et entraient en guerres tribales. Enfin, plus proche de nous, dans nos derbs, à chaque fois que deux gaillards ont le sang qui chauffe, le coup de boule demeure l’ultime sanction, d’autant qu’il s’accompagne, en règle générale, d’une spectaculaire effusion de sang. Mais voilà, autant Zidane que le Liban nous poussent à relativiser ce vieux préjugé. Ce génie de footballeur n’est pas arabe mais français et subsidiairement kabyle. Et au Liban, il est difficile de savoir qui de Hassan Nasrallah le chiite ou d’Ehud Olmert l’Israélite a agi sur un coup de tête. Oublions l’histoire de Zidane, puisqu’il s’agirait selon lui de légitime défense. Et revenons à la tragédie du Liban. Là, autant il est difficile de savoir qui a pensé à attaquer l’autre en premier, autant il est facile de réaliser qui en tire profit plus que l’autre. Nasrallah, magistral dans son discours sur Al Jazeera, a montré qu’il n’a rien d’un impulsif, qui aurait kidnappé des soldats israéliens pour se faire plaisir. Olmert, quant à lui, tirant à tort et à travers, allant jusqu’à cibler des émissaires onusiens (délibérément, semble-t-il) donne l’impression d’agir sans stratégie préétablie. Le drame est que, contrairement au foot où la FIFA règne en maître et veille sur les règles de bienséance (tout en préservant les intérêts des plus puissants), l’ONU est impuissante face aux coups de tête politiques. Bonjour la barbarie !



Piratage. You’re under arrest !

Les producteurs de VCD amazighs ont décidé de lutter contre le piratage d’une manière très originale. huit d’entre eux, en accord avec la chambre des producteurs de VCD, ajouteront prochainement en avant-propos de leurs films un message dissuasif du type téléréalité : “Nous filmerons une arrestation réelle de pirates par la police qui sera incorporée aux VCD vendus”, explique Rachid Chkiri, en charge de la lutte anti-piratage pour Film Industry, maison de production de Nabyl Ayouch qui, pour rappel, a obtenu commande de 30 films en amazigh par la SNRT. Nos flics en pleine action effraieront-ils les pirates davantage que les motions légales du FBI sur les DVD américains ? Rien n’est moins sûr...


Koutla. Objectif Constitution

La Koutla (USFP, Istiqlal, PPS) a décidé de réactiver sa charte à l’issue d’une réunion entre les chefs de parti en début de semaine. Aucune décision n’a été prise sur les prochaines élections (USFP et Istiqlal pourront-ils présenter des listes de candidatures uniques ?), mais le bloc des trois continue de plancher, entre autres, sur le chantier de la Constitution. “Après l’autonomie du Sahara et la loi sur les partis, nous espérons présenter un mémorandum commun (au roi) pour la réforme de la Constitution”, nous a précisé ce dirigeant istiqlalien. Reste à savoir si le PPS se joindra, pour une fois, à ses deux “frères”.


Médias. Nasrallah super star au Maroc ?

C’est la télévision israélienne qui le soutient : Hassan Nassrallah est très populaire au Maroc. Dans la matinée du dimanche 23 juillet, la première chaîne israélienne a en effet diffusé un reportage sur la popularité grandissante du leader du Hezbollah dans le monde arabe. Le journal Arouts 7 qui rapporte l’information a précisé qu’au Maroc, “où ce dernier était encore récemment un illustre inconnu, sa popularité semble croître. “En témoigne, poursuit le journal israélien, ces images où des citoyens locaux lui expriment ouvertement leur soutien et font des déclarations haineuses à l’encontre d’Israël”.


People. T’as pas la berlue… sconi

Silvio Berlusconi, qui était incognito à Marrakech la semaine dernière, s’est protégé des éventuels paparazzis grâce à un service d’ordre conséquent. Mais alors, qui a pris la photo du patron du Milan AC et de son épouse, dans la ville ocre, et publiée par la presse italienne et Aujourd’hui le Maroc ? Simple comme un clic. Le propriétaire de La Porte d’or, bazar marrakchi très couru par la Jet Set, a demandé une photo souvenir avec l’ex-président du conseil italien afin de compléter l’album VIP qui décore sa grosse échoppe (Bill Clinton, Bruce Willis etc.). Ok de Silvio, mais si la photo reste à usage privé. Un photographe de Jemaâ El Fna est recruté à la va-vite pour 50 dirhams, puis on développe le cliché dans un laboratoire proche qui décore le trophée d’une guirlande kitsch. La photo se retrouve vite sur Internet. Et tout aussi vite dans les journaux. Tout magnat des médias qu’il soit, Berlusconi ne connaît visiblement pas toutes les ficelles du métier de journaliste people...


Moussem. Mais où sont les ânes ?

“Nous n’avons trouvé aucun âne compétent, la course ne se fera pas” : les organisateurs du Moussem de Beni Amar ne savaient plus où se mettre en annonçant la nouvelle aux festivaliers le week-end dernier. Ça faisait déjà deux jours que les hôtes s’impatientaient sous l’insoutenable soleil montagnard quand la nouvelle a été rendue publique. Car en dehors du Moussem de Moulay Driss Zerhoun, le “printemps” (en plein été !) de Beni Amar et sa traditionnelle course d’ânes est la principale distraction estivale de la région. À l’année prochaine, si tout va bien.



3 questions à Oussama Miskin (General manager de Multimédia Studios, hébergeur de sites marocains)

La guerre des hackers qui oppose le Maroc à Israël a pris pour cible votre site. Pourquoi ?
Notre service d'hébergement a un très bon référencement sur les moteurs de recherche, ce qui en fait une cible facile à localiser. Ensuite, nous sommes classés parmi les premiers hébergeurs au Maroc en nombre et importance des sites hébergés.

La “guerre” est-elle finie ? Quels sont les dommages subis et sont-ils réparables ?
Elle est en stand by. Les deux groupes (les Marocains de Team Evil et les Israéliens de Team Good) ne signent plus aucune attaque. Mais les dommages sont importants. Le “Team Good” a supprimé les données des sites hébergés, il s'est aussi attaqué au backup et a supprimé les sauvegardes. Ceci dit, nous avons pu restaurer plus de 90% des sites victimes de l’attaque.

Le Maroc est-il suffisamment équipé pour se prémunir contre de nouvelles attaques ?
En gros, il y a trois catégories de sites au Maroc : les sites de l'administration, les grands sites et les sites amateurs. Les premiers sont hébergés sur des serveurs internes des ministères et ne sont pas tout le temps sécurisés. Les deuxièmes ont leur propre serveur dédié, en général, à l'étranger. Quant aux petits sites (plus de 99% de nos sites), ils font appel à des services d'hébergement mutualisé. Ce dernier est généralement à jour et prémuni contre tout type d'attaque.


Polémique. Vers sataniques

La poétesse Hakima Chaoui ne pensait pas créer une telle polémique en lisant un de ses poèmes lors d’une manifestation culturelle de la CDT. Des militants du PJD s’en sont pris à elle, l’invectivant et la menaçant pour avoir insulté le prophète Mohammed. En cause cet extrait : “Honni soit celui qui dit que tu es issue d’une côte malformée”. Attajdid a même, dans son édition du 19 juillet, accusé l’ “impie” de blasphème. Le lendemain, Bilal Talidi, dans le même journal, fustigeait “l’impudente” qui exercerait un “terrorisme qui ne serait pas moins dangereux que celui des kamikazes”. Pour Abdelhamid Amine, de l’AMDH, il s’agit d’une “tentative d’intimidation et d’une atteinte à la liberté d’expression”, inquiet de la manipulation des rivalités entre syndicats, et surpris par “le communiqué de la FDT (abondant dans le sens des islamistes), qui se dit pourtant progressiste”.


Motii. Les conditions du retour

Un communiqué du secrétariat général du Mouvement islamique marocain (ex Chabiba Islamiya) a démenti l’information selon laquelle Abdelkrim Motii pourrait rentrer au pays avant la fin de l’été. Le communiqué ajoute qu’aucune assurance de la part des autorités marocaines n’a été donnée au chef de la mouvance et que ce dernier n’a aucune intention de rentrer au Maroc tant que sa condamnation à mort à deux reprises pour l’assassinat, en 1975, de Omar Benjelloun, n’est pas levée officiellement. Ce qui est par contre certain, c’est que Motii, 71 ans, qui vit en Libye depuis 30 ans, a confié à ses proches qu’il aimerait bien “mourir au pays”.


Radio. Loukili chez Lahlou

Non, la station Casa FM 103.1, plus connue chez les Casablancais par “la radio de la foire”, ne va pas disparaître. Elle est même appelée à se développer, alors que des rumeurs laissaient croire que la radio allait cesser d’émettre. Fondée en 1985, la station devrait rester sous le contrôle de Kamal Lahlou qui prépare par ailleurs le lancement de trois radios (dédiées respectivement à Marrakech, Agadir et Fès) dans le cadre de la libéralisation des ondes. “Nous serons prêts pour l’après ramadan”, lâche fièrement le président Lahlou qui a déjà recruté Fatéma Loukili, grande professionnelle des médias, pour piloter le pôle développement de ses nouvelles radios.


Partis. Izigzawen cherche sa place

Le Parti démocrate amazigh, fondé en mai 2005 autour de Omar Louzi, ne sait plus à quel saint se vouer. Obligé de changer de nom après l’adoption de la nouvelle loi sur les partis (qui interdit toute référence ethnique), le parti a alors choisi un nouveau nom : Izigzawen, ou écologistes en berbère. Pas de chance puisque, là aussi, le nom ne semble pas faire le bonheur des autorités marocaines. “On ne comprend pas très bien où les autorités marocaines veulent en venir”, s’indigne Omar Louzi qui n’a toujours pas obtenu le récepissé attestant de l’existence légale de son parti. Izigzawen aurait saisi le ministère de l’Intérieur, et même le CCDH, pour tenter de régler l’affaire. En vain. Non autorisé, sans siège véritable, le “nouveau” parti, désormais coincé dans le no man’s land politique, n’en appartient pas moins à l’internationale verte (dixit Omar Louzi) qui regroupe les écolos dans le monde.



Humeur. Benzekri

Karim Boukhari
k.boukhari@telquel.info

Ce n’est un secret pour personne : l’ancien président de l’IER, Driss Benzekri, un homme de grande qualité, est très malade. Nous lui souhaitons un prompt rétablissement et profitons de l’occasion pour remettre certaines pendules à l’heure. Gentiment, bien sûr. Quand TelQuel a publié, il y a quelques mois, l’information sur (la maladie de) Benzekri, imité en cela par d’autres publications, il s’en est suivi une polémique proprement ahurissante. “Pourquoi parler de la maladie de Benzekri alors que c’est du voyeurisme ? Pourquoi ne pas parler de ses frais de séjour au Ritz alors que c’est de la dilapidation des deniers publics ?”. Voilà, en accéléré, ce que des personnes bien intentionnées ont reproché aux journaux impertinents. Bien leur en a pris parce que le débat est salutaire. Mais allez expliquer à tous nos amis que la maladie d’un haut personnage peut basculer dans le domaine public quand ledit personnage est en exil de plusieurs semaines à Paris. Allez leur expliquer qu’il n’y a rien de choquant à être soigné et traité dans des conditions dignes d’un homme d’Etat. On peut s’interroger, à la lecture de certains points de vue exprimés dans les forums de discussion, sur l’origine de la polémique Benzekri : son passé de gauchiste ? La mission officielle (IER) dont il a été investi et qui a laissé un goût d’inachevé malgré toutes les réussites accumulées ? La prise en charge royale de ses frais d’hospitalisation ? La facture moyenne d’une nuitée au Ritz parisien ? Le débat, on le voit, est autant culturel que politique. Comme les personnages de rock, les hommes politiques sont peut-être plus appréciés morts que vivants, paumés que bien portants. Dans ces conditions, un Driss Benzekri ballotté entre les lits d’un dispensaire du Maroc inutile aurait probablement été élevé au rang de Dieu vivant !



VITES !

Le code électoral, tel qu’il a été concocté en coordination entre le ministère de l’Intérieur et les cinq partis de la majorité, a très peu de chances d’être adopté dans sa version actuelle. Des partis mécontents remettent en cause sa “constitutionnalité” et pourraient, si l’on en croit certaines confidences, porter l’affaire devant le Conseil constitutionnel.


Le roi a piqué une colère noire dont le wali a fait les frais, la semaine dernière à Casablanca. Le monarque, qui s’est promené en catimini dans les rues de la ville, de nuit, se serait indigné de la saleté ambiante. Le lendemain, il a tancé le wali Kabbaj sur cette question. La colère royale portera-t-elle ses fruits ?


La presse de contrebande a fait son apparition sur les devantures des boutiques du nord. Chaque matin, Tétouanais et Tangérois se précipitent sur ces journaux espagnols entrés en contrebande par Sebta et revendus à des prix compétitifs. La maîtrise de l’espagnol n’est évidemment pas étrangère au phénomène.


Quelque 5 millions de cigarettes sont parties en fumée d’un seul coup, le 26 juillet dernier. C’est le fait de la commission nationale de lutte contre la contrebande de cigarettes, qui a choisi d’incinérer le matériel saisi dans la décharge de Médiouna. L’opération a été supervisée par le DG des douanes et impôts indirects, Abdellatif Zaghnoun, en personne.


Le directeur de la prison de Oued Laou et son staff viennent d’être mutés. D’après des sources proches de l'administration pénitentiaire, cette mesure disciplinaire intervient à la suite de la conclusion de l’enquête qui a suivi la tentative de fuite de Mohamed El Ouazzani, dit El Nene, en septembre 2005 déjà.


Le procès en diffamation intenté par Samira Sitaïl, directrice de l’information à 2M, au Journal hebdomadaire a pris fin cette semaine à Casablanca. Le verdict est tombé sans surprise : 100 DH de dédommagement pour Sitail et 100 000 DH à titre d’amende pour le ministère public.


Les bombardements d’Israël tuent… au Maroc. Il y a une semaine, un imam marocain est en effet décédé des suites d’une crise cardiaque survenue pendant le prêche dédié, ce vendredi-là à l’agression militaire du Liban. Le drame a eu lieu à la mosquée Al Qods à Casablanca et c’est le quotidien Attajdid qui a rapporté l’information.

 
 
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