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N° 236
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Chef de rubrique Youssef Aït Akdim

La semaine Monde

Nouri Al Maliki. (AFP)

Irak. Maliki à Washington

Le premier ministre irakien, Nouri Al Maliki, a demandé mercredi au Congrès américain de l'aider à “enterrer” le terrorisme. “Nous avons besoin de votre aide” a plaidé M. Maliki, avant de promettre : “Je ne laisserai pas l'Irak devenir une base de lancement pour Al Qaïda et d'autres organisations terroristes”. “Soyez sûrs que l'Irak sera le tombeau du terrorisme et des terroristes, pour le bien de l'humanité”, a-t-il ajouté. Mardi, la visite à la Maison Blanche de M. Maliki avait été l'occasion pour le président George W. Bush d'annoncer un renforcement des effectifs américains à Bagdad, pour faire face à la
violence “terrible” dans la capitale irakienne. Ce redéploiement doit pallier l'échec du plan de sécurisation de Bagdad mis en oeuvre par M. Maliki en juin. Le conseiller présidentiel à la sécurité nationale Stephen Hadley a reconnu que ce plan n'a pas “atteint tous les objectifs que les gens auraient voulus”. Alors que la guerre est de plus en plus impopulaire aux Etats-Unis à l'approche des élections parlementaires de novembre, et qu'un nombre croissant d'élus demandent un calendrier de retrait des troupes, M. Maliki a fait écho aux arguments de l'administration Bush, qui fait de l'Irak le front principal de la “guerre contre le terrorisme”. Certains démocrates lui ont reproché une présentation de la situation en Irak “un peu plus optimiste” que ne le justifie la réalité sur le terrain. Et de nombreux élus ont dit regretter que M. Maliki n'ait pas saisi l'occasion pour effacer la mauvaise impression laissée par sa condamnation de “l'agression israélienne” au Liban, qui a conduit plusieurs élus à boycotter le discours. L'invitation faite à M. Maliki de s'adresser devant les deux Chambres réunies du Congrès américain est un privilège réservé aux proches alliés de l'administration. Par ailleurs, Saddam Hussein a mis fin à sa grève de la faim et déclaré préférer être fusillé que pendu, dans l’attente du verdict qui devrait être rendu le 16 octobre prochain. Pour ses responsabilités dans le génocide organisé à la fin des années 1980 contre les Kurdes, il doit encore comparaître en août devant le Haut tribunal pénal.


Côte d’Ivoire. Colère organisée contre l’ONU

Au lendemain de l'agression du Haut représentant de l'ONU pour les élections en Côte d'Ivoire, Kofi Annan a accusé le parti du président Gbagbo de “violer les accords de paix”. Il s'est dit “profondément préoccupé par les récentes déclarations incendiaires faites par les dirigeants du Front populaire ivoirien (FPI) incitant les jeunes patriotes à commettre des actes de violence en vue de perturber le déroulement des opérations d'identification en cours”. Le FPI est opposé à la poursuite du processus d'identification car il risque d'accorder un droit de vote aux immigrés du nord, favorables à l’opposition. Selon des sources diplomatiques, le Haut représentant, Gérard Stoudmann, a été agressé par des jeunes patriotes qui ont lancé des pierres sur sa voiture devant des membres de la garde présidentielle sans que ces derniers interviennent. Dans ce contexte, les dirigeants des jeunes patriotes et des jeunes de l'opposition se sont réunis mercredi “pour faire baisser la tension”, dans le restaurant de Alpha Blondy.


Somalie. Montée des périls

La tension est encore montée d’un cran en Somalie et le bras de fer entre les voisins éthiopien et érythréen s’est engagé, chacun des deux pays se préparant à la guerre. Le gouvernement de transition – non élu – a accusé l’Erythrée de livrer des armes aux milices islamistes, violant l’embargo sur les armes mis en place en 1991, avant une démission collective de dix-huit ministres qui ajoutera certainement à l’impuissance des institutions. Le chef des islamistes cheikh Hassan Dahir Aweys a conditionné toute négociation à un retrait préalable des troupes éthiopiennes. “Elles doivent être retirées immédiatement et sans condition”, a-t-il déclaré. Les pourparlers entre les deux parties, prévus le 15 juillet à Khartoum, ont été reportés sine die.


Afghanistan. Karzaï isolé

Le gouvernement de Hamid Karzaï fait face depuis le début de mois de juin à une reprise des violences dans le sud de l’Afghanistan. D’après le ministre afghan des Affaires étrangères, cette violence “n’est pas le seul fait des talibans, il y a également à l'intérieur de l'Afghanistan, même parmi des opposants aux talibans, ceux qui s'imaginent qu'avec leur passé anti-démocratique, ils vont pouvoir prendre la place de Karzaï”. Le président Hamid Karzaï, élu en 2004 avec l'appui des Etats-Unis, est isolé à l’intérieur, face à la rébellion talibane mais aussi à la criminalité et au trafic de drogue. L’ONU a également accusé des “forces étrangères”.


Palestine. Pendant ce temps à Gaza…

Au lendemain de la visite en Israël et à Ramallah de la secrétaire d'Etat américaine Condoleezza Rice qui a appelé à mettre fin “à la crise”, Tsahal a effectué de nouvelles incursions dans la bande de Gaza. Au total, près de 150 Palestiniens et un soldat israélien ont trouvé la mort dans les opérations israéliennes lancées depuis le 28 juin dans la bande de Gaza sous le prétexte de retrouver le militaire israélien enlevé. Par ailleurs, le premier ministre palestinien, Ismaïl Haniyeh, a versé mardi soir son premier salaire de chef du gouvernement à la famille de la fillette tuée en avril par un obus de char israélien à Beit Lahya, dans le nord de la bande de Gaza. Sur le plan politique, les Palestiniens semblent prêts à négocier un cessez-le-feu et un échange de prisonniers avec Israël sans attendre un éventuel accord global avec le Hezbollah, de crainte d'être happés par le conflit au Liban.



Un académicien nous écrit
Fenêtre sur l’enfer

Mohammed Chafik, Rabat, 26 juillet 2006

Que se passe-t-il au Proche-Orient ?... Il se passe que le matérialisme capitaliste, fort de sa victoire sur le matérialisme collectiviste (1989, 90) s’érige en arbitre souverain de tout conflit régional, du moment que, depuis la deuxième guerre mondiale, l’humanité vit son devenir à l’échelle de la planète. Adossé à un messianisme judéo-chrétien, composite et paradoxal seulement en apparence – car la judaïté s’est réapproprié Jésus à travers le protestantisme anglo-saxon – le matérialisme capitaliste se trouve en ce moment en position d’arbitre dans un conflit latent depuis des siècles mais désormais déclaré entre deux idéologies nationalistes : le nationalisme panarabiste recyclé depuis 1991 en arabo-islamisme et le nationalisme persan transmuté depuis 1979 en irano-islamisme ; le sunnisme et le chiisme ne sont que des camouflages commodes dont l’usage a été consacré par l’histoire. Les classes politiques maghrébines se devraient d’observer de près ce conflit sans trop s’en mêler. Elles ont elles aussi de grands problèmes culturels latents qu’elles s’aviseraient bien de régler avant qu’il ne soit trop tard. Les idéologies charriant des considérations eschatologiques et carburant au pétrole se font toujours fortes d’ouvrir une fenêtre sur l’enfer.



VITE !

Le président ukrainien, Iouchtchenko, a promis de désigner un premier ministre avant le 1er août, renonçant à dissoudre le Parlement. Depuis les législatives et l'échec des pro-occidentaux à s'unir, les pro-russes sont majoritaires avec à leur tête Ianoukovitch, perdant de la présidentielle de 2004.

 
 
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